Voilà certes une première éducation aussi complète qu’il fût possible de la recevoir alors. […] Une tradition fait mention de l’accueil tout à fait hostile que les comédiens auraient reçu à Limoges. […] Le reçu de Molière a été retrouvé, en avril 1873, par M. de la Pijardière, archiviste de l’Hérault. […] Il y reçut le roi, la reine mère, Monsieur, Mme Henriette, les princes, l’élite de toute la cour. […] Il recevait jusqu’ici deux parts dans les bénéfices du théâtre : l’une comme acteur, l’autre comme auteur.
Armande légataire universelle en usufruit, recevra tous les revenus sa vie durant, mais elle les emploiera en œuvres pies, conformément aux intentions que la testatrice lui a fait connaître. […] Or, Molière a reçu d’un prêtre la bénédiction nuptiale. […] Il existait, a-t-on dit, nombre de Molière dans le bas Languedoc en 1656 ; deux ans avant cette date, qui est celle du reçu de six mille livres, il y en avait un à Pézenas. […] Des fac-similé du reçu de 1656 se trouvent dans l’Iconographie moliéresque de Paul Lacroix et dans le premier volume de la seconde édition du Molière Moland. […] Charavay a donné son assentiment, a reçu de suite un commencement d’exécution.
La piece est reçue froidement, persiflée aux répétitions, à peine annoncée, jouée en robe de chambre les petits jours, & dans une saison où personne n’est à Paris. […] Ce fut Lothaire lui-même qui en fit la demande, & il s’y conduisit si bien qu’en peu de jours il mit son ami en possession de sa maîtresse qui s’appelloit Camille, & reçut de l’un & de l’autre mille témoignages de reconnoissance. […] Crispin fait les premieres tentatives auprès de Nérine, il est mal reçu. […] Crispin, magnifiquement paré, se donne devant Nérine tous les airs ridicules d’un petit-maître ; il déclare son amour, & reçoit un soufflet. […] Mélisse se récrie sur la ruine de Timon, elle reçoit favorablement Alcibiade qui s’introduit secrètement chez elle.
| Cette veuve, qui, sans faire attention aux bienséances, & aux suites d’une pareille aventure, n’avoit que l’ambition de devenir Marquise, reçut avidement ses propositions. […] Monsieur, répliqua vivement le jeune Comte, si vous n’êtes pas mon pere, je ne veux rien recevoir de vous. […] Ai-je des ordres à recevoir d’un inhumain, qui a l’ame plus féroce que les animaux les plus cruels ? […] Dans ces deux pieces, les deux meres prévenues pour un fils très mauvais sujet lui sacrifient leurs autres enfants, & finissent par recevoir de lui les chagrins les plus mortifiants.
Aimant à s’égayer par d’utiles loisirs, Louis, qui te devait ses plus nobles plaisirs, Dont l’appui protecteur faisant taire l’envie, Contre elle, tant de fois, a défendu ta vie ; Cet esprit éclairé, ce brillant potentat Qui de l’éclat des arts a reçu tant d’éclat 1; Qui soutint si longtemps le Tartuffe et Molière ; De son siècle, avec peine, obtint qu’un peu de terre Couvrirait par pitié l’honneur du nom français. […] Protégeons les essais de nos jeunes auteurs ; De leur siècle, à leur tour, généreux bienfaiteurs, Ils pourront l’éclairer : leur âme noble et fière De la philosophie a reçu la lumière. […] Que l’État, lui prêtant un appui tutélaire8, De ses jours, avec soin, écarte la misère : De l’État qu’il honore, il pourra, sans rougir, Recevoir un abri contre un dur avenir. […] Que tous les ouvrages reçus au Théâtre soient soumis à la censure, mais, en cas de refus d’autorisation de la Police pour les représenter, qu’ils soient déférés à un Tribunal supérieur, à l’Académie, par exemple, où tant de connaissances diverses peuvent éclairer le patriotisme et la prudence.
Il fut donc reçu aux études et aux conversations que Gassendi conduisait avec les personnes que je viens de nommer. […] Beauval suivit sa femme, lorsqu’elle vint à Paris débuter au Palais-Royal, et fut reçu dans la troupe. […] C’est alors que Molière fit sa connaissance, et fut reçu dans la troupe dont elle faisait partie. […] On peut juger des acclamations qu’elle reçut ; et ainsi elle garda le rôle d’Agnès jusqu’à ce qu’elle quittât le théâtre. […] Mademoiselle Desmares, de retour à Paris, fit part à ses camarades de l’ordre qu’elle avait reçu de Monseigneur.
En 1659, les principaux magistrats de Paris recevaient la visite de deux particuliers (deux membres de la Compagnie) qui faisaient une tournée de sollicitation « pour que fût prohibé le jeu de hoca, » naguère importé d’Italie et dont raffolaient alors toutes les classes de la société. […] En outre, au milieu de l’année 1657, « la Compagnie résolut, dit Voyer d’Argenson, de travailler avec plus d’ardeur que jamais à examiner toutes les lettres des provinces qu’elle avait reçues au sujet des duels et qui pouvaient servir de mémoires (entendons de dossiers judiciaires) pour remédier aux détours par lesquels on éludait la force des déclarations du Roi » contre le duel. […] Celui-ci, de son côté, recevait de ses informateurs politiques des rapports inquiétans sur les menées de l’un des membres de la Compagnie, le marquis de la Mothe-Fénelon, parmi la noblesse : Mazarin allait-il donc avoir, sur le bord de la tombe, encore un complot à dissiper? […] Si Boursault écrit le Portrait du Peintre, c’est pour complaire à des gens « auxquels il ne pouvait rien refuser29. » Et Jean Loret, cette année-là même, déclare que s’il n’ose pas trop parler, « ni bas ni haut, » de théâtre, c’est qu’il en a reçu l’avis impérieux30. […] Leur présence dut maintenir dans le Saint-Sacrement, sinon à Paris, du moins en province, la couleur première qu’il avait reçue de Condren.
Scribe, avec Bertrand et Raton et Bataille de dames, l’un donné dix-neuf fois l’an dernier et l’autre dix-sept, — en ce point, ne nous plaignons pas de la chicherie du comité ; — Dumas père, le plantureux (qui n’a pas un seul drame ici), avec Mademoiselle de Belle-Isle tout uniment ; George Sand, avec Le Marquis de Villemer et Le Mariage de Victorine ; Sandeau, avec Mademoiselle de la Seiglière ; Musset, avec Il ne faut jurer de rien, Le Chandelier, Le Caprice, Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ; Barrière, avec Le Feu au couvent, une insignifiante petite pièce pour tout bagage ( il est vrai que les Faux Bonshommes, récemment, ont été reçus à correction par le comité, mais, comme on pouvait le prévoir, ils se sont soustraits à la correction) ; Delphine de Girardin, avec La Joie fait peur ; Caraguel, avec Le Bougeoir ; Gozlan, avec La Pluie et le Beau Temps : voilà tous les morts qui se dressent, à consulter les annales de la Comédie depuis dix-sept mois, entre Molière ou Marivaux et M. […] fit-il en souriant. — Elle est reçue quelque part ? […] Mais tant qu’un décret du président de la république ou bien quelque arrêté d’un sous-secrétaire d’état n’aura pas « désaffecté » l’Odéon pour le destiner expressément à ce comique et à ce tragique spéciaux, nous déplorerons que le culte des grands classiques, et de ceux qui viennent tout de suite après les grands, y soit négligé comme au Théâtre-Français ; sur la rive gauche, comme sur la rive droite, alternativement, nous gémirons au souvenir de ces morts illustres, et des hommages qu’ils recevaient naguère : super flumina ! […] Son creuset ne fournira d’or qu’autant qu’il en aura reçu. […] Pour ma part, après l’examen que j’ai fait de l’état des classiques, au nom desquels la Comédie-Française et l’Odéon reçoivent un subside, j’en avertis M. le ministre des finances, si le Conservatoire n’est pas prochainement réformé, je refuse l’impôt.
