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        <title>L’Honneur du théâtre</title>
        <author key="Anonyme">Anonyme</author>
        <editor key="Thouret, Clotilde (1974-....)">Clotilde Thouret</editor>        
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        <edition>OBVIL</edition>
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          <name>Chiara Mainardi</name>
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        <publisher>Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL</publisher>
        <date when="2015"></date>
        <idno>http://obvil.paris-sorbonne.fr/corpus/haine-theatre/anonyme_honneur-theatre_1620/</idno>
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          <licence target="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/fr/"><p>Copyright © 2014 Université Paris-Sorbonne, agissant pour le Laboratoire d’Excellence « Observatoire de la vie littéraire » (ci-après dénommé OBVIL).</p><p>Cette ressource électronique protégée par le code de la propriété intellectuelle sur les bases de données (L341-1) est mise à disposition de la communauté scientifique internationale par l’OBVIL, selon les termes de la licence Creative Commons : « Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France (CC BY-NC-ND 3.0 FR) ».</p><p>Attribution : afin de référencer la source, toute utilisation ou publication dérivée de cette ressource électroniques comportera le nom de l’OBVIL et surtout l’adresse Internet de la ressource.</p><p>Pas d’Utilisation Commerciale : dans l’intérêt de la communauté scientifique, toute utilisation commerciale est interdite.</p><p>Pas de Modification : l’OBVIL s’engage à améliorer et à corriger cette ressource électronique, notamment en intégrant toutes les contributions extérieures. La diffusion de versions modifiées de cette ressource n’est pas souhaitable.</p></licence>
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        <bibl><title>An., <hi rend="i">« L’Honneur du théâtre »</hi></title>, dans <hi rend="i">L’Asne ruant. Composé par le disciple de Philostrat (sic). Ensemble six Prologues Comiques du mesme Autheur</hi>, Paris, Fleury Bourriquant, 1620, p. 39-42.</bibl>
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      <head>L’ASNE / RUANT
        <lb></lb>Composé par le disciple de Philostrat.
        <lb></lb><hi rend="i">Ensemble six Prologues Comiques du / mesme Autheur.</hi>
        <lb></lb>A PARIS
        <lb></lb>Par FLEURY BOURRIQUANT
        <lb></lb>En l’Isle du Palais, rue Traversan-/te, aux Fleurs Royales.
        <lb></lb>M. DC. XX.</head>
      <div type="chapter" xml:id="anonyme_honneur-theatre_1620_1">
        <head>Prologue<note resp="editor"> [NDE] Ce prologue est le premier d’un ensemble de six que l’auteur dit avoir composé à la demande de <term type="Acteur" rend="Comédien">comédiens</term>. Les six prologues suivent le récit lucianesque de <hi rend="i">L’Asne ruant</hi> : il donne le titre au volume et, au dire de l’auteur, met en <term type="Théâtre" rend="Scène">scène</term> des étudiants en droit de Bourges sous des identités illustres. Il se pourrait donc que les prologues aient été commandés par une troupe de Bourges ou de passage dans la <term type="Autorité" rend="Ville">ville</term>. Les autres prologues portent sur l’<term type="Passion" rend="Amour">amour</term> et sa puissance, sur l’envie et sur les <term type="Femme" rend="Femme">femmes</term>.</note></head><pb n="39"></pb>
