Il ajoute que l’usage est à Barcelone de donner des fêtes dans lesquelles on tire des rubans au sort ; que le Cavalier qui a la couleur d’une Dame est obligé de lui dire des douceurs pendant toute la journée, & que la Dame est forcée d’y répondre. « Je sais, lui dit-il, que la Princesse veut tirer parti de cette loterie amoureuse ». […] Les musiciens exhortent, par leurs chants, les Dames & les Cavaliers à tirer au sort. […] Enfin Don Carlos tire un ruban incarnat : la Princesse lui fait voir que le sien est incarnat aussi, & lui donne une ceinture de la même couleur. […] Les Captifs, comédie en trois actes, en prose ; le sujet est tiré de Plaute.
L’éducation d’Isabelle a porté ses fruits : elle lui a appris à tirer parti des travers de son tuteur. […] C’est de là qu’il va la tirer pour en faire sa femme. […] Dans une contrariété vive et présente, on peut tirer quelque soulagement d’une autre passion ; mais un aphorisme de morale n’y peut rien. […] Mais quel parti Molière n’a-t-il pas tiré de l’anecdote ? […] Il y en a des raisons générales, tirées de la nature même de la tragédie.
De cette disposition à saisir le ridicule, la comédie tire sa force & ses moyens. […] Moliere tire d’un sot l’aveu de ce ridicule pour le mieux faire appercevoir dans ceux qui ont l’esprit de le dissimuler. […] C’est d’une connoissance profonde de leurs objets, que les Arts tirent leurs regles, & les auteurs leur fécondité. […] Il a tiré des contrastes encore plus forts du mêlange des comiques. […] Jean-Baptiste Pocquelin, si célebre sous le nom de Moliere, ne à Paris en 1620, mort en 1673, a tiré pour nous la comédie du chaos, ainsi que Corneille en a tiré la tragédie.
Alexandra Dias Veira en a tiré ici toutes les anecdotes concernant Molière. […] Boileau en composa en effet qui étaient tirés du Grec, et qui désignaient le caractère de chacun de ces Messieurs. […] Molière, comptant sans doute qu’il ne le serait jamais, en tira quelques traits qu’il jugea dignes d’être insérés dans d’autres Pièces. […] Et sur ce que Chapelle* tirait vanité du bruit qui courut dans le monde qu’il travaillait avec Molière, ce fameux Auteur lui fit dire par M. […] Le Duc de Chevreuse158 le tira à quartier, en lui disant : « Oh !
La Piece Espagnole d’Agostino Moreto, intitulée El desden con el desden. dont Moliere a tiré sa Princesse d’Elide, est une preuve de la justesse de son esprit. […] On ne prétend rien diminuer du mérite & de la gloire de Moliere, en disant que le fond de la fable de sa Comédie de l’Avare est pris en partie de l’Aulularia de Plaute, & en partie de la Sporta del Gelli, qui a suivi le Poëte latin ; que le premier Acte est imité d’une Comédie Italienne à l’inpromptu, intitulée l’Amante Tradito, & jouée à Paris sous le nom de Lelio & d’Arlequin, valets dans la même maison : que la premiere Scene du second Acte est tirée du Dottor Bachettone, Canevas Italien ; que la Scene 5me. […] Riccoboni dont je tire cet article, un ouvrage aussi singulier & aussi difficile, car je suis presque certain qu’il a plus coûté à Moliere que deux Comédies de son invention, mérite l’attention, & même l’admiration des connoisseurs. […] Il en fit en effet qui étoient tirés du Grec, & qui marquoient le caractere de chacun de ces Médecins.
Arlequin crie toujours et dit qu’il veut l’abandonner ; Flaminia le prie de ne point la quitter et se recommande à Scapin qui lui fait une proposition pour la tirer honnêtement de la misère qui l’accable. […] Ces lazzi, quoique inutiles à la scène, parce que si Arlequin ne les faisait pas, l’action marcherait toujours ; quoique absolument inutiles, dis-je, ne s’éloignent point de l’intention de la scène, car, s’ils la coupent plusieurs fois, ils la renouent par la même badinerie qui est tirée du fond de l’intention de la scène. » Les lazzi auraient dû, en effet, être toujours suggérés par la situation ou tout au moins d’accord avec elle. […] Il tire la langue au public sous son masque.
Le sujet est tiré de l’espagnol145. […] L’opinion la plus reçue sur la comédie des Fâcheux est que Moliere en a tiré le sujet d’une ancienne comedie italienne intitulée : Le Case svaliggiate, ou Gli interrompt menti di Pantalone. […] Il aimoit fort à haranguer ; et, quand il lisoit ses pièces aux comediens, il vouloit qu’ils y amenassent leurs enfans149, pour tirer des conjectures de leurs mouvemens naturels150. » 151La fécondité de Moliere est encore plus sensible dans les sujets qu’il a tirés des auteurs anciens et modernes, ou dans les traits qu’il a empruntés d’eux. […] Il eut même bien des difficultés à surmonter pour y réussir, et ne se corrigea de cette volubilité si contraire à la belle articulation que par des efforts continuels, qui lui causèrent un hoquet qu’il a conservé jusqu’à la mort, et dont il sçavoit tirer parti en certaines occasions. […] Les Italiens, qui avoient tiré ce sujet des Espagnols, le firent connoitre en France sur leur theatre, où il eût un extreme succès.
Voilà le moment fatal qui me fut prédit dans mon enfance par une magicienne fameuse, après avoir tiré mon horoscope. […] Je commence à le tirer par la manche : je lui prends la main ; il ne sent rien. […] Encor n’est-ce pas tout : il tire un long escrit, Que voyant je frémis. […] pourquoi n’a-t-il pas tiré parti de ce fâcheux qui aime mieux perdre sa fortune que d’abandonner son martyr ?
J’avoue que Molière, avec son génie habituel, a tiré de cette opposition des effets surprenants. […] Est-ce qu’ils n’enfoncent pas plus avant dans son entêtement celui qu’ils en veulent tirer ? […] — Voyons comme il s’en tirera, semble-t-elle dire. […] On ne se fait pas si longtemps tirer l’oreille. […] Il semblait qu’on nous eût tout d’un coup tiré le rideau qui couvrait un chef-d’œuvre inconnu.
Voilà ce que j’ai tiré de sa Vie imprimée à la tête de ses Oeuvres. J’eusse peut-être bien fait de n’en rien tirer ; car ce Livre-là est plus connu, & plus manié, que ne le sera jamais mon Dictionaire, & ainsi je n’apprens rien de nouveau à qui que ce soit, en copiant quelque chose de ce qui se trouve dans cette Vie de Moliere. […] ] J’en pourrois marquer cent exemples ; mais je me bornerai à deux, que je tire d’une Piece que l’on a mise à la tête de ses Oeuvres dans quelques Editions. […] Remarquez bien que par barbarisme je n’entends pas des expressions, ou des paroles tirées des autres Langues, & inconnues à la Françoise ; j’entens un arrangement qui choque les regles, & que nos bons Grammairiens regardent comme barbare. […] ] La preuve que je vais donner sera tirée d’un Livre anonyme : mais n’importe ; puisqu’il est imprimé, il suffit à justifier ce que j’avance, car j’ai seulement à prouver qu’il y a des gens qui assûrent que les Comédies Italiennes représentées à Paris servirent d’original à Moliere.