Dans les « visites » de sa troupe chez les grands seigneurs, il observe les manières, les airs, les laçons de dire de la noble assemblée ; avant et après la représentation, tandis qu’il reçoit ordres ou complimens avec la docilité et la modestie obligées, il observe encore. […] Dans une catégorie sociale moins élevée, bien moins haute encore, si l’on tient compte du préjugé, Molière avait reçu le plus cordial accueil de Pierre de Boissat, vice-bailli de Vienne en Dauphiné, et membre de l’Académie française depuis la création. […] Il visitait assidûment Molière, lui lisait ses ouvrages, lui donnait et en recevait d’utiles conseils ; et, plus tard, avec quelle émotion, réunissant dans une même épître les deux noms de Molière mort et de Racine survivant, il opérait leur réconciliation posthume ! […] Un renseignement donné par de Visé montre qu’il aimait à recevoir et qu’il recevait bien : s’il acceptait volontiers à dîner chez les gens du bel air pour les observer à loisir, « il rendait tous les repas qu’il recevait. » Traiter des grands seigneurs lui eût été impossible sans un train de maison luxueux ; il avait donc mis la sienne sur un grand pied, grâce aux profits de son théâtre. […] Mlle du Parc reçoit avec mauvaise humeur « un rôle de façonnière, » sous prétexte qu’elle n’est rien moins que cela : « Mon Dieu !
M. de Louvois ne sachant que lui répondre, lui expédia un ordre qui le fit recevoir. […] La Pièce et le jeu de Molière furent très mal reçus. […] On peut juger des acclamations qu’elle reçut ; et ainsi elle garda le rôle d’Agnès, jusqu’à ce qu’elle quitta le Théâtre. […] Je l’ai vu applaudir au Jeu forcé de quelques-uns de mes camarades : j’ai chargé mes rôles, pour recevoir les mêmes applaudissements. […] En -33, il reçut de ce dernier une villa près de Tibur où il passa la plus grande partie son temps, refusant parfois de revenir à Rome.
Ce qu’on a dit relativement à La Fausse Prude reçoit quelque vraisemblance du caractère fort impertinent dont Angelo Costantini (Mezzetin) a donné plus d’une preuve. […] Costantini partit alors pour l’Allemagne où il reçut des propositions d’Auguste Ier, roi de Pologne, qui le chargea de recruter une troupe. […] Dans le dessein de recevoir la récompense qu’il espérait, il se rendit un matin chez le duc ; mais le suisse, se doutant du sujet de sa visite, ne voulut point le laisser entrer. Mezzetin, pour le toucher, lui offrit le tiers de la récompense qu’il recevrait de son maître, et passa au moyen de cette promesse.
Il est, ce me semble, curieux de savoir comment l’autorité de la société polie, la considération qu’elle donnait aux personnes qu’elle distinguait, celle qu’elle en recevait, celle qu’y sut acquérir madame de Maintenon, parvinrent, à l’aide des agréments personnels et par la conversation de cette femme célèbre, à opérer un changement total dans les mœurs de la cour ; changement qui eut été trop heureux si l’ambition des ministres n’eut jeté l’esprit du roi dans une extrémité opposée ; je veux dire dans l’aveugle dévotion. […] Scarron était d’une famille parlementaire ; il recevait chez une bonne compagnie. […] J’allais à l’hôtel d’Albret ou de Richelieu, sûre d’être bien reçue et d’y trouver mes amis rassemblés, ou bien de les attirer chez moi, en les faisant avertir que je ne sortirais pas 78… » Quelques mois après la mort de son mari, elle refusa d’épouser un homme de qualité, à qui ses amis lui conseillaient de s’unir. […] Telle était madame Scarron quand elle reçut du jeune roi la réponse galante dont il me semble qu’il serait raisonnable de suspecter le désintéressement plutôt que la sincérité, et dont on peut croire qu’elle fut émue, et peut-être un moment enivrée.
Dans la pièce de Chappuzeau, comme dans celle de Molière, c’est un homme dont la déclaration d’amour est fort mal reçue par une femme infatuée du bel esprit, et qui, pour se venger, introduit auprès d’elle son valet travesti en marquis magnifique et ridicule, dont les galanteries sont beaucoup mieux accueillies que celles de son maître : ce valet, démasqué et laissant sa dupe couverte de confusion, forme le dénouement commun aux deux ouvrages. […] Sans examiner si les disgrâces des maris sont plus rares ou plus communes qu’elles ne l’étaient autrefois, on peut douter que cet éternel sujet des plaisanteries de nos vieux comiques fût aussi bien reçu aujourd’hui sur la scène, qu’il l’était alors ; et ce qu’il y a de certain, c’est que, dans le langage décent, il n’y a plus de terme pour exprimer ce que Sganarelle croyait être. […] Est-il une meilleure preuve que Molière, ayant cette fois mal choisi son genre, avait peut-être encore plus mal choisi son sujet, et que son ouvrage méritait doublement l’accueil plus que froid qu’il reçut ? […] Cette espèce d’invention, née du hasard et de la nécessité, eut beaucoup de succès, et Molière, par la suite, en fit usage toutes les fois qu’il reçut du Roi l’ordre d’embellir, par quelque production nouvelle, les fêtes que donnait ce prince, ami des plaisirs magnifiques6. […] Elles fondent leur incrédulité sur ce qu’il existait une amitié sincère entre ces deux hommes célèbres, et que Chapelle s’est montré l’admirateur de Molière jusqu’à lui donner, dans une lettre qu’il lui écrivait, le nom de grand homme, titre que reçoivent rarement de leur vivant ceux qui en sont jugés le plus dignes après leur mort.
A travers les éloges que cette pièce devait nécessairement recevoir, la conscience des feuilletons a cependant parlé. […] Entre les princes qui l’ont ainsi reçue chez eux, les plus vraiment grands ont voulu qu’elle fût hardie. […] Rien ne pouvait davantage envenimer la profonde blessure que recevait la religion. […] Qu’elles reçoivent quelque autorité de la bouche d’un scélérat ? […] Quelle meilleure leçon peut recevoir le Tartuffe qui était tout à l’heure dans la salle ?
Son nom fut Jean-Baptiste Poquelin ; il était Parisien, fils d’un Valet de Chambre Tapissier du Roi, et avait été reçu dès son bas âge en survivance de cette Charge, qu’il a depuis exercée dans son quartier jusques à sa mort. […] Ce Prince qui l’estimait, et qui alors n’aimait rien tant que la Comédie, le reçut avec des marques de bonté très obligeantes, donna des appointements à sa Troupe, et l’engagea à son service, tant auprès de sa personne, que pour les États de Languedoc. […] Ce compliment dont on ne rapporte que la substance fut si agréablement tourné, et si favorablement reçu, que toute la Cour y applaudit, et encore plus à la petite Comédie, qui fut celle du Docteur Amoureux.
Au retour d’Arnolphe, la simple Agnès est amoureuse ; ses honnêtes gardiens ont reçu de l’argent du galant. […] Les galants flattent son penchant à la malice, pour lui plaire ; elle reçoit les flatteries et elle se moque des flatteurs. […] Chacun, dans cette pièce, reçoit une correction proportionnée à son travers. […] Tous reçoivent de la main de la coquette un coup d’éventail sur la joue, qui ne les corrigera pas, mais qui les punit assez pour le plaisir du spectateur. […] Les changements même que la langue a reçus ou subis dans les ouvrages d’esprit ont profité à Molière.
Elle fait cacher le premier, & s’efforce de recevoir assez bien le second, lorsqu’on lui annonce encore l’arrivée de Don Maurice son frere. […] Il reçoit une lettre par laquelle il apprend que son pere se meurt. […] Son valet l’Olive & lui se déguisent, se présentent & sont reçus. […] point du tout, c’est le véritable ; elle l’a reçu comme un vrai mari : je l’ai aidée à le battre, moi, Monsieur le Bailli, puisqu’il vous faut le dire. […] Je les ferai arrêter sur votre déposition, & je vais tout de ce pas chercher le Greffier pour la venir recevoir.
