23 juillet [1770]
Votre lettre, monsieur, réjouit un vieux malade.
Je vois que vous aimez la vérité et la liberté, deux choses excellentes, qui ont trouvé jusqu'ici peu d'asile chez les hommes. Vous en jouissez sous la protection d'un prince, ce qui est encore plus rare.
Je crois que votre journal se distinguera de la foule de tous ceux dont l'Europe est remplie. Tous vos extraits m'ont paru très bien faits. On vous aura déjà dit probablement qu'en changeant une lettre à votre nom, on pourra vous prendre pour celui qui faisait si bien les extraits de l'académie des sciences.
On ne peut être plus sensible que je le suis aux faveurs que vous me faites. J'ai l'honneur d'être avec toute l'estime que vous méritez, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.