1759-09-04, de Voltaire [François Marie Arouet] à Jean Louis Labat, baron de Grandcour.

Vous ne m'avertissez pas mon cher baron que vous ètes remboursé.
Madame la duchesse de Saxce me le mande. Je vous avoue que je suis enchanté de cette nouvelle plus que de celles des gazettes. J'étais sans ressource avec mon frontispice, mes colomnes et mes architraves. Vite; baucoup d'argent mon cher baron. Moyennant ce divin remboursem͞t je n'ay plus besoin de vos 14900lt en lettres de change. Je les fais revenir sous votre bon plaisir. Vos intérêts vous sont payez jusqu'au bout de l'année. Cela est très honnête. C'est un procédé très noble, et mon baron n'en aura jamais d'autres avec moy. Le rembourseur est icy. Je l'attends à diner. J'ignore s'il a passé à Grand Cour, et à qui il a donné l'argent. Je vous écris avant de le voir par ce que la poste part.

Mille respects à made et à mon appétissante.