La politesse passa du sénat aux ordres inférieurs, voire au plus bas étage du menu peuple ; et si en leur cause, on doit croire leur témoignage, ils ont effacé ensuite toutes les grâces et toutes ces vertus de la Grèce, et ont laissé son atticisme bien loin derrière leur urbanité. » Ici Balzac nous apprend que de son temps ce mot d’urbanité n’était pas encore reçu en France : il pense que quand l’usage l’aura mûri, et aura corrigé l’amertume de la nouveauté, nous nous y accoutumerons , comme à d’autres que nous avons empruntés de la même langue. […] Cette urbanité avait son temps et sa place dans cette république de fer et de bronze, parmi des citoyens d’une simplicité fine, d’une innocence spirituelle… Ils recevaient le soir dans le cabinet, les grâces qu’ils avaient rejetées le malin sur le tribunal ; mais les grâces n’étaient chez eux ni affectées, ni licencieuses ; elles ne fardaient pas la majesté ; elles l’ajustaient de façon à en tempérer l’aspect. […] Je demande si la nature de ces études n’était pas noble, élevée, de celles qui se prêtent le mieux à la conversation, qui y fournissent et en reçoivent davantage ?
Arlequin, étourdi du coup, ne sait s’il a reçu un soufflet ou un coup de poing, & ignore par conséquent s’il doit s’en venger. […] Dans le troisieme acte, Arlequin ne sait plus ce qu’est devenu son portrait, quand il le reçoit par la petite poste dans un paquet avec dix louis, & une lettre anonyme.
Le rusé Florentin prit un air contristé, et dit : Sire, vous me comblez de bontés ; mais j’avais dessein d’être secrétaire du roi, et vos secrétaires ne voudront plus me recevoir. — Ils ne voudront plus vous recevoir ! […] Autour du ridicule principal qui domine toute la composition, quel nombreux et plaisant cortège de ridicules secondaires, qui, tour à tour, lui donnent ou en reçoivent du lustre ! […] Ce mouvement d’ascension, que l’on croirait particulier au nôtre, et en vertu duquel tous les parents, dans les classes inférieures, donnent à leurs enfants une éducation supérieure à celle qu’ils ont reçue, pour les rendre capables d’une profession plus élevée que celle qu’ils exercent, ce mouvement existait déjà sans doute, quoique beaucoup moins fort ; et l’on dirait que Molière en a voulu marquer les progrès naissants, lorsqu’il a donné à tous les enfants, sur tous les pères, cette espèce de prééminence intellectuelle, dont il serait difficile d’assigner autrement la cause. […] La troisième, enfin, consiste dans un petit nombre de farces ou de pièces populaires, que le chef de troupe commandait, en quelque sorte, à l’auteur de comédies, soit pour réparer quelque échec reçu par son théâtre, soit pour y ramener, par quelque heureuse nouveauté, la foule qui commençait à s’en éloigner. […] Ce sont celles que représentait la comédie antique, celles qui ont passé sur nos théâtres nouveaux, à l’époque de leur naissance, avec les imitations de Plaute et de Térence, et qui s’y sont perpétuées dans ces innombrables pièces où, sous les noms de Sbrigani, de Scapin, de Crispin, et autres valets de noms et de costumes divers, figurent des Daves et des Sosies déguisés, qui font métier de tromper les pères et de corrompre les fils, tour à tour servant et trahissant leurs maîtres, dont ils reçoivent alternativement des caresses et des menaces, de l’argent et des coups de bâton.
Sa confidente lui dit que Don Garcie sera moins jaloux dès qu’il aura reçu la lettre où Dona Elvire l’assure de la préférence qu’elle lui accorde sur son rival : la Princesse change d’avis, aime mieux faire cette confidence de vive voix. […] Arlequin entre sur la scene en parlant de l’ordre qu’il a reçu du Roi pour veiller sur les actions de Delmire, & lui rendre compte de tout ce qu’il verra. […] qu’il ne t’a pas même osé regarder ; que son amour est une flamme toute pure, une passion délicate & toute platonique ; que c’est par pure civilité que tu l’as reçu dans ta chambre, qu’il est ton parent, que tu as été abusée ? […] M’aurois-tu dit que ce Don Célidoro s’est introduit sous mon nom, que tu l’as reçu croyant qu’il fût Don Rodrigue ? […] Moliere a banni avec raison de sa piece la leçon d’escrime que Delmire prétend recevoir du Roi.
Mais, dès qu’Arnolphe lui parle de l’épouser, elle se réveille, elle se révolte, elle rentre en quelque sorte dans son droit naturel, et ni les services qu’elle a reçus, ni les avantages qu’on lui promet, ni l’amour d’Arnolphe, ni ses prières, ni ses menaces, rien ne sera plus capable de l’émouvoir et de la ramener. […] Il avait une enfant entre les mains ; il l’a élevée dans une ignorance absurde, dans une innocence coupable ; il lui a refusé l’éducation qui est nécessaire à une femme, qu’elle était en droit de recevoir et qu’il avait le devoir de lui donner ; qu’il ne s’en prenne qu’à lui si Agnès s’est trouvée sans résistance, sans un appui intérieur, sans une force morale et intellectuelle pour se défendre de la première attaque, du premier jeune homme qui a passé sous ses yeux. […] Mais si l’éducation est comme jetée à tort et à travers, chez des parents imprudents, ou peu corrects, ou besogneux, alors c’est un danger plutôt qu’une garantie, et très probablement l’éducation qu’une jeune fille aura reçue dans ces conditions lui donnera un esprit d’indépendance plutôt qu’un esprit de discipline. […] Voulez-vous que je vous dise quel est l’accueil que l’on a fait à L’École des femmes ; comment Molière et sa comédie ont été reçus ? […] Une ignorance relative, bien entendu : celle de la bonne et intelligente ménagère, qui a reçu une instruction courante, mais qui trouve, dans la vie, un meilleur emploi de son temps que la chimie ou l’histoire.
Pepin vient à ma rencontre ; il me reçoit près des lieux où les Rois François ont choisi leur sépulture ; il me conduit au Temple, le serment de l’hymen nous unit, je suis à lui. […] Alise respire encore ; sa vie m’étoit nécessaire pour sauver la vôtre : je vais profiter de la ressemblance que le Ciel a mise entre elle & vous ; elle entrera dans le lit de Pepin & y recevra la mort.
On ne saurait aller à meilleure école ni recevoir de plus hautes leçons. […] Il était, du reste, parfaitement placé pour recevoir d’eux tout l’enseignement qu’ils pouvaient donner.
Mais comme, dans ce siecle charmant, tout est soumis au tribunal des Dames, qu’elles font sur-tout le sort des ouvrages de génie, & qu’il importe beaucoup à la république des lettres que le plus grand nombre ait des idées vraies, justes & dignes de ce goût fin, délicat & naturel que le beau sexe a reçu en partage, je me contenterai de faire remarquer aux Dames qui seront en ceci d’un avis contraire au mien, qu’il faut bien moins d’adresse pour présider à la parure d’une femme jeune & jolie, qu’à celle d’une vieille : & elles se récrieront, sur-tout si elles sont parées des fleurs de la beauté & de la jeunesse ; il a raison : Madame une telle, par exemple, est un sujet ingrat, que l’art de trois Marthons des mieux stylées ne sauroit embellir ; elle est toujours d’une laideur amere : si ! […] Eraste, pour prouver que c’est lui, montre un billet qu’il vient de recevoir. […] Il passa quatorze années dans la maison paternelle, où il ne reçut qu’une éducation conforme à son état ; mais, dévoré du desir d’apprendre, il obtint la permission de faire ses études au College de Clermont, où il remplit cette carriere dans l’espace de cinq ans.
