1761-03-31, de Voltaire [François Marie Arouet] à François de Pougny de Guillet, baron de Monthoux.

Monsieur,

J'aurai L'honneur, dès que je le pourai de venir vous rendre mes devoirs, à vous et à Madame la Baronne de Monthou.
Une maladie Epidémique nous a forcé de revenir aux Délices. C'est pour made Denis et pour moi, une grande consolation d'être un peu raprochés de vous.

Je vous suis très obligé, Monsieur, de l'avoine que vous voulez bien m'envoyer; mais je voudrais que vos chevaux vinsent la manger, pendant que vous mangeriez nos poulets aux Délices.

Je vous souhaitte, Monsieur, et à Madame La Baronne, une meilleure santé que la mienne.

Je crois que vos montagnards vous trompent. L'avoine n'a pas coûté à Genêve plus de six florins et demi cette année, et en dernier lieu, elle était à six florins. Pour moi, Monsieur, je tiendrai toujours le marché que vous avez bien voulû faire avec moi; je vous prie de m'en envoier beaucoup. Je crois que c'est vôtre avantage. Je suis en tout à vos ordres. J'ai l'honneur d'être bien respectueusement, Monsieur, Vôtre très humble et très obéïssant serviteur.

Voltaire