Mais tout le monde se rue sur moi : une charge à l’un, un emploi à l’autre, une pension à celui-ci, un gouvernement à celui-là.... […] Mais songeons, avant que de l’entreprendre, qu’il n’est pas à la portée de tout le monde, & que le parterre, avec les trois quarts & demi du spectacle, sont composés de personnes qui fréquentent peu la Cour. On peut, me dira-t-on, rabaisser ce sujet au niveau de tout le monde & de tous les états, par les accessoires, par les personnages subalternes. […] Quant aux autres, quoiqu’ils ne soient pas autant à la portée de tout le monde, nous n’en sommes pas moins redevables, je le répete, à celui qui nous les a indiqués.
On en fait assez pour fâcher le curé et tout le monde, et peut-être pas assez pour elle ; car dans son triomphe extérieur il y a un fonds de tristesse. » 7 août 1675. […] Rien n’est caché, rien n’est secret ; les promenades en triomphe : cet air déplairait encore plus à une femme qui serait un peu jalouse ; mais tout le monde est content. » La suite de cette lettre se rapporte à la situation de mesdames de Montespan et de Maintenon à l’égard l’une de l’autre. […] On dit qu’elle n’est plus si fort l’admiration de tout le monde, et que le proverbe a fait son effet en elle ; mon amie de Lyon (madame de Coulanges) m’en paraît moins coiffée.
Tout le monde allait pleurer à ses pièces, et tout le monde disait: Pourquoi ne nous fait-il pas rire?
Tout le monde sait le cas que fait de moi Liseo Rocchetti, et vous ne l’ignorez pas. […] » Bref, tout le monde est content, sauf qu’Ipocrito ne parvient pas à faire sortir de la tête du vieux Liseo la philosophie éphectique dont il l’a « enivré ».
Cette taille, ce port que tout le monde admire. […] Quand on fait le portrait d’un sot, on fait un peu le portrait de tout le monde ; quand on fait le portrait d’un homme raisonnable, c’est du romanesque. […] Au fond il aimait qu’on se moquât de tout le monde excepté de lui et des ministres qu’il choisissait. […] Vous avez du « bon sens », du « sens commun », et c’est-à-dire une façon générale de comprendre les choses qui est celle de tout le monde, pourquoi ? […] Si vous ne savez pas abattre un peu les angles, tout le monde vous trouvera admirable et insupportable et vous dira intérieurement : « Oh !
[86, p. 130-131] Lors de la première défense de jouer le Tartuffe, la curiosité du public fut piquée, tout le monde voulait avoir Molière pour la lui entendre réciter.
Il en fut de la langue comme il en serait de la monnaie, si tout le monde avait la liberté d’en frapper : d’abord on en mettrait beaucoup de mauvaise en circulation, avec une certaine quantité de bonne : mais bientôt celle-ci aurait la préférence. […] Les curieux qui font des recherches sur les locutions dont on veut nous persuader que le bon goût s’indignait du temps de Molière, sont fort surpris de rencontrer parmi ces locutions prétendues précieuses, une foule de mots qui sont aujourd’hui dans la bouche de tout le monde.
Le premier, doux, poli, complaisant, est chéri de tout le monde ; le dernier, brutal, trop sévere pour ses enfants, toujours prêt à se plaindre & à quereller, se fait détester de tout ce qui l’entoure. […] Eschine, touché des malheurs de son frere, se charge pour lui d’enlever l’esclave, & la conduit dans sa maison, ce qui donne lieu à tout le monde de croire que c’est pour son compte, sur-tout à Déméa, qui rencontre Micio, l’accable de reproches, lui dit que son indulgence perd Eschine, & l’exhorte à se modeler sur lui, qui, en traitant Ctésiphon avec sévérité, en a fait un jeune homme sage & prudent. […] Tout le monde sait ce conte par cœur ; il est inutile d’en donner un extrait plus long.
Belti est enchantée de retrouver son ami après quelques instants d’absence : tout le monde l’a assiégée pour lui faire des questions ; elle a répondu de son mieux ; elle a remarqué avec plaisir qu’on rioit ; elle est surprise de ne voir pas rire Belton ; elle lui demande le sujet de sa tristesse : Belton lui dit qu’elle est causée par sa misere ; qu’il va bientôt manquer de tout ; qu’il n’a point d’or. […] Fatmé, l’esclave de Zaïde, annonce que tout le monde s’empresse pour acheter les captifs nouvellement débarqués : Hassan va chercher de l’argent pour en racheter un. […] Enfin, le cœur gros de tendresse & de joie, dans un transport inexprimable de reconnoissance, il se jetta, à la vue de tout le monde, aux pieds de son bienfaiteur ; il s’écria, en les embrassant : O le meilleur de tous les Chrétiens !
Mais quand tout vous rit, et que le monde est bien infatué de vos richesses, il faut prendre à toute main l’argent qu’on vous offre, faire grande dépense à l’ordinaire ; et puis un beau matin, après avoir mis tous vos meilleurs effets dans une cassette, déloger à petit bruit, et donner ordre à votre portier de dire à tout le monde qu’on ne sait où vous êtes allé. […] On sait trop bien dans Paris que vous avez de l’argent par-dessus les yeux, et qu’au lieu d’emprunter, vous prêtez à tout le monde : mais quelquefois, pour obliger, on se fait violence. […] Dans les commencements, on avait un peu de peine à s’y accoutumer ; mais présentement tout le monde s’en fait honneur.