J’étois si outrée d’une telle impudence, que j’avois laissé le présent à la femme qui me l’avoit apporté, en la priant de le rendre à qui l’envoyoit ; mais songeant que la femme pourroit bien le retenir & faire croire que je l’avois reçu, je vous l’apporte, & je vous prie de le rendre vous-même, & de lui dire de la bonne sorte, que, s’il ne veut pas cesser de me persécuter, j’en avertirai mon époux & mes freres, quelque chose qu’il en puisse arriver ». […] Le jeune homme se retira avec une joie extrême d’avoir reçu des assurances de l’amour de sa maîtresse, & des présents magnifiques qu’il lui montra de loin en passant sous ses fenêtres. […] La Belle, qui ne dormoit pas, comme vous pouvez croire, le reçut à bras ouverts. […] Déméa trouve mauvais que Micio soit assez bon pour recevoir une chanteuse chez lui.
Il s’expose sur les eaux avec sa compagne, cette jeune personne qui lui a sauvé la vie : bien-tôt ils alloient être engloutis, quand ils rencontrent un vaisseau dans lequel ils sont reçus : ils arrivent à Charles-town. […] Elle fut reçue avec transport. […] Le parti n’ayant rien que de fort avantageux pour lui, il écrivit à Genes, d’où il reçut aussi-tôt le consentement de son pere ; &, de concert avec l’oncle de sa maîtresse, il résolut d’aller célébrer son mariage à Malte. […] Mais, Madame, j’en ai déja reçu dans mon pays.
N’est-il pas en notre pouvoir de jouer ce que nous voulons, de recevoir les mauvaises pieces, de condamner à l’oubli les bonnes, de favoriser les Auteurs médiocres, de dégoûter ceux qui pourroient soutenir la scene » ? […] Admettons une seconde troupe ; la premiere ne regardera plus comme une chose de peu de conséquence qu’un ouvrage soit refusé ou reçu : les petites haines, les raisons particulieres ne l’emporteront plus sur l’intérêt général devenu très pressant : on écoutera attentivement, & l’on réfléchira avant de rejetter un poëme qui peut attirer la foule à un autre théâtre. […] Je connois des pieces reçues qui attendent depuis cinq ans les honneurs de la scene. […] Il est vrai que les représentations sont peu nombreuses : aussi n’expose-t-on alors sur la scene que les pieces reçues comme par grace.
Il est, par exemple, dans tous les pays, des gens de rien, de petits artisans, qui n’ont pas reçu la moindre éducation, qui n’ont pas la moindre notion des choses les plus ordinaires, & qui se mêlent cependant de faire les politiques ; qui négligent totalement leurs affaires domestiques pour songer à celles de tous les Princes du monde : des sots qui n’approuvent jamais ce que font les ministres, & qui puisent dans leur ignorance la vanité de croire que les affaires prendroient entre leurs mains une meilleure tournure. […] J’ai reçu ici quelques affaires à examiner, & le diable, je pense, ne s’en débarrasseroit pas. […] Il puisera dans le grand monde un goût fin, beaucoup de délicatesse, une façon aisée d’exprimer ses idées ; mais comme tous ceux qui le composent ont à-peu-près reçu la même éducation, que cette éducation leur apprend à paroître tout ce qu’ils ne sont pas, ils ne lui laisseront entrevoir que des nuances.
Je vais te dénoncer au roi, t’accuser d’avoir tué le commandeur, je reçois les dix mille écus, et nous partageons.” […] Don Juan dit au fiancé : “Recevez mon compliment, seigneur Cornelio. — Mais ce n’est pas mon nom. — Il le sera bientôt.” […] Don Juan saisit un flambeau sur la table et va le recevoir.
être obligée de recevoir comme princes de la maison royale les fruits des infidélités du roi ! […] Il y en a à Saint-Germain, mais ils n’ont pas encore paru. » Sans doute on travaillait à préparer l’esprit de la reine à les recevoir, et on ne voulait pas qu’ils parussent dans le monde avant cette espèce d’adoption d’un genre nouveau. […] C’est bien à présent, madame, que vous auriez à me reprocher de l’aimer avec excès. » Peu après le retour d’Anvers, les nouveaux princes furent enfin reçus chez la reine ; alors on les établit, avec leur gouvernante, à Versailles.
Le lendemain de la première représentation qui fut donnée le 5 août 1667, les comédiens reçurent du premier président de Lamoignon la défense de jouer la pièce jusqu’à un nouvel ordre de Sa Majesté. […] L’hypocrisie est un vice odieux, sans doute ; et, si le préjudice qu’on reçoit des choses était la mesure exacte de la haine qu’on leur porte, la religion, à qui elle fait plus de tort qu’au monde, devrait aussi la détester davantage. […] Molière en fut frappé, et son personnage, qui n’avait pas encore de nom, reçut de lui aussitôt celui de Tartuffe. […] Alcmène a reçu de Jupiter de vives marques de tendresse auxquelles elle a répondu par les siennes ; et Amphitryon, qui l’apprend d’elle-même, s’abandonne aux transports furieux d’un homme outragé dans son amour et dans son honneur. Cléanthis, malgré ses avances, n’a éprouvé de la part de Mercure que des froideurs insultantes, et Sosie reçoit avec délice le torrent d’injures qu’attirent sur lui les heureux mépris du dieu qui l’a représenté.
Mais tandis qu’au dehors ces cris retentissaient, Près du corps de Molière en larmes se pressaient Ses amis accourus, sa troupe désolée Par qui sa noble vie est alors rappelée, Qui redit ses bienfaits et pleure, en révélant La bonté de son cœur égale à son talent ; Quelques vieux serviteurs, et les pauvres encore Qui recevaient de lui des secours qu’on ignore. […] « Monsieur, J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire au sujet de la fontaine que l’administration municipale va faire construire à l’angle formé par la jonction des deux rues Traversière et de Richelieu. […] Visconti, à qui Paris doit déjà tant de monuments remarquables, et qui a été choisi pour ériger aux Invalides le tombeau de Napoléon, le monument de Molière se divise en deux parties distinctes : Le premier plan se compose d’un piédestal en marbre blanc, dont là base s’élève sur un socle entouré d’un bassin en pierre de Château-Landon, qui reçoit les eaux jaillissantes de trois têtes de lion. […] Visconti, architecte, et assure, ainé, statuaire, ont déjà reçu le suffrage de la commission des beaux-arts et qu’il y a lieu de les approuver, sauf tonte fois les modifications suivantes. […] « La postérité saura peut-être la fin de ce poète comédien qui en jouant son Malade Imaginaire ou son Médecin par Force reçut la dernière atteinte de la maladie dont il mourut « peu d’heures après, et passa des plaisanteries du théâtre, parmi lesquelles il rendit presque le dernier soupir, au tribunal de celui qui dit : malheur à vous qui riez, car vous pleurerez.
Alcmene lui montre, pour le confondre, le présent qu’elle a reçu de lui-même. […] Amphitrion, croyant recevoir ce traitement de Sosie, le menace de mille coups. […] Cet impertinent messager, avec sa bête de charge, pourroit bien recevoir de moi certaines faveurs qu’il ne brigue pas. […] Moliere termine la scene par ces quatre vers : Enfin je l’ai fait fuir, &, sous ce traitement, De beaucoup d’actions il a reçu la peine. […] Le moi que j’ai trouvé tantôt, Sur le moi qui vous parle a de grands avantages : Il a le bras fort, le cœur haut, J’en ai reçu des témoignages, Et ce diable de moi m’a rossé comme il faut ; C’est un drôle qui fait des rages.
