1758-05-16, de Voltaire [François Marie Arouet] à Jean François Marmontel.

Digne Kakouac, fils de Kakouac, fili mi dilecte, in quo benè complacui, grâces vous soient rendues pour vous être souvenu de moi dans votre planète de Mercure, quoique je ne sois plus de ce monde.
J'apprends que votre bénéfice qui n'est pas simple, est pourtant chargé de grosses pensions. (Je n'approuve point qu'une abeille qui travaille soit obligée de partager son miel et sa cire avec des animaux oisifs). Il y a plus de quinze ans que je n'ai lu aucun mercure. Mais je vais lire tous ceux qui paraîtront. Je vous prie de me faire inscrire parmi les souscrivants. Quand vous n'aurez rien de nouveau je pourrai vous fournir quelque sottise qui ne paraîtra pas sous mon nom et qui servira à remplir le volume. Je vous embrasse de tout mon cœur, et je me réjouis avec le public de ce qu'un ouvrage si longtemps décrié est enfin tombé entre les mains d'un véritable homme d'esprit et d'un philosophe capable de le relever et d'en faire un très bon journal.

Adieu, nos Délices vous font mille compliments.

Le suisse V . . . .