        <p>Que sert aux Assyriens, aux Médoi[s]<note resp="editor">[NDE] Aux Mèdes.</note>, aux Perses, aux Macédoniens, et à cet invincible <term type="Droit" rend="Sénat">Sénat</term>, d’avoir donné fondement aux Monarchies, amplifié ses bornes, établi l’état d’un admirable empire, subjugué la meilleure partie de la terre, conservé l’excellente <term type="Affect" rend="Dignité">dignité</term> d’un <term type="Société" rend="Noble">noble</term> gouvernement ; Si la postérité par l’<term type="Qualité_Positive" rend="Agréable">agréable</term> mémoire d’un Nine, d’un Arbaze, d’un Cyre<note resp="editor">[NDE] Ninus, fondateur de la <term type="Autorité" rend="Ville">ville</term> de Ninive en Mésopotamie ; Arbaze est mentionné comme <term type="Autorité" rend="Roi"><term type="Société" rend="Roi">roi</term></term> de Perse par Antoine de Varillas (<bibl><hi rend="i">Histoire des révolutions arrivées dans l’Europe en matière de <term type="Religion" rend="Religion">religion</term></hi>, Paris, C. Barbin, vol. 2, 1686, p. 334</bibl>) mais n’est pas attesté par ailleurs (ont régné sur la Perse plusieurs Artabaze et Orabaze) ; Cyrus (VIe s. av. J.C.) fondateur de l’empire perse.</note>, d’un Alexandre, d’un <term type="Autorité" rend="César"><term type="Société" rend="César">César</term></term>, et d’un <term type="Autorité" rend="Pompée">Pompée</term> ne les récompensait de leurs <term type="Morale_Positive" rend="Vertu">vertus</term>, et ne mettait en évidence ces anciens courages doués d’une louable magnanimité ? C’est à l’histoire, généreux Héros, que vous et nous tout ensemble devons mille millions de grâces, lui présentant les plus zélés de nos vœux, pour nous conserver ce que la longueur du temps pouvait ensevelir dans un injuste oubli. Et ce qui semble prodigieux, les antiquités se consomment par la suite des ans, agitées par le jouet de fortune, ébranlées par les hasards, et tenues par la négligence : la seule mémoire de vos actions, célébrée par tant de bouches, honorée par tant de <pb n="40"></pb> plumes, et conservée par le <term type="Affect" rend="Soin">soin</term> de l’histoire, qui remplit un monde du bruit de vos conquêtes, a pour conservateur le temps, qui dissipe toutes choses. Que si nous faisons <term type="Economie" rend="Profit">profit</term> des erreurs, puisque les erreurs font les hommes sages, et que nous nous proposons, pour exemplaires de nos actions, les conseils des plus anciens personnages, que l’âge et l’expérience sont inévitables ; n’avouerons-nous pas que l’histoire nous doit servir de très excellent miroir pour y considérer le <term type="Morale_Négative" rend="Vice"><term type="Passion" rend="Vice">vice</term></term> et la <term type="Morale_Positive" rend="Vertu">vertu</term>, non terminés par la vie d’un <term type="Passion" rend="Mortel">mortel</term>, mais par le perpétuel récit de tous les âges, et de tous les siècles.</p>
        <p>C’est elle qui par la lecture et considération des choses louables égale la prudence d’une jeunesse bouillante à celle d’une vieillesse expérimentée, réveille les esprits impuissants pour les faire aspirer à la grandeur, excite les plus puissants à mériter un los immortel, <term type="Economie" rend="Salaire">salaire</term> de leurs <term type="Qualité_Positive" rend="Bon">bonnes</term> vies, anime les soldats par l’immortalité de ceux qui n’ont redouté les dangers pour la conservation de leurs parties, retire les <term type="Qualité_Négative" rend="Méchant">méchants</term> de leur impiétés par la <term type="Passion" rend="Crainte">crainte</term> d’<term type="Morale_Négative" rend="Infamie">infamie</term>, exhorte à la <term type="Morale_Positive" rend="Vertu">vertu</term>, déteste le <term type="Morale_Négative" rend="Vice"><term type="Passion" rend="Vice">vice</term></term>, guerdonne les <term type="Qualité_Positive" rend="Bon">bons</term>, abhorre les <term type="Qualité_Négative" rend="Méchant">méchants</term>, et se rend tellement <term type="Qualité_Positive" rend="Utile">utile</term> aux humains, qu’elle semble servir d’une sage <term type="Femme" rend="Maîtresse">maîtresse</term> pour les former à l’<term type="Qualité_Positive" rend="Honneur">honneur</term> par son instruction.</p>
        <p>C’est <term type="Morale_Positive" rend="Sans_Reproche">sans <term type="Morale_Négative" rend="Reproche">reproche</term></term>, Messieurs, que nous nous maintenons fidèles conservateurs de ce précieux trésor, et qui véritablement servons de trompettes pour entonner le los immortel des plus perfectionnés.</p>