Qu’héritier d’une charge de valet de chambre du roi il ait été reçu avec bienveillance par Louis XIV, qu’il ait souvent réussi à l’amuser, lui ait été utile pour ses fêtes, et ait parfois employé à composer des divertissemens et des ballets le temps qu’il eût pu consacrer à donner des successeurs au Misanthrope et au Tartufe, tout cela est vrai. […] Or, quand il fut présenté pour la première fois à Louis XIV, en 1669, il avait déjà écrit ses satires littéraires, et ce qui est notable, c’est que, au sortir de cet entretien qui lui valut les premières faveurs qu’il reçut du roi, une pension de deux mille livres, — sa première réflexion, dit Brossette, fut un sentiment douloureux sur la perte de sa liberté, qu’il regardait comme une suite inévitable des bienfaits dont il venait d’être honoré. […] Il paraît qu’on fut inflexible et que la pension fut définitivement supprimée, car on trouva, dit-on, chez lui après sa mort, un sac d’argent, avec cette étiquette : « C’est ici le dernier argent que j’ai reçu du roi. […] Boileau ne reçut une pension qu’après la publication de ses satires ; l’ancien pensionnaire de Fouquet, La Fontaine, n’en reçut jamais.
» Toutefois il paraît que la facilité de madame de Sévigné était contraire à l’usage, puisque Bussy-Rabutin ajoute encore ce trait de satire : « Il n’y a guère que l’usage qui la pourrait contraindre ; mais elle ne balance pas à le choquer plutôt que les hommes 29. » Il paraît que Voiture, après avoir reçu de Julie une leçon de réserve, se crut en droit d’en donner de semblables à d’autres. […] C’est que chez les Romains, les femmes ne vivaient pas en société avec les hommes ; que les dames romaines vivaient retirées ; que recevoir des hommes chez soi, c’était le honteux privilège des courtisanes et des femmes publiques.
Maître Jacques veut lui en donner autant, il en reçoit de nouveau ; il jure de se venger à la premiere occasion ; il croit l’avoir trouvée, quand Harpagon se plaint qu’on l’a volé. […] Araminte, piquée contre Moncade, fait voir à Lucinde, amante de son perfide, une lettre qu’elle a reçue de lui : elle est conçue en ces termes : ACTE II.
Je la reçois ; Et pourvu que toujours, & sincere & constante, Elle soutienne en vous. . . . . […] Un Petit-Maître de quarante ans, très ridicule par conséquent, envoie un billet circulaire à deux femmes qu’il veut mettre au nombre de ses conquêtes, & qui, malheureusement pour lui, se montrent les poulets qu’elles reçoivent. […] Je demande présentement si parmi le monde comme il faut, & dans la bonne compagnie, il est reçu qu’une femme écrive de sa propre main un billet doux à un fat qu’elle méprise ; s’il est décent qu’elle engage une jeune personne honnête, franche, naïve, à faire la même sottise ; & qu’elles laissent ensuite toutes deux leurs lettres entre les mains d’un homme qu’elles poussent à bout, d’un homme qui doit dans peu, dit-on, faire imprimer ses lettres, d’un homme enfin qu’elles savent très capable de les déshonorer pour prix de leurs railleries outrées.
C’était sous l’influence de l’heureux besoin dont les esprits étaient alors pressés, que s’ouvrait l’hôtel de Rambouillet aux gens de la cour ennemis des scandales, aux gens du monde poli de la capitale, aux gens de lettres de profession, aux esprits cultivés de toutes les classes ; c’était par cet intérêt que les femmes les plus distinguées y étaient amenées et reçues avec des hommes d’élite, par une des plus belles, des plus jeunes, des plus riches et des plus respectables femmes de la cour. […] Entre les hommes célèbres qui fréquentèrent ses cercles, était Ogier de Gombault, que Marie de Médicis recevait aussi dans les siens, et à qui elle faisait une pension de 1 200 écus : il était âgé de vingt-six ans. […] Le roi entra en fureur ; il voulait faire la guerre à l’archiduc qui avait reçu le prince et la princesse.
La tonne répand l’eau par mille trous divers ; Le roc qui la reçoit en a les flancs couverts. […] Jodelet qui a reçu un soufflet veut se venger, il est en chaussons, & prêt à se battre. […] Mon cartel est reçu, je n’en fais point de doute : Mon homme ne vient point, peut-être il me redoute. […] Sa demande reçue, & ses vertus prisées, Nous avons tous été frapper à nos brisées.
Il fut donc reçu aux études et aux conversations que Gassendi conduisait avec les personnes que je viens de nommer. […] Le petit homme, qui ne savait auquel entendre pour recevoir les caresses qu’on lui faisait, promit à cette Comédienne qu’il irait chez elle. […] Le George Dandin fut donc bien reçu à la Cour au mois de Juillet 1668, et à Paris au mois de Novembre suivant. […] Jamais pièce n’a été plus malheureusement reçue que celle-là ; et aucune de celles de Molière ne lui a donné tant de déplaisir. […] Molière n’en demandait pas davantage, assuré que ce qui plaisait au Roi, était bien reçu des connaisseurs, et assujettissait les autres.
Le petit Poquelin reçut là ses premières consolations, et il ne l’oublia jamais. […] Mais son plus grand bonheur au collège fut de recevoir, avec Chapelle et Bernier, les leçons particulières de l’illustre M. […] L’enfant reçut le nom de Louis ! […] Louis XIV voulut montrer à tous que son comédien ne devait recevoir d’ordres que de lui-même. […] L’enfant reçut les noms de Pierre Jean-Baptiste Armand, les deux noms réunis du père et de la mère, précédés de celui de Mignard.
Si cet Auteur n’a un nom, ou une place qui impose silence, aussitôt une foule d’ignorants s’élève contre lui : leur malignité va si loin, que quand une expression heureuse les choque, parce qu’elle est nouvelle pour eux, quoique reçue et employée depuis longtemps, ils condamnent tout l’Ouvrage. […] C’est pourtant là du nouveau, que mon Censeur a peut-être lâché par contagion, et qui me fait bien entendre qu’il ne m’a repris que par passion, ou de commande : Ou il me permettra de lui dire qu’il ne sait pas distinguer l’ancien d’avec le nouveau, le hasardé d’avec le reçu dans le style. […] Je ne sais si le Public recevra ce sentiment ; mais il est, ce me semble, bien méconnaissant. […] Autrefois les Comédiens les recevaient des Auteurs qui leur confiaient la représentation de leurs Pièces ; mais aujourd’hui ces Auteurs seraient très mal reçus à leur donner l’esprit d’un rôle.
Ainsi, la pièce comique servait d’introduction, de cadre à la pièce pastorale ; et celle-ci, à son tour, était destinée à recevoir ces morceaux de chant et ces entrées de ballet, dont le Roi avait fait choix. […] En cela, elle se rapproche beaucoup de monsieur et de madame de Sotenville ; mais elle n’est certainement pas de la maison de la Prudoterie, ou elle a beaucoup dégénéré : car elle reçoit en même temps les soins de trois adorateurs ; et, de ces trois, il y en a un dont elle reçoit de l’argent. […] Mais il eût été vraiment digne de lui de mépriser l’injure reçue, et de n’en point tirer cette énorme vengeance. […] C’est un fait connu de tout le monde, que la tendre amitié qui l’unissait à madame Necker, personne douée des plus hautes vertus, mais qui avait reçu, du côté de l’esprit, une éducation toute masculine, et avait apporté, au milieu de nos mœurs élégamment frivoles, les idées sévères et en même temps les manières raides et empruntées qu’on attribue aux femmes de son pays. […] Il paraît que, cette fois, Molière ne reçut point d’ordre du roi, et que ce fut de son propre mouvement qu’il fit Le Malade imaginaire.
