1756-01-02, de Voltaire [François Marie Arouet] à Nicolas Claude Thieriot.

Mon ancien ami, je me garderai bien de me servir de la voïe que vous me proposez.
Je vous prie d'aller chez mr d'Argental avec ce petit billet; il vous communiquera le sermon, et vous verrez ensemble s'il est possible que cela soit communiqué. Il y a des mistères qui ne sont faits que pour les initiés: vous étes du nombre, mais ce nombre est bien petit. Je lirai pour vous le Mercure que je ne lis jamais. Je ne connais dans ma retraite que les vieux livres, et les vieilles amitiés. Je vous crois plus heureux que ne l'était votre fantasque de Nocé qui était si embarrassé de lui-même. Je vous envoie ma nouvelle lettre à l'académie française. C'est la seule réponse que je puisse faire aux voleurs qui me mutilent.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

V.