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70. (1734) Mémoires sur la vie et les ouvrages de Molière (Œuvres de Molière, éd. Joly) [graphies originales] pp. -

L’étourdi reparut à Béziers avec un nouveau succès, le dépit amoureux & les précieuses ridicules y entraînérent tous les suffrages ; on donna même des applaudissemens à quelques farces qui, par leur constitution irréguliére, méritoient à peine le nom de comédie, telles que le docteur amoureux, les trois docteurs rivaux, & le maître d’école, dont il ne nous reste que les tîtres. […] Ce sont apparemment ces espéces de farces, qu’il lisoit à sa servante, pour juger, par l’impression qu’elle en recevoit, de l’effet que la représentation produiroit sur le théatre. […] Hugues Guéru étoit connu dans les piéces sérieuses sous le nom de Fléchelles, & dans la farce sous celui de Gautier Garguille.

71. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. De l’Etat, de la Fortune, de l’Age, du Rang, du Nom des Personnages. » pp. 39-75

Un nom qui dénote la profession d’un personnage peut à la vérité être plaisant, & faire jetter un sourire en passant ; mais ce n’est que dans les farces. […] Les noms qui indiquent le pays des personnages ne sont encore bons que dans les petites pieces, ou dans les farces.

72. (1871) Molière

Ils étaient riches, ces Poquelin ; ils étaient sages ; seulement le grand-père était un bel esprit qui gâtait son petit-fils (c’est l’usage), et quand le grand-père et le petit-fils traversaient le Pont-Neuf tout rempli de farces, de comédies, de chansons, de tréteaux joyeux, d’arracheurs de dents, d’opérateurs et d’avaleurs de pois gris, Molière s’en est souvenu, le vieillard et l’enfant tout joyeux ne se lassaient pas des amours de Tabarin et des gaietés de Francisquine. — Ah ! […] Lui, cependant, il se complaisait également dans la farce et dans la comédie sérieuse.

73. (1800) Des comiques d’un ordre inférieur dans le siècle de Louis XIV (Lycée, t. II, chap. VII) pp. 294-331

Brueys et Palaprat l’ont fort embelli; mais les scènes principales et plusieurs des meilleures plaisanteries se trouvent dans le vieux français de la farce de Pierre Patelin, imprimée en 1656 sur un manuscrit de l’an 1460, sous ce titre: Des tromperies, finesses et subtilités de maître Pierre Patelin, avocat. […] Le Grondeur doit être mis fort au-dessus de l’Avocat Patelin : il est vrai que le troisième acte, qui est tout entier du genre de la farce, ne vaut pas, à beaucoup près, celle de Patelin ; mais les deux premiers sont bien faits, et il y a ici un caractère parfaitement dessiné, soutenu d’un bout à l’autre et toujours en situation, celui de M.

74. (1840) Le foyer du Théâtre-Français : Molière, Dancourt, I pp. 3-112

La farce est complète, on le voit. […] On est étonné de voir Molière, après s’être élevé à la hauteur de la bonne comédie, redescendre aux farces des canevas italiens. […] Cette farce est amusante; l’on y rit de bon cœur, bien que d’un rire quelquefois déshonnête, en voyant ce bon Limousin venir pour se marier à Paris , et puis s’en retourner dans sa ville, bafoué, mystifié, avec une crainte horrible d’être toujours poursuivi par une troupe de garçons apothicaire, armés des instruments de leur profession. […] Le Bourgeois gentilhomme, qu’on a considéré comme une farce, à cause de la réception grotesque du Mamamouchi, n’en est pas moins une excellente comédie, égale aux autres chefs-d’œuvre de Molière. […] Les Fourberies de Scapin ne sont pas une farce grossière ; elles contiennent d’excellents traits de comédies, et la preuve que Molière destinait cette pièce aux gens de goût, c’est qu’il a imité beaucoup de passages du Phormion de Térence.

75. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VII. Des Comédies Allégoriques. » pp. 75-90

Nous ne citerons point la Farce du Pape malade, quoiqu’elle soit très propre à prouver aux jeunes gens tentés de suivre cette carriere, qu’en attaquant des choses ou des personnes respectables par elles-mêmes, l’on ne diminue rien de la vénération qui leur est due, & qu’on encourt l’indignation publique.

76. (1882) Molière (Études littéraires, extrait) pp. 384-490

Ce fut le modeste prélude de l’époque héroïque où son génie, dégagé de la farce, entrait en pleine possession de lui-même14. […] La farce même, il l’élève jusqu’à lui : ses bouffonneries ne sont-elles pas traversées par des éclairs d’intuition qui les rapprochent de la haute comédie dont il est le père ? […] Plus d’un papelard libidineux sous ses airs d’austérité joue aussi son rôle dans les fabliaux, farces ou soties qui égayaient la malice de nos pères118. […] Que de bonnes vérités échappent alors à sa franchise qui procède directement de l’ancienne farce gauloise179 ! […] Mentionnons le Roman de Renart, la Farce des Brus, les Contes de Marguerite de Navarre.

77. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIX. Des Caracteres propres aux personnes d’un certain rang seulement. » pp. 312-327

Ces farces dont le sujet éternel est le train de vie des gens de mauvaises mœurs, sont autant contre les regles que contre les bienséances.

78. (1825) Notices des œuvres de Molière (IX) : La Comtesse d’Escarbagnas ; Les Femmes savantes ; Le Malade imaginaire pp. 53-492

Voltaire et beaucoup d’autres ont appelé La Comtesse d’Escarbagnas, une farce : c’est une fausse application du mot. Une farce est une petite pièce, où domine un comique bouffon et outré, comme Pourceaugnac ou Les Fourberies de Scapin. […] C’est là principalement ce qui a trompé les critiques eux-mêmes, et leur a fait ranger parmi les farces une petite comédie qui n’appartient point à ce genre d’ouvrages.

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