1773-04-17, de Frederick II, landgrave of Hesse-Cassel à Voltaire [François Marie Arouet].

Monsieur,

C’est d’un coeur pénétré de la plus vive reconnoissance que je Vous remercie, mon Cher Ami, de l’intérêt que Vous prenez à mon mariage.
Il est des plus heureux et l’on ne sauroit rien ajouter à mon bonheur. J’ai été passé deux mois à Berlin, et j’ai eû l’occasion d’entendre souvent les conversations de ce grand Roy, qui m’a comblé de politesses et de faveur. Quel charme pour moy de l’écouter! Les momens, que l’on passe avec lui ne paroissent sûrement pas être longs et l’on voit à regret en arriver la fin. Vous avez très bien fait, mon cher Ami, de ne m’avoir point envoyé une seconde lettre de la personne en question; gardez la seulement je vous prie, me voyant dans l’impossibilité de pouvoir y satisfaire. Que je suis charmé que les 50 Accès de fièvre n’ayent pas dérangé une santé aussi chère pour tous vos Amis et pour moi en particulier, qui vous aime au delà de toute expression. Vivez, cher Nestor de la littérature, vivez encore long tems pour le bien de l’humanité. Conservez moi toujours Votre amitié, qui m’est si prétieuse et soyez persuadé de la parfaite considération avec laquelle je suis,

Monsieur

Votre très humble et très obéïssant serviteur

Frederic L. D. Hesse

Donnez moi je Vous prie mon Cher Ami souvent de Vos nouvelles.