Tu sais fort bien aussi que la vieille amitié Fit qu’enfin mon vieux maître en eut quelque pitié, Et me chargea de faire en Turquie un voyage, Pour chercher & tirer son ami d’esclavage. […] Remarquez avec quelle adresse l’Auteur, après avoir rendu compte, au commencement de la scene, des traitements qu’ont essuyé du Croisy & la Grange, expose le dépit du dernier, annonce le dessein qu’il a d’en tirer vengeance en punissant les Précieuses, prépare les ressorts qu’il veut employer, de façon cependant que le spectateur ne voit que dans l’éloignement un projet qu’il ne sauroit démêler, mais qu’il desire ardemment de voir remplir. […] Son cagotisme en tire, à toute heure, des sommes. […] Fais donc : tu es le seul qui puisses le tirer de ce mauvais pas. […] Que le lecteur soit sincere : il a surement cru que Géta, touché des prieres de son maître, alloit le tirer de peine en lui remettant l’argent qu’il a reçu de Dave ; & il s’ensuit de là qu’il veut beaucoup de mal à l’Auteur de l’avoir annoncé, ou à Géta de ne l’avoir pas remis, & d’aller chercher bien loin des expédients pour procurer à Phédria une somme qu’il a entre ses mains.
Cela est vrai ; mais Moliere, dans le même cas, se tire plus adroitement d’affaire que ses successeurs. […] Les Auteurs de la piece n’ont pas tiré tout le parti possible de ce trait.
« La fécondité de Molière est encore plus sensible dans les sujets qu’il a tirés des auteurs anciens et modernes, ou dans les traits qu’il a empruntés d’eux. […] Le grand seigneur qui le protégeait était ravi de le voir triompher, et il en tirait vanité, comme s’il avait lui-même été l’auteur de ces vers. […] L’homme en question se trouva si fort honoré de ce compliment que, toutes affaires cédantes, il donna parole pour le lendemain, et il courut tout Paris pour tirer vanité de la lecture de cette pièce. […] Examinons cependant la nature de cette faute, et voyons si on peut en tirer quelque instruction pour l’art dramatique. […] La première scène du second acte est tirée du Dottor Bachettone, canevas italien, et que par conséquent ce qui précède, et ce qui suit le motif de la scène, en dépend aussi.
Cet Auteur qui, couché sur un lit de fleurs, semble toujours se jouer avec les Graces, a si bien tiré parti de son terrein, que le fond est un jardin embelli d’un petit boudoir, mais placé de façon que le spectateur voit en même temps ce qui se passe sur toute l’étendue de la scene. […] L’amour est le ressort qui demande le plus d’adresse : voyons le parti qu’on peut en tirer. […] On vient de me tirer, m’amie, Trois bonnes palettes de sang ; Mais, cherchant du soulagement, Je me suis affoiblie.
Mais ces Bourgeois ayant suffisamment rempli leur plaisir, et s’imaginant être de bons Acteurs, s’avisèrent de tirer du profit de leurs représentations. […] Quoique le secret de Raisin fût découvert, il ne laissa pas de former le dessein de tirer encore parti de son épinette à la foire suivante. […] Sancho tirait le licou de toute sa force ; l’Âne n’obéissait point ; il voulait absolument paraître. […] Il le prévint par des lectures ; mais il n’en lisait que jusqu’au quatrième acte : De sorte que tout le monde était fort embarrassé comment il tirerait Orgon de dessous la table. […] Le Grand Seigneur, qui le protégeait, était ravi de le voir triompher ; et il en tirait vanité, comme s’il avait lui-même été l’Auteur de ces vers.
Aussi, parmi les nombreux auteurs qui, depuis Molière, ont mis la jalousie au théâtre, il en est peu qui n’aient pris dans cette pièce quelque situation, quelque trait de caractère ou de dialogue : c’était une espèce de mine d’où Molière lui-même avait commencé à tirer de précieux matériaux, et que ses successeurs ont achevé d’exploiter. […] Il est vraisemblable, naturel, tiré du fond de l’intrigue ; et, ce qui vaut bien autant, il est extrêmement comique. […] On aperçoit là tout de suite l’ingénieux stratagème qu’Isabelle met plusieurs fois en usage pour apprendre à Valère qu’elle a remarqué son amour, qu’elle y est sensible, et qu’elle attend de lui qu’il la tirera des mains de son odieux tuteur. […] Lui-même a-t-il imposé ce titre d’une manière tout à fait exacte, lorsqu’il a nommé École des maris, une pièce où nul mari ne figure, et qui serait presque aussi bien appelée l’École des parents, ou des instituteurs, puisque la principale moralité qu’on en doive tirer, c’est qu’il ne faut point user envers la jeunesse d’une sévérité excessive, si l’on ne veut lui inspirer une juste aversion pour soi, et en même temps un goût plus vif des choses même qu’on lui interdit ? […] Loin d’en tirer vanité, Molière s’en excuse : s’il n’a fait que des portraits au lieu d’un tableau, des scènes au lieu d’une comédie, ce ne fut pas par choix, mais par nécessité, c’est parce qu’il fut obligé de composer et de faire jouer une pièce en moins de temps qu’il ne lui en eût fallu seulement pour imaginer le sujet d’une véritable action dramatique.
De ce recueil de contes, assez semblable aux Mille et Une Nuits, Boccace a tiré plusieurs de ses Nouvelles, et entre autres, celle dont Molière a fait son dénouement. […] La demoiselle, dont le nom et les quartiers venaient s’abîmer dans un hymen plébéien, rougissait du mari qui l’avait tirée de son orgueilleuse misère, et se croyait plus que quitte envers lui quand elle n’avait fait que l’humilier. […] Toutefois, si sa gloire en pouvait tirer quelque lustre, si plutôt elle n’avait besoin de s’en excuser, je dirais qu’il fit mieux que personne dans un genre où il est impossible de faire bien. […] Elle avait, pour ainsi dire, présidé à la naissance de Louis XIV : un astrologue avait été placé, pour tirer son horoscope, dans un cabinet voisin de la chambre où Anne d’Autriche le mettait au monde. […] Les deux autorités étaient de même nature, de même valeur ; et des exemples tirés du théâtre convenaient merveilleusement dans une aventure aussi romanesque.
Dès qu’une fois il a fait naître un embarras, qu’il en a tiré parti, il l’abandonne tout-à-fait pour en imaginer un autre qui n’a aucun rapport au premier. […] L’Auteur se tire avec adresse de la plupart ; mais il en est un qu’il ne dénoue pas naturellement.
Ces vers ingénieux, pleins de sel, sont tirés d’une piece charmante, intitulée la Conspiration manquée, parodie en un acte, en vers, de Maximian, tragédie de la Chaussée. […] Je veux que le Clinquant rentre dans la bassesse D’où l’avoit su tirer le manque de justesse, Et qu’il soit reconnu du public assemblé, Pour un fils du Faux-goût, méprisable & sifflé.
Jusque-là, l’hypocrisie n’était pas attaquée directement, mais seulement à cause des fausses conséquences qu’on en pouvait tirer ; maintenant l’orateur se retourne contre l’hypocrisie elle-même ; mais c’est seulement lorsqu’elle se présente à lui sous le masque janséniste, Qui peut ne pas voir l’esprit de secte et de parti ? […] Tout au plus peut-on dire que l’accumulation de toutes ces infamies, pour nous qui n’avons pu suivre pas à pas la sape creusée par le traître, a quelque chose de violent et peut-être d’excessif : c’est ici que la raison tirée de l’optique théâtrale vient achever la justification du poète. […] Qui ne voit que ce jeu de théâtre a précisément pour objet de permettre à don Juan de se tirer de la dialectique de son valet par un sot quolibet ? […] Mais si nous admettons ses prémisses, nous n’admettons pas les conséquences qu’il en tire. […] Je pense pour ma part qu’Alceste finira par en tirer cette leçon.
