1771-04-21, de Charles Henry Chrétien Rosé à Conseil de régence de Montbéliard.

Nosseigneurs,

J’ai remis hier au trésorier d’ici la somme de huit Mille Livres pour le compte de S: Ece Mr le Baron de Thun contre laquelle ledt trésorier m’a donné une traite sur M. de Boulogne à Paris que je viends d’envoyer à Sadte Ece.

Votre Résolution, Nosseigneurs, sur la Proposition de La Vente des 100 sacs de froment m’est parvenue trop tard; le Garde Magasin s’en étoit déjà pourvu ailleurs.

Il me reste à ce moment en Caisse la somme de 7/m.lt Je dois pour S: A: S: aux fermiers d’Ostheim 3/m.lt d’Intérêts d’un An et demi de leur Avance et 14/m.lt à M. de Voltaire pour son quartier échû au premier de ce mois. Les fermiers veulent encore se patienter pour le leur. Je Vous suplie, Nosseigneurs, de vouloir bien m’honorer de Vos Ordres, si Vous jugés à propos que je fasse passer lesdes 7/m.lt à M. de Voltaire à compte et par quelle Voye, oû quelle est Votre Intention. Je viends d’écrire à Strasbourg. Peutêtre, à ce qu’on me dit, y trouverai-je des Lettres de Change à Vüe sur Geneve à 1/2 pr Ct et les frais de Voyage à Strasbourg, mais m. de Voltaire préférera toujours la Voye de lui envoyer l’Argent en Nature par le Coche de Bâle. Il n’en a aucune peine ni frais vû qu’on lui porte l’Argent chez lui. Cependant il ne veut point prendre sur lui les risques en Route, dont j’ai eu L’honneur, Nosseigneurs, de Vous faire mention.

J’ai encore environs 470 Rx de froment, 550 Rx de Meteil et Seigle et 1000 Rx d’Orge qui existent aux greniers d’ici. Il Vous a plu, Nosseigneurs, m’authoriser pour la généralité de la Vente du Meteil et Seigle et de l’Orge, mais je ne sais m’en défaire que peu à peu à grands soins et Embaras étant borné par les Ordonnances du Roi.

Si Vous n’avés pas des Vuës particulières pour le froment que j’ai, je Vous suplie, Nosseigneurs, de m’authoriser pour la Vente de la totalité d’icelui afin que je puisse agir dans les Ocasions sans Ordre ultérieur.

Le Magistrat d’ici doit rendre à la Ville de Bâle les grains que celle ci lui a avancée il y a environs neuf Mois. Il a encore environs 600 Rx de froment à rendre. On voudroit m’acheter toute la quantité de froment que j’ai aux greniers de cette Ville, l’on me promet même de me mettre à couvert de toutes risques à l’égard des Ordonnances du Roi. On veut avoir la Réponse positive Jeudi prochain pour convenir ensuite du prix avec moi. Je Vous suplie, Nosseigneurs, de vouloir bien me faire parvenir Vos Ordres à cet égard par le premier Ordinaire sans quoi la Ville chercheroit les grains ailleurs. Dans les Circonstances d’aujourd’hui je ne puis pas faire Marché par écrit, l’envoyer pour être ratifié et attendre le retour; les Amateurs ne veulent et quelques fois ne peuvent pas faire des traités de cette Nature. D’ailleurs le prix des grains est variable d’une semaine à l’autre. Le froment s’est vendu au dernier Marché d’ici à raison de 25lt le Ral, prix médiocre.

J’ai L’honneur d’être avec un profond Respect

Nosseigneurs

Votre trés humble et très obéissant serviteur
Charles Ch. Rose