Mais, si je l’ose dire, un scrupule me gêne Aux tendres sentiments que vous me faites voir ; Et, pour les bien goûter, mon amour, chere Alcmene, Voudroit n’y voir entrer rien de votre devoir, Qu’à votre seule ardeur, qu’à ma seule personne, Je dusse les faveurs que je reçois de vous ; Et que la qualité que j’ai de votre époux Ne fût point ce qui me les donne. […] Il voulut d’abord suivre la carriere de Melpomene ; mais sa tragédie d’Admete & d’Alceste ayant été mal reçue, il se tourna vers Thalie, qui le traita plus favorablement. […] Il fut reçu de l’Académie Françoise en 1754, chargé de la rédaction du Mercure en 1755, & il mourut en 1758.
Dis-moi enfin, si Phormion reçoit cet argent, il faut qu’il l’épouse : que deviendrai-je ? […] Charles d’Estampes qui étoit l’aîné, fut par son pere envoyé à Paris chez un marchand drapier, chez lequel ayant appris le métier, il se fit recevoir maître, & s’habitua dans Paris, où il prit femme, de laquelle il eut quelques enfants. […] Ce filou voyant qu’il n’avoit fait qu’une partie de ce qu’il desiroit, résolut de faire à Chartres la même fourbe à Philippe d’Estampes, & lui faire entendre que son frere Charles étoit mort à Paris, pour être reçu de même dans sa maison, & attraper quelque orfévrerie.
D’Orval se souvient de la vertu de Constance pour dire que Rosalie est son éleve & qu’elle a reçu ses principes. […] Charles porte à son maître le reçu de Rosalie. […] Mario ne veut pas montrer moins de générosité ; &, lorsque Lélio est revenu de son évanouissement, il lui fait de tendres plaintes du peu de confiance qu’il a eu pour lui, & l’engage à recevoir la main de Flaminia, qu’il lui cede : mais Lélio refuse ses offres.
On ne dit pas l’accueil que reçurent les Gelosi de la part des députés des trois ordres. […] La cour refusa de recevoir ces lettres et défendit aux Italiens de se prévaloir jamais de lettres pareilles sous peine de dix mille livres parisis d’amende, applicables à la boite des pauvres. […] En 1584 et 1585, Paris reçut la visite des Comici confidenti, qui représentèrent notamment chez le duc de Joyeuse une pièce intitulée Angelica, œuvre d’un de leurs acteurs, Fabritio di Fornaris, jouant le capitan espagnol sous le nom de Cocodrillo.
Elle voulait voir le roi, elle voulait recevoir sa mission de la bouche du roi, et apprendre, dans une nouvelle entrevue, le prix qu’elle pouvait espérer d’un heureux accomplissement de cette mission ; tous ses doutes étaient simulés pour arriver à ce but. […] Le roi la reçut pour la seconde fois en particulier, lui demanda ses soirs pour ses enfants, et elle devint leur gouvernante. […] Le nouveau bienfait qu’elle recevait, la confiance et l’estime dont ce bienfait était le témoignage, ne durent pas affaiblir la reconnaissance qu’elle avait gardée du premier, et le roi n’eut pas besoin de donner à ses paroles un accent d’affection extraordinaire pour accroître ce tendre sentiment dans l’âme de madame Scarron.
Beltrame (Nicolo Barbieri), s’étant séparé des Fedeli, forma une troupe avec laquelle il vint à Paris où il reçut un très favorable accueil de la cour et de la ville. […] L’étudiant Cintio commence à se décourager ; il a reçu une lettre de son père qui l’invite à demander à Beltrame la main de sa fille ; il s’y résoudrait peut-être s’il n’était pas piqué au jeu par la rivalité de Fulvio.
Honnête, elle le relève ; indigne, elle se retire de lui sans avoir reçu atteinte de sa conduite, et reste inaccessible comme les règles immuables de la justice sur lesquelles elle est fondée. […] Ce n’est que le sens commun qui me fait juger que je serai toujours reçu à mes faits justificatifs, et qu’on ne me saurait condamner sur une simple accusation, sans un récolement de confrontation avec mes parties.
Je vois ce qu’il faut être pour en être bien reçu, & si vous m’en croyez, nous leur jouerons tout deux une piece qui leur fera voir leur sottise, & pourra leur apprendre à connoître un peu mieux leur monde. […] J’ai sans doute reçu du ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d’esprit, de ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies ; & je puis dire, sans vanité, qu’on n’a guere vu d’homme qui fût plus habile ouvrier de ressorts & d’intrigues, qui ait acquis plus de gloire que moi dans le métier. […] Voyons-la prodiguer des éloges à Sbrigani & en recevoir. […] Que le lecteur soit sincere : il a surement cru que Géta, touché des prieres de son maître, alloit le tirer de peine en lui remettant l’argent qu’il a reçu de Dave ; & il s’ensuit de là qu’il veut beaucoup de mal à l’Auteur de l’avoir annoncé, ou à Géta de ne l’avoir pas remis, & d’aller chercher bien loin des expédients pour procurer à Phédria une somme qu’il a entre ses mains.
Je tiens que la premiere qualité d’un honnête homme est de bien payer ses dettes ; & je viens savoir quand vous serez de commodité de recevoir vos trois cents écus. […] Phædria voudroit pouvoir y réussir : mais Thaïs paroît, lui dit que l’envie seule d’avoir Pamphila l’a déterminée à recevoir le Capitaine, & lui promet de congédier son rival dès qu’elle aura la jeune personne. […] Timante jure de ne plus aimer l’infidelle, l’ingrate : elle paroît, lui dit que le desir seul d’avoir Zaïde lui a fait recevoir le Capitaine : il s’appaise, & jure qu’il mourra d’impatience pendant le voyage de deux jours qu’il doit faire avec le Vice-Roi. […] Il reçut l’ordre de Prêtrise à quarante ans, & mourut à Poitiers en 1519.
Dupuis, homme d’épée, plein d’esprit, franc, sincere, reçoit, au siege de Charenton, trois coups dans le corps : tous les Sacrements lui sont administrés, après une confession générale de ses péchés, dont il n’obtient l’absolution qu’en promettant de changer de vie, & d’épouser une femme avec laquelle il vit, & qui est enceinte. […] Le pere, autant embarrassé qu’il l’étoit avant d’avoir reçu la lettre, dit que Desronais sera l’époux de sa fille, mais qu’il lui faut des preuves d’une conduite plus réguliere, & sort. […] Le Meûnier se prosterne aux genoux du Roi pour le remercier ; le Roi lui fait présent de son épée, le nomme Sir, & lui donne un revenu de mille marcs d’argent : le Meûnier reçoit les faveurs du Roi avec plaisir, parcequ’il n’a fait aucune bassesse pour les obtenir. […] A ce propos, aussi froide que glace, Notre galante avoua le reçu.
Lors même qu’on arriverait à me prouver que les comédiens d’aujourd’hui ont reçu les révélations de leurs devanciers immédiats, et qu’on remonterait ainsi, preuves en main, par une suite non interrompue de confidences, jusqu’aux dernières années du règne de Louis XIV, il resterait à établir que le secret, en passant de bouche en bouche, est demeuré ce qu’il était au premier jour, que les acteurs qui ont joué pour la première fois les ouvrages de Corneille, de Racine et de Molière, qui ont reçu leurs conseils et profité de leurs leçons, ont pu les transmettre sans les altérer. […] Il y a dans les conceptions de cet heureux génie tant de simplicité, tant de clarté, que tout homme de bonne foi, qui juge par lui-même sans s’inquiéter de l’opinion de son voisin, est à peu près sûr de ne pas se tromper en donnant son avis sur ces œuvres ; mais juger par soi-même est de nos jours une chose assez rare : pour le plus grand nombre, le point important est de ne pas contredire l’opinion reçue. […] Ils iront peut-être jusqu’à demander si on les prend pour des écoliers ; ils ne sont plus d’âge à recevoir des leçons, et comprennent mieux que personne l’ancien répertoire.