Entrée d’une Égyptienne, dansante et chantante, suivie de douze Égyptiens dansants, tirée de La Pastorale comique, représentée dans la troisième entrée du Ballet des Muses. […] Entrée d’Italiens, tirée du Ballet des Nations, représenté à la suite du Bourgeois gentilhomme. Entrée d’Espagnols, tirée du même Ballet des Nations. […] On sentit bientôt avec quel art l’auteur avait su tirer cinq actes entiers d’un sujet aride en lui-même, sans y rien mêler d’étranger ; et on lui sut gré d’avoir présenté sous une face comique ce qui n’en paraissait pas susceptible. […] Despréaux eût été choisi pour remplir la place de Cotin à l’Académie, et paraît en peine de quelle manière le successeur se serait tiré de l’éloge de fondation dû à son prédécesseur, suivant les statuts académiques.
Damis et Marianne ne restent pas longtemps auprès de leur grand-mère ; ils se tirent à l’écart et s’assoient du côté de la fenêtre. […] Moins il tirait des accessoires de la représentation, plus il tirait de lui-même. La troupe de Molière était excellente, et Molière aussi, qui tirait de lui-même la plus grande force de son théâtre, en tirait des effets admirables dans une extrême simplicité de moyens. […] Voici maintenant son pendant identique, que je tire des Fâcheux. […] On peut croire que ce sont des citations tirées de différentes sources, plutôt que des morceaux inédits tirés du portefeuille de l’auteur.
J’en pourrois bien aussi tirer ma quote-part. […] le vin est tiré, Monsieur, il le faut boire. […] Songe par quel moyen Tu pourras me tirer de ce triste entretien. […] Ecoutez ; je vous dis un secret qui, je crois, Vous plaira dans la suite autant & plus qu’à moi : Je vais me marier tout-à-fait ; & mon pere Avec mes créanciers doit me tirer d’affaire.
Un Auteur fameux a laissé entrevoir que les Comiques pourroient tirer un parti considérable des professions, s’ils les mettoient sur la scene. […] Mais il vous faut tirer de là. […] Je vous prie seulement de tirer mon affaire en longueur.
Dufresny l’a tiré. […] Dufresny, qui n’a jamais rien tiré que de son propre fonds, ait emprunté de M. […] Le Chevalier la fléchit ; & quand le pere vient, elle lui demande la clef de la cave pour tirer du vin.
Sans doute il y a plus loin de tirer du non-être par état, et de porter après ces ténébreux enfants au degré de puissance qu’on voit ici par leurs établissements et a l’état et rang entier des princes du sang, avec la même habileté de succéder à la couronne ; sans doute il y plus loin du néant à cette grandeur, que de cette grandeur à la couronne. […] La sœur de Constant d’Aubigné, madame de Villette, tante de Françoise, la tira de la prison de Niort ; elle l’emmena dans son château et l’éleva dans la religion protestante. […] Madame de Neuillan, sa marraine, catholique zélée, se crut obligée de la tirer de la maison de sa tante hérétique ; elle la trouva imbue des principes des protestants, et voulut la forcer à se convertir.
On a beaucoup parlé de l’optique du théâtre ; mais, du principe exprimé par ce mot, on n’a peut-être pas tiré tout ce qu’il renferme. […] Extrait baptistaire de Molière, tiré des registres de la paroisse Saint-Eustache. […] Ces détails sont tirés du chapitre IX desAventures de M. d’Assoucy, 1 vol. in-12, Paris, 1677. […] Ce passage est tiré d’un ouvrage de l’abbé de Châteauneuf, intitulé Dialogue sur la Musique des Anciens, in-12, Paris, 1725. […] Ces détails sont tirés de la comédie de Zélinde, du comédien de Villiers, que quelques-uns ont faussement attribuée à de Visé.
Nous venons de voir dans les derniers Chapitres quelles sont les qualités d’un caractere, quels sont ses défauts, ce qui le rend plus ou moins propre à la scene, & plus ou moins facile à traiter : ne nous laissons donc pas éblouir par des titres pompeux, & avant que de mettre un caractere au théâtre, sachons voir d’un coup d’œil le parti que nous pourrons en tirer. […] Six caracteres se sont présentés à son imagination, il nous les propose ; c’est à nous à les décomposer, à voir le parti que nous en pourrons tirer. […] Nous devons cependant des remerciements à l’Académicien célebre qui nous les a indiqués, parceque si nous savons peser leur juste valeur & les placer comme il faut, nous tirerons parti de tous. […] Le Magnifique tire malgré cela très grand parti de l’entrevue.
Elle est tirée d’une farce jouée l’an 1470, & qui décele le plus grand génie dans son Auteur. […] Les Auteurs François se sont piqués de laisser à Térence cette fille de joie qui prie son favori de permettre qu’elle tire parti de ses charmes, pour se faire des amis & mériter leurs présents ; ce lâche amant, qui s’absente deux jours pour laisser un champ libre à son rival, & qui partage ensuite avec lui la possession de sa belle, à condition qu’il financera ; ce parasite qui fait l’accord entre les deux rivaux ; ce pere qui permet à son fils de vivre publiquement avec sa concubine. […] C’est de cette piece que les Auteurs du Muet ont tiré la scene suivante. […] Mais qu’ordonnez-vous, Monsieur, pour tirer mon fils de cet accident ?
Le désintéressement de l’amour de Dieu, qu’il faut aimer par-dessus toute chose751, est exprimé eu action par le Pauvre qui « prie le ciel tout le jour, et qui est bien mal reconnu de ses soins, dit don Juan, puisqu’il est dans la plus grande nécessité du monde, et que, le plus souvent, il n’a pas un morceau depain à mettre sous les dents. » Pourtant, entre un louis d’or et un péché, il n’hésite pas ; et malgré le diable qui le tente et Sganarelle qui l’encourage, « il aime mieux mourir de faim752. » L’amour du prochain, qu’il faut aimer comme soi-même pour l’amour de Dieu753, quand a-t-il été pratiqué d’une manière plus touchante que par done Elvire, qui, trahie de la façon la plus injurieuse par un amant aimé, revient trouver ce scélérat, ce perfide, qu’elle a menacé de « la colère d’une femme offensée754, » pour adresser à ce cœur de tigre les paroles qui tirent des larmes à Sganarelle : « Je ne viens point ici pleine de ce courroux que j’ai tantôt fait éclater ; et vous me voyez bien changée de ce que j’étois ce matin. […] Il s’est moqué de chaque secte dans ce qu’elle offrait à ses yeux de ridicule ; et quelques plaisanteries fort comiques sur les principales écoles de philosophie sont tout ce qu’on peut tirer de lui là-dessus795. […] La morale naturelle est celle que chacun peut tirer de soi : morale de création divine comme nous-mêmes, qui existe essentiellement en nous tous, qui dit secrètement au cœur de chacun ce qui est bien ou mal ; lumière universelle, plus ou moins affaiblie çà et là, mais jamais éteinte ; dont les préceptes sont appuyés en chacun par le sentiment, par la raison morale, par l’opinion commune, par l’idée plus ou moins prochaine de Dieu : en un mot naturelle, c’est-à-dire fondée sur la nature que Dieu créateur nous a imposée formellement ; dont les règles immuables sont connues par l’observation de nous-mêmes ; dont la pratique est commandée par le sens moral et la conscience, et dont l’éternelle valeur, en dehors de toute révélation, est corroborée, chez les peuples chrétiens, par l’influence latente et générale du christianisme même sur les esprits qui lui sont en apparence rebelles. […] Fénelon, Démonstration de l’Existence de Dieu, partie I, §§ IV, XXX-L. — On ne peut s’empêcher de rire du prétendu épicurisme de Molière fondé sur l’épicurisme de son maître Gassendi, quand on voit que ces preuves de l’existence de Dieu tirées de l’existence des êtres contingents, de l’ordre de l’univers, et de la nature de l’homme, sont traduites du Syntagma philosophicum : « Quid memorem tam mirabilem fabricam contexturamque corporis, tam eminenteis facultates quas observamus in anima ?