        <p>Si la lecture muette guerdonne les travaux d’un <pb n="41"></pb> <term type="Autorité" rend="Hercule">Hercule</term>, d’un <term type="Autorité" rend="Bacchus">Bacchus</term>, d’un Thésée, et les rend satisfaits d’avoir un étudiant témoin de leur valeur ; la récompense que nous leurs donnons n’est-elle pas beaucoup plus excellente, publiant leurs mérites en la présence des plus rares esprits de ce siècle, qui contemplent et l’histoire et le <term type="Spectacle" rend="Geste">geste</term>, représentant au vrai les effets de l’ancienne générosité ? Sans <term type="Morale_Négative" rend="Vanité"><term type="Qualité_Négative" rend="Vanité"><term type="Passion" rend="Vanité">vanité</term></term></term>, Messieurs, les louanges que l’histoire peut mériter sont légitimement redoublées sur nos personnes, vu que nous retirons de l’enfer ce que Pluton pensait être garroté dans ses plus profondes cavernes ; nous puisons dans les eaux ce que Neptune pensait avoir de plus caché, et nous faisons descendre de là-haut les <term type="Religion" rend="Dieu">Dieux</term> immortels, trop heureux de paraître sur ce <term type="Lieu_des_spectacles" rend="Théâtre"><term type="Théâtre" rend="Théâtre">théâtre</term></term> pour publier leurs <term type="Passion" rend="Amour">amours</term>, leurs batailles, et leurs trophées, qui n’emportent autre prix que votre <term type="Qualité_Positive" rend="Bon">bonne</term> attention.</p>
        <p>Et puisque la <term type="Morale_Positive" rend="Vertu">vertu</term> cherche le jour, et désire d’être vue ; serions-nous <term type="Morale_Négative" rend="Méprisable">méprisables</term> d’étaler notre marchandise devant ceux qui n’en sauraient tirer que tout <term type="Qualité_Positive" rend="Honneur">honneur</term> et <term type="Economie" rend="Profit">profit</term>, et nous la louange de les servir, et nous évertuer de rappeler l’antiquité, imitant les plus capables d’entre les <term type="Nationalité" rend="Grec">Grecs</term> et les <term type="Nationalité" rend="Romain">Romains</term> ; comme un <term type="Autorité" rend="Euripide"><term type="Autorité" rend="Euripide">Euripide</term></term>, un Névius<note resp="editor">[NDE] Cnaeus Naevius (264 av. JC - 194 av. JC), dramaturge <term type="Nationalité" rend="Romain">romain</term>.</note>, et dix mille autres qui charmaient les oreilles des <term type="Spectateur" rend="Spectateur">spectateurs</term>, par la naïve <term type="Spectacle" rend="Représentation">représentation</term> de leurs <term type="Théâtre" rend="Comédie">comédies</term>, trop plus <term type="Qualité_Positive" rend="Agréable">agréables</term> que les grands <term type="Spectacle" rend="Jeux">jeux</term> Olympiques et <term type="Nationalité" rend="Romain">Romains</term>, où les plus ignorants pouvaient mériter le prix d’une insigne <term type="Guerre" rend="Victoire">victoire</term>.</p>
        <p>Ce <term type="Acteur" rend="Comédien">Comédien</term> <term type="Nationalité" rend="Romain">Romain</term> était si naïf en ses personnages, et si violent en ses actions, qui semblaient <pb n="42"></pb> requérir quelque affection, qu’il tua d’un coup de Sceptre un importun sur le <term type="Lieu_des_spectacles" rend="Théâtre"><term type="Théâtre" rend="Théâtre">Théâtre</term></term>, rendant la <term type="Théâtre" rend="Comédie">comédie</term> tragique, ou la <term type="Théâtre" rend="Tragédie">tragédie</term> plus funeste. Nous imiterons sa naïveté, Messieurs, non pas sa <term type="Morale_Négative" rend="Cruauté"><term type="Qualité_Négative" rend="Cruauté">cruauté</term></term> ; repaissant vos oreilles de la plus douce harmonie qui puisse sortir du <term type="Qualité_Positive" rend="Sacré">sacré</term> concert des plus excellents Poètes, et vos yeux des plus <term type="Qualité_Positive" rend="Agréable">agréables</term> feintes que l’invention Comique ou Tragique puisse trouver pour vous complaire, et vous témoigner que notre plus ardent désir est de vous contenter, et laisser une opinion dedans vos cœurs que nous ayons essayé tous les moyens de nous déclarer vos très humbles serviteurs.</p>
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