à Cirey ce 18 [July 1744]
Ce pauvre malade attend avec impatience mon cher et respectable amy, que vous accusiez la réception de L'énorme paquet envoyé à vos pieds.
Je suppose que Mr de la Reiniere vous l'a fait parvenir le 14 ou le 15 du mois, et que vous avez eu la bonté de l'envoyer à M. de Richelieu. J'ay reçu 3 lettres de Ramau assez insensées, je n'ay fait réponse à aucune, d'autant plus que je savois à n'en pouvoir douter qu'il avoit eu l'imprudence de montrer ces lettres à plusieurs personnes. Le petit Ballot m'écrivoit souvent pour que je fisse passer par ses mains tout ce que j'envoyois ou devois envoyer à Ramau. Vous sentez mon cher ange combien son entremise eut été dangereuse. Je luy ay mandé que je ne faisois rien sans un ordre précis de M. de Richelieu, que j'étois fort gèné, et que je le priois seulement d'engager Ramau à remettre le divertissement à ceux qui le luy avoient donné, en attendant que j'en fisse un autre. Depuis cette prière que j'ay faitte à Ballot je n'ay eu aucune nouvelle. Je ne sçai si Ramau vous a remis ce divertissement du 3ème acte. Je ne sçai si vous avez reçu toutte la pièce, je m'imagine que vous êtes à la campagne. Heureux les gens qui vous possèdent. Cirey est bien à plaindre d'être à 50 lieues de Paris; adieu chers et adorables anges.