On va la voir en foule ; tout le monde l’admire ; tout le monde en est surpris, et peu de personnes pouvaient deviner l’artifice de cet instrument. […] Molière, qui était incommodé, n’avait pu voir le petit Baron les deux premiers jours ; mais tout le monde lui en dit tant de bien, qu’il se fit porter au Palais-Royal à la troisième représentation, tout malade qu’il était. […] Plusieurs années après la mort de Molière, tourmenté par la goutte, il se retira à la campagne ; il y vécut en fort honnête homme, se faisant estimer de tout le monde, et entre autres de son curé, qui le regardait comme un de ses meilleurs paroissiens. […] Ce qu’il avait bien imaginé fut prononcé avec une merveilleuse grâce ; et je ne puis enfin dire de lui que ce que j’entends dire à tout le monde, qu’il est très poli et dans ses discours et dans toutes ses actions. […] voilà comme vous disiez lorsqu’on vous donna celui de La Critique de l’École des femmes ; cependant vous vous.cn êtes acquittée à merveille, et tout le monde est demeuré d’accord qu’on ne peut pas mieux faire que vous avez fait.
Si on lui avait dérangé un livre, c’en était assez pour qu’il ne travaillât de quinze jours ; il y avait peu de domestiques qu’il ne trouvât en défaut ; et la vieille servante Laforest y était prise aussi souvent que les autres, quoiqu’elle dût être accoutumée à cette fatigante régularité que Molière exigeait de tout le monde, et même il était prévenu que c’était une vertu ; de sorte que celui de ses amis qui était le plus régulier, et le plus arrangé, était celui qu’il estimait le plus.
l’intrigue écrase si bien le caractere, qu’on est surpris de le voir annoncé, & tout le monde convient que la piece devroit seulement porter le dernier de ses titres. […] « Tout le monde dit que je me marie avec le plus bourru de tous les hommes.
Ecoute, ma femme, repartit Sancho, je te jure ma foi, que si je viens à être Gouverneur, je marierai si bien notre fille, qu’elle sera appellée Madame par tout le monde. […] Ne me répliquez pas davantage ; ma fille sera Marquise, en dépit de tout le monde ; &, si vous me mettez en colere, je la ferai Duchesse.
Tout le monde sait par cœur cette piece immortelle. […] Les trois fils, loin de s’empresser à relever la petite fortune de leur pere, se disputent à qui ne le fera pas, & achevent par-là d’indigner tout le monde contre eux.
Molière, disait-il à tout le monde, me lit ce soir une comédie ; voulez-vous en être ?
Et je pense que tout le monde trouvera avec moi que cela était assez beau et assez grand ! […] Et qui m’assurera que vous n’en donnez pas à tout le monde ? […] Je ne répondrais donc à aucun de mes adversaires, si l’un d’eux ne m’avait pris à partie ici-même, — fort courtoisement d’ailleurs, je dois le reconnaître, car il est la courtoisie même, et à ce trait de son signalement tout le monde le nommera ici : c’est M. de La Pommeraye. […] L’homme chagrin voit tout en gris, se méfie de tout le genre humain, croit que tout le monde ment, il cherche toujours à découvrir quelqu’un qui le trompe et à le prendre en flagrant délit. […] Si tout le monde était aussi vertueux, il n’y aurait plus de société habitable ; je me demande comment on vivrait ensemble ; je me demande comment nous ferions des discours d’académie. » Des discours d’académie, dit M.
Tartuffe a d’ailleurs la vogue des choses défendues ; et comme une certaine liberté d’esprit subsiste encore, tout le monde veut avoir Molière pour le lui faire lire. […] C’était donc ce pieux personnage, le directeur, le directeur en soutane, qui, échappé aux Provinciales parce que tout le monde ne lit pas Pascal, était livré aux risées par Molière, que tout le monde lira ! […] que ce qu’on pense… Tout le monde me prend pour un homme de bien, Mais la vérité pure est que je ne vaux rien. […] Tout le monde est bon dans la maison d’Orgon ; le père est plein de faiblesses humaines ; le frère, sage sans égoïsme, s’emploie pour les enfants qu’il chérit. […] C’est la fin logique des pures croyances ; c’est le langage du vrai dévot : Qui suit bien ses leçons goûte une paix profonde, Et comme du fumier regarde tout le monde.
Je te défie d’attendrir, du côté de l’argent, l’homme dont il est question : il est Turc là-dessus, mais d’une turquerie à désespérer tout le monde ; & l’on pourroit crever, qu’il n’en branleroit pas. […] Quelques titres honteux qu’en tous lieux on lui donne, Son misérable honneur ne voit pour lui personne : Nommez-le fourbe, infame, & scélérat maudit, Tout le monde en convient, & nul n’y contredit.
J’entends, comme tout le monde, par surprise de pensée ou d’idée, celle qu’une seule pensée d’un des interlocuteurs occasionne. […] On me vient rapporter que vous avez de l’amour pour moi, & que vous faites des desseins de me solliciter : j’en témoigne mon dépit, & m’explique à vous clairement en présence de tout le monde.
