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19. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. Des Comédies Héroïques. » pp. 9-29

Ceux que le Ciel choisit pour de pareils exploits Doivent s’enorgueillir de l’honneur de son choix ; Et j’avouerai, Seigneur, que ma reconnoissance Se partage entre vous & la toute-puissance. […] & ne m’avouera-t-on pas qu’il se trouve dans cette piece en dépit du bon sens ? […] On m’avouera encore qu’Arlequin est très déplacé à côté de Sigismond. […] Les justes admirateurs de Corneille peuvent certainement ne pas souscrire à toutes les notes que M. de Voltaire a faites sur ce grand Homme : mais Corneille lui-même avoue que sa piece n’a pas eu de succès.

20. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE PREMIER. Part de la Morale dans la Comédie de Molière. » pp. 1-20

Mais une influence incontestable, un prétexte plausible, des principes inspirateurs, ne doivent point être confondus avec un but avoué. […]   Que Molière ait quelquefois prétendu que ses comédies avaient un but moral9, soit par nécessité, soit par une de ces illusions communes aux auteurs, qui sont facilement entraînés à s’exagérer la portée de leurs œuvres, soit plutôt par une réflexion après coup sur l’influence morale qu’elles pouvaient avoir10, il n’est pas moins vrai qu’il se faisait une opinion plus modeste de ce que peut être la bonne comédie au point de vue de la morale : « J’avoue, dit-il, qu’il y a des lieux qu’il vaut mieux fréquenter que le théâtre ; et si l’on veut blâmer toutes les choses qui ne regardent pas directement Dieu et notre salut, il est certain que la comédie en doit être, et je ne trouve point mauvais qu’elle soit condamnée avec le reste. […] Pour d’autres pièces, comme l’Avare 16 ou le Festin de Pierre 17, ne faudrait-il pas avouer que le sublime talent déployé par l’auteur était vraiment superflu pour développer le lieu commun que l’avarice est un vice honteux, et que les débauchés font souvent une mauvaise fin ? […] Il faut avouer que ce grand homme a bien perdu sa peine ; il a fait là vraiment deux fameux élèves. » Molière, act.

21. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Première partie. — L’école dogmatique — Chapitre premier. — Une leçon sur la comédie. Essai d’un élève de William Schlegel » pp. 25-96

Quand le mauvais sujet chez qui elle a établi son empire, avoue gaiement ses fautes au public, et cherche à s’attirer ses bonnes grâces (ce qui est possible, puisqu’il ne fait de tort à personne et qu’il est un joyeux compagnon), il nous présente ce que j’ai appelé le comique avoué 60. […] Le comique avoué lui-même ne lui a pas été inaccessible. […] Rappelons-nous les règles du comique d’observation : le ridicule qu’on n’avoue pas, mais que l’on cache ou que l’on ignore, ne doit se trahir qu’à la dérobée, à l’insu et contre le gré du personnage. […] Le Misanthrope serait-il donc un exemple de comique avoué ? Mais le comique avoué égaye à la fois les spectateurs et le personnage, et Alceste a le front si morose, cinq actes durant, que tous les spectateurs contractent leurs traits par sympathie.

22. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVII. » pp. 323-356

Si tu sors de ce pas-là comme des autres, lui dit-il, je baisserai la lance ; j’avouerai que je suis vaincu ; enfin je confesserai que je ne suis plus moi, mais que c’est toi qui es ma personne. […] Jupiter descend du haut des Cieux, pour avouer à Amphitrion qu’il a occupé sa place pendant son absence, lui promet un bonheur infini & beaucoup de gloire. […] Il faut que je l’avoue, j’ai été un malheureux, un homme maudit du destin ! […] C’est bien haïr ta vie, il le faut avouer ! […] « Ceux qui ont dit que Moliere a imité son prologue de Lucien, ne savent pas la différence qui est entre une imitation & la ressemblance très éloignée de l’excellent dialogue de la Nuit & de Mercure dans Moliere, avec le petit dialogue de Mercure & d’Apollon dans Lucien ; il n’y a pas une plaisanterie, pas un seul mot que Moliere doive à cet Auteur Grec. » Il faut être juste : si nous avouons que Moliere fut heureux de trouver un beau sujet, travaillé déja par plusieurs Auteurs ; convenons aussi qu’il a vu bien mieux qu’eux & l’ordonnance générale & les détails.

23. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IX. Du point où doit commencer l’action d’une fable comique. » pp. 172-177

Ne m’avouera-t-on pas que la marche de la piece seroit bien moins chaude si l’amour de Marianne & de Valere ne faisoit que de naître, & si Tartufe n’étoit pas encore chez Orgon, si le mariage de Tartufe & de Marianne n’étoit pas conclu dans la tête du pere ? […] Dès qu’il m’avoue sa foiblesse, en mêlant à un fil d’or un fil de laiton, pour finir, tant bien que mal, son ouvrage, je dis, cet homme a tort de présumer de ses forces, & j’exhorte les Auteurs à ne pas l’imiter en cela.

24. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIX. Des Pieces intriguées par un déguisement. » pp. 216-222

On lui répond qu’elle a déja avoué le contraire. […] Il faudroit avoir de l’humeur pour ne pas avouer que la fable de cette piece est plus comique, plus naturelle, plus vraisemblable que celle de toutes nos comédies intriguées par des déguisements.

25. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE PREMIER. Des différents Genres en général. » pp. 1-8

En second lieu, puisque c’est au goût à choisir, n’est-il pas absurde, ridicule qu’on donne l’exclusion à un genre avoué par les nations & par les siecles les plus éclairés, en faveur d’un genre monstrueux qui a mille fois tenté de paroître au grand jour, & qui a mille fois été proscrit ? […] On soutient encore que le genre avoué par Thalie est resserré dans un cercle fort étroit, & qu’il faut en sortir crainte d’amener la monotonie sur nos théâtres : c’est une autre erreur qu’il est bien aisé de combattre.

26. (1856) Les reprises au Théâtre-Français : l’Amphitryon, de Molière (Revue des deux mondes) pp. 456-

J’avoue d’ailleurs que je ne saisis pas bien l’analogie qu’on veut établir entre la position du général thébain et celle du marquis de Montespan. […] Je ne connais guère que La Fontaine dont la manière rappelle parfois le style d’Amphitryon, Cependant, pour dire toute la vérité, je dois avouer que le fabuliste parle une langue plus châtiée que Sosie.

27. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VII. La Chaussée, imitateur de Regnard, d’un Auteur Espagnol, d’un Auteur Italien, d’un Romancier François, &c. » pp. 262-276

Un jour elle l’apperçoit, révele son secret à Théodon : celui-ci parle au Marquis, qui, trop épris de Rosalie, avoue que Mélanide prend mal son temps pour se faire reconnoître. […] L’on m’avouera que tout cela est bien forcé, s’il n’est tout-à-fait invraisemblable. […] Il étoit amoureux de sa femme, il n’osoit l’avouer, il lui donnoit des rendez-vous dans une petite maison.

28. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XI. » pp. 218-250

Don Juan lui avoue qu’il la fuira sans cesse, pour ne plus s’opposer à sa premiere vocation pour le cloître : Elvire, indignée, lui prédit une punition céleste. […] Don Juan se fait connoître à Don Pedre pour son neveu, lui avoue la tromperie qu’il a faite à la Duchesse Isabelle sous le nom d’Octave. […] Don Juan avoue qu’il a peur ; mais il promet d’être fidele à la parole qu’il a donnée à la Statue, afin qu’on parle de sa valeur. […] Don Juan lui avoue la faute que l’amour lui a fait commettre, & se fait connoître à lui pour son neveu. […] Elle l’avoue à l’auteur de ses jours.

29. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre III. Le théâtre est l’Église du diable » pp. 113-135

Lui-même, il l’avoue, et il raconte qu’au sortir de ces fêtes de dommage, il rentrait dans sa maison, plus disposé à aimer l’argent, l’ambition, la luxure, qu’il ne l’était au moment d’en sortir, — « Eh ! […] — J’avoue, dis-je à Henri, que bien souvent cette idée-là m’est venue ; mais cependant ce même piano d’Érard ne contient pas seulement des chansons et des opéras-comiques, il contient toutes les sonates de Beethoven ! […] De celui-là aussi vous nous rebattez singulièrement les oreilles, et je n’ai jamais compris, je vous l’avoue, comment vous pouvez admirer, si fort et en même temps, Molière et Marivaux, l’un si vrai et si net, l’autre si faux et si retors ; celui-ci qui rit franchement, celui-là qui ricane ; Molière qui va droit son chemin, Marivaux qui ne marche que dans les sentiers détournés ; Molière qui dit tout et même plus, Marivaux qui laisse tout entendre et quelque chose encore. […] Mais quand vous arrivez à Molière contrefaisant Beauchâteau, Hauteroches, Villiers, tous les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne, j’avoue que mon plaisir en est gâté. — Je ne veux pas que Molière, même devant Louis XIV, à plus forte raison devant moi, fasse le métier d’Alcide Tousez. La comédie reprend un peu quand arrive le Fâcheux au plus fort de la répétition, et quand Molière donne la réplique à Lagrange, qui joue un rôle de marquis ; le gazouillement de mademoiselle Duparc et de mademoiselle Molière est aussi une plaisanterie du meilleur goût ; tant que Molière reste dans la comédie il est excellent ; mais une fois dans la satire, il faut avouer qu’il va trop loin.

30. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXVI. De l’opposition des Caracteres. » pp. 398-416

Un homme qui, après s’être marié, en rougit & n’ose l’avouer. […] nous serons forcés d’avouer le contraire, du moins dans quelques-unes de ses pieces. […] Déja depuis long-temps, je l’avoue à regret, Mon cœur vous rend, Madame, un hommage secret.

31. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE X. M. DIDEROT. » pp. 317-332

Constance, jeune veuve, sœur de Clairville, a perdu le sommeil comme d’Orval, l’amour le lui a ravi ; elle est alarmée en apprenant que d’Orval va partir, elle l’aime, elle le lui avoue. […] Rosalie travaille avec Justine sa femme-de-chambre ; elle soupire, elle est triste, rêveuse : Justine ne trouve point cela naturel à la veille d’un mariage & de l’arrivée d’un pere : Rosalie avoue qu’elle n’aime plus Clairville. […] Vous avouerai-je les espérances que je conçus alors, les offres que je fis, tous les projets que je formai ?

32. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXVI » pp. 279-297

Mais je vous avoue que je ne m’y crois nullement propre. […] On faisait mystère de leur existence pour ne pas avouer un double adultère, parce que l’on craignait les avanies du marquis de Montespan, et parce que les lois s’opposant à la reconnaissance d’enfants nés d’un commerce doublement adultère, il fallait avoir le temps de préparer par quelques exemples une éclatante infraction de ces lois en faveur des enfants de madame de Montespan, qui ne devaient pas rester au-dessous de ceux de madame de La Vallière. […] Elle s’avoua, se déclara attachée aux principes de la morale religieuse plutôt que pieuse, et surtout et le ne se fil point dévote.

33. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IV. Brueys & Palaprat, imitateurs, comparés avec Térence, Blanchet, un Auteur Italien, & la nature. » pp. 100-132

Agnelet avoue à Patelin avoir tué les moutons qu’il a dit morts de la clavelée : Patelin lui ordonne de répondre bée à toutes les questions qu’on lui fera. […] Mon pere, il est temps de l’avouer, il n’a rien fait que par mon ordre. […] Dans la premiere, Guillaume est un frippon qui vend son drap plus qu’il ne vaut, il l’avoue lui-même. […] « J’avoue, dit-il en parlant de la comédie du Muet, que j’ai toujours eu pour cette piece un véritable foible d’Auteur, aussi grand que si je l’avois faite tout seul.

34. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XIII. Retour de Molière à Paris » pp. 225-264

Lelio veut le nier, mais à la fin elle avoue. […] Zucca, qui a peur, lui demande pardon et avoue qu’il vient de mentir. […] Fabio et Zucca font tous leurs efforts pour lui faire avouer son mariage et sa grossesse. […] Ce ne fut qu’au dix-huitième siècle que ce comédien fît un extrait de la pièce de Nicolo Secchi dans ce dessein, et la fit représenter plusieurs fois sur le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, sous le titre de La Creduta maschio (la Fille crue garçon), avec un nouveau dénouement que son auteur raconte ainsi : « Lelio, sous le nom de sa sœur Virginia, écrit un billet à Fabio, en lui demandant pardon de n’avoir point avoué devant son père la secrète intelligence qui existe entre eux, et lui donne à l’ordinaire un rendez-vous dans sa chambre pour la soirée prochaine.

35. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VIII. » pp. 144-179

Le comique naît encore de la simplicité de l’héroïne, qui blesse mortellement son jaloux sans penser faire le moindre mal, & le lui avoue avec l’ingénuité la plus piquante. […] Horace le lui avoue ensuite d’une façon très ingénieuse, & très piquante pour le public. […] Je vous avouerai donc, avec pleine franchise, Qu’ici d’une beauté mon ame s’est éprise. […] Enfin il la fit condescendre à se désarmer, & à vouloir bien apprendre une autre façon d’exercer le mariage, plus commode & plus plaisante que celle que lui faisoit pratiquer son mari, que Laure lui avoua être de grande fatigue. […] Avouons que Moliere a de grandes obligations au burlesque Scarron.

36. (1746) Notices des pièces de Molière (1658-1660) [Histoire du théâtre français, tome VIII] pp. -397

« Quoique Le Menteur 1 soit très agréable, dit M. de Fontenelle2 ; quoiqu’on l’applaudisse encore aujourd’hui sur le théâtre, j’avoue que la comédie n’était point encore arrivée à sa perfection. […] J’avoue que Timocrate est fort adroit et fort heureux dans sa conduite, et qu’il faut l’être beaucoup pour trouver toujours au besoin des occasions si justes et si favorables de passer comme lui d’un parti à l’autre, selon les divers intérêts qui l’y obligent ; mais il ne fait rien qui soit impossible, et tout ce qui peut arriver sans violenter beaucoup l’ordre commun de la nature doit être réputé vraisemblable, etc. […] « Au reste, comme j’ai toujours rendu justice aux Espagnols, de qui j’ai emprunté presque tous les sujets comiques que j’ai traités avant celui-ci, je n’en dois pas moins à l’incomparable auteur de la Cléopâtre *, et je croirais mal répondre à la profession que je fais de l’honorer, si je n’avouais hautement que l’histoire d’Alcamène et de Ménalippe m’a fourni les premières idées de cet ouvrage. […]       La troupe des comédiens Que Monsieur avoue être siens, Représentant sur leur théâtre, Une passion assez folâtre, Autrement un sujet plaisant, À rire sans cesse induisant, Par des choses facétieuses, Intitulées Les Précieuses, Ont été si fort visités, Par gens de toutes qualités, Qu’on n’en vit jamais tant ensemble, Que ces jours passés, ce me semble, Dans l’Hôtel du Petit-Bourbon, Pour ce sujet mauvais ou bon, Ce n’est qu’un sujet chimérique, Mais si bouffon, et si comique, Que jamais les pièces Du Ryer, Qui fut si digne de laurier, Jamais l’Œdipe de Corneille, Que l’on tient être une merveille, La Cassandre de Boisrobert, Le Néron de Monsieur Gilbert, Alcibiade, Amalasonte *, Dont la Cour a fait tant de compte, Ni le Fédéric de Boyer, Digne d’un immortel loyer, N’eurent une vogue si grande Tant la pièce sembla friande, À plusieurs, tant sages que fous ; Pour moi, j’y portai trente sous Mais oyant leurs fines paroles, J’en ris pour plus de dix pistoles. […] Il n’en va pas de même de son cadet ; et quoique ce soit une divinité parmi les comédiens, les encens qu’on lui donne ne sont pas si généraux que ceux de son frère : ne croyez pourtant pas que j’en veuille dire du mal ; au contraire, je tiens que c’est celui de tous les auteurs qui pense plus profondément : et sans doute l’envie avouera elle-même que son Stilicon est tout à fait beau.

37. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « PRÉFACE. Du Genre & du Plan de cet Ouvrage. » pp. 1-24

Qu’il se trouveroit heureux si, dispensé de passer les trois quarts de sa vie dans des recherches & des irrésolutions qui mettent des entraves à son génie & qui l’égarent souvent, il trouvoit, comme les jeunes Artistes, des guides surs, propres à diriger ses premiers pas, à lui indiquer les routes avouées par Thalie, & battues par ses favoris. […] Louis Riccoboni, Auteur & Acteur de la Comédie Italienne, a fait à la vérité des observations excellentes sur la comédie ; mais on m’avouera que les préceptes d’un art aussi compliqué que celui de la comédie, peuvent tout au plus être indiqués dans un ouvrage de trois cents quarante-huit pages, encore le quart est-il consacré à la parodie ; ajoutons à cela que Riccoboni, étant Italien, a dû nécessairement, malgré la justesse de son goût, donner trop souvent la préférence au théâtre de ses compatriotes & à leur maniere. […] J’avoue encore que mon ouvrage ne peut être utile aux Auteurs célebres, qui reçoivent tous les jours sur la scene les applaudissements dus à leur mérite.

38. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXVIII. Les Caracteres des hommes n’ont pas plus changé que ceux des professions. » pp. 303-311

La nouvelle Philaminte n’avouera pas qu’elle chasse un domestique parce Qu’il a, d’une insolence à nulle autre pareille, Après trente leçons, insulté son oreille Par l’impropriété d’un mot sauvage & bas Qu’en termes décisifs condamne Vaugelas48 ; . . . . . . . . . […] J’avoue que ce raisonnement prononcé avec vivacité, appuyé sur-tout d’un air leste & décidé, est éblouissant, & qu’il peut jetter de la poudre aux yeux ; peut-être a-t-il déja séduit quelqu’un de mes lecteurs : mais il ne lui faudra pas beaucoup de réflexion pour sentir que lorsqu’un peintre se borne à changer seulement le vernis d’un tableau, il ne fait pas un ouvrage bien estimable.

39. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIII. M. ROCHON DE CHABANNES. » pp. 381-412

Marton, seule, avoue qu’elle aime Lindor : elle seroit embarrassée de son amour, si l’absence n’en débarrassoit pas avec un militaire. […] J’avoue que, si j’étois à sa place, je laisserois bien vîte cette Bélise si sévere s’ennuyer avec sa vertu : car enfin, la sagesse est bonne quelquefois ; mais toujours de la sagesse ! […] Je commençai par l’écouter avec impatience ; je finis par l’entendre avec dégoût ; je pris même la liberté d’avouer à mes parents que cet homme-là m’ennuyoit à l’excès : on me répondit que j’étois une sotte, & qu’un mari étoit fait pour cela. […] très heureusement, je l’avoue : jamais mari ne vint plus à propos.

40. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVIII. » pp. 357-396

Harpagon prétend ne vouloir pas lui faire violence : alors Cléante avoue sa passion pour Mariane : Harpagon lui ordonne d’y renoncer. […] La Princesse, incertaine, interdite, ne sait si elle doit déclarer la tendresse qu’elle a pour Xipharès : elle l’avoue enfin, & Mithridate jure de faire périr son fils. […] Valere a secrètement épousé la fille d’Harpagon : il croit qu’on a découvert son mariage, avoue son crime, dit que l’amour l’a rendu coupable. […] Liconide, qui a violé la fille d’Euclion, qui lui a fait un enfant, paroît : il voit le désespoir du vieillard, croit en être la cause, lui avoue qu’il est coupable, mais qu’un Dieu a causé son crime. […] Magnifico accable de reproches Célio son commis : celui-ci, qui a une intrigue secrete avec la fille de la maison, se croit découvert, avoue une faute que la tendresse la plus vive lui a fait commettre, & dit qu’il n’a pu résister à l’éclat de deux beaux yeux.

41. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre VI » pp. 394-434

répond le jeune homme. — La preuve, c’est qu’elle en avouait vingt-sept, l’autre jour. […] elle voulait que l’on eût foi, en sa beauté, non moins qu’en sa parole, en revanche, elle avait le courage de ces hommes généreux qui s’arracheraient le cœur, plutôt que de s’avouer vaincus, en public. […] Que tu sois tout de suite un homme de génie, la chose est possible ; mais pour que je l’avoue, et que j’en sois sûr, il faut attendre que nous sachions ce que tu as vécu. […] Il sait donner à l’amour un si bel air de galanterie, et de cette façon il fait de la passion quelque chose de si facile à avouer tout haut, que bien peu de femmes pourraient dire, avec cette effronterie naïve, les plus secrets sentiments de leur cœur. […] mais avouez que ces instants de folle ivresse ont été payés avec usure ?

42. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXII. » pp. 426-435

Pour moi, je vous l’avoue, j’ai les sentiments, sur cette matiere, un peu plus délicats. […] ils n’auroient pas été forcés de se retracter, & de s’avouer de foibles connoisseurs ».

43. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Conclusion » pp. 355-370

En effet, maintenant que l’examen est terminé, j’avoue que je ne vois pas la solution. Je l’avoué, non comme un philosophe qui pose orgueilleusement des bornes à la science humaine,, mais en homme de bonne foi qui pense que la science humaine peut résoudre au moins la question de la critique littéraire, qui confesse sa propre ignorance sans y condamner l’univers, et qui ne demande pas mieux que d’être instruit.

44. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXII. Des Caracteres principaux ou simples, des Caracteres accessoires, des Caracteres composés. » pp. 337-349

Après les sentiments qu’il vous a fait connoître, Fâchez-vous, éclatez autant qu’il vous plaira, Il vous dira toujours, & vous répétera Que son amour pour vous est fondé sur l’estime ; Que la raison l’éclaire & la vertu l’anime ; Qu’elles l’ont affermi dans son culte secret, Et qu’il adore en vous un mérite parfait ; Qu’il l’avouera tout haut, qu’il s’en fait une gloire ; Qu’il fuit tout autre nœud ; que vous devez l’en croire ; Qu’il met à vous fléchir son bonheur le plus doux, Et qu’il sera constant, fût-il haï de vous. […] & toujours tremblante de peur que votre curiosité ne me donnât de l’ombrage : j’avoue que cette curiosité vive & timide m’a paru très plaisante.

45. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXV. Du contraste des Caracteres. » pp. 386-397

« Je veux que les caracteres soient différents ; mais je vous avoue que le contraste m’en déplaît. […] Je suis vrai, & j’avouerai que je ne suis pas de ce sentiment.

