1774-01-06, de Voltaire [François Marie Arouet] à Charles Joseph Panckoucke.

En qualité de Lecteur, Monsieur, je vous remercie de faire un bon journal, car nous en avons une foule de détestables que vous ferez tomber.
Si j’étais plus jeune je vous demanderais souvent place dans vôtre journal; mais un malade qui a souffert quatre vingt ans ne peut vous envoier que des Libera et des Deprofundis.

Je vous renvoie le plan de l’édition que vous avez bien voulu me communiquer. Je vous prie très instamment de songer que je n’ai jamais eu et que je ne dois jamais avoir la moindre part aux éditions qui paraissent sous mon nom. S’il y a quelque chose à corriger, à rectifier, je serai à vos ordres jusqu’à ma mort, mais je vous conjure de ne pas souffrir que je sois compromis en rien. Il faut que je meure tranquile.

J’ai l’honneur d’être avec tous les Sentiments que je vous dois, Monsieur, vôtre très humble et très obéissant serviteur

Le vieux malade de Ferney V.