Tout le monde ne place pas ainsi son argent. […] Nous remarquerons encore sur-tout que Regnard, si inférieur à Moliere du côté du style, des plans, des dénouements, de la morale, des caracteres, du comique même, ne marche, de l’aveu de tout le monde, immédiatement après lui que parcequ’il l’a singé, qu’il a déridé le front de ses auditeurs.
Si on trouvait leurs lettres, on en tirerait de grands avantages… On apprendrait toute la politesse du style et la plus délicate manière de parler sur toute chose Elles ont su les affaires de tous les états du monde, toutes les intrigues des particuliers, soit de galanterie ou d’autres choses où leurs avis ont été nécessaires… C’étaient des personnes par les mains desquelles le secret de tout le monde avait à passer. […] Voilà la fin de cette grande affaire qui attirait l’attention de tout le monde.
1775, Anecdotes dramatiques, tome I, p. 559 Tout le monde sait que le Misanthrope fut d’abord mal reçu, et qu’il ne se soutint au théâtre qu’à la faveur du Médecin malgré lui.
[59, p. 96-98] Boileau lut sa deuxième satire adressée à Molière, à quelques amis parmi lesquels était notre illustre comique ; en achevant la lecture des quatre vers suivants : Mais un esprit sublime en vain veut s’élever À ce degré parfait qu’il tâche de trouver ; Et toujours mécontent de ce qu’il vient de faire, Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire.
Je vais plus loin : tout le monde sait que la piece du Joueur n’est pas intéressante, & je soutiens que c’est parceque le héros n’est pas riche, & que, toujours mesquin dans ses pertes & dans ses gains, sa bonne ou sa mauvaise fortune peut affecter seulement son valet, sa selliere & son tailleur. Regle générale, on ne s’affecte vivement que pour les personnes qui courent de grands dangers ; j’entends ceux qui sont du ressort de la comédie : tout le monde sait que Thalie ne veut & ne doit faire trembler pour les jours de personne. […] Il trouve sur-tout qu’Hortense est trop coquette, trop arrangée ; qu’elle veut plaire à tout le monde. […] Nombre d’Ecrivains se tirent d’affaire en appellant tout simplement leurs personnages M. le Comte, M. le Duc, Madame la Marquise, Madame la Baronne ; il n’appartient pas à tout le monde, comme je l’ai dit dans cet article, de ne mettre sur la scene que des hommes & des femmes titrées.
Souviens-toi, mon cher Anselme, que l’honneur d’une femme ne consiste presque qu’en la bonne opinion qu’on a d’elle : contente-toi là-dessus des sentiments de tout le monde & des tiens propres ; & puisque tu connois pour le moins autant qu’un autre la foiblesse des femmes, ne va pas tendre des pieges à la tienne par la simple curiosité d’éprouver si elle pourroit les éviter ; car enfin une belle femme est une glace polie que la moindre vapeur ternit, & une fleur délicate qui se flétrit pour peu qu’on la touche. […] Démétrius, Intendant de Timon, voyant que tout le monde ruine son maître, se détermine à s’enrichir à ses dépens ; un Poëte, un Musicien, un Jouaillier, un Peintre, un Marchand, s’empressent à flatter Timon & à profiter de sa prodigalité. […] Après le repas le bal commence : Timon adresse toutes ses galanteries à Mélisse : Evandra, masquée, en est témoin ; elle attend que tout le monde sorte pour reprocher encore à Timon son infidélité ; elle souhaite qu’il soit heureux avec Mélisse & veut se poignarder. […] Le Dissipateur est représenté journellement : tout le monde sait que le prodigue Cléon dissipe une fortune immense ; que Pasquin, ne pouvant empêcher sa ruine, imite le chien de la fable, & mange ce qu’il ne peut garantir ; que Cléon sacrifie l’honnête Julie à la coquette Cidalise ; que ses faux amis, ceux qu’il a le plus généreusement obligés, lui ferment leur bourse quand il est dans le besoin.
Bientôt il découvre que c’est réellement sa propre fille qu’il a condamnée à la mort ; il tire un grand mouchoir, pleure, fait fondre tout le monde en larmes. […] Toutes les fois qu’on joue cette piece, tout le monde se récrie sur l’intérêt que la fille de Pantalon excite ; pour moi, je la trouve moins intéressante dans son bois, au milieu de ses bêtes, qu’Arlequin dans son lit de paille entouré de brigands qui vont y mettre le feu.
Nous avons vu à quoi se réduisait la famille de la marquise de Rambouillet, depuis l’absence de la duchesse de Montausier : toutefois, j’ai omis, par inadvertance, de parler de la plus jeune sœur de la duchesse, Angélique Claire d’Angennes, mariée en 1658 au comte de Grignan, le même qui, après un second mariage, épousa en troisièmes noces, en 1669, mademoiselle de Sévigné, avec qui sa mère lia cette correspondance si charmante qui est entre les mains de tout le monde. […] Les maris que la marquise de Rambouillet donnait à ses filles, prouvent mieux son bon goût que le contraire n’est prouvé par la fréquentation de quelques écrivains ridicules dans sa maison qui était ouverte à tout le monde.
