1751-07-06, de Voltaire [François Marie Arouet] à — Le Baillif.

Mon cher camarade encor un petit certificat de vie je vous en prie pour le très peu vivant François Marie Arouet de Voltaire.
J'espère que mylord tout potelé qu'il est, tout brillant de santé, tout tenant une table délicieuse, et buvant du plus mousseux vin de Champagne ne refusera pas ce certificat, à moy étique et non buvant. Quand j'aurais une santé d'atlète je ne luy serais pas plus attaché et je ne regreterais pas plus L'honneur de luy faire ma cour. J'aprends que myladi est dans le régime. Faites ma cour je vous en prie mon cher camarade au père, à la mère, à la fille. Daignez vous souvenir de moy quelquefois. Si vous voulez bien m'aimer un peu je feray encor perdre son pucelage à Jeanne deux ou trois fois pour vous prouver à quel point je vous suis attaché, et combien j'entre dans vos goûts.

Intanto j kiss yr hands.

V.