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4. (1853) Des influences royales en littérature (Revue des deux mondes) pp. 1229-1246

J’imagine que Corneille et Molière riraient bien, s’ils pouvaient connaître les intentions qu’on leur prête et les influences qu’ils sont censés avoir subies. […] Ainsi, pour nous résumer, Descartes, Corneille, Pascal, sont antérieurs à Louis XIV. […] Avec un zèle vraiment louable, il chercha à se procurer un Corneille et n’y épargna point la dépense : on sait ce qu’il obtint. […] Tallemand raconte ailleurs l’anecdote suivante : « M. de Schomberg dit à Louis XIII que Corneille voulait lui dédier Polyeucte. […] Corneille avait alors cinquante-sept ans, et Molière quarante.

5. (1862) Corneille, Racine et Molière (Revue chrétienne) pp. 249-266

Rambert voit dans Corneille le poète de la liberté. […] Les héros de Corneille opposent à la destinée une volonté inflexible; ils peuvent être brisés mais non vaincus. […] Ainsi font certains personnages de Corneille ; ils se débarrassent des sentiments qui les gêneraient. […] Cela même est à l’avantage de Corneille. […] Corneille, Molière et Racine, page 158.

6. (1886) Revue dramatique : Les Fâcheux, Psyché (Revue des deux mondes) pp. 457-466

De Racine il n’est pas question dans cette campagne : c’est qu’il est moins en faveur ; c’est aussi qu’il n’a pas cet arrière-magasin bien fourni dont Corneille et Molière offrent les ressources. […] Mais Corneille, mais Molière est plus avantageux : les Fâcheux ! […] se récrie quelqu’un, c’est l’œuvre commune de Corneille et de Molière : il faut donc que ce soit un chef-d’œuvre renforcé. — Mais comment ces deux poètes y ont-ils mis la main ? […] Ce n’est pas qu’on ne puisse être séduit par l’idée de nous offrir un Corneille inconnu, un Corneille antérieur au Cid, romanesque, plaisant, et déjà disposé à l’héroïsme. […] Corneille, Racine et Molière sont heureux en ce temps-ci, du moins ailleurs qu’au théâtre !

7. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XV » pp. 175-187

Balzac, Pascal et Corneille avaient à peu près fixé la langue. […] Descartes ne fit point entrer de poésie dans sa méthode ; Corneille point de métaphysique dans son théâtre. Molière ne mit rien de tragique dans ses comédies ; Corneille rien de comique dans ses tragédies, rien de tragique dans ses propres comédies. […] On réputait précieux ce vers de Corneille concernant le crime de Laïus, et la peine que les dieux en ont porter à ses enfants : Et s’il faut après tout qu’un grand crime s’efface Par le sang que Laïus a transmis à sa race… Sans doute il aurait fallu dire : par le châtiment des enfants de Laïus ! mais Corneille n’écrivait pas en prose.

8. (1746) Notices des pièces de Molière (1658-1660) [Histoire du théâtre français, tome VIII] pp. -397

M. Corneille. […] M. Corneille. […] Corneille, donnée en 1738. […] M. Corneille l’aîné. […] Corneille.

9. (1850) Histoire de la littérature française. Tome IV, livre III, chapitre IX pp. 76-132

De la comédie au temps de Corneille. — Ce qu’il en fit. — Le Menteur. […] Après cette pièce et d’autres du même genre, une nouvelle imitation, celle du théâtre espagnol, fait tomber de mode l’imitation de la farce italienne, et produit la tragi-comédie, où se distinguent, après Hardy et sur ses traces, les Théophile, les Scudéry, Racan, Rotrou et Corneille, avant d’être le grand Corneille. […] Ce pas, Corneille n’en fit que la moitié ; mais c’était assez pour sa gloire, et assez pour emporter le reste. […] Le génie de Corneille avait quelque chose d’espagnol. […] Corneille est donc le père de la comédie, et c’est pour lui une gloire unique, que Molière lui en ait rapporté l’honneur.

10. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. Des Comédies Héroïques. » pp. 9-29

Corneille va lui-même nous exposer son sujet. […] Corneille, loin d’avoir gâté son sujet, & de n’avoir pas soutenu la gloire du genre héroïque, l’a embelli, de l’aveu de tous les connoisseurs. […] Les justes admirateurs de Corneille peuvent certainement ne pas souscrire à toutes les notes que