Son principe est incontestable, c’est que tout phénomène à sa cause ; sa méthode est sûre, c’est l’étude des faits ; ses instruments sont éprouvés : c’est l’histoire, c’est la psychologie.
C’est depuis l’Amphitryon qu’on appelle « amphitryon » celui qui donne à dîner, à cause des deux vers de Sosie : Le véritable Amphitryon Est l’Amphitryon où l’on dîne. […] et Chrysale dit : Il n’est pas bien honnête et pour beaucoup de causes, Qu’une femme étudie et sache tant de choses. […] Elle est la libido sciendi, accompagnée de sa cause qui est la vanité. […] Encore un coup, compère, apprenez qu’en effet Le cocuage n’est que ce que l’on le fait ; Qu’on peut le souhaiter pour de certaines causes, Et qu’il a ses plaisirs comme les autres choses. […] Elle ne laisse pas d’être funeste à cause du nombre de gens qu’elle fait rêver et qu’elle détourne d’occupations plus utiles à la communauté ; mais elle est évidemment très pardonnable.
Ne serait-ce pas en des expériences de ce genre qu’il faudrait chercher une des causes profondes de la misanthropie attribuée à Molière ? […] Est-ce les maux dont le fanatisme a été la cause dans l’histoire ? […] En 1680, en grande partie à cause du travail accompli et des exemples donnés par les grands écrivains classiques, les procédés du style sont catalogués. […] Mais, sous l’influence de diverses causes, — développement de l’esprit de conversation, fortune de l’éloquence de la chaire et du théâtre — voici qu’entre 1610 et 1640 presque tous nos écrivains deviennent ce que l’on appelle aujourd’hui des auditifs, et leur style un style oratoire.
Cette contenance a une autre cause. […] Serait-ce qu’elle compare aujourd’hui leurs œuvres à cet idéal devenu clair à ses yeux, et la netteté de cette intuition est-elle cause que ses sentiments actuels sont justes ? […] La réalité des portraits l’enchante dans le comique français ; dans le poète grec et dans Shakespeare, la fantaisie des tableaux lui cause le même enchantement.
Taisez-vous, & pour cause.
Molière, qui eut quelque honte de se sentir si peu de constance pour un malheur si fort à la mode, résista autant qu’il put; mais, comme il était alors dans une de ces plénitudes de cœur si connues par les gens qui ont aimé, il céda à l’envie de se soulager, et avoua de bonne foi à son ami, que la manière dont il était obligé d’en user avec sa femme était la cause de l’accablement où il le trouvait.
Voyez L’Avare : l’avarice n’est pas une passion intéressante ; mais il y a un moment où cette passion cause à tous ceux qui l’éprouvent des souffrances réelles ; leurs entrailles crient, et les nôtres ne peuvent s’empêcher de crier. […] Il est faux que, comme le dit le prince de Conti, il n’y ait que Sganarelle qui prenne la cause de Dieu dans Dom Juan ; il y a bien d’autres personnes qui prennent la cause de Dieu : il y a Dona Elvire ; il y a Dom Louis Tenorio, le propre père de Dom Juan, et le Pauvre, dans la fameuse scène. Plus encore que Dona Elvire et que Dom Louis Tenorio, le Pauvre soutient la cause du ciel de la noblesse de son caractère propre, de l’énergie absolue de sa résistance contre Dom Juan. […] Et, comme dans l’État le roi seul était tout, cette cause latente suffisait pour faire que, dans la famille, à certains moments — les plus graves, — il n’y eût qu’un personnage qui comptât : le père, le mari. […] Le privilège est un arbre qui porte deux fruits amers : la violence et la fraude ; et, s’il est bon, pour beaucoup de causes, qu’il y ait dans l’État une hiérarchie sagement mesurée, mais une hiérarchie sans dureté et sans morgue, trop d’intervalles infranchissables entre les différentes portions d’un même peuple sont rarement utiles au bonheur de tous et à la sécurité de chacun.