Dimanche lui-même, dont le poète a tiré le parti le plus plaisant du monde, est un avertissement. […] À cette nouvelle, notre officier se désole, il tire son épée, il la brise et il sort. […] C’est l’heure de tirer les billets gagnants à la loterie royale. […] nos deux coqs-plumets tirent leur épée. […] dramaturges, race ignorante ; ils n’ont pas su tirer parti de cet aveu de Bossuet !
Nous avons vu avec quelle adresse Moliere fait usage de la piece latine dans l’Ecole des Maris, comme il sait accommoder le fonds du sujet à nos mœurs, à nos usages, comme il trouve moyen d’en tirer une morale saine. […] Nous avons comparé, dans le volume précédent, Chapitre V, le Prince jaloux de Moliere au Principe geloso italien : voyons si Baron aura tiré grand parti de ses modeles. […] Damis arrête Moncade, lui représente le tort qu’il a de tirer l’épée chez Julie, lui demande ce qui le met en fureur ; Moncade dit qu’il a vu le Marquis parler à Mariane, fille de Julie. […] Nous avons vu27 le parti que Moliere a tiré de cette situation ; nous avons admiré dans l’italien la scene originale : nous sommes convenus que dans ce moment les deux Auteurs étoient sublimes. […] Avant que d’abandonner Baron & Térence, tirons de ces deux Auteurs tout le parti possible, & demandons-leur raison de la négligence avec laquelle ils se sont défendus, lorsqu’on les a taxés de n’être que les peres adoptifs des pieces jouées sous leur nom.
Au nombre de ces faits, nous comptons ceux que nous avons tirés de la Muse historique de Loret. […] La conversation de Valère avec Ascagne, déguisée en homme, celle des deux vieillards qui se demandent réciproquement pardon, sans oser s’éclaircir du sujet de leur inquiétude, la situation de Lucile, accusée en présence de son père, et le stratagème de Valèrea pour tirer la vérité de son valet, sont des traits également ingénieux et plaisants : mais l’éclaircissement d’Éraste et de Lucile, qui a donné à la pièce le titre de Dépit amoureux, leur brouillerie, et leur réconciliation, sont le morceau le plus justement admiré. » 1659. […] Ensuite il voulut faire une pièce en cinq actes, et les Italiens ne lui plaisant pas seulement dans leur jeu, mais encore dans leurs comédies, il en fit une qu’il tira de plusieurs des leurs, à laquelle il donna pour titre : L’Étourdi, ou les Contretemps. […] « … Il met sur le théâtre une satire qui, quoique sous des images grotesques, ne laisse pas de blesser tous ceux qu’il a voulu accuser : il fait plus ; de critique, il s’érige en juge, et condamne à la berne les singes, sans voir qu’il prononce un arrêt contre lui, en le prononçant contre eux, puisqu’il est certain qu’il est singe en tout ce qu’il fait, et que non seulement il a copié les Précieuses de M. l’abbé de Pure, jouées par les Italiens, mais encore qu’il a imité, par une singerie dont il est seul capable, Le Médecin volant, et plusieurs autres pièces des mêmes Italiens, qu’il n’imite pas seulement en ce qu’ils ont joué sur leur théâtre, mais encore en leurs postures, contrefaisant sans cesse sur le sien et Trivelin et Scaramouche ; mais qu’attendre d’un homme qui tire toute sa gloire des Mémoires de Guillot-Gorju, qu’il a acheté de sa veuve, et dont il adopte tous les ouvrages. » La comédie qui suit cet avertissement renferme des choses qu’on ne sera pas fâché de trouver ici, et de plus il y est encore parlé de Molière et de sa comédie des Précieuses. […] Ce fait est tiré d’une note manuscrite de feu M.
Ces deux farces, publiées en 1819 par Désoer, ne furent tirées qu’à petit nombre, et sont en quelque sorte encore inédites. […] Mais ces bourgeois, ayant suffisamment rempli leur plaisir, et s’imaginant être de bons acteurs, s’avisèrent de tirer du profit de leurs représentations. […] Il tirait le licou de toute sa force ; l’âne n’obéissait point, et voulait absolument paraître. […] J’ai déjà cité un trait de leur bienfaisante courtoisie dans un passage de la Vie de Molière tiré des Mémoires de d’Assoucy. […] Voici un autre passage tiré du Ménagiana.
« Betty sort de la chambre d’Eugénie, ouvre une malle, & en tire plusieurs robes l’une après l’autre, qu’elle secoue, qu’elle déplisse & qu’elle étend sur le sofa du fond du sallon. […] Elle se met à genoux devant une seconde malle, & l’ouvre pour en tirer de nouvelles hardes. […] Un jour, comme on représentoit son Opéra de Village, & qu’il chantoit, les vignes & les prés seront sablés, le Marquis de Sablé, qui sortoit d’un long & grand dîné, où il avoit bu copieusement, crut que d’Ancourt vouloit tirer sur lui, & lui donna sur la scene même un soufflet.
(Il tire sa montre. […] Ici Stukéli conseille clairement à Madame Béverley de se venger, & de tirer parti de ses charmes pour écarter la misere. […] Béverley a prononcé son arrêt : il approche de la table, met de l’eau dans un verre, & y mêle la liqueur d’un flacon qu’il tire de sa poche : il fait des réflexions sur la mort, sur ses suites, veut prier, n’en a pas la force, prend le verre, sent frémir la nature, & boit : le poison le déchire.
La brune me dit : Voici ce que nous avons imaginé : le gentilhomme est arrivé en bonne compagnie, il est engagé au jeu, il n’en sortira que dans une heure ; il faut que vous vous laissiez emmaillotter comme une momie ; nous vous coefferons de nuit en femme, & nous vous mettrons dans le lit destiné au gentilhomme, nous tirerons les rideaux ; dès qu’il voudra se coucher, vous lui direz que vous êtes la belle Cléopatre qui sort de son tombeau pour passer une nuit avec lui. […] J’ai tiré de mon imagination tous ceux que j’ai traités ; je ne les ai pris en aucune historiette ni roman ».
chaque scène est une situation, et l’on a entendu dire à un avare de bonne foi, qu’il y avait beaucoup à profiter dans cet ouvrage, et qu’on en pouvait tirer d’excellents principes d’économie. […] C’est le mot de Vadius qui, après avoir parlé comme Caton sur la manie de lire ses ouvrages, met gravement la main à la poche, en tire le cahier qui probablement ne le quitte jamais : Voici de petits vers.
