Célia dit à Laura qu’elle a fait entrer Dom Félix en secret, & comme si c’étoit sans l’aveu de sa maîtresse. […] Marcella se trouble : elle dit à Lisardo que son secret & sa vie sont dans ses mains, ce qui confirme Lisardo dans l’idée où il étoit que la maîtresse de son ami a du goût pour lui. […] Marcella s’applaudit d’avoir excité la jalousie de Laura, & de l’avoir empêchée par-là de révéler son secret à son frere : ce n’est donc point par hasard qu’elle l’a fait, comme nous l’avons déja dit. […] Calabacas présente un papier à son maître, lui dit que c’est son mémoire, lui demande son congé ; il ne veut plus servir un maître qui a des secrets pour lui. […] La jeune Phanostrate n’a pas été violée impunément ; elle devient enceinte, accouche d’une fille, met dans son secret un esclave nommé Lampadisque, qui va exposer l’enfant nouveau né avec des joujous dans un panier.
Nous nous battîmes hier, & j’avois fait serment De ne parler jamais de cet événement ; Mais à toi, de mon cœur l’unique secrétaire, A toi, de mes secrets le grand dépositaire, Je ne célerai rien, puisque je l’ai promis. Depuis cinq ou six mois nous étions ennemis : Il passa par Poitiers, où nous prîmes querelle ; Et comme on nous fit lors une paix telle quelle, Nous sûmes l’un & l’autre en secret protester Qu’à la premiere vue il en faudroit tâter. […] Oui ; mais, pour le conclure, Si l’on vous a dit tout, ne vous a-t-on pas dit Que vous avez chez vous celle dont il s’agit, La fille qu’autrefois de l’aimable Angélique, Sous des liens secrets, eut le Seigneur Enrique ? […] La curiosité qu’on fait lors éclater, Marque un secret plaisir de s’en ouir conter : Et je trouve à propos que, toute cachetée, Cette lettre lui soit promptement reportée, Afin que d’autant mieux il connoisse aujourd’hui Le mépris éclatant que mon cœur fait de lui ; Que ses feux désormais perdent toute espérance, Et n’entreprennent plus pareille extravagance. […] Dans le Dépit Amoureux de Moliere, Mascarille, valet de Valere, déclare à Polidore, pere de son maître, le mariage secret qu’a fait son fils.
Cléon demande le secret ; on le lui promet aux conditions suivantes. […] Sans choix, tout est pour vous matiere à discourir ; Et le moindre secret vous fatigue à mourir. […] Déja depuis long-temps, je l’avoue à regret, Mon cœur vous rend, Madame, un hommage secret. […] Et je me récriois en secret sur les vôtres. […] Enfin Céliante, au cinquieme acte, est en opposition avec presque tous les acteurs, lorsqu’il est question d’obtenir le consentement de Lisimon & de Géronte, tous deux irrités du mariage secret qu’a fait le Philosophe.
Eraste en est aimé ; Valere se flatte de l’être, parcequ’Ascagne, sœur de Lucile, que tout le monde croit un garçon, l’a épousé en secret dans l’obscurité, sous le nom de Lucile. […] Albert fait venir Métaphraste, précepteur d’Ascagne, pour lui demander quel est l’ennui secret de son éleve ; le pédant le désole en lui crachant sans cesse du latin, & en l’interrompant continuellement, sans lui donner le temps de dire deux mots de suite. […] Celle, par exemple, où Marinette & Gros René parodient le dépit & le raccommodement de leurs maîtres ; celle où le pédant, entraîné par la fureur de babiller, parle un quart d’heure tout seul pour déclamer contre le sort qui ne lui permet pas d’ouvrir la bouche, de desserrer les dents ; celle où Valere, cherchant à découvrir si Mascarille a révélé ses secrets à son pere, lui dit qu’il voudroit connoître l’honnête homme qui lui a rendu ce service, pour l’en récompenser ; celle encore où les vieillards, instruits du véritable sexe d’Ascagne, disent à Valere qu’il ne connoît pas la valeur d’un pareil adversaire, & feignent de trembler pour lui dans le combat singulier qu’ils doivent faire ensemble pour vuider leurs différends ; plusieurs autres enfin qu’il seroit trop long de rapporter. […] Faisons jaser les femmes-de-chambre, les Chirurgiens, les Médecins, les... toutes les personnes enfin qui, par état, sont à portée de connoître l’intérieur des maisons, & les secrets soigneusement cachés au reste des hommes. […] Le public au contraire qui n’est pas du secret, & qui n’entend pas finesse à ce qu’on lui dit, commence par bâiller, & finit par huer.
