1741-01-16, de Voltaire [François Marie Arouet] à Charles Augustin Feriol, comte d'Argental.

J'ay parlé à La Noue fortement de Fabio.
La Noue ignore encor s'il ira en Prusse. On luy a mandé d'attendre jusqu'à nouvel ordre. Il est très embarassé. Il a pris des engagements et il n'a point reçu d'argent. C'est un contretemps très fâcheux.

Quoyque je n'eusse pas lieu d'être content de Tiriot, cependant j'ay cru devoir solliciter sa m. prusienne en sa faveur. Je peux vous assurer que je suis le seul qui luy ay parlé de régler à Tiriot une pension, et le roy m'a promis qu'il feroit cet arrangement sans aucun délay. Il m'a même dit de combien est cette pension. Cependant je n'ay point de nouvelles de Tiriot depuis que je luy en ay donné des nouvelles positives. Il faut qu'il ait touché ses apointements.

Adieu. J'attens les volontez du chœur des anges. On ne peut vous aimer plus tendrement que je vous aime ny sentir avec plus de plaisir les obligations que je vous ay.

V.

Tâchez je vous prie de vous souvenir si vous avez reçu un billet de Rinsberg il y a six semaines où je vous parlois de vos statues.