Elle se fait des cornettes ; elle lui a fait des coiffes ; de ces copieuses coiffes de nuit, qui tiennent chaud à la tête et préservent du serein. — Et il a beau la lorgner en dessous, la bonne petite fille qu’elle est, tranquille et candide, n’avoue ni ne se déconcerte ; il n’en tirera rien, s’il ne décharge franchement son cœur. — Il le fait donc, à la façon classique, avec un exorde insinuant. […] c’est de cette valise qu’il tire ses pièces ! […] Je dis l’Arnolphe de Molière, car nous ne sommes pas ici dans la même incertitude que pour Alceste ; nous savons comment Molière jouait le rôle ; il a pris soin de nous en instruire lui-même dans la Critique ; et les indications que. j’ai mises sous vos yeux dans mon compte rendu de la première, sont tirées des contemporains. […] — les premières. éditions ne portent pas autre chose — mais, à la scène, il disait ouf ; et la tradition a maintenu cette dernière exclamation, où se voit une fois de plus le dessein de Molière de tirer le rôle au comique, car oh ! […] L’objection qu’on peut tirer des boutades de Chrysale ne signifie rien.
cela sent mauvais et je suis tout gâté ; Nous sommes découverts, tirons de ce côté. […] Notre poète a si bien embelli cette idée, qu’il en a tiré vingt-huit vers, dont pas un seul n’est à retrancher. […] Crispin, n’en déplaise à votre vers pompeux ; nous avons grande obligation à Bellecour d’avoir tiré ce rôle de la poussière. […] La pièce est tirée de l’histoire de Timarète et de Sésostris. […] Apprenez que vos sifflets ou vos applaudissements ne tireront bientôt plus à conséquence, si vous persistez à juger, je ne dis point par tradition, mais par contagion.
La mort eut beau tirer cet homme par sa robe de chambre d’emprunt, la victoire resta à Molière, et de cette robe comique il se fit fièrement un linceul. […] Il n’y a rien de heurté dans cet admirable dialogue de Molière ; au contraire, il tire toujours le plus merveilleux parti possible de toutes les idées comiques. […] D’ailleurs, comme cette aimable vieille est bien vêtue, élégante et tirée à quatre épingles ! […] Qui veut parler longtemps au public doit s’habituer à tirer le meilleur, et le plus grand parti possible d’une idée heureuse, et c’est en ceci que Marivaux excellait. […] Il s’en tira comme un sot, par la fuite ; il ne vit dans cette perfection qu’un tour de gibecière, et il eut peur d’être une dupe.
Le M... croyant tirer grand parti des charmes de cette beauté, en donne soixante mines. […] Un intriguant qui les imiteroit sur notre scene seroit sifflé, & mériteroit de l’être ; mais un valet qui serviroit une passion honnête, qui trouveroit le secret de se tirer des embarras les plus grands sans blesser les bienséances théâtrales, qui ne donneroit pas des coups de bâton à son patron, mais qui le tromperoit en lui faisant de fausses confidences, & qui, aussi fin que les Daves, les Mascarilles, les Scapins, mettroit le sceau à son adresse en procurant un sort heureux aux amants qu’il protege ; un tel intriguant, dis-je, seroit certainement applaudi.
C’est différent : au moins, vous avez une excuse ; Pleurez ; mais, croyez-moi, le rire vous va mieux : Laissez à Melpomène injurier les dieux, Apostropher le ciel d’une plainte importune, Quereller les destins et braver la fortune ; Vous, peignez la nature et l’homme tel qu’il est ; Qu’il s’amuse en voyant son bizarre portrait ; Tachez de corriger, mais surtout faites rire ; Rien ne vaut la gaîté ; l’espèce humaine en tire Des plaisirs toujours sûrs ; bien souvent la santé, Et presque autant de biens que de la Faculté L’on peut tirer de maux ; c’est dire assez, sans doute.
Au contraire, tirez-les de leur léthargie, piquez leur émulation, vous verrez leur réputation & leur fortune s’accroître. […] Un Comédien qui chercheroit à mettre ses bienfaiteurs à la place d’où ils l’ont tiré, qui voudroit les plonger dans l’avilissement, n’auroit-il pas une ame de boue, ne seroit-il pas un monstre ? […] L’Auteur ne fait tirer que le nombre dont il a besoin, & n’a par ce moyen aucuns faux frais à faire.
Mais pour des comédiens français, la nature les fait en dormant : elle les forme de la même pâte que les perroquets, qui ne disent que ce qu’on leur apprend par cœur : au lieu qu’un Italien tire tout de son propre fonds, n’emprunte l’esprit de personne pour parler ; semblables à ces rossignols éloquents, qui varient leurs ramages suivant leurs différents caprices. […] Pour tirer son mari de prison… BRAILLARDET. […] On irait là les examiner, on les mettrait au pas, à l’entre-pas, on les ferait trotter, galoper, et, sans s’amuser à la belle encolure qui souvent attrape les sottes, on ne prendrait que ceux qui ont bon pied, bon œil, et dont on pourrait tirer un bon service.
Vous êtes trompés, mes freres ; faites-moi le but de vos injures & de vos pierres, & tirez sur moi vos épées ». […] Mais si dans la scene du Dépit amoureux, le plaisant consiste à voir Eraste & Lucile, déja brouillés, protester de ne se parler plus, déchirer mutuellement leurs lettres, se rendre les petits présents qu’ils se sont faits, & se raccommoder tout-de-suite ; celle du Tartufe tire son comique d’une autre scene. […] Vous bien remettre ensemble & vous tirer d’affaire. […] Il indique dans toutes ses Nouvelles des scenes excellentes dont Moliere a tiré le plus grand parti ; & dans tout son théâtre, à peine en trouve-t-on une passable.
Il vous en montrera en moins d’une heure autant qu’il en faut pour vous tirer d’affaire . . . . […] (Il tire son épée, qu’il met sous son bras.)
Il aimait fort à haranguer ; et quand il lisait ses pièces aux comédiens, il voulait135 qu’ils y amenassent leurs enfants, pour tirer des conjectures de leurs mouvements naturels. » 134.
Le profit qu’il en devait tirer, nul ne l’ignore : dans aucune littérature peut-être on ne trouverait un autre exemple d’une éducation puisée plus directement à l’école de la vie réelle. […] Avant de le suivre dans ses pérégrinations, faisons encore une remarque : acteur pendant trente ans, on sait que Molière l’a été, mais on n’a pas tiré de ce fait les conséquences qu’il comporte. […] Voilà, nous dit-on, d’où Molière a tiré ce nom d’Escarbagnas qu’un seul petit acte a depuis immortalisé. […] Voilà tout le profit qu’un dévot, faux ou vrai, pouvait alors songer à tirer de sa dévotion ; et je laisse au lecteur à penser s’ils étaient beaucoup qui en fussent avides. […] Mais, en ne la suivant pas, il faut prendre garde au moins de ne la pas contrarier, et, pour cela, de ne rien mêler à ses opérations qui ne soit pris ou tiré d’elle-même, si je puis ainsi dire, et puisé dans son fonds.
Le poète espagnol a la gloire d’avoir imaginé un sujet heureux et d’en avoir tiré de grandes beautés : Molière a le mérite d’avoir presque toujours perfectionné dans sa copie un bon original. […] Ce gouverneur d’Euryale, qui, au lieu de blâmer ou de réprimer les tendres sentiments de son élève, les justifie et les encourage, lui confesse qu’il s’inquiétait jusque-là de voir qu’un jeune prince, en qui brillaient tant de belles qualités, ne possédât pas la plus précieuse de toutes, ce penchant à l’amour, qui peut tout faire présumer d’un monarque, et auquel les héros doivent leurs plus grandes actions, mais lui déclare que, rassuré par la passion dont il vient de lui faire l’aveu, il le regarde à présent comme un prince accompli ; cet Arbate, dont le langage convient si peu à son grave emploi, parle en courtisan de Louis XIV, charmé des faiblesses de son maître, et empressé de les flatter, dans l’espoir d’en tirer parti pour sa fortune, ou du moins pour ses plaisirs. […] Molière en était justement irrité ; et l’on peut croire que, lorsqu’il consentit à faire Le Festin de Pierre, le désir de tirer quelque vengeance de ses ennemis, rendit plus facile sa condescendance pour le vœu de ses camarades.
