1758-09-18, de Voltaire [François Marie Arouet] à Jean Robert Tronchin.

Les nouvelles d'Allemagne varient si fort, les prussiens exagèrent tant et sont si gascons, les russes sont si menteurs, Paris est si peu instruit que je ne crois rien, mon cher correspondant, et que je ne vous mande rien.

Tiriot me mande qu'il vous a adressé pour moy il y a quelques semaines un livre intitulé la France littéraire et des manuscrits sur la Russie. Certainement si ce paquet vous était parvenu vous me l'auriez envoyé. Je crois qu'il y a inquisition et rapacité sur les envois de livres. Ceux cy cependant ne sont pas dans le cas d'être volez par les inquisiteurs de la librairie. Je vous demande pardon de cette petite importunité.

Nous avons icy le bon Mr de Fleurieu. J'ay eu l'honneur de boire hier à votre santé avec Mr votre frère. Je vous embrasse sans cérémonie selon ma louable coutume.

V.