46. (1836) Une étude sur Molière. Alceste et Célimène (La Revue de Bordeaux et Gironde unies) pp. 65-76

Molière, qui eut quelque honte de se sentir si peu de constance pour un malheur si fort à la mode, résista autant qu’il put; mais, comme il était alors dans une de ces plénitudes de cœur si connues par les gens qui ont aimé, il céda à l’envie de se soulager, et avoua de bonne foi à son ami, que la manière dont il était obligé d’en user avec sa femme était la cause de l’accablement où il le trouvait. […] — Je vous avoue à mon tour, lui dit son ami, que vous êtes plus à plaindre que je ne pensais ; mais il faut tout espérer du tems. » Dans le mariage de Molière, dans les chagrins qui le suivirent, nous pouvons trouver le germe du misantrope ; Alceste, l’homme supérieur qui aime Célimène la coquette. — Cette donnée, toute personnelle, s’élargit, se féconda dans la tête puissante de Molière, et devint le chef-d’œuvre de l’artiste et du penseur; ici Molière saisit à la fois l’individu dans tous ses détails et la société dans son ensemble.

47. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [59, p. 96-98] »

Pour répondre à l’inculpation, le satirique fit imprimer et placarder une affiche longue d’une aune241, où, tout en citant des morceaux de sa satire, il traitait les journalistes d’ignorants et de mauvais connaisseurs, et finissait par avouer avec une candeur d’âme tout-à-fait risible que son écrit était bon, et parfait en son genre.

48. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXII. De l’Intérêt. » pp. 385-398

J’avoue qu’elles pourroient l’être davantage, & nous verrons bientôt comment. […] Sbrigani feint d’être surpris ; & après s’être beaucoup fait prier, & avoir consulté fort long-temps une bague que Pourceaugnac lui donne pour l’engager à dire la vérité, il lui avoue que Julie est une coquette achevée ; ce qui dégoûte le prétendu, parcequ’on aime à aller le front levé dans la famille des Pourceaugnac.

49. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE V. D’Ancourt imitateur, comparé à Moliere, la Fontaine, Saint-Yon, le Sage, Montfleury, &c. » pp. 133-184

Celui-ci présente une bourse & un poignard à la soubrette en la pressant de tout avouer ; elle choisit la bourse, & découvre à Don Juan le mystere de la cloison. […] J’ai peine à croire qu’elle soit sans fondement, je vous l’avoue. […] Et moi, Monsieur, je vous avoue naturellement que vous croyez juste. […] Avouons cependant qu’il a quelque mérite d’avoir lié le dénouement à l’intrigue par le déguisement de M.  […] On arrête le mari, on le condamne à la question : la crainte des douleurs lui fait avouer un crime qu’il n’a pas commis ; & bientôt on alloit lui donner la mort, quand on découvre la femme dans une maison où l’Ecclésiastique la tenoit secrètement.

50. (1909) Deux ennemis de la Compagnie du Saint-Sacrement : Molière et Port-Royal (Revue des deux mondes) pp. 892-923

Anne d’Autriche qui, depuis longtemps sans doute, non seulement « connaissait » les plus considérables des confrères, mais encore entretenait avec eux des rapports de charité3, avait été obligée d’avouer à Mazarin le secret de leur existence. […] Il prouve que « la grimace étudiée des gens de bien à outrance, le zèle contrefait des faux monnayeurs en dévotion, » dont se laissent bonnement éblouir tant d’imbéciles, n’est pas plus propre à couvrir les médiocres intrigues et les grotesques galanteries d’un petit fripon bourgeois, que les gros crimes, de toutes sortes, et l’athéisme, entêté et avoué, d’un scélérat du grand monde. […] Ce n’est pas davantage la ressemblance de l’intrusion et de la tyrannie exercée par Tartufe chez Orgon, de son goût avoué pour toutes les intrigues souterraines, avec les méthodes d’action clandestine que la Compagnie du Saint-Sacrement s’imposait, et avec ces ingérences tyranniques dans la vie privée dont les parlemens, — nous l’avons vu tout à l’heure, — s’étaient émus. […] Parmi les confrères de M. de Renty, il dut bien se glisser quelques brebis galeuses, quelques intrigans qui voyaient dans la pieuse et puissante Compagnie un « moyen de parvenir : » la relation môme de Voyer d’Argenson l’avoue parfois à mots couverts. […] « Il répondit que c’étaient railleries ; il prend Charpy pour le meilleur ami qu’il ait. » On avouera qu’il est difficile de ne pas voir, avec les sa vans éditeurs de Tallemant et de Molière, non seulement dans cette anecdote toute l’intrigue et tous les personnages36 de la pièce de Molière, mais encore dans ce Charpy le personnage véritable qui a dû « fournir le plus de traits » au portrait de l’imposteur galant.

51. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE X. » pp. 201-217

Il avoue tout naturellement qu’il n’a pas de gorge à couper ; & je ne sais, n’en déplaise à Moliere, si par cette raison même les coups de bâton ne deviennent pas moins plaisants. […] Je creverois plutôt que d’avouer ce que tu dis ; & je soutiendrai mon opinion jusqu’à la derniere goutte de mon encre.

52. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVIII. De la Décence & de l’Indécence. » pp. 314-341

Lelio prie, avec toute la lâcheté possible, un acteur de lui être favorable ; &, pour l’attendrir, il lui avoue qu’il n’a pas un sol, & qu’il ne sait comment faire pour manger (Amico, per dirvi tutto col cuore sulle labbra, non ho danari, e non so come far a mangiare). […] Enfin, poussé à bout, il avoue sa misere & s’offre pour comédien (Signor Ottavio, le mie miserie sono grandi : faro il comico, se vi degnate accettarmi). […] Avouez entre nous la chose, Et je vous promets bouche close.

53. (1852) Molière — La Fontaine (Histoire de la littérature française, livre V, chap. I) pp. 333-352

J’avoue qu’il y a des lieux qu’il vaut mieux fréquenter que le théâtre ; et si l’on veut blâmer toutes les choses qui ne regardent pas directement Dieu et notre salut, il est certain que la comédie en doit être, et je ne trouve pas mauvais qu’elle soit condamnée avec le reste ; mais supposé, comme il est vrai, que les exercices de la piété souffrent des intervalles, et que les hommes aient besoin de divertissement, je soutiens que l’on ne leur en peut trouver un qui soit plus innocent que la comédie. » Avant de se prononcer ainsi, Molière a eu soin d’établir qu’il y a comédie et comédie, et de faire observer que « ce serait une injustice épouvantable que de vouloir condamner Olympe, qui est femme de bien, parce qu’il y a une Olympe qui a été une débauchée ». […] Lié dès lors et comme enlacé à la vie de théâtre par ses goûts d’acteur, par ses succès d’auteur, et aussi, il faut bien l’avouer, par ses faiblesses d’homme, il comprit enfin que la tâche unique d’amuser ses contemporains était un rôle vulgaire, que la scène où il était monté devait être élevée et épurée, et qu’elle pouvait devenir une école pour réformer les travers de l’esprit et les vices du cœur, ou, tout au moins, pour les déconcerter par le ridicule. […] Boileau, qui ne put jamais avouer ni sans doute reconnaître la supériorité de Molière sur Térence, tant était fervente et timorée sa piété envers l’Antiquité !

54. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIII. De ce que nous entendons par caractere. » pp. 259-260

Je l’avoue, à ma honte peut-être, j’ai cherché pendant long-temps ce que signifioit la tirade que nous venons de citer ; à la fin je pense l’avoir deviné.