Étant commandés pour aller aux États, ils me menèrent avec eux à Pézenas, où je ne saurais dire combien de grâces je reçus ensuite de toute la maison. […] Un ministre accablé d’affaires Reçoit moins de lettres que vous, Et n vous répondiez à tous Il vous faudrait vingt secrétaires. […] Elle vint, joua le rôle en habit de ville, parce qu’on ne voulut pas même lui donner le temps d’en changer, reçut des applaudissements qui ne finissaient point, et conserva le rôle d’Agnès jusqu’à sa retraite. […] « Judith de Nevers, dite Guyot, après avoir quitté la Comédie, fut longtemps à la porte pour recevoir les billets. […] Il arriva que par contrecoup, après avoir reçu le ton de Molière, elle donna le ton à Regnard pour les servantes-maîtresses.
Nous avons vu chez eux, dès le premier acte, les héros se peindre par des actions aux yeux du spectateur : dans celui-ci, Moncade nous apprend qu’il est jaloux ; mais tout s’y passe en récit, à l’exception des soufflets & des coups de pied que Pasquin reçoit. […] Ici Madame amene un je ne sais quel homme, Le présente à sa fille en qualité d’époux : Sa fille le reçoit. […] Rosaura, femme de Pantalon, reçoit une lettre de son frere : son époux la surprend & veut la décacheter. […] Or sus, puis-je espérer qu’aujourd’hui, sans contrainte, La vérité pourra, sans recevoir d’atteinte, Une fois seulement de ta bouche sortir ? […] « C’est le propre d’un efféminé de se lever tard, de passer une partie du jour à sa toilette, de se voir au miroir, de se parfumer, de se mettre des mouches, de recevoir des billets & d’y faire réponse : mettez ce rôle sur la scene ; plus long-temps vous le ferez durer, un acte, deux actes, plus il sera naturel, & conforme à son original : mais aussi il sera froid & insipide ».
J’avoue encore que mon ouvrage ne peut être utile aux Auteurs célebres, qui reçoivent tous les jours sur la scene les applaudissements dus à leur mérite. […] Le comédien, pour exceller, doit avoir reçu de la nature une taille, une figure, une voix propres aux rôles auxquels elle le destine. […] L’acteur doit encore avoir reçu du Ciel assez de feu pour établir, entre sa voix, ses gestes & sa sensibilité, une harmonie aussi sure que prompte, qui les fasse agir tantôt ensemble, tantôt séparément, mais toujours sans se nuire, mais toujours avec cette précision momentanée & dans cette juste mesure qui échappent à toutes les finesses du goût & de la réflexion.
Si nous en croyons Le Boulanger de Chalussay, l’auteur d’Élomire hypocondre, Molière aurait positivement reçu de Scaramouche des leçons de pantomime, et lui aurait dû ses progrès dans l’art du comédien : ………… Par exemple, Élomire Veut se rendre parfait dans l’art de faire rire ; Que fait-il, le matois, dans ce hardi dessein ? […] Scaramouche reçut toujours le plus favorable accueil du jeune roi et de son ministre. […] Dans la cinquième entrée, « onze docteurs reçoivent un docteur en ânerie, qui, pour mériter cet honneur, soutient des thèses dédiées à Scaramouche ».
D’après le détail même dans lequel je viens d’entrer, on voit que L’Avare, à sa naissance, ne reçut pas un accueil aussi favorable qu’il le méritait. […] Obligé de recevoir à souper son gendre futur, Harpagon profite de l’occasion pour inviter sa maîtresse : il n’aurait garde de faire les frais d’un repas pour elle seule. […] D’honnêtes et riches bourgeois, désespérant de devenir nobles de leur chef, voulaient du moins s’allier à des familles nobles : les uns donnaient leur fille à quelque gentilhomme obéré, qu’une grosse dot affranchissait de la poursuite de ses créanciers ; les autres, en plus petit nombre, épousaient eux-mêmes quelque fille de qualité, dont les parents recevaient, pour prix de cette mésalliance, de quoi rétablir leurs affaires délabrées. […] Comment le tableau dramatique, qui ne fait que rendre la leçon morale plus frappante et plus persuasive, pourrait-il être nuisible et coupable, quand cette leçon elle-même est salutaire pour ceux qui la reçoivent, et méritoire pour ceux qui la font ? […] Les vers furent trouvés fort beaux ; la cour, en les applaudissant, les attribua, tout d’une voix, à Benserade, qui en reçut les compliments, et ne les repoussa pas assez franchement.
Elle recevra de beaux esprits à sa toilette, dans un sallon élégant, & sur-tout dans sa salle à manger, au lieu de les recevoir dans un cabinet rempli d’instruments de mathématique.
Entre 1610 et 1620, la société de Rambouillet reçut un accroissement d’hommes illustres : savoir, Balzac, âgé de vingt-cinq ans, Chapelain, moins âgé d’un an que Balzac, Voiture, âgé seulement de vingt ans en 1618. […] Il y a lieu de croire cependant qu’on y reçut Madeleine de Scudéry, âgée de treize ans seulement, en 1620, mais qui était du même âge que Julie de Rambouillet, et avait assez d’esprit pour être sa compagne.
Vous seriez aujourd’hui mal reçu. […] Je ne chasse personne ; et vous, et Marivaux, Et mes anciens amis et mes amis nouveaux Serez reçus chez moi sans nulle différence.
Armande, on le voit, avait dû être merveilleusement douée ; les avantages qu’elle avait reçus de la nature primait même assez ceux de sa sœur Henriette, pour que ce fut à elle, Armande, que se fussent adressés tout d’abord les hommages de Clitandre, homme de cœur et de mérite ; mais ses manières hautaines son dédain affecté des sentiments les plus doux et les plus naturels : ses prétentions à une philosophie creuse, toute de montre et de pédantisme, et ses indécentes déclamations contre le mariage, et ses nœuds de chair, ses chaînes corporelles avaient fini par éteindre dans le cœur de son amant la passion que sa beauté y avait fait naître et c’est, blessé de ses mépris, qu’il avait reporté toutes ses affections vers la moins belle, mais plus aimable Henriette. […] Et qu’il ne fasse pas éclater en tous lieux L’esprit contrariant qu’il a reçu des cieux ? […] Elle reçoit des visites et elle en fait, elle aime l’ajustement, les hommages ; elle ne saurait avoir une grande affection pour ce mari de toutes les facultés duquel Tartuffe s’est emparé et qui est comme abêti par le bigotisme absurde où il l’a amené ; mais heureusement c’est une femme d’esprit et de sens, qui a trop le sentiment de sa dignité personnelle pour ne pas rester fidèle à ses devoirs d’épouse, ne fut-ce que par respect pour elle-même.
Erreur accréditée par les Auteurs & les Acteurs, qui, privés des dons rares & précieux qu’il faut avoir reçus de la nature pour la peindre gaiement, & pour exciter la joie du public, n’osent avouer leur insuffisance, veulent jouer un rôle dans le monde, & feignent de suivre par raison une carriere où leur foiblesse seule les conduit. […] Vous n’avez reçu de moi que ce que vous avez tout-à-fait mérité. […] Les uns, condamnés à ne jouer qu’un genre bâtard, se gardent bien de recevoir des pieces où ils ne seront point applaudis, & qui feront briller leurs rivaux.
L’amant lui promet un louis par chaque coup de bâton qu’il recevra. […] si je reçois vingt coups de bâton ?... […] Ce paysan est condamné à manger trente aulx, à recevoir trente coups de bâton, ou à payer cent écus. […] Ce qui peut avoir donné lieu à cette opinion, est une scene jouée à la Foire, dans laquelle on reçoit un Comédien, en lui mettant sur la tête un bonnet orné de deux oreilles, qui lui donne le pouvoir de chanter, de danser, & d’ennuyer impunément la Ville & le Fauxbourg ; mais elle est au contraire faite d’après celle de Moliere, & la copie est très inférieure à l’original.
