Rien ne lui annonce que des acteurs remplaceront celui qui sort, & sur-tout Dom Juan, qui, si l’on en croit son valet, est très occupé ailleurs. […] Je crois l’avoir déja dit ; je n’écris pas pour les Savants : ils sont mieux instruits que moi. […] Croiroit-on les monologues sans difficultés, ou plus séduisants & plus propres à la marche d’un drame ?
Vous croyez peut-être qu’elle a ses agréments ; vous vous trompez. […] Non, monsieur, croyez-moi encore une fois, ne vous abandonnez point au dessein que vous avez formé ; faites-vous avocat, je vous réponds du succès ».
Voilà, je crois, ce que l’Auteur dont nous analysons les idées a voulu dire en nous conseillant de ne pas évoquer les manes burlesques des frippons d’Athenes. […] Croyons l’Auteur lorsqu’il nous exhorte à ne pas marcher sur les traces des frippons d’Athenes. Croyons-le encore lorsqu’il nous dit dans sa même préface : « Est-il si minces coteries qui ne soient hérissées d’ombrages, de prétentions, & n’affectent de poser les limites d’un art dont ils n’ont pas les premieres idées ?
Bernardin, se contente d’écrire1 : « L’enlèvement par les corsaires ne semblait pas comme aujourd’hui une intrigue démodée, empruntée à la comédie antique ; en se servant de ce procédé commode pour dénouer le Parasite et l’Avare, Tristan et Molière employaient un moyen dramatique qui était encore de leur temps fondé sur la réalité des choses ; écoutons plutôt Mascarille dans l’Étourdi (IV, 1) : C’est qu’en fait d’aventure il est très ordinaire De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire, Puis être à leur famille à point nommé rendus, Après quinze ou vingt ans qu’on les a crus perdus ; Pour moi, j’ai déjà vu cent contes de la sorte. […] Bernardin indique une analogie entre les deux comédies de Molière et de Tristan ; je crois qu’il faut aller plus loin et voir dans celle-ci une source de celle-là. […] On voit combien Alcidor, pris sur mer par quelque Turc corsaire, est à point nommé rendu à sa famille après vingt ans qu’on l’a cru perdu.
Avant d’entrer dans ce brillant avenir, je crois à propos de dire avec quelque précision quel était en 1660 l’état de la langue et de la littérature française. Il résulte, je crois, de ce qui précède, qu’on peut regarder la révolution opérée dans la langue comme l’ouvrage de deux sociétés distinctes qui se partageaient la société générale des femmes honnêtes. […] On pourrait croire que l’unité de ton était, au moins pour notre théâtre, la conséquence nécessaire de cette loi de l’art qui établissait l’unité de lieu, de temps, d’action : Qu’en un lieu, qu’en un temps, un seul fait accompli Tienne, jusqu’à la fin, le théâtre rempli.
Ils se trouvent ensemble ; Tartufe croit avoir trouvé l’occasion favorable : il cherche, par de légeres galanteries, à faire naître l’instant de placer sa déclaration : il se présente, il le saisit bien vîte, & débite d’un seul trait cette tirade. […] Tartufe, enhardi par une réponse adroite qui semble lui promettre un sort heureux, doit se livrer, comme il fait, & présenter avec volubilité, dans une tirade plus longue que la premiere, tout ce qu’il croit capable d’excuser son audace, & de la faire préférer à tout autre. […] L’on croit avoir ajouté au plaisant, en forçant Harpagon à mettre fort long-temps la main devant la bouche de Maître Jacques pour l’empêcher de parler, & l’on a écarté le bon comique, inséparable de la vraisemblance, pour substituer à sa place la farce la plus plate. […] Pour faire sentir à mes Lecteurs la vérité de ce que je dis, je crois très à propos de comparer une partie de la seconde scene du Phormion de Térence, avec une partie de la seconde scene des Fourberies de Scapin de Moliere.
Il est fâcheux pour moi de me trouver très souvent en contradiction avec les Ecrivains les plus célebres de notre siecle : mais je crois, sans avoir la témérité de heurter de front le sentiment d’un homme célebre, je crois, dis-je, que notre scene ne doit pas faire un grand fonds sur ces prétendues richesses. […] Si nous nous avisons de mettre sur le théâtre les professions recommandables, ou par la richesse, ou par la noblesse, ou par leur crédit, croit-on, de bonne foi, qu’on nous laissera le droit de dire des vérités frappantes, les seules qui doivent être admises au théâtre ? […] Mais croirons nous de bonne foi que l’ingénieux le Sage ne nous ait pas fait des larcins considérables, lorsque son M.