Notice historique et littéraire sur Le Tartuffe Le Tartuffe n’est pas seulement un chef-d’œuvre, le chef-d’œuvre peut-être de la scène comique : ce fut aussi un événement mémorable qui agita et divisa l’opinion ; où prirent parti les différentes puissances qui dominent la société ; où l’activité persévérante et courageuse d’un homme eut à lutter, pendant plusieurs années, contre des obstacles, que lui opposaient la magistrature et le sacerdoce ; où le monarque le plus absolu fut longtemps indécis entre les plaintes d’un poète et les alarmes de la religion, entre les penchants de son esprit et les scrupules de sa conscience, et dont enfin l’issue, favorable au théâtre, a eu sur la morale publique une influence qu’on peut qualifier diversement, mais que tout le monde est forcé de reconnaître. […] Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l’hypocrisie est un vice privilégié qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde jouit en repos d’une impunité souveraine. » Il est impossible de s’y tromper : c’est ici l’auteur même du Tartuffe qui se plaint, à la face du public, de ceux qui ont eu le pouvoir d’écarter de la scène cet ouvrage entrepris pour les démasquer. […] Tout le monde, du reste, n’approuvait pas l’ordre qu’il avait donné, et il permettait qu’on le lui dît. […] Hors de la scène, sur la scène, tout le monde finit par connaître l’âme profonde et ténébreuse de Tartuffe ; mais il n’a pas à se reprocher de s’être dénoncé lui-même au public par des soliloques postiches, et à ses interlocuteurs par d’indiscrets aveux.
Oui, Monsieur, s’il vous plaît ; car le Suisse à la porte Attend, pour la fermer, que tout le monde sorte. […] Le héros enfin, insupportable à tout le monde, est un brutal bon à jetter par les fenêtres. […] Cet excellent Poëte est dans les mains de tout le monde ; il sera fort aisé de connoître les changements que j’y ai faits, en comparant l’original avec la copie ; & les gens éclairés démêleront sans peine ce qui m’a contraint à le faire ». […] Il disoit qu’on lui faisoit beaucoup d’honneur de le mettre en commerce avec des personnes qui s’attiroient l’estime & le respect de tout le monde.
A personne ou à tout le monde, serait-il facile de répondre ; et l’on pourrait invoquer ici l’unité de la philosophie nouvelle en face de sa rivale, faire voir Bacon, Gassendi, Descartes, au milieu de leurs doutes et de leurs affirmations contradictoires, d’accord pour résister aux anciens, et montrer enfin tout le mouvement philosophique du grand siècle venant aboutir à cette pensée, ou plutôt à cet effort commun : affranchir la science et l’esprit de toute autorité extérieure. […] Tout le monde connaît la fameuse fleur nommée héliotrope, qui se tourne sans cesse vers l’astre du jour, ni plus ni moins que le cœur de M. […] Or, ce reproche ne manquait pas d’une certaine gravité; car de plus en plus, à notre époque, l’auteur de la Méthode passe pour avoir eu non-seulement en métaphysique, mais en physique aussi, le regard autrement pénétrant que son adversaire, et l’heure ne semble pas éloignée où tout le monde s’accordera pour saluer en lui un des fondateurs des sciences modernes (45). […] L’un et l’autre excès choque… (Et) je tiens qu’il est mal, sur quoi que l’on se fonde De fuir obstinément ce que suit tout le monde ; Et qu’il vaut mieux souffrir d’être au nombre des fous Que du sage parti se voir seul contre tous (54).
On fit appercevoir 10 Moliere, que le grand soin qu’il avoit de plaire au public lui ôtoit celui d’examiner la conduite de sa femme ; & que pendant qu’il travailloit pour divertir tout le monde, tout le monde cherchoit à divertir sa femme. […] Vous jouez tout le monde ; vous donnez de si bons conseils aux pauvres cocus ; profitez tout le prémier de vos railleries.
Henri releve tout le monde avec bonté : il jette un regard menaçant sur Concini, lui montre Agathe, lui reproche son crime. […] Alors le bon Henri se charge de la dette de Concini, donne dix mille francs à Richard & à Agathe, autant pour Lucas & Cateau : Sully applaudit à cette générosité : le Roi veut rester l’ami de Michaud : tout le monde bénit un si grand Prince44. […] Tout le monde sait que le Roi & le Fermier de la comédie italienne est imité de la Piece angloise.
Il crie, il est rude, il rompt en visière ; et s’il gronde quelqu’un, il lui remet devant les yeux, toutes les iniquités passées7. » Encore une fois, on a pu rapporter ces traits à Alceste, brusquant, grondant tout le monde, Philinte sur sa politesse empressée, Oronte sur sa manie de poète, les petits marquis sur leur fade galanterie, et Célimène elle-même sur son penchant à la coquetterie et à la médisance. […] Quant à de Lauzun, Saint-Simon le dit « méchant et malin... dangereusement hardi... redouté sans exception de tout le monde, etc.; » et ces détails se retrouvent jusqu’à un certain point dans le portrait que Célimène nous-fait d’Acaste : « Mon Dieu ! […] « Molière, a dit Lagrange, camarade et ami du grand homme et le premier éditeur de ses œuvres complètes, Molière faisait d’admirables applications dans ses comédies, où l’on peut dire qu’il a joué tout le monde puisqu’il s’y est joué le premier en plusieurs endroits, sur les affaires de sa famille et qui regardaient ce qui se passait dans son domestique; c’est ce que ses amis particuliers ont remarqué bien des fois. » (Voir Sainte- Beuve, Nouveaux portraits.)
