1753-01-12, de Baron Reinhard von Gemmingen à Charles Eugene von Württemberg, duke of Württemberg.

Msgr,

En conséquence de la lettre du 9 de ce mois que V. A. S. m'a fait la grâce de m'écrire et du Rescrit du 26 du mois de xbre de l'année passée, adressé à son conseil de Régence, on a enjoint au Receveur Général de faire toucher annuellement la some de 4200 Ecus valeur d'Empire à Mr de Voltaire, et après sa mort à sa nièce Mignot veuve du sr Denis celle de 2000 Ecus tant qu'elle sera en vie. J'aurai soin, que ces payements soïent faits régulièrement aux termes marqués par ce Rescrit.

Mr de Voltaire en avoit déjà prévenu depuis peu le Receveur, et demandé le payement du premier terme échu au mois de Décembre passé; mais faute d'êt[re] autorisé alors de la part de V. [A. S.] je n'ay pu faire aucune disposition pour le contenter. Par [la] même lettre il a donné à connoitre au receveur de lui faire passer à Berlin par lettres de change le quartier échu, et ceux qui échoirroient par la suite: come V. A. S. n'a pas décl[aré] par son gracieux Rescrit, si ces payements doivent être faits à la charge de sa recette, ou à celle de Mr de Voltaire, je prends la liberté de la supplier de me faire parvenir à ce sujet ses ordres, pour pouvoir m'y conformer avec le Conseil. La différence autant que je puis prévoir fait un objet de 8 à 10p cents résultante de l'agio, provisions et parce que les espèces au cours de Berlin sont meilleures que celles de France, de quoi je seroi encore mieux éclairci dès que le premier payement aura âté fait.

Je me donnerai tous les soins possibles, pour que la some de 28/m R. que V. A. S. s'est réservée des revenus des seigneuries c'y devant séquestrées soit nantie annuellement tant par acquits des différentes somes déjà conviées par V. A. S. qu'en argent comptant pour le reste, à la recette de la Camerschreiberey, mais je doute d'en pouvoir venir à bout, jusqu'à ce que les dépenses extraordinaires qu'on a à soutenir à cause des nouvelles reconnoissances, des réparations des bâtiments qu'on a laissé dépérir pendant le séquestre, et des fonds à mettre dans la forge de Chagey auront diminuées, et qu'on sera parvenu à mettre les affaires en meilleur ordre, à quoi il est impossible de réussir, sans faire des fraix assés considérables, qui consument une bonne partie du plus clair des revenus desdites terres.

Je prends la liberté de vous supplier Monseigneur d'agréer les assurances du trés profond respect avec lequel j'ay l'honneur d'être

Monseigneur

De V. A. S.

Rd Gemingen