24e 9bre 1772 , à Ferney
Je crois voir, mon cher Marquis, que le vent du bureau n’est pas pour nôtre avocat; mais je veux d’abord vous parler de vôtre montre, afin de ne vous faire voir que des objets brillants.
Je me trompais, elle est de dix huit Louis, mais elle est excellente, et à répétition, et ce qu’il y a de plus plaisant c’est qu’elle est ornée de diamants. Il est vrai que ces diamants sont des espèces de marcacites mais ils ont le même éclat, et celà fait un éffet merveilleux. C’est un marché étonnant. Ajoutez à tout celà que vous ne la paierez qu’au mois de mars. Voulez vous que je vous l’envoie tout à l’heure sous le couvert de Mr de La Reyniere?
Revenons en Crête. Je viens de m’apercevoir que dans la première scène de l’acte second, on joue un peu au propos interrompu. Le Sauvage dit à Dictime,
Nous voulons des amis; méritez vous de l’être?
et Dictime lui réplique,
Je ne te réponds pas que ta noble fiertéNe puisse de mon roi blesser la dignité.
Ce n’est pas répondre catégoriquement; il faut dire,
Oui, Teucer en est digne, et peut être aujourd’huiEn l’aiant mieux connu vous combattrez pour lui.DATAME
Nous!DICTIME
Vous mêmes. Il est tems que nos haines finissent,Que pour leurs intérêts nos deux peuples s’unissent.Je ne te réponds pasetca.
Celà est mieux dialogué. Vous aurez sans doute le tems de faire insèrer ce petit dialogue nécessaire.
Je vous avertis d’ailleurs que si on fait des coupures il ne restera rien. Car le factum de nôtre avocat est le plus écourté que j’aie jamais vu. En récompense, on y mettra des notes plus longues que le texte.
Mandez moi donc quand vous comptez épouser Made Denis afin qu’elle vous écrive.