Goethe a créé un mot, une expression de génie que tout le monde connaît : l’éternel féminin. […] Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l’hypocrisie est un vice privilégié qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine. […] Je m’érigerai en censeur des actions d’autrui, jugerai mal de tout le monde, et n’aurai bonne opinion que de moi. […] Je ne conseille, à vrai dire, à personne de les écrire, ces pièces, mais à tout le monde d’en profiter, et de se les appliquer sans cesse, à tout le monde absolument. […] Je ne voudrais pas faire d’apostrophes trop directes, mais je puis m’en permettre quelques-unes, puisque, aussi bien, j’en ferai à tout le monde.
Une vieille femme se croit encore jeune, a l’ambition de plaire à tout le monde, & s’en flatte aisément. […] Oronte est obligé, malgré lui, de soutenir le mensonge qui le jette dans un grand embarras, sur-tout lorsque la vieille, écartant tout le monde, se trouve tête à tête avec lui.
Molière a fait rire les plus austères : il instruit tout le monde, ne fâche personne.
Saisissons le moment qui nous fasse le plus d’honneur ; sur les huit à neuf heures du matin, bien à jeun, et devant tout le monde, nous irons nous jeter dans la rivière, la tête la première.
épouvanté de la pensée qu’un autre histrion eût l’honneur de faire rire le « roi qui faisait trembler tout le monde ? […] Ces trois partis forment à peu près tout le monde ; la chaire de la morale comique est donc bien gardée. […] Dire de craindre au roi qui faisait trembler tout le monde, le menacer de la vengeance de Jésus-Christ ! […] C’est une grande atteinte aux vices, que de les exposer à la risée de tout le monde. […] « L’ami du Misanthrope est si raisonnable, que tout le monde devrait l’imiter : il n’est ni trop ni trop peu critique ; et ne portant les choses ni dans l’un ni dans l’autre excès, sa conduite doit être admirée de tout le monde.
On pourroit absolument traiter un caractere, & bannir de la piece toute espece d’intrigue amoureuse : mais pourquoi se priver volontairement du ressort le plus propre à mettre tous les autres en mouvement, à les lier avec facilité, à les faire ressortir avec plus d’avantage, & à les mettre sur-tout à la portée de tout le monde, puisque l’amour est de tous les états. […] Tout le monde connoît l’Ecole des Maris, & la belle scene du second acte.
Les personnages qui entourent l’Avare le mettent dans des situations qui finissent toutes par lui faire développer son caractere ; mais c’est en le contrariant : aucun personnage ne l’engage à faire des traits d’avarice : au contraire, c’est en dépit de tout le monde qu’il les fait. […] Dans le Philosophe marié, le caractere vif, plaisant, & bien dessiné de la capricieuse Céliante éclipse, de l’aveu de tout le monde, celui du froid Ariste.
Il n’y a pas de mal à cela, mon bon-homme ; j’écoute tout le monde en quelque lieu que ce soit. […] Cela est épouvantable, que vous fassiez ainsi crier tout le monde.
La piece ayant eu, comme tout le monde fait, l’approbation de tout Paris, on l’envoya à la Cour, qui étoit alors au voyage des Pyrénées, où elle fut très-bien reçue. […] Lors de la représentation de cette Piece, tout le monde fit l’application de cet endroit à M. de la Feuillade, qui en ce temps-là s’avisa de mener en Candie à ses dépens une centaine de Gentilshommes équipés pour combattre contre les Turcs, pendant le siege de cette Isle.
Alceste ne s’oublie pas ; Célimène a fait de l’esprit, elle a brillé devant tous après avoir donné des sièges à tous, il veut en punir tout le monde. […] Personne ne s’y trompe, tout le monde est dans le secret.
Il ne peut, pas plus que Boileau, supporter « ces femmes qui se retranchent toujours fièrement sur leur pruderie, regardent un chacun de haut en bas, et veulent que toutes les plus belles qualités que possèdent les autres ne soient rien en comparaison d’un misérable honneur dont personne ne se soucie382. »II déteste également « ces personnes qui prêtent doucement des charités à tout le monde, ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, et seraient bien fâchées d’avoir souffert qu’on eût dit du bien du prochain383. »Il veut que, jusque dans sa défense, la vertu attaquée reste douce ; il fait exprimer ce précepte par Elmire, insultée par la lubrique déclaration de Tartuffe : J’aime qu’avec douceur nous nous montrions sages, Et ne suis pas du tout de ces prudes sauvages, Dont l’honneur est armé de griffes et de dents, Et veut au moindre mot dévisager les gens384. […] — Boileau : .......Cette bilieuse, Qui, follement outrée en sa sévérité, Baptisant son chagrin du nom de piété, Dans sa charité fausse, où l’amour propre abonde, Croit que c’est aimer Dieu que haïr tout le monde.
