Plusieurs Officiers sont prêts à le servir : il s’éveille ; il est étonné du changement prodigieux qui frappe sa vue. […] Sigismond est frappé de sa beauté, il s’écrie : Elle a dans un instant changé mon caractere : Le seul son de sa voix a dompté ma fureur ; La douceur de ses yeux a passé dans mon cœur : Elle vient de verser dans mon ame charmée Le desir de la gloire & l’oubli de mes maux ; Pour la seule vertu je la sens enflammée : Et d’un tyran, en moi, l’amour fait un héros. […] Clotalde veut lui persuader que tout ce qui a frappé ses sens n’est que l’effet d’un songe. […] Il raconte à Clotalde tout ce qui a frappé ses yeux, & ce fidele sujet saisit cette occasion pour lui reprocher l’abus odieux qu’il a voulu faire de sa puissance ; il lui dit qu’un Roi ne doit jamais avoir, même en songe, des pensées qui puissent faire rougir sa vertu.
Enfin, pour ruiner cette théorie, qui a eu pourtant des partisans estimables8, ne suffit-il pas de poser cette question : Par où est-ce que la comédie frappe les vices ? […] Après son immense influence, ce qui doit surtout nous frapper dans Molière, c’est le bon sens : le bon sens est le caractère saillant de son génie. […] Il a voulu par cette liberté plaire au parterre, frapper les spectateurs les moins délicats, et rendre le ridicule plus sensible. […] « Je me souviens que Molière m’a montré plusieurs fois une vieille servante qu’il avoit chez lui, à qui il lisoit, disoit-il, quelquefois ses comédies ; et il m’assuroit que lorsque des endroits de plaisanterie ne l’avoient point frappée, il les corrigeoit, parce qu’il avoit plusieurs fois éprouvé sur son théâtre que ces endroits n’y réussissoient point. » Boileau, Réflexions critiques sur quelques passages du rhéteur Longin, I.
(On frappe derechef ; Crispin va à la porte, & revient avec un gros paquet de papiers.) […] Bremenfeld se releve encore, & frappe sur son front avec la main, afin de mieux concevoir ce qu’il médite, & crie : Crispin. […] (Il s’assied encore, efface ce qu’il avoit écrit, récrit de nouveau, se releve ensuite, frappe le pavé, & appelle :) Crispin.
Célio croit qu’Eléonora est infidelle, il veut s’instruire de la vérité avec Scapin : il frappe au cabaret ; Camille lui ouvre la porte, lui fait beaucoup de politesses. […] Célio frappe à la porte ; Scapin se prépare à lui ouvrir ; mais pendant ce temps-là le Docteur a été appeller de faux braves à son secours, qui tombent sur Célio. […] Célio frappe chez Scapin.
Il ne suffit pas d’instruire, il faut savoir encore faire goûter les leçons que l’on donne : il faut qu’elles puissent frapper profondément. […] Si elle n’est pas aussi importante par son objet, si elle n’est pas destinée à frapper tous les hommes, à être également de tous les temps, elle n’en présente pas moins de grandes difficultés ; et, par la manière dont Molière et quelques auteurs après lui l’ont traitée, elle s’est presque élevée à la hauteur de la comédie de caractère. […] Ici, c’est par la représentation vive et animée des objets qui ont frappé l’auteur plus profondément que les autres, qu’il doit intéresser et instruire à la fois le spectateur : tous les traits que son esprit observateur réunis doivent alors être vivifiés par des situations pleines de force et de vérité. […] C’est pour eux qu’il faut frapper plus fort que juste : telle est la maxime constante de ceux qui travaillent pour nos petits théâtres ; tous leurs ouvrages réussissent ; leurs spectateurs accoutumés versent des larmes, tandis qu’un habitué des Français, que la curiosité seule a attiré, baille et finit par s’endormir.
Dans les Fâcheux, Moliere devoit peindre nécessairement plusieurs importuns, & soutenir l’attention du public par la variété autant que par la vérité de ses images ; il eût manqué son but si l’un de ses portraits eût été assez fort pour dominer sur les autres d’une façon sensible : aussi tous les caracteres qu’il introduit dans cette piece ont-ils à-peu-près la même force, la même valeur ; ce qui devoit être nécessairement, puisque l’Auteur les destine tous à la même chose : l’un ne doit pas faire plus qu’un autre, les coups qu’ils portent doivent donc être également frappés. […] Son caractere n’est pas mieux frappé que les quatre autres : tous ont une portion de ridicule à-peu-près aussi forte ; ils fournissent presque autant de comique l’un que l’autre.
Quelquefois, il est vrai, ton austère férule En passant près de lui frappa le ridicule, Dont la vie éphémère, en son obscurité, Eût échappé, sans elle, à la postérité : Mais plus souvent, aussi, ta généreuse audace Brave le vice altier, l’attaque et le terrasse, Et, marchant droit au but, sans le laisser en paix, Torture le méchant qui ne change jamais. […] frappons ! […] Pour redresser nos torts ces Chevaliers errants, Émules valeureux du héros de Gamache, Pleins d’une noble ardeur ont repris la rondache : Ils ne frappent point l’air d’un belliqueux signal, Mais, laissant échapper un soupir féodal, De ces gothiques preux l’espérance insensée Rêve encor le retour de leur grandeur passée.
Tel frappe d’abord en grand, qui n’est propre bien souvent qu’à figurer dans une petite scene ; & tel n’en impose point au premier aspect, qui peut fournir une longue carriere. […] Ce titre annonce un homme qui, frappé des paroles du Duc de Montausier (je voudrois bien ressembler au Misanthrope de Moliere), voudroit avoir l’air de lui ressembler aussi, & affecteroit de haïr les hommes qu’il aime dans le fond, & dont il approuve intérieurement toutes les foiblesses. […] La fausse modestie du personnage la changeroit bien quant à la superficie, mais le fond seroit toujours égal ; &, comme nous l’avons déja dit plusieurs fois dans le cours de cet Ouvrage, ce ne sont point les superficies qui doivent frapper sur la scene. […] Un jeune homme qui consacre ses veilles à la Muse Comique, lit la Poétique de M. de Marmontel, dévore les principes excellents dont l’article Comédie est plein, parvient à l’endroit qui nous occupe présentement : ce titre le frappe : le Petit Seigneur !
Il faut que je frappe. […] Peu s’en est fallu que je n’aie enfoncé les deux portes à force de frapper à coups de pieds. […] Me prends-tu pour un menteur, puisque je te dis que j’y ai touché, & que j’y ai frappé bien fort ? […] Parbleu, il faut bien que j’aie touché, puisque j’ai frappé : l’un ne va pas sans l’autre. […] Frappe à la porte, Tranion, & fais venir quelques voisins de là-dedans.