1745-04-10, de Voltaire [François Marie Arouet] à Pierre Robert Le Cornier de Cideville.

Vos vers mon charmant amy, me paraissent à très peu de chose près mériter ce que vous dites de moy.
Il ne leur manque rien. Si je ne soufrois pas, et si ma colique que vous suspendez, mais qui revient, me laissoit autant de liberté dans l'esprit que vous m'inspirez de sentimens, je vous enverrois quatre fois plus de vers, mais ils ne seroient pas si bons que les vôtres. En vous remerciant tendrement mon très cher amy, celuy de la vertu et des muses, homme fait pour être le charme de la société. Votre amy soufrant vous embrasse de tout son cœur.

V.