Argentine s’en charge : un moment après elle trouve sur la table celui de l’objet qu’elle aime en secret, celui de son cher Arlequin ; elle l’admire, elle le baise, lorsque Scapin la surprend : il est jaloux, fait grand bruit, a cru voir le portrait d’Arlequin ; mais Argentine lui persuade le contraire en lui montrant celui de Celio qu’elle a ordre d’apporter à sa maîtresse. Elle lui demande le secret ; Scapin le lui promet, & part pour aller tout dire à Pantalon. […] La sœur cadette paroît, surprend son aînée un portrait à la main, & comme elle aime aussi Celio en secret, elle lui reproche son attachement pour l’original dont elle tient la copie : Aurora lui jure le contraire, &, pour le lui prouver, lui abandonne cette miniature qui cause sa jalousie : la sœur cadette l’accepte avec transport, l’ouvre bien vîte, & voit avec étonnement la figure d’Arlequin.
Je vous aime, &, pour prix d’un zele si discret, Je vous puis aisément épouser en secret. […] M’épouser en secret ! […] Je saurai son secret. […] Je saurai son secret. […] Oronte est fils de votre frere, Qui, laissant ce pays pour l’Angleterre, aima La Comtesse d’Uspek qu’à son tour il charma : De leurs amours secrets ce fruit serra la chaîne.
Tout ce qu’il vous débite, en grimaces abonde, À force de façons, il assomme le monde ; Sans cesse, il a tout bas, pour rompre l’entretien, Un secret à vous dire, et ce secret n’est rien, De la moindre vétille280 il fait une merveille, Et jusques au bon jour, il dit tout à l’oreille.
Dans la grande scène de rupture et de réconciliation, vous vous demandez si c’est votre propre secret que Molière a surpris, s’il vous aurait un jour écouté derrière une porte et regardé par le trou d’une serrure. […] Voilà le secret de cette colère pour la première fois sérieuse et définitive. […] Personne ne s’y trompe, tout le monde est dans le secret. […] La femme sans cœur est un monstre qui a perdu sa nature et sa forme par quelque corruption : le secret du mépris qu’elle nous inspire est dans la dégradation que nous sentons derrière sa dureté. […] N’ayant pas pénétré dans l’intime de nos souffrances, elle n’aperçoit pas le remède dont le secret est toujours caché dans la cause du mal.
Elle ne peut être l’effet d’une ambition vulgaire, ni d’aucun des secrets qui sont à son usage, de l’hypocrisie, de l’intrigue, de la coquetterie, il faut en chercher la noble cause ailleurs. […] Le secret de la prodigieuse fortune à laquelle s’éleva madame de Maintenon n’a pas été pénétré par tous ceux qui se sont ingérés de nous l’apprendre ; ce secret n’a pas été, comme tant d’écrivains l’ont supposé, une excessive ambition de richesses, de vains honneurs, de grandeur et de pouvoir, aidée par une dévotion hypocrite, par une intrigue savante et quelques charmes, dont une coquetterie raffinée augmenta l’influence. […] Toutefois, le secret de madame de Maintenon ne réside pas uniquement dans son mérite et dans ses charmes ; il faut aussi reconnaître en elle deux autres principes de conduite qui mirent en valeur tous ses avantages : ce furent deux passions que madame de Maintenon ressentit au plus haut point ; savoir : Un amour vif pour Louis XIV, et un grand respect pour elle-même. […] Je crois, au contraire, et la suite apprendra qui d’Auger ou de moi a raison, que madame de Scarron a plu très sensible me ni au roi dans sa première visite ; que le compliment qu’il lui adressa non seulement fut sincère, mais même inspiré par une secrète inclination pour elle, et fut une première amorce, jetée par des espérances confuses de possession plus ou moins prochaine, à un cœur qu’il jugeait disposé à lui céder.