Il ne suffisait pas encore d’y être aimable, il fallait l’être pour la société entière, et ne l’être pour personne en particulier ; il fallait aimer tout le monde, pour être aimée de tout le monde ; ne pas avoir d’amant, pour n’avoir pas d’ennemis ; ne pas faire un heureux, pour ne pas faire vingt jaloux et mille détracteurs.
Tout le monde se laisse duper par l’habit d’Ascagne, excepté l’Amour, qui la blesse pour Valere, fils de Polidore ; mais Valere est amoureux de Lucile. […] Tout le monde, en la voyant paroître, reste étonné. […] Magnifico donne ses deux filles aux deux fils du Docteur, & tout le monde est content, à l’exception de Victoire, qui n’a pas trouvé son fait chez Diane.
Le Docteur crie : tout le monde vient au secours. […] Montufar cependant y avoit gagné les cœurs de tout le monde par cet acte d’humilité contrefaite. . . . . . . . . . . . . […] Tout le monde me prend pour un homme de bien ; Mais la vérité pure est que je ne vaux rien.
Dieux, Rois, qui sous vos pieds regardez tout le monde, Pouvez-vous comparer votre bonheur au mien ? […] Tout le monde sait qu’il fit habiller l’acteur représentant le rôle de Trissotin, précisément comme étoit vêtu Cotin ; & que, pour porter l’imitation plus loin, il fit acheter un vieux manteau de sa malheureuse victime. […] N’importe, si l’ouvrage est réellement frappé au coin de l’immortalité, s’il approche de la perfection, il séduit également tout le monde à la premiere vue.
Il saurait qu’il n’y a pas un de ses personnages qui ne soit le portrait fidèle de quelqu’un de ses contemporains, pas un trait qu’il ne doive à quelque inconnu, pas une inspiration qui lui soit propre, — de sorte que sa part d’invention est aujourd’hui réduite à bien peu de chose, et que tout le monde, au XVIIe siècle, finit par être un peu plus l’auteur des œuvres de Molière que Molière lui-même. […] Bientôt, sous Louis XIV, tout se calmera et se régularisera ; plus de variété ; tout le monde parlera le même langage, un langage convenu. […] Il va sans dire que cette expérience malheureuse n’a pas désabusé tout le monde.
« Notre côté à nous n’est pas celui de tout le monde, c’est simplement le Molière des divertissements et des intermèdes, le Molière librettiste, collaborateur de Lulli, écrivant pour Le Sicilien, ce qu’il nomme “un fragment de comédie”.
On joue toutes les semaines cette piece, & tout le monde la sait par cœur.
Chappuzeau, est si visible qu’elle est à la portée de tout le monde.
La Peinture, la Sculpture & l’Architecture ont des principes surs, bien établis, bien détaillés, généralement avoués, dont tout le monde connoît les effets, & qui n’égarent jamais ceux qui les suivent ; aussi les inculque-t-on aux jeunes éleves avec le plus grand soin ; ceux-ci se les rendent tous familiers avant d’avoir la témérité de les mettre en usage : de là vient que leurs premiers ouvrages, s’ils n’ont pas ces beautés délicates, cette vigueur mâle qui caractérisent les grands hommes & qui sont le fruit d’un travail assidu ou d’une longue expérience, n’offrent du moins rien de révoltant. […] Indépendamment du mauvais personnage qu’un homme, peu instruit des regles de la comédie, doit faire nécessairement dans un temps où tout le monde parle spectacle, où les cercles, les toilettes, les boudoirs même retentissent des mots pompeux de comédie larmoyante, comédie bourgeoise, comédie sérieuse, haut & bas comique, &c. indépendamment, dis-je, du rôle insipide qu’il joue en se voyant forcé de se taire ou de montrer son ignorance, je crois très agréable pour la propre satisfaction d’un homme, quel qu’il soit, de connoître toutes les finesses d’un art que nous faisons contribuer à notre amusement, puisque notre plaisir suit nécessairement le progrès de nos connoissances.
Je ne citerai aucun exemple des pieces intriguées par une lettre ; tout le monde sait qu’un Auteur pourroit sans peine faire dix actes par le secours d’un billet sans dessus.
Elle s’est levée brusquement, mais Elmire l’a aussitôt suivie et tout le monde l’a accompagnée. Elle a beau s’en défendre ; tout le monde lui rendra ce qui lui est dû. Elmire donne l’exemple à tout le monde, et l’ancienne tradition est vraie. […] Tout le monde se disperse. […] Il serre la main de tout le monde.