Au sortir du collège, il reçut de ce philosophe les principes d’une morale plus utile que sa physique, et il s’écarta rarement de ces principes dans le cours de sa vie. […] Racine furent si mal reçus ; voilà pourquoi l’Avare, le Misanthrope, les Femmes savantes, l’École des Femmes n’eurent d’abord aucun succès. […] Il éleva et il forma un autre homme qui, par la supériorité de ses talents, et par les dons singuliers qu’il avait reçus de la nature, mérite d’être connu de la postérité. […] La pièce et le jeu de Molière furent très-mal reçus. […] Elle fut reçue d’abord assez froidement ; mais les connaisseurs rendirent bientôt à Molière les suffrages de la ville ; et un mot du roi, lui donna ceux de la cour.
La pièce ayant eu l’approbation de tout Paris, on l’envoya à la cour, qui était alors au voyage des Pyrénées, où elle fut très-bien reçue.
Bocher va un peu mieux, je compte le voir mardi soir, il m’annonce sa venue à Civita pour recevoir un ami, mercredi matin. […] J’ai reçu successivement les deux lettres que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire en faveur de M. […] Je comprends seulement aujourd’hui qu’il feint de recevoir d’autres coups de bâton, que ceux qui sont tombés sur le sac. […] George Dandin, dans les chasses, dans les dîners, dans les soirées de nobles s’attend à des honneurs qu’il ne reçoit pas. […] Dandin s’attendant à des honneurs qu’il ne reçoit point.
Ni Cléon, après avoir follement dissipé ses biens, ni le comte de Tufière, rougissant de son père malheureux et poussant la vanité jusqu’à le faire passer pour son intendant, ne reçoivent la punition qui leur est due. […] Ce sont eux qu’à cette époque on appelle du nom de calicots, et tous ceux dont la tournure et les airs fanfarons paraissent suspects reçoivent le même sobriquet. […] Dans L’École des Vieillards, Danville fait aussi reproche à sa femme de la société qu’elle reçoit des grands dîners qu’elle donne, des beaux esprits qu’elle y invite. […] C’est un de ces beaux esprits avides de louanges, qui, sous le prétexte modeste de demander des conseils, ne veulent que vous lire leurs ouvrages, et recevoir des compliments. […] J’aimerais mieux souffrir la peine la plus dure, Qu’il eût reçu pour moi la moindre égratignure.
Il est reçu qu’un seul homme, quelque ridicule, quelque vicieux qu’il soit, ne peut réunir sur lui seul tous les traits du ridicule ou du vice qui le caractérise. […] Tout agit différemment sur nos cœurs, selon la différence de notre âge, ou de l’éducation que nous avons reçue.
Si tu ne veux essayer des cachots de la Vicaria, et si tu n’as point d’argent, choisis de deux choses l’une : ou recevoir sur la paume des mains dix coups de cette férule, ou bien, les braies basses, recevoir cinquante coups d’étrivières ; car de toute façon tu ne sortiras pas de nos mains sans faire pénitence de tes fautes.
Il rit, à la vérité, et bruyamment, lorsqu’Arnolphe attend à la porte de sa propre maison, s’impatiente, tempête et reçoit un coup par la maladresse d’un lourdaud, qu’il a pris à son service à cause de sa simplicité ; il rit, non parce que ce coup est comique, et qu’Arnolphe ne l’a pas volé, mais parce que c’est un coup ; du même gros rire il éclaterait, s’il voyait l’acteur chargé du rôle grave et insignifiant d’Oronte, faire un faux pas en traversant la scène. […] En lisant un drame comique ou tragique, elle ne consulte pas ce qu’il devait être et l’idée d’après laquelle les philosophes le jugeront, mais ce qu’il est et l’impression qu’elle en reçoit. […] Y a-t-il plusieurs manières différentes, opposées, d’être comique, et une pièce de théâtre est-elle une comédie avant d’avoir reçu le baptême des mains d’un philosophe, seulement parce qu’un public ignorant tout, parce qu’un poète ignorant l’Esthétique, ont eu la fantaisie de l’appeler de ce nom ? […] si ces personnes si sages et si froides n’avaient pas tant de savoir, tant d’esprit ; si, au lieu de l’orgueilleuse sommation des philosophes, Uranie recevait l’humble visite d’un pauvre maître d’école de village, avide de comprendre et de goûter le beau, elle ne serait pas embarrassée. […] C’est une flamme généreuse, qui, consumant dans notre âme tout ce qui est impur et personnel, en fait, pour ainsi dire, un temple digne de recevoir la beauté.
Le duc de Nivernois qui l’y recevait disait que « ses vers étaient sans fastes, son commerce sans épines ».
Celles dont vous vantez mille faveurs reçues, De vos jours bien souvent vous ne les avez vues. […] Cette piece pourroit être très morale, très philosophique, si, comme nous l’avons dit dans le Chapitre de la fortune des personnages, le héros avoit une fortune à risquer : ajoutons s’il avoit une femme, des enfants, ou quelque emploi qui le mît à même de faire l’infortune de plusieurs personnes par sa malheureuse passion ; si son pere savoit peindre avec force combien il est cruel d’avoir un tel fils ; & si, au lieu de goguenarder son frere sur son amour pour Angélique, il exhortoit les peres à donner à leurs enfants une éducation qui les mît à l’abri des chagrins qu’il éprouve ; si enfin le Joueur méritoit d’être deshérité par son pere, & de recevoir sa malédiction pour un cas plus grave que celui d’avoir mis le portrait de sa maîtresse en gage. […] Le Roi me charge ici d’un fort honnête emploi, Et je n’attendois pas l’honneur que je reçois. […] Il voit cependant les Auteurs les plus célebres de son temps, les mieux reçus à la Cour, les mieux pensionnés, briller par des ouvrages dénués des graces de la vérité, de celles de la belle nature, mais remarquables en revanche par le clinquant le plus faux, & par toutes les grimaces de l’affectation. […] J’ai vu le public applaudir au jeu forcé de quelques-uns de mes camarades ; j’ai chargé mes rôles pour recevoir les mêmes applaudissements.
Mon assujettissement aux dates des faits, aux âges des personnes, à la nomenclature des ouvrages ; ma division en périodes, qui fait revenir souvent les mêmes noms sans autre motif que d’en présenter une revue à différentes époques, tout cela est très fastidieux ; et cependant comme mon but était de prouver que les notions généralement reçues confondaient des personnes, des choses sans relation, uniquement parce qu’on n’avait pas démêlé les temps de leur existence, j’ai voulu rendre aux amateurs d’histoire le service de remettre les choses en leur temps et les personnes à leur place.
Enfin, quoi qu’il avienne, Isabelle a ma foi, j’ai de même la sienne, Et ne suis point un choix, à tout examiner, Que vous soyez reçus à faire condamner. […] Peut-il trouver vraisemblable lui-même que Valere ait donné sa foi à une femme, & ait reçu la sienne sans la reconnoître ?
Je ne puis t’exprimer l’aise que j’en reçois. […] Et qu’il m’entraîne moi, si tout présentement Tu n’en vas recevoir le juste payement.
Encore si vous receviez des compagnies de plaisir ; si vous attiriez ici les jeunes gens de la ville de Rennes... […] Pour recevoir une visite par les fenêtres, il faudroit que je fusse un moment sans vous.
Il faisait de son bien un usage noble et sage ; il recevait chez lui des hommes de la meilleure compagnie, les Chapelles*, les Jonsac, les Desbarreaux, et qui joignirent la volupté à la philosophie. […] Il éleva et il forma un autre homme, qui par la supériorité de ses talent, et par les dons singuliers qu’il avait reçus de la nature, a mérité d’être connu de la postérité, c’était le comédien Baron* qui a été l’unique dans la tragédie et la comédie.
Le cardinal de Retz, habituellement retenu chez lui par la goutte, y recevait la plus aimable et la plus spirituelle société. […] La maison de madame de Coulanges était ouverte à moins de monde que celle de madame de Richelieu, mais elle recevait une société plus choisie parce qu’elle était moins nombreuse.