[c. September 1756]
Je vous prie de me mander si vous avez reçu les deux cent exemplaires que vous m'avez demandéz de notre édition des œuvres de M. de Voltaire.
Nous aurions souhaitté que vous eussiez voulu travailler de concert avec nous, comme nous vous le proposâmes il y a près de deux ans.
Vous savez avec quel soin mr de Voltaire corrige toujours ses ouvrages. On est dans la nécessité de les imprimer sous ses yeux, et nous pouvons vous assurer que dans le cours de l'impression, nous avons été souvent obligez de refaire deux ou trois fois la même feuille. D'ailleurs la plus part des pièces fugitives qu'on avait jusqu'icy imprimées sous son nom étaient très incorrectes et il a eü bien de la peine à rétablir le texte.
Vous voyez monsieur qu'il n'y a que nous qui ayons pu imprimer ses véritables ouvrages, puisque nous sommes les seuls qui ayons travaillé sous sa direction sans discontinuer!
Nous savons que Mr de Voltaire a de la bienveillance pour vous, il vous en a donné souvent des témoignages, mais il a aussi pour nous de l'amitié et de la confiance …..
Il eüt été à souhaitter que vous eussiez pu vous joindre à nous pour profiter également de sa bonne volonté et de son […]
Les dépenses auraient été moindres, si nous avions fait une édition à frais comuns.
Dire ensuitte tout ce qui conviendrait pour l'engager à ne rien faire qui combatte l'édition de Geneve.