L’ami du genre humain, Philinte, c’était Chapelle, qui pour être trop à tout le monde n’était point assez à un véritable ami. […] N’imaginons pas davantage que son intention ait été de faire de ses pièces, à proprement parler, des mémoires; il ne voulait que faire des comédies ; mais qui dit comédie, dit vérité, et pour les rendre plus vraies, il puisait dans sa vie, dans celle de ses amis, chez tout le monde : Lagrange, là-dessus, ne nous laisse aucun doute: « Molière, dit-il, observait les manières et les mœurs de tout le monde, et il trouvait ensuite le moyen d’en faire des applications admirables dans ses comédies, où l’on peut dire qu’il a joué tout le monde, puisqu’il s’y est joué le premier, en plusieurs endroits, sur les affaires de sa famille, et qui regardaient ce qui se passait dans son domestique ; c’est ce que ses plus particuliers amis ont remarqué bien des fois. »Ainsi, même pour Alceste, il ne lui avait pas suffi de sa passion, de ses chagrins, de sa propre maison, il avait pris jusque chez Boileau. […] Au reste, il ne s’en cachait pas; il se reprochait devant tout le monde d’avoir, en le quittant, manqué à ce qu’il lui devait de reconnaissance. […] La pièce commence par des valets de fête qui obligent Georges Dandin de danser avec eux; mais Georges Dandin, mal satisfait de son mariage, et n’ayant l’esprit rempli que de fâcheuses pensées, accompagne sa danse d’une figure si sombre et si désespérée, que tout le monde en rit. […] » Boileau était, dit-on, le seul qui eût ri aux premières représentations de cette pièce, que bientôt après pourtant tout le monde admira.
et quand un stoïcien est glacial, tout le monde avec raison y voit de l’affectation, il faut absolument qu’il se fâche, et qu’il peste, et qu’il dise qu’il pestera. […] — Il y a du vrai ; mais tant s’en faut que ce soit vrai tout à fait, et le public ne laisse pas, dans une pièce où tout le monde est méprisable, de mépriser tout le monde. […] Patriotisme, civisme, républicanisme, religion, héroïsme, tout le monde conviendra que Rousseau ne pouvait trouver dans Molière un atome de tout cela. […] Ciel offensé, lois violées, filles séduites, familles déshonorées, parents outragés, femmes mises à mal, maris poussés à bout, tout le monde est content. […] Une femme bel esprit est le fléau de son mari, de ses enfants, de ses amis, de ses valets, de tout le monde.
Personne ne la plaint, quoiqu’elle ait fait du bien à tout le monde.
Cette fille lui répondit d’un air assez ferme : « Je demande les clefs du monastère, monsieur, pour en sortir. » Cette réponse extraordinaire surprit tout le monde. […] Mais on abusera tant de ces explications systématiques que tout le monde s’en moquera. […] La critique intervint aussi pour discuter, au point de vue littéraire, le succès de la nouvelle pièce ; Donneau de Vizé s’exprime comme il suit : « Cette pièce a produit des effets tout nouveaux : tout le monde l’a trouvée méchante, et tout le monde y a couru. […] Molière répond à tout le monde. […] Mais son idée fixe, c’est toujours d’éveiller les ressentiments des courtisans ; il n’épargne rien pour atteindre ce but : il leur reproche de « se laisser traiter de valets sur le théâtre à la vue de tout le monde ».
On y est bien diverti, tantôt par ces précieuses, ou Femmes savantes, tantôt par les agréables railleries d’une certaine Henriette, et puis par les ridicules imaginations d’une visionnaire, qui se veut persuader que tout le monde est amoureux d’elle. […] Mais pour bien juger du mérite de la comédie dont je parle, je conseillerais à tout le monde de la voir, et de s’y divertir, sans examiner autre chose, et sans s’arrêter à la critique de la plupart des gens qui croient qu’il est d’un bel esprit de trouver à redire. » Un passage de M. […] Despréaux, tomba entre les mains de Molière, qui acheva de le ruiner de réputation, en l’immolant sur le théâtre à la risée de tout le monde. […] « [*]Tout le monde sait la réponse que Molière fit à Louis XIV, qui, le voyant un jour à son dîner avec un médecin nommé Mauvillain, lui dit : Vous avez un médecin, que vous fait-il ?
Il y a un type de Molière que tout le monde connaît, car il a été répandu à profusion par tous les procédés possibles de reproduction artistique : taille assez haute, élégante et libre, grands yeux noirs, grand nez aux larges narines, grande bouche aux lèvres charnues, teint brun, poil châtain foncé, avec la petite moustache et l’ample perruque caractéristiques du siècle ; et, malgré cette exagération de tous les traits, rien de déplaisant ni de vulgaire, une expression générale de force, de génie et de bonté. […] C’est encore l’acteur comique, mais dans un rôle plus relevé, Arnolphe de l’École des femmes, que nous offre le tableau « des farceurs, » et dans le repos, la détente qui suit la représentation, sans les « roulemens d’yeux extravagans » et les « larmes niaises » qui viennent de « faire rire tout le monde. » A l’époque où ce tableau fut peint, Molière était déjà reconnu grand homme et la gloire de l’écrivain accompagnait l’acteur dans les emplois les plus bouffons ; le peintre n’a donc pas osé, semble-t-il, faire grimacer son modèle à l’unisson des fantoches parmi lesquels il ne pouvait se dispenser de le ranger, vu le sujet du tableau et une partie des rôles créés par Molière. […] Ce mutisme, cette attention continuelle, ce profond regard obstinément fixé, frappent tout le monde et Boileau appelle son ami d’un nom qui doit lui rester, le Contemplateur. […] Il y avoit peu de domestiques qu’il ne trouvât en défaut, et la vieille servante La Forest y étoit prise aussi souvent que les autres, quoiqu’elle dût être accoutumée à cette fatigante régularité que Molière exigeoit de tout le monde. […] — On ne joue pas les tragiques avec ton nez. — Mon nez ne regarde personne. — C’est là ton erreur, il regarde tout le monde. » Pour Molière, c’était toute sa personne qui chagrinait le public dans la tragédie.