55. (1747) Notices des pièces de Molière (1666-1669) [Histoire du théâtre français, tome X] pp. -419

Il faut avouer que plusieurs comédies de Molière n’ont eu qu’un succès médiocre, et que le parterre, par le froid accueil qu’il fit au Misanthrope, et à quelques autres pièces du même auteur, confirma le sentiment des comédiens qui en avaient jugé peu favorablement à la lecture, et qui ne les avaient reçues que par considération. […] Estimé des hommes les plus illustres de son siècle, il n’était pas moins chéri et caressé des grands ; le maréchal duc de Vivonne vivait avec lui dans cette familiarité qui égale le mérite à la naissance ; le Grand Condé exigeait de Molière de fréquentes visites, et avouait que sa conversation lui apprenait toujours quelque chose de nouveau. […] « À n’envisager cette réflexion qui achève le dénouement que du côté de la plaisanterie, l’on avouera qu’il était difficile de terminer plus finement, sur le théâtre français, une intrigue aussi galante. […] Je conviendrai avec ce maître de l’art que sa réponse est raisonnable ; mais s’il est de bonne foi, il avouera que Molière aurait mieux fait d’éviter une faute semblable. […] ……………………………………………………… Quoi qu’il en soit, voyez la pièce, Vous tous citoyens de Lutèce, Vous avouerez, en bonne foi, Que c’est un vrai plaisir de roi.

56. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIII. » pp. 436-488

Rossi devient amoureux de Giliole sa voisine ; &, n’osant le lui avouer, il lui disoit, toutes les fois qu’il la rencontroit, tic. […] Léandre voit que son pere est en colere contre lui, il soupçonne Scapin d’y avoir donné lieu ; il veut lui passer son épée au travers du corps, s’il n’avoue son crime. […] On le menace de le faire pendre s’il n’avoue au plus vîte son larcin, sans lui dire ce que c’est. […] Je t’avoue que cet abord me fait trembler par avance, & j’ai une timidité naturelle que je ne saurois vaincre. […]   Qu’on lise Moliere, en comparant le plan de ces deux pieces, on conviendra, & je suis obligé de l’avouer moi-même, malgré mon enthousiasme pour Moliere, on conviendra, dis-je, que le plan de Térence l’emporte de beaucoup sur celui de Moliere, sur-tout si l’on se transporte au temps où les belles esclaves étoient en possession de faire tourner la tête à la jeunesse, & devenoient les héroïnes de toutes les aventures amoureuses.

57. (1809) Cours de littérature dramatique, douzième leçon pp. 75-126

Les Français ont peu de goût pour cette exagération volontaire, pour cette caricature de soi-même, que nous avons nommée le comique avoué, et pour cette bouffonnerie des rôles de convention, que nous avons appelée le comique arbitraire, parce que l’un et l’autre de ces effets plaisent à l’imagination bien plus qu’à l’esprit. […] Pourquoi les critiques français attacheraient-ils une haute importance à des règles aussi minutieuses, puisqu’ils doivent être forcés d’avouer que leurs plus grands maîtres ne les ont pas toujours observées. […] Quant à moi, j’avoue que j’estimerais fort son talent, lors même qu’il n’aurait écrit autre chose que Don de Cocagne, farce excellente, folie aimable et pleine de sens, où étincelle cet esprit de fantaisie si rare en France, et où règne une plaisanterie vive et douce, allant quelquefois jusqu’à une sorte de délire, mais ne cessant jamais d’être légère et inoffensive. […] Il faut avouer toutefois que sa manière est à lui, et qu’au premier coup d’œil elle n’est pas sans quelque charme. […] Avouons-le donc, il existait longtemps avant Diderot des peintures sérieuses des mœurs, des drames touchants et des tragédies bourgeoises, et il existait même de meilleures pièces dans tous ces genres, que celles qu’il a composées.

58. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XII. M. COLLÉ. » pp. 354-380

J’avoue qu’il y a des exceptions particulieres à faire, & je veux croire que vous en êtes la preuve. […] Le Marquis avoue qu’Agathe est vertueuse : le Roi le condamne à faire une rente de deux cents écus d’or à cette fille : elle n’en veut point, se croiroit déshonorée si elle acceptoit des bienfaits qui laisseroient des soupçons sur son compte. […] A ce propos, aussi froide que glace, Notre galante avoua le reçu.

59. (1873) Le théâtre-femme : causerie à propos de L’École des femmes (Théâtre de la Gaîté, 26 janvier 1873) pp. 1-38

A propos de thèses, je crois qu’avant de poursuivre, je ferais mieux de vous avouer ingénument que, moi aussi, j’ai ma thèse, mon dada, si vous voulez, et que mon dada est de questionner un peu, à propos de l’Ecole des Femmes, la comédie moderne qui se nourrit exclusivement de femmes, n’admettant les messieurs que pour donner la main aux dames et remplir ce rôle expiatoire des fatalités du dix-neuvième siècle, le rôle du mari. […] J’avoue que je comptais citer ici en toutes lettres un nom parmi ceux de nos écrivains préférés, le nom de celui qui me paraît représenter plus brillamment encore que les autres, par l’élévation de son talent, la fermeté... l’entêtement de son parti pris et l’éclat incomparable de ses victoires dramatiques, ce genre, cette forme, ce moyen particulier d’émouvoir qui nous passionne depuis si longtemps déjà et que Molière, du haut des cieux, doit contempler avec une curiosité toute paternelle, quoique peut-être un peu étonnée. […] Tout en nous racontant que le poète Tyrtée hâtait par ses chants le pas accéléré des Spartiates, l’histoire avoue qu’il marchait devant et qu’il était boiteux.

60. (1856) Molière à la Comédie-Française (Revue des deux mondes) pp. 899-914

Autrefois Célimène, malgré sa coquetterie, n’avait rien de mignard ; elle avouait franchement ses défauts, et relevait avec une vivacité presque hautaine les reprochée qu’elle savait bien mériter : aujourd’hui elle s’écoute parler, et parle tantôt comme une femme qui rêve tantôt comme une femme qui se pâme. […] J’avouerai sans détour que cette réponse n’a pas ébranlé ma conviction. […] S’ils ne l’avouent pas, ils se conduisent du moins de façon à justifier le reproche que je leur adresse.

61. (1862) Molière et ses contemporains dans Le Misanthrope (Revue trimestrielle) pp. 292-316

» Mais, rien n’empêche de l’avouer, la malveillance, l’envie, qui toujours veillent autour des grandes gloires, y ont aussi leur part ; elles s’ingénient à multiplier les allusions blessantes qui peuvent devenir fatales à l’auteur. […] Avouons qu’il n’est pas facile de concilier le caractère que la tradition prête à ces deux hommes à bonnes fortunes avec les esquisses de-Clitandre et d’Acaste. […] Je n’ai plus d’yeux pour ses .défauts, et tout ce que j’ai de raison ne sert .qu’à me faire connaître ma faiblesse sans en pouvoir triompher 38 » N’est-ce pas tout à fait le langage d’Alceste, cette lutte intérieure, forte, incessante, avouée, entre son cœur et sa raison ?

62. (1861) Molière (Corneille, Racine et Molière) pp. 309-514

Je me suis toujours reproché d’avoir donné ce déplaisir à ma famille, et je vous avoue que, si c’était à recommencer, je ne choisirais jamais cette profession. […] Il avoue sans honte l’ambition de plaire; il se soumet au jugement de la foule et compte sur son bon sens. […] De sûrs indices font bientôt reconnaître si le succès est de bon aloi, et les succès que l’on n’ose pas avouer ne durent pas longtemps.     […] Grave question, que je tenais à poser et à laquelle, je l’avoue, je suis embarrassé de répondre. […] Les comédies d’Aristophane sont des satires avouées.

63. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIX. Des Méprises, des Equivoques & de ce qu’on appelle quiproquo au Théâtre. » pp. 474-489

Il y a une grande différence d’une action à l’autre : cependant lorsque l’Avare, qui prend Valere pour son voleur, lui dit de confesser l’action la plus infame, il est tout simple que Valere croyant son intrigue découverte, réponde en conséquence, & qu’il s’avoue coupable. […] J’avoue que c’est une liberté que je ne devrois peut-être pas prendre.

64. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXVIII. De l’exposition des Caracteres. » pp. 433-447

Lisette, après quelques façons, demande le secret à Valere, & lui avoue qu’elle est, à ce que dit Licandre, d’une illustre famille. […] Pasquin avoue qu’il a tort de copier son maître, il sent qu’un Glorieux est un sot animal.

65. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XLI. Des Episodes. Maniere de les lier aux Caracteres principaux, & de placer les Caracteres accessoires. Embonpoint d’une Piece. » pp. 475-492

J’avoue que c’est un spectacle à voir. […] Si les Auteurs dramatiques, lorsqu’ils n’ont qu’une bonne scene à placer dans un acte, convenoient du moins avec courage que leurs forces ne s’étendent pas plus loin, s’ils ne nous donnoient qu’un acte composé d’une seule scene ou de deux, comme Plaute dans sa Persane, ils feroient un bien petit mal : mais ils ne veulent pas avouer leur foiblesse ; ils se croiroient déshonorés si leurs pieces n’avoient pas cinq actes, leurs actes cinq scenes, & leurs scenes une certaine longueur ; de sorte que pour faire disparoître les lacunes que laisse le génie, il faut appeller au secours l’esprit, qui les remplit à son ordinaire avec des sentences, des madrigaux, des épigrammes, des pointes, des exclamations, des dissertations amoureuses ou philosophiques, des scenes détachées, des personnages étrangers au sujet, des caracteres qui n’ont aucun rapport avec le principal.

66. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [74, p. 108-114] »

D’ailleurs c’est enfoncer le poignard dans le cœur de vos parents, que de monter sur le théâtre ; vous en avez les raisons : je me suis toujours reproché d’avoir donné ce déplaisir à ma famille ; et, je vous avoue que si c’était à recommencer, je ne choisirais jamais cette profession.

67. (1900) Quarante ans de théâtre. [II]. Molière et la comédie classique pp. 3-392

J’avoue que Molière, avec son génie habituel, a tiré de cette opposition des effets surprenants. […] J’avoue que je n’ai pas l’esprit aussi détaché que vous. […] J’avoue qu’à son entrée en scène ma première sensation a été de désappointement et de déplaisir. […] J’avoue qu’il ne m’avait jamais beaucoup plu. […] Vous avouerez que l’erreur du duc de Richelieu devenait inexcusable et incompréhensible.

68. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XLIII. Du But Moral. Philosophie de Regnard comparée à celle de Moliere. » pp. 504-548

Quelquefois Thalie empruntant la voix, les gestes & le ton d’un jeune étourdi, lui fait avouer des impertinences qu’il érige en vertus, & critique par-là tous les fous de son espece. […] Ajoutons qu’un Auteur adroit a grand soin de ne donner à ses héroïnes une conduite hasardée, que lorsque la contrainte dans laquelle on les tient, ou la tyrannie qu’on exerce sur elles, les rend excusables : encore prend-il la précaution de les faire rougir de leur rôle, & de leur faire souvent avouer qu’il n’est pas beau. Dans l’Ecole des Maris, Isabelle joue mille tours à Sganarelle ; mais l’amour tyrannique de ce tuteur les rend pardonnables ; d’ailleurs, elle avoue plusieurs fois dans le courant de la piece qu’elle rougit de sa conduite ; elle demande grace : par conséquent le dessein de Moliere n’étoit pas d’engager les jeunes personnes à marcher sur les traces de son héroïne. […] Il ne donne pas la préférence à un Auteur avoué pour mauvais ; il choisit un Poëte célebre, que les plus grands Seigneurs se font un plaisir d’appeller leur ami, que la Cour récompense très bien, qui est l’un des Quarante.

69. (1746) Notices des pièces de Molière (1661-1665) [Histoire du théâtre français, tome IX] pp. -369

      Les Fâcheux, ce nouveau poème, Qui par sa gentillesse extrême, Charma si fort ces jours passés, À la Cour tous les mieux sensés, Dans Paris maintenant se joue, Et certes tout le monde avoue, Qu’entre les pièces d’à présent, On ne voit rien de si plaisant. […] « Je suis toutefois obligé d’avouer, pour rendre justice à ce que son auteur a de mérite, que cette pièce est un monstre qui a de belles parties, et que jamais l’on ne vit tant de si bonnes choses ensemble. […] En ce moment, Molière, par un coup de maître, fait dire à la princesse : Vous vous moquez seigneur, et ce n’est pas ce qu’il demande ; alors le prince se jette à ses genoux, avoue son amour et son stratagème, et lui en demande pardon, en protestant néanmoins que si elle veut se venger, il est prêt d’exécuter de sa propre main l’arrêt qu’elle prononcera ; la princesse lui répond : Non, non, prince, ce sont les termes de Molière, je ne vous sais pas mauvais gré de m’avoir abusée, et tout ce que vous m’avez dit, je l’aime bien mieux une feinte, que non pas une vérité. […] « [*]On peut penser que le sieur de Rochemont est un nom supposé, puisque celui qui lui répond en parle ainsi : Mais lorsque je vois le livre de cet inconnu, qui, sans se soucier du tort qu’il fait à son prochain, ne songe qu’à usurper la réputation d’homme de bien, je vous avoue que je ne saurais m’empêcher d’éclater, et quoique je n’ignore pas que l’innocence se défend assez d’elle-même, je ne puis que je ne blâme une insulte si condamnable et si mal fondée. […] J’avoue, lui répartit Clorante, que cet illustre abbé en a fait une, et que l’ayant porté à l’auteur dont nous parlons, il trouva des raisons pour ne la point jouer, encore qu’il avouât qu’elle fût bonne ; cependant, comme son esprit consiste principalement à se savoir bien servir de l’occasion, et que cette idée lui a plu, il a fait une pièce sur le même sujet, croyant qu’il était seul capable de lui donner des louanges. » [*].

70. (1825) Notices des œuvres de Molière (IX) : La Comtesse d’Escarbagnas ; Les Femmes savantes ; Le Malade imaginaire pp. 53-492

Je l’avouerai toutefois, j’ai la conviction que Ménage est le modèle qu’eut principalement en vue Molière, lorsqu’il créa le rôle de Vadius. […] Je serais fâché, je l’avoue, que Molière eût eu envers Ménage un tort plus grave et plus évident. […] De peur que ce portrait ne fût pas reconnu (et, il faut l’avouer, il était assez flatté pour qu’on s’y trompât), l’auteur eut, pour ainsi dire, le soin d’écrire au bas le nom de celle qu’il avait voulu peindre. […] Ce rôle de Bélise, il le faut bien avouer, manque de vérité ; du moins il n’a pas la vérité dramatique, qui n’est autre que la vraisemblance. […] D’ailleurs, Cotin ne l’avait pas avouée, et il avait même voulu donner le change au public, en en faisant une censure assez vive dans sa Critique désintéressée.

71. (1877) Molière et Bourdaloue pp. 2-269

Elle a laissé deviner que la donnée du mélodrame paraissait ridicule, elle a franchement avoué que les détails étaient incroyables. […] J’avoue que cet accueil m’a encouragé. […] Mais ces hypocrites, on l’avouera, quels que fussent leur force et leur crime, n’étaient guère en faveur. […] Je suis par cette première faveur réconcilié avec les dévots, et je le serai par cette seconde avec les médecins. » Il faut avouer que Bourdaloue était moins familier. […] Je l’avoue ; mais qu’on me dise alors ce que devient cette haute et tant préconisée morale du théâtre et de Molière.

72. (1706) Lettre critique sur le livre intitulé La vie de M. de Molière pp. 3-44

Je suis sûr que s’il voulait être de bonne foi, il avouerait que j’ai raison de le reprendre en bien des endroits. […] Je vous avoue, Monsieur, que ce discours de Molière m’a révolté, il n’y a personne qui ne parlât contre eux avec plus de modération.

73. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XI. M. SAURIN. » pp. 333-353

J’avoue que votre mariage avec Cidalise... […] Mais le poison agit déja sur Béverley ; il avoue qu’il a fait passer la mort dans son sein.

74. (1847) Le Don Juan de Molière au Théâtre-Français (Revue des deux mondes) pp. 557-567

C’est là, je l’avoue, une opinion assez peu prévue, mais qui ressort pour moi avec évidence de l’effet produit par les représentations qui viennent d’avoir lieu. […] J’avoue que je ne comprends ni le but ni la convenance de cette apparition mythologique dans une pièce fondée sur le merveilleux chrétien.

75. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre VI » pp. 50-55

Il attaque une phrase qu’il croit être de Pline le jeune, dont il se moque comme d’un écrivain affecté. « Ne m’avouerez-vous pas, dit-il, que cela est d’un petit esprit de refuser un mot qui se présente et qui est le meilleur, pour en aller chercher avec soin un moins bon et plus éloigné : Pline est de ces éloquents dont Quintilien dit : illis sordent omnia quæ natura dictavit ? 

76. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. De l’Etat, de la Fortune, de l’Age, du Rang, du Nom des Personnages. » pp. 39-75

Elle n’ose lui avouer le tendre penchant qu’elle a pour lui. […] On reproche à Marivaux d’avoir donné au Marquis du Legs vingt ans de trop ; & voici comme raisonnent ses Critiques : Toute l’intrigue du Legs naît de la timidité du Marquis, qui n’ose pas déclarer son amour à la Comtesse : la timidité n’est ordinairement que le partage des jeunes gens, qui, peu instruits des usages du monde, craignent de déplaire à une femme en lui disant qu’ils l’aiment ; ou des vieillards qui, assez raisonnables pour comprendre que l’amour est un ridicule chez eux, n’osent pas l’avouer. […] Je conviens d’abord qu’on trouve plus d’amants timides dans les jeunes gens qui n’osent avouer la premiere blessure de l’Amour, & dans les vieillards qui craignent d’être dédaignés, que dans les hommes de trente-cinq ans : mais on en voit, & cela suffit.

77. (1800) Des comiques d’un ordre inférieur dans le siècle de Louis XIV (Lycée, t. II, chap. VII) pp. 294-331

Enfin le sorcier, poussé à bout, avoue que son pouvoir commence à tomber depuis qu’il est vieux et qu’il perd ses dents; qu’autrefois il lui aurait été facile de faire ce qu’on lui demandait, quoiqu’il n’eût jamais envoyé son démon plus loin que Stockholm. […] Là, par cent mots piquants, enfants nés dans le vin, Nous donnerons l’essor à cette noble audace Qui fait sortir la joie et qu’avouerait Horace. […] J’avoue que cette ressemblance n’est guère vraisemblable, et qu’en la supposant aussi grande qu’elle peut l’être, le contraste du militaire et du provincial dans le langage et les manières est si marqué, qu’on ne peut pas croire que l’œil d’une annuité puisse s’y tromper.

78. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXII. Des Pieces à caractere. » pp. 253-258

Son maître en est en peine, quand le Jaloux, à qui la gouvernante a fait confidence du prétendu penchant que Don Juan a pour elle, vient le trouver, très enchanté de n’avoir plus en lui un rival, lui dit de mettre bas toute feinte, que sa belle lui a tout avoué, qu’il approuve sa tendresse, & qu’il va l’introduire auprès d’elle pour qu’ils puissent se parler tête à tête.

79. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXVII » pp. 298-304

Elle était un des premiers sujets de l’école de Julie d’Angennes ; il y avait de la différence sans doute entre la place de gouvernante des enfants de France et celle des enfants naturels : il y avait aussi de la distance entre Julie d’Angennes, duchesse de Montausier, et Françoise d’Aubigné, veuve Scarron ; mais les traditions de la cour, depuis François Ier, l’élévation et l’insolence des maîtresses avouées, l’élévation, l’insolence et la turbulence des bâtards avaient habitué à regarder les légitimations de ceux-ci comme à peu près équivalentes à la légitimité.

80. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IX. Du Genre larmoyant. » pp. 103-122

Erreur accréditée par les Auteurs & les Acteurs, qui, privés des dons rares & précieux qu’il faut avoir reçus de la nature pour la peindre gaiement, & pour exciter la joie du public, n’osent avouer leur insuffisance, veulent jouer un rôle dans le monde, & feignent de suivre par raison une carriere où leur foiblesse seule les conduit. […] parcequ’il y a dans toutes ces pieces, des scenes avouées par Thalie, cette Muse si décriée, mais seulement par ceux qui, comme je l’ai dit, désesperent de marcher sur ses traces avec succès.

81. (1882) L’Arnolphe de Molière pp. 1-98

J’ai peine à croire, je l’avoue, que les grands hommes soient si peu dans le secret de leur génie qu’on le prétend de nos jours ; et il me semble que si je pouvais interroger Molière lui-même sur son œuvre, il m’en dirait des choses au moins aussi sensées que celles qu’en ont pu dire Messieurs tel ou tel, dont les noms figurent, en petits caractères, au bas de chaque page de ses œuvres dans les éditions Variorum. […] Elle se fait des cornettes ; elle lui a fait des coiffes ; de ces copieuses coiffes de nuit, qui tiennent chaud à la tête et préservent du serein. — Et il a beau la lorgner en dessous, la bonne petite fille qu’elle est, tranquille et candide, n’avoue ni ne se déconcerte ; il n’en tirera rien, s’il ne décharge franchement son cœur. — Il le fait donc, à la façon classique, avec un exorde insinuant. […] Il ne sait ; il enrage et surtout d’aimer,, car il aime, et se l’avoue, comme un sot. […] On continua, certes, à la fronder ; mais il vint tant de monde Que jamais sujet important Pour le voir n’en attira tant, continue le bon gazetier ; il avoue d’ailleurs que la chose mérite d’être vue, à cause des naïvetés d’Agnès, et il conclut avec prudence : Voilà dès le commencement Quel fut mon propre sentiment ; Sans être pourtant adversaire De ceux qui sont d’avis contraire…… Si le roi était pour, en effet, le grand Condé paraissait très réservé ; le prince d’Enghien était contre. […] Elle hésite à l’avouer.

82. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXIV » pp. 251-258

Il se défendit par la nature de son ouvrage ; mais il avoua que ces mots dont on lui reprochait l’usage, étaient justement bannis de la conversation, et il souscrivit à leur réprobation.

83. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXVI » pp. 413-441

J’avoue que j’ai une grande répugnance à combattre une telle assertion. […] Il avait été frappé du plaisir qu’elle avoue avoir éprouvé à la lecture d’une critique de Bérénice, et n’avait pas remarqué que ce qu’elle appelle la folle passion de cette pièce lui déplaisait non seulement par sa folie, mais aussi parce que Bérénice rappelait cette Marie Mancini, nièce de Mazarin, que Louis XIV avait voulu épouser, et qui était odieuse à la société fréquentée par madame de Sévigné, Il n’avait pas lu ce qu’elle dit de Bajazet : La pièce m’a paru belle ; Bajazet est beau, mais Racine n’ira pas plus loin qu’Andromaque.

84. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Deuxième partie. — L’école critique » pp. 187-250

J’avoue que dans L’École des femmes tout est récit ; mais avouez que tout paraît action, ou plutôt avouez que tout est action, bien que tout semble être en récit307. […] Avec deux ou trois question sans malice, il l’aurait bientôt mise en contradiction avec elle-même, et il lui ferait avouer tout haut qu’elle ne sait pas le premier mot de ce qu’elle dit.

85. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IV. Des Comédies-Ballets. » pp. 37-44

on m’avouera du moins que les Procureurs, les Sergents y sont amenés de force, & que les Pages, les Curieux, les Maîtres à danser, les Suisses, les Egyptiens, les Sauvages, les Biscayens y sont tout-à-fait déplacés.

86. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXX » pp. 330-337

La liaison des deux amants était devenue, par le nombre de leurs enfants, qui était alors de quatre, une espèce de mariage avoué ; c’était une bigamie ouverte95.

87. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XII. Des Scenes. » pp. 223-249

Mais il est véritable aussi que votre esprit Se gendarme toujours contre tout ce qu’on dit, Et que, par un chagrin que lui-même il avoue, Il ne sauroit souffrir qu’on blâme ni qu’on loue. […] Pour moi, je ne sais pas ; mais j’avouerai tout haut Que j’ai cru jusqu’ici Madame sans défaut.

88. (1775) Anecdotes dramatiques [extraits sur Molière]

On vit encore, je l’avoue, des avares et des hypocrites ; c’est qu’un vice est plus difficile à réformer qu’un ridicule, et que souvent on en rougit moins. […] J’avoue, lui répartit Clorante, que cet illustre Abbé en a fait un, et que, l’ayant portée à l’auteur dont nous parlons, il trouva des raisons pour ne la point jouer, encore qu’il avouât qu’elle fût bonne ; cependant, comme son esprit consiste principalement à se savoir bien servir de l’occasion, et que cette idée lui a plu, il a fait une Pièce sur le même sujet, croyant qu’il était seul capable de se donner des louanges ». […] Mademoiselle Desmares avoua sa passion extrême pour Baron ; et elle rompit, pour ce dernier, avec son Altesse Royale. […] On vit encore, je l’avoue, des avares et des hypocrites ; c’est qu’un vice est plus difficile à réformer qu’un ridicule, et que souvent on en rougit moins. […] Avouons que la France En perdit trois, en le perdant.

89. (1705) La vie de M. de Molière pp. 1-314

Le petit Pocquelin ne put tenir contre l’envie qu’il avait de déclarer ses sentiments à son père : il lui avoua franchement qu’il ne pouvait s’accommoder de sa Profession ; mais qu’il lui ferait un plaisir sensible de le faire étudier. […] On avoua que Molière avait trouvé la belle Comédie : il la rendait divertissante et utile. […] Je travaille présentement sur un caractère, où j’ai besoin de telles scènes, faites-les, vous m’obligerez, et je me ferai honneur d’avouer un secours comme le vôtre. […] Et je vous avoue que si c’était à recommencer, je ne choisirais jamais cette profession. […] Quel malheur pour ces Messieurs que Sa Majesté n’eût point dit son sentiment la première fois, ils n’auraient pas été à la peine de se rétracter, et de s’avouer faibles connaisseurs en ouvrages.

90.

Diogène, qui ne trouve plus la scène invraisemblable, demande grâce et avoue que Molière est un homme. […] Suivant le récit de Racine, un autre obstacle se rencontre plus indiscutable encore, il l’avoue ; avant qu’il mît son projet à exécution, Scaramouche et la troupe italienne avaient repris le chemin de l’Italie. […] Et il faut avouer que leurs beautés sont de celles qui ressortent plutôt à la lecture qu’à la représentation. […] J’avoue que le dépit et la colère s’élevèrent dans mon âme avec quelque sorte d’impétuosité. […] On y trouve aussi un avoué, Wagg, et un certain Spruce, qui sont des réminiscences du Mascarille et du Jodelet des Précieuses ridicules, et un argument emprunté au Gros-René du Dépit amoureux.

91. (1845) Œuvres de Molière, avec les notes de tous les commentateurs pp. -129

Un commentateur, après avoir assez longuement disserté sur la manière dont il faut ponctuer ce premier vers, finit par avouer qu’il ne comprend pas le sens du mot si. […] Le petit Pocquelin ne put tenir contre l’envie qu’il avait de déclarer ses sentiments à son père ; il lui avoua franchement qu’il ne pouvait s’accommoder de sa profession, mais qu’il lui ferait un plaisir sensible de le faire étudier. […] On avoua que Molière avait trouvé la belle comédie ; il la rendait divertissante et utile. […] Pour moi, lui dit-il, je vous avoue que si j’étais assez malheureux pour me trouver en pareil état, et que je fusse fortement persuadé que la même personne accordât des faveurs à d’autres, j’aurais tant de mépris pour elle, qu’il me guérirait infailliblement de ma passion. […] — Je vous avoue à mon tour, lui dit son ami, que vous êtes plus à plaindre que je ne pensais ; mais il faut tout espérer du temps.

92. (1882) Molière (Études littéraires, extrait) pp. 384-490

Supposez qu’au lieu de Célimène, Éliante eût fixé son choix, et vous avouerez que la clémence d’une affection digne de lui n’aurait pas manqué de pacifier ses orages53. […] Bien qu’il ne soit pas toujours divertissant, avec ses gronderies, ses gourmades et ses tirades, elle est pourtant plus sensible qu’elle ne se l’avoue à des mérites supérieurs que tout le monde vante, et qu’elle ne voudrait pas voir déserter son escorte. […] Mais, comme il prend le masque des vertus qui lui sont chères, il faut bien avouer que, pour le combattre, elle se trouve dans une situation fausse112. […] Après avoir tout avoué à son oncle qui lui a tout pardonné, il se présente devant Euclion pour confesser sa faute, et la réparer, c’est-à-dire pour demander la main de celle qui va le rendre père. […] Lui-même il rougira bientôt de sa lâcheté devant son frère auquel il n’ose l’avouer.

93. (1848) De l’influence des mœurs sur la comédie pp. 1-221

Or, on n’avoue point qu’on est vicieux, et l’on s’en glorifie encore bien moins. […] N’est-ce pas s’avouer à soi-même la supériorité de sa sagesse et de sa vertu que de s’arroger un tel droit? […] Elle a donc de sa vertu une opinion plus favorable, puisqu’elle avoue hautement l’intérêt qu’il lui inspire? […] Pour moi, je ne crois pas, je l’avoue, que cette sorte de transaction soit passible de la part d’un cœur noblement épris. […] Quelque raison qu’on trouve à l’amour qui nous dompte, On trouve à l’avouer toujours un peu de honte.

94. (1692) Œuvres diverses [extraits] pp. 14-260

Moi-même, dont la gloire ici moins répandue Des pâles Envieux ne blesse point la vue, Mais qu’une humeur trop libre, un esprit peu soumis De bonne heure a pourvu d’utiles Ennemis : Je dois plus à leur haine, il faut que je l’avoue, Qu’au faible et vain talent dont la France me loue.

95. (1730) Poquelin (Dictionnaire historique, 4e éd.) [graphies originales] pp. 787-790

Moliere, qui eut quelque honte de se sentir si peu de constance pour un malheur si fort à la mode, resista autant qu’il pût ; mais comme il étoit alors dans une de ces plenitudes de cœur si connuës par les gens qui ont aimé, il ceda à l’envie de se soulager, & avoua de bonne foi à son ami, que la maniere dont il étoit forcé d’en user avec sa femme, étoit la cause de l’accablement où il se trouvoit. […] Il faut avouer, dit Mr. 

96. (1886) Molière et L’École des femmes pp. 1-47

J’aurais préféré, je l’avoue, que Molière évitât à son personnage un ridicule qui n’a rien à faire ici. […] J’avoue que, pour ma part, lorsque j’ai été un peu de temps sans les revoir ou sans les entendre, je m’y brouille un peu, et qu’il en est cinq ou six comme celles-là, soit dans L’École des maris, soit dans L’École des femmes, qui exposent notre esprit à des confusions d’ailleurs instructives et sans danger.

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