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99. (1848) De l’influence des mœurs sur la comédie pp. 1-221

Ainsi froissées, et dans des idées de vengeance, ces ridicules bourgeoises étalaient un faste plus insolent encore; et comme leur unique ambition était de devenir un jour dames de qualité si le veuvage les rendait maîtresses de leur sort, elles prenaient soin d’attirer chez elles, par des fêtes magnifiques et des repas somptueux, grand nombre de gens titrés, et de s’en faire courtiser. […] Là, toute la maison s’offre à me faire fête : Valets, filles de chambre, enfants, tout est honnête ; L’époux même discret, quand il entend minuit, Me laisse avec madame et va coucher sans bruit. […] Dupré : Le jour de votre fête, elle n’est point venue ; Je n’en suis pas surpris.

100. (1800) De la comédie dans le siècle de Louis XIV (Lycée, t. II, chap. VI) pp. 204-293

Mélicerte, la Princesse d’Élide, les Amants magnifiques, ne sont pas des comédies; ce sont des ouvrages de commande, des fêtes pour la cour, ou l’on ne retrouve rien de Molière. […] Au reste, quoique le talent n’aime pas à être commandé, il se tire quelquefois heureusement de cette espèce de contrainte, et si l’auteur de Zaïre ne se retrouve pas dans le Temple de la Gloire et dans la Princesse de Navarre, qui ont passé avec les fêtes où ils ont été représentés, Racine lit Bérénice pour madame Henriette , Athalie pour Saint-Cyr; et Molière à qui l’on ne donna que quinze jours pour composer et faire apprendre les Fâcheux, qui furent jours à Vaux devant le roi, n’en fit pas à la vérité un ouvrage régulier, puisqu’il n’y a ni plan ni intrigue, mais du moins la meilleure de ces pièces qu’on appelle comédies à tiroir.

101. (1861) Molière (Corneille, Racine et Molière) pp. 309-514

Armande Béjart avait été recueillie très jeune encore par sa sœur aînée, Madeleine Béjart, femme d’un caractère altier, pour laquelle Molière avait soupiré quelque temps, et qui eut un si grand succès, lorsque, à la fête de Vaux, elle sortit comme une nymphe de sa merveilleuse coquille. […] Il revint, dans Don Garcie de Navarre, au genre sérieux, pour lequel il avait un secret penchant; il fut distrait par la composition des Fâcheux, destinés aux grandes fêtes de Vaux, et fort occupé par la polémique à laquelle L’École des femmes donna lieu. […] Célimène y reste seule : elle s’amusera, elle se divertira, elle médira, elle courra les bals et les . fêtes, elle jouira de sa jeunesse et de sa fortune; elle fera tout ce que la France monachique allait faire pendant quatre-vingts ans, après la mort du grand roi, jusqu’au moment où l’édifice vermoulu, privé de l’appui de la vertu d’Alceste, s’écroula tout à coup sous le poids de sa corruption. […] Qu’il se nomme Aristophane ou Molière, il est le véritable prophète de ces sociétés déjà atteintes au cœur, qui s’enivrent de leur propre gloire, qu’aveugle l’éclat dont elles resplendissent, et qui, sur le bord de l’abîme ouvert devant elles, dressent le pavillon de leurs fêtes et la table de leurs banquets.

102. (1877) Molière et Bourdaloue pp. 2-269

Pour divertir la cour, un peu aussi pour seconder les amours du prince, il avait composé la Princesse d’Élide, principal intermède de cette célèbre série de fêtes qu’on appelle les Plaisirs de l’île enchantée. […] Louis XIV donnait officiellement la fête à la reine sa femme ; Molière la donnait à la favorite encore sur la défensive ou encore intimidée, et ses personnages chantaient : Quand l’amour à vos yeux offre un choix agréable, Jeunes beautés, laissez-vous enflammer. […] Il commence : « Sire, c’est le Fils de Dieu qui parle, et qui dans l’évangile de ce jour (la fête de tous les Saints) nous propose la gloire céleste, non pas comme un simple héritage qui nous est acquis, mais comme une récompense qui nous doit coûter… Sans rien relâcher de ses droits, ni rien rabattre du commandement qu’il nous fuit de l’aimer comme notre Dieu pour lui-même et plus que nous-mêmes, il veut bien que notre amour pour lui ait encore un retour sur nous ; et, pourvu que noire intérêt ne soit pas un intérêt servile, il consent que nous l’aimions par intérêt, ou plutôt que nous nous fassions un intérêt de l’aimer, car c’est pour cela qu’il nous promet une récompense dont la vue est infiniment capable de nous élever à ce pur et parfait amour qui, comme ajoute saint Chrysostome, réunit saintement et divinement notre intérêt à l’intérêt de Dieu. » Suivant la méthode invariable de ses discours, étudiée sur le profond de la nature humaine, il expose nettement et fortement les pensées qu’il va développer ; il les réduit en quelque sorte à la substance première, à la graine qui sera l’arbre. […] C’était le temps des premières fêtes, des premières amours, le temps de Vile enchantée.

103. (1865) Les femmes dans la comédie de Molière : deux conférences pp. 5-58

Le monde les accueille avec bienveillance, car il n’est pas si méchant qu’on le dit, et il exerce généreusement l’hospitalité envers les jeunes personnes qui peuvent contribuer à l’éclat de ses fêtes par leur beauté, leur grâce et leur esprit.

104. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE PREMIER. Regnard imitateur comparé avec la Bruyere, Plaute, & la nature. » pp. 5-50

Il arrive à Tarente, pendant qu’on y célébroit les fêtes de Bacchus, perd son fils dans la foule, meurt de chagrin.

105. (1909) Deux ennemis de la Compagnie du Saint-Sacrement : Molière et Port-Royal (Revue des deux mondes) pp. 892-923

La même année il était question, dans l’Assemblée générale du Clergé de France, de proposer au Roi « la translation de toutes les foires qui se tenaient les jours de fête, » et c’était un des membres de la Compagnie du Saint-Sacrement, Mgr de La Barde, qui poussait cette pointe.

106. (1809) Cours de littérature dramatique, douzième leçon pp. 75-126

Louis XIV se piqua de lutter avec les étrangers, il désira que ce spectacle éclipsât tout ce qu’on voyait ailleurs par la magnificence des accessoires, par les décorations, les machines, la musique, la danse, et voulut que les jeux de la scène célébrassent des fêtes de cour.

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