Comme il y avait longtemps qu’on ne parlait plus de petites comédies, l’invention en parût nouvelle, et celle qui fut représentée ce jour-là divertit autant qu’elle surprit tout le monde ; M. de Molière faisait le Docteur, et la manière dont il s’acquitta de ce personnage le mit dans une si grande estime que Sa Majesté donna ses ordres pour établir sa troupe à Paris. […] « [*]Je ne ferai point comme ceux dont on vient de parler, qui louent et qui blâment excessivement, je dirai la vérité, sans que ce fameux auteur (Molière) s’en doive offenser ; et certes, il aurait grand tort de le faire, puisqu’il fait profession ouverte de publier en plein théâtre les vérités de tout le monde : cette raison m’oblige à publier les siennes plus librement que je ne ferais. […] Ensuite il fit Le Dépit amoureux, qui valait beaucoup moins que la première, mais qui réussit toutefois, à cause d’une scène qui plut à tout le monde, et qui fut vue comme un tableau naturellement représenté de certains dépits qui prennent souvent à ceux qui s’aiment le mieux ; et après avoir fait jouer ces deux pièces à la campagne, il voulut les faire voir à Paris, où il emmena sa troupe.
Nous avons une comédie que l’on joue très souvent sur la scene françoise, & qu’on y voit avec plaisir : mais tout le monde s’écrie aux représentations : C’est dommage que le fond de cette piece n’ait pas le sens commun !
Tout le monde s’écrie : Voilà qui est bien d’un avare !
Dans les autres instants, elle brusque tout le monde. […] Merlino est, selon sa coutume, de l’avis de tout le monde.
Tout le monde a un Molière dans sa bibliothèque. […] S’il entendait Horace dire à sa maîtresse galamment : « Madame, vous êtes à Paris, et tout le monde vous voit de trois lieues de la ville, car chacun vous voit de bon œi l305 ; » si, au moins, il voyait Alain tremper ses doigts dans le potage de Georgette, et celle-ci lui envoyer la soupe et la soupière au nez, ces bonnes plaisanteries lui épanouiraient la rate ; mais L’École des femmes n’en offre pas de pareilles. […] Elle ne croit pas avoir raison contre tout le monde. […] Elle enverrait Galopin chercher un atlas, et tout le monde serait bientôt convaincu et en paix.
Personne et tout le monde. […] Tout le monde s’y trompa, Boileau lui-même, et pour que vous n’en doutiez point, voici son aveu. […] Ce qu’est pour l’homme sérieux l’habit dont il se couvre et dont il subit la mode, parce que tout le monde la suit autour de lui. […] Tout le monde en voyait le ridicule ; lui seul, qui l’eût si bien découvert ailleurs, ne le trouvait pas ; il n’en sentait que la douleur. […] La manœuvre était d’autant plus adroite, que Molière, étant ostensiblement appuyé par Anne d’Autriche, se trouvait avoir pour lui tout le monde à la cour.
Ce fut Mlle de Brie qui créa au théâtre les ingénues ; elle y mit tant de malice et tant de vérité que tout le monde fut pris à son innocence. […] Cependant vous vous en êtes acquittée à merveille, et tout le monde est demeuré d’accord que l’on ne peut pas mieux faire que vous avez fait. […] On ne voit guère alors d’autre école pour la comédie, et, du reste, à Paris aussi bien que dans les troupes de campagne, tout le monde faisait à peu près tout. […] Une telle différence de mœurs le rend, on le comprend, odieux à tout le monde. […] Tout le monde se demande comment M. de Molière peut y suffire : chef de troupe, ce qui est plus compliqué que de conduire une armée au feu ; poète de génie, ce qui l’oblige tous les ans à deux ou trois chefs-d’œuvre ; familier des grands de ce monde qui lui prennent souvent le meilleur de son temps sous prétexte de souper avec lui ou plutôt sous prétexte de lui dire les ridicules — des autres ; vieux mari d’une jeune femme qui lui donne beaucoup de fil à retordre.
On disputait sur des riens avec un langage qu’on essayait de rendre le plus relevé possible ; on y avait horreur de ce qui était vulgaire ; parler comme tout le monde était une preuve de manque de délicatesse ; on raffinait à toute heure sur les sentiments et sur les expressions. […] La fureur de rimer gâtait tout le monde à la cour à la ville. […] Si tout le monde d’ailleurs prenait ce parti désespéré, le cours ordinaire de la justice serait probablement arrêté. […] Une chose curieuse et parfaitement observée dans les comédies de Molière, c’est que les pères et les fils, les valets et les maîtres, se querellent avec violence, et que, quelques minutes après, tout le monde reparaît avec la même familiarité qu’auparavant. […] Ce sont encore les gens qui ne se plaignent jamais d’être dupes ; il est vrai qu’ils le sont si souvent, qu’on ne s’entendrait plus si tout le monde se plaignait.