L’homme en question se trouva si honoré de ce compliment, que, toutes affaires cessantes, il donna parole pour le lendemain ; et il courut tout Paris pour tirer vanité de la lecture de cette pièce.
Il est admirable de voir ce que, d’induction en induction, un critique qui se respecte peut tirer d’un mot adroitement détourné de son sens. […] la conversation même avec Chapelle, à supposer qu’elle soit tirée, comme le croit M. […] C’est dans ce milieu aussi, libre à outrance, où la commune gaieté corrigeait les déboires, que se développa le génie de Molière, et qu’il conçut le plus grand nombre des canevas dont plus tard il tira ses chefs-d’œuvre. […] Je ne dis pas, bien entendu, qu’il n’ait rien tiré de soi. […] Mais si Alceste ne pousse pas la haine jusqu’à la démence, il en garde assez pour condamner tous les hommes et se tirer de leur commerce, et cela au nom de sa vertu propre : et voilà de quoi Molière le raille.
Puis, de tirer sa révérence et de s’éloigner, son Laurent clochant dans son ombre. […] Il tirait un merveilleux parti de leur physionomie personnelle, de leurs habitudes de corps, de leurs infirmités même : il y a donc là un sûr indice des volontés du maître. […] Comme il croit à sa science, il en tire vanité ; il se flatte, le fat, et comme il arrive à qui s’en croit, méprise trop le commun des hommes, et s’expose à donner, par trop de confiance en lui, dans le piège le plus grossier. […] Cela rappella ce personnage en robe noire qui, pris, il y a quelques années, flagrante delicto, dans un compartiment de première classe, avec une pénitente à lui, crut s’en tirer en s’écriant : « C’est ma sœur ! […] A l’artiste de toucher juste et ne pas tirer du public cette dissonance cruelle, le rire de la farce se fourvoyant dans la comédie.
Mais le prodige de l’art, pour se tirer d’une situation difficile, c’est ce trait du caractère du Tartuffe : Oui, mon frère, je suis un méchant un coupable, Un malheureux pécheur, tout plein d’iniquité, Le plus grand scélérat qui jamais ait été.
Pour le tirer de sa distraction, Despréaux* et Racine qui étaient naturellement portés à la raillerie, se mirent à l’agacer par différents traits plus vifs et plus piquants les uns que les autres ; mais La Fontaine ne s’en déconcerta point.
Ceux-ci s’étant bien divertis, ayant pris goût à ce jeu et se croyant devenus, en quelques mois, des acteurs consommés, s’imaginèrent de tirer profit et gloire de leurs représentations, et d’ouvrir leur théâtre au public. […] Les plus savants commentateurs prétendent que la pièce est tirée des Adelphes de Térence ; n’en croyez rien : Molière l’a tirée de lui-même. […] Il tira donc sa pièce, non de la pièce antique, mais de la comédie éternelle du cœur humain qu’il lisait en lui et hors de lui, comédie immense, inépuisable, d’où Térence lui-même avait tiré son théâtre, tout en s’aidant des grecs. […] On le tirait pourtant de dedans le Palais-Royal jusqu’à le déchirer, rien n’avançait. […] Mais à la journée des mousquetaires, sa poltronnerie le frappa, et il vit où était le comique en cet homme ; il comprit dès lors tout le parti qu’il pouvait en tirer.
(Il tire sa bourse, & veut lui donner de l’argent. […] Nous n’avons donc qu’à réfléchir sur ce que nous venons de lire, & nous nous rappellerons aisément que nos Comiques n’ont mérité des éloges que lorsqu’ils ont mis dans leurs ouvrages, à l’imitation de Moliere, une exposition simple & claire, des scenes bien filées & qui se font desirer, des actes bien enchaînés, des situations amenées sans effort, un dialogue aussi vrai que précis ; lorsqu’à l’imitation de Moliere, loin d’ériger le jargon affecté en agrément, ils l’ont ridiculisé ; lorsqu’ils ont dédaigné l’esprit, les pointes, les épigrammes, les madrigaux, les détails plus propres à parer un almanach qu’à figurer dans une comédie ; qu’ils ont tiré tout le comique de la situation ; qu’ils ont rendu leur morale amusante ; qu’ils ont porté sur notre théâtre les beautés de l’étranger, & non ses absurdités ; lorsqu’enfin, à l’imitation de Moliere, ils ont fait un tout rendu parfait par la justesse de toutes ses parties.
Raphaël le premier, rouvrant cette mine que les artistes de l’antiquité avaient exploitée comme à l’envie, en tira la matière de douze des tableaux dont il orna le palais Chigi, autrement nommé la Farnésine ; et, bientôt après, son crayon traduisit en entier l’histoire de Psyché dans une suite de trente-deux dessins qu’a reproduits le burin de Marc-Antoine ou plutôt de ses élèves. […] Molière, dont l’esprit, si je puis parler ainsi, assimilait naturellement à sa propre substance tout ce qui se présentait à lui de comique, soit dans les livres, soit dans le monde, avait été frappé des beautés vives et naturelles qu’offrent plusieurs scènes du Phormion, de Térence ; deux scènes originales, perdues dans l’extravagant fatras du Pédant joué, de Cyrano de Bergerac, lui avaient paru mériter d’en être tirées ; et quelques traits heureux d’une comédie de Rotrou, La Sœur, depuis longtemps exilée de la scène, lui avaient inspiré l’envie d’en faire jouir de nouveau le public, en se les appropriant. […] Tirée presque entièrement du Phormion, la pièce se sent de son origine : elle peint des personnes et des mœurs plus anciennes que modernes. […] Ses dupes manquent d’esprit, sans doute ; mais elles ont une passion qui leur en tient lieu : tirer de l’argent de deux avares est peut-être plus difficile que de tromper dix aigrefins.
Enfin le dénouement est heureux ; il l’a tiré d’une fable de La Fontaine, intitulée le Berger et le Roi, et l’usage qu’il en a fait est intéressant et théâtral. […] En voici un tiré d’une épître dont le commencement est emprunté de celle où Horace invite Torquatus à souper. […] La douleur de la jeune personne ne pouvait pas être risible, et on l’aurait vue avec peine humiliée et chagrinée par les duretés et les brusqueries du campagnard; aussi Regnard ne la laisse-t-il dans l’erreur que pendant une seule scène, et se hâte-t-il de l’en tirer. […] Mais le Retour imprévu (dont le sujet est tiré de Plaute), quoique fondé aussi sur les mensonges d’un valet, est ce que nous avons de mieux en ce genre.
Le cou est très court, la tête enfoncée dans les épaules ; et cette conformation, dont les ennemis de Molière, comme Montfleury et Chalussay, n’ont pas manqué de tirer parti, était assez frappante pour que le peintre n’ait pas cru pouvoir la dissimuler tout à fait dans les portraits, évidemment flatteurs, de la Comédie-Française et de Chantilly. […] Ce rat le cas de Molière ; il essaya d’arranger la sienne de façon à en tirer la plus grande somme possible de bien-être et de plaisir. […] Un moment peut-être il avait pu le saisir, mais, chose étrange, c’était lorsque dans une existence misérable, il tirait tout de lui-même et que, pauvre comédien errant, malgré les mauvais jours et les déboires, il avait la jeunesse, l’espérance et l’avenir. […] Les conjectures tirées de ses œuvres sont fortifiées par un pamphlet contemporain, très haineux, très violent, mais très bien informé. […] Il ne faut pas tirer de la première de ces anecdotes plus qu’elle ne contient : le mot présentement en fixe la portée.
Il faut premiérement que la catastrophe soit tirée du fond du sujet ; qu’elle soit préparée par divers nœuds qui, paroissant employés pour embarrasser l’intrigue, soient autant d’artifices pour amener le dénouement. […] Depuis Moliere, nos Modernes ont retourné en cent façons différentes les déguisements & les contrats ; mais quel d’entre eux en a tiré un dénouement pareil à celui que je viens de citer ?
Il a senti que le second acte de cette piece étoit le meilleur ; aussi en a-t-il tiré presque en entier ses trois actes. […] Je n’aime point que Moliere donne un étourdissement au pauvre Lélie pour l’introduire dans la maison de Sganarelle ; il avoit déja tiré parti de l’évanouissement de Célie, & une pamoison suffit dans une comédie.
Si l’on en voulait tirer des conclusions tendant à revendiquer, soit pour les Français, soit pour les Italiens, la priorité de certains détails, ces conclusions seraient contestables. […] “Bon, dit-il, voici le canon qui tire en signe de réjouissance.”
En pareil cas on ne laisse pas de tirer un profit de lumière et d’instruction des contradictions même qu’on essuie sans y souscrire. […] En abordant dans cet esprit l’œuvre originale que nous tirons de l’ombre pour eux, les lecteurs n’auront, nous l’espérons, nul effort à faire pour se laisser contredire, instruire, divertir, par les enseignements les plus personnels, et même les plus risqués en apparence, du conférencier. […] Il en tirera la comédie avec plus d’audace encore. […] Mais, messieurs, quelle preuve de génie, d’avoir tiré de la mort même une comédie ! […] Plus ils sèment d’amusement sur la peinture des passions mauvaises et des sentiments mesquins, plus ils en tirent d’incidents comiques, soyez persuadés que plus ils en ressentent d’horreur et de dégoût.
VIII La satire, en repliant l’individu sur lui-même, eu le séparant violemment des mœurs et des idées de son temps, fut la mort de ce bel art classique, dont la beauté parfaite avait eu pour principe, en Grèce, l’incarnation d’un petit nombre d’idées hautement générales, que le poète n’avait pas tirées de son propre fonds, dans une forme plastique, pure, transparente et idéale, où sa personnalité ne paraissait pas. […] Ce n’est pas par une fantaisie aristocratique que Shakespeare met habituellement des princes sur la scène, c’est par une nécessité de l’art, c’est afin d’avoir des figures indépendantes ; et pour cela il ne suffit pas de prendre des princes, il faut encore les tirer du fond des âges fabuleux de la vieille Europe. […] D’un motif aussi absurde il a tiré un vrai poème, parce qu’il en a tiré une comédie. […] Les intérêts dans lesquels se meut la comédie n’ont pas besoin d’être tirés des domaines opposés à la morale, à la religion, à l’art. […] Nous avons cherché, en ce qui concerne Molière, à tirer le plus de conséquences logiques que nous avons pu des prémisses générales posées par Hegel.
Molière, nous le disons à sa louange, a le talent de tirer de grands effets de ces contrastes intérieurs. […] c’est à vous; et vos ris complaisants Tirent de son esprit tous ces traits médisants. […] Alceste, dans un accès de sauvage jalousie, avait offert son cœur à Eliante et l’avait plaisamment conjurée de s’unir à lui pour tirer vengeance de la perfide. […] Molière a même tiré parti du contraste qui existe entre l’incorrection de son langage et l’à-propos de ses expressions : c’est là, en partie, ce qui fait l’intérêt comique de ce rôle. […] Si on le pressait sur ce point, peut-être répondrait-il aussi en alléguant des motifs tirés des avantages que cela peut avoir pour les hommes.
Ce sujet est tiré d’une pièce italienne intitulée l’Inavertito, de Nicolo Barbieri, qui, comme Molière, était à la fois comédien et auteur. […] Mais qu’attendre de cet homme qui tire toute sa gloire des mémoires de Gilles Gurgeo, qu’il a achetés de sa veuve, et dont il adopte les ouvrages. » Ce morceau n’est-il pas grotesque, y compris le style ? […] et, lorsque le fâcheux tire des cartes de sa poche pour mieux faire comprendre son explication, peut-on s’empêcher de rire aux éclats ? […] Molière a tiré sa comédie de deux nouvelles de Boccace, qu’il a réunies assez nonchalamment. […] Je voudrais bien savoir comment notre auteur se serait tiré de son latin s’il avait fait la critique de la Comtesse d’Escarbagnas.
Agnès est simple ; mais elle n’est point idiote ; elle manque d’instruction, mais non pas de dispositions pour en acquérir ; elle laisse échapper quelques vives lueurs d’un esprit naturel que tous les soins d’Arnolphe n’ont pu étouffer ; elle s’aperçoit de son ignorance, en rougit, s’en indigne, et n’en trouve que plus odieux celui qui, au lieu de l’en tirer, s’est plu à l’y entretenir. […] Quelle instruction les femmes peuvent-elles tirer de la pièce ? […] Boursault, qui eut, dit-on, la malheureuse fantaisie de se reconnaître dans le Lysidas de La Critique, eut l’idée plus malheureuse encore d’en vouloir tirer vengeance, en faisant Le Portrait du peintre, ou la Contre-critique de l’École des femmes. […] Hors de la scène, Brécourt, à ce qu’il paraît, se fit souvent de mauvaises affaires, et ne s’en tira pas aussi bien que d’une scène assez longue qu’il joua en 1678, à la chasse du roi, avec un sanglier qui l’atteignit à la botte, et le tint quelque temps en échec. […] Molière avait besoin de tout le secours de son art pour se tirer d’un pas si difficile : son art ne lui fut pas infidèle.
Il savait tirer parti de tout. […] Mais rien ne pouvait être mieux imaginé que d’en tirer parti pour la scène, et l’exécution est un véritable chef-d’œuvre. […] C’est comme si le poète tirait une lettre de change sur facteur, au lieu de payer de sa propre bourse4. […] On pourrait assurément tirer un meilleur parti du penchant que montre le peuple pour cette espèce de pièces ; la plupart des mélodrames sont composés avec une négligence tellement intolérable, que ce sont, si l’on peut s’exprimer ainsi, des productions ; avortées du genre romantique. […] « Molière, dit-il, a tellement tiré parti des comiques italiens, que si on lui reprenait tout ce qu’il en a emprunté, les volumes de ses œuvres ne seraient pas en si grand nombre. » 2.
Pierre Corneille tira le théâtre de la barbarie et de l’avilissement, vers l’année 1630. […] Ce fut alors que Poquelin, sentant son génie, se résolut de s’y livrer tout entier, d’être à la fois comédien et auteur, et de tirer de ses talents de l’utilité et de la gloire. […] À l’égard de son caractère, il était doux, complaisant, généreux ; il aimait fort à haranguer ; et quand il lisait ses pièces aux comédiens, il voulait qu’ils y amenassent leurs enfants, pour tirer des conjectures de leur mouvement naturel. […] Il est vraisemblable, naturel, tiré du fond de l’intrigue ; et, ce qui vaut bien autant, il est extrêmement comique. […] Il y a dans celle-ci quelques scènes tirées du théâtre italien.
Dans ce même temps, madame de Maintenon fut nommée seconde dame d’atours de madame la dauphine ; ce qui la tira de toute dépendance et même de toute relation d’infériorité à l’égard de madame de Montespan. […] Le 24 août, madame de Maintenon écrivait à madame de Saint-Géran une lettre remarquable, dont ses détracteurs ont tiré une conséquence offensante pour sa mémoire. […] Il ne serait pas impossible d’en tirer encore cette autre conséquence, que madame de Maintenon a favorisé, peut-être même a déterminé le penchant du roi à la dévotion, et fait jouer ce ressort pour assurer sa fortune.
La première, qui est de bien concevoir par le moyen des universaux ; la seconde, de bien juger par le moyen des catégories; et la troisième, de bien tirer une conséquence, par le moyen des figures Barbara, Celarent, Darii, etc. […] Chapelle et lui ne se passaient rien sur cet article-là : celui-là pour Gassendi, celui-ci pour Descartes. » Mais on voit que si Molière est cartésien, il ne l’est que pour la physique, par la charmante anecdote que rapporte ensuite Grimarest, de cette discussion philosophique, dans le bateau d’Auteuil, entre Molière et Chapelle , où chacun rivalise d’esprit et de force de poumons pour mériter quelques signes d’approbation de la part d’un juge prudemment muet, assis à l’avant du bateau, jusqu’à ce que le voyant tirer sa besace de dessous un banc, ils s’aperçoivent, à leur grande confusion, que ce n’est qu’un frère lai et non un profond théologien pour lequel ils se sont mis en si grands frais de verve et de dialectique.
Si quelque adroit détour ne m’aide à m’en tirer, (Haut.) […] S’il faut encor que je le die, Cet angle qui se ferme à traits presque tirés, Est la mort d’un parent dont vous hériterez.
Le meilleur moyen pour tirer parti d’une ressemblance sur le théâtre, est de faire comme Plaute dans son Soldat fanfaron. […] On peut même, je crois, tirer d’une ressemblance ainsi annoncée, un meilleur parti que Plaute.
La folie qu’ont tous les hommes de vouloir paroître plus qu’ils ne sont, a frappé Moliere : il a senti tout l’avantage qu’il pouvoit tirer d’un ridicule général, puisque les Princes prennent le titre de Rois, que les grands Seigneurs veulent être des Princes, qu’un simple Gentilhomme se fait appeller Monseigneur par son Laquais & par le Barbier de son village : ainsi des autres.
Aussi de Pure dit-il dans ce même roman, publié en 1656, que le mot de précieuse « est un mot du temps, un mot à la mode, qui a cours aujourd’hui, comme autrefois celui de prude ou de feuillantine, et qui s’applique à certaines personnes du beau sexe qui ont su se tirer du prix commun, et ont acquis une espèce et un rang tout particulier. […] Pour les unes, précieuse était synonyme de prisée, l’opposé de méprisée, ou femme de grand prix, opposée à femme commune ; pour les autres, le mot était synonyme de femme qui se prise beaucoup, surfait son mérite, fait la renchérie, et n’est au fond qu’une hypocrite bel-esprit, Une seule idée commune aux précieuses de tout genre resta attachée à ce mot, ce fut celle de femmes qui se sont tirées du pair par des mœurs irréprochables, par un esprit plus ou moins cultivé. Ce titre se donne, dit de Pure dans La Précieuse, page 26, aux personnes du beau sexe qui ont su se tirer du prix commun des autres. […] Il n’en a été tiré que soixante exemplaires.
Mais il est moins facile de tirer parti de la vie de Molière, tant de fois étudiée déjà, que de celle de Marivaux, dont on ne sait presque rien. […] On peut tirer h vue sur lui sans crainte de voir protester la traite. […] Livet, malgré son excellent esprit, a tiré de ces pièces des conclusions fort différentes de celle qui s’en dégage à mon avis. […] Je la tire de la façon anormale dont ces quittances sont signées : Moliere, sans aucune addition. […] Et savez-vous quelle conclusion je tire de leur antagonisme ?
Je conclus que je suis dans le monde entouré de fous, de niais, d’égoïstes, de scélérats, — et que j’ai pour toute affaire à tirer mon épingle du jeu. […] Ne pouvant tirer le roi du libertinage des sens, elle l’empêchait du moins de tomber dans le libertinage de l’esprit. […] Je vous en donnerai une idée dont vous ne pourrez tirer d’autre conséquence que de le délester et de vous en préserver. […] Voyons en premier lieu ce qui traite du profit que l’impiété prétend tirer de l’hypocrisie. […] Quel moyen de peindre plaisamment tout cela et d’en tirer des effets comiques ?
La première scène du premier acte est un modèle d’exposition ; la scène quatrième, où Scapin donne des conseils à Octave ; la sixième, où Scapin raconte à Argante l’histoire du mariage de son fils ; dans le deuxième acte, la scène cinquième, où Scapin fait cette confession si plaisante ; la scène septième, où son maître a besoin de lui, et le supplie de lui pardonnes ; la huitième, où Scapin tire de l’argent d’Argante pour rompre le mariage de son fils, et où il lui détaille tout ce qu’il lui en coûtera pour plaider ; la onzième, où Scapin tire de l’argent de Géronte par le comité de la galère, sont à remarquer.
La dernière scène du Vecchio geloso revient sur l’aventure dont Pantalon a été la victime, et en tire le dénouement par un moyen des plus singuliers et des plus hardis : « Pasqualina fuggendo da Gratiano il quai la vuole abbracciare, Burattino si pone in mezzo ; Pasqualina racconta come Gratiano gli ha tolto l’honore per forza ; Gratiano si scusa con dir’ d’esser stato tradito e che non puo parlare per all’hora, ma che ne fara vendetta. […] L’Impegno d’un acaso (les Engagements du hasard), tiré de la pièce de Calderon, Croire ce qu’on ne voit pas et ne pas croire ce qu’on voit, où Douville a pris le sujet des Fausses Vérités.
C’étoit assez la coûtume en ce tems-là de representer des Pieces entre amis : quelques Bourgeois de Paris formerent une Troupe, dont Pocquelin étoit : ils jouerent plusieurs Pieces pour se divertir ; mais ces Bourgeois ayant suffisamment rempli leur plaisir, & s’imaginant être de bons Acteurs, s’aviserent de tirer du profit de leurs representations ; ils penserent bien serieusement aux moyens d’exécuter leur dessein ; & après avoir pris toutes leurs mesures, ils s’établirent dans le Jeu de Paulme de la Croix blanche, au fauxbourg Saint Germain. […] On admire la maniere ingenieuse dont il a traité le sujet de Georges Dandin, tiré d’un Conte de Bocace, &c.
Plus tard il fit connaissance avec la littérature italienne et en a tiré quelque profit. […] On sait que Psyché est tirée du roman de La Fontaine donné l’année précédente, roman que La Fontaine avait tiré lui-même d’Apulée. […] Mais c’est peut-être un peu subtiliser et j’en reviens à dire simplement que de la méthode de travail de Molière on ne peut tirer aucune conclusion sur ses tendances philosophiques. […] Mais est-ce une raison que leur peu d’équité Pour vouloir se tirer de leur société ? […] Une Célimène s’en tirerait avec aisance ; Elmire s’en tire approximativement, très difficultueusement et avec des mouvements tournants qui sont longs et gauches : « Je vous ai refusé, mais avec regret, avec un regret qui s’est marqué à ce que j’ai supplié Damis de ne rien dire.
Un berger étoit attentif aux beautés d’un spectacle qui ne faisoit que commencer, lorsqu’il fut tiré de son attention par un bruit qu’il entendit à ses côtés. […] Voici comme il se tire d’embarras. […] Pourquoi Scarron, qui en étoit possesseur avant Moliere, n’a-t-il pas eu l’art d’en tirer le même parti ?