[14 juillet 1733]
Les vingt quatre lettres sont déjà imprimées à Londres, et j'attends pour y envoyer la 25ème que notre amy J. notre très incorrect J. ait achevé cette besogne.
L'attention que vous me marquez sur cela est une des plus prétieuses marques de votre amitié.
Le pour et contre dont je vous avois parlé n'est point de l'abbé des Fontaines, il est réellement du bénédictin défroqué auteur de Cleveland et des mémoires de l'homme de qualite. Je luy pardonne d'avoir dit un peu de mal de Zaire, puisque vous en avez fait l'éloge.
J'ay grande envie de voir ce tome du journal où vous avez mis un monument de votre amitié. Je regarde d'ailleurs ce petit écrit de vous, comme une lettre de ma maîtresse que l'on aura fait imprimer.
Je viens de recevoir une lettre du philosophe Formont. Il n'est pas d'avis que j'argumente cette fois cy contre Pascal, mais Le livre étoit trop court, et d'ailleurs si je déplais aux fous de jansenistes j'auray pour moy ces bougres de révérends pères.
Vale et amantem tui semper ama.
On répète aux comédiens français une Pelopée de l'abbé Pellegrin, et aux Italiens, une comédie intitulée le temple du goust, ou votre serviteur est dit on honnêtement drapé; je veux faire une bibliotèque des petits ouvrages que l'on a faits contre moy, mais la bibliotèque seroit trop mauvaise.
Il y a icy une haute contre nommée Juliot, qui est étonnante. Notre petit Tribou est enterré de cette affaire là.
Pour melle Pelissier elle se soutient encore attendu que le chevalier de Brassac la fout trois coups touttes les nuits. On dit que cela fait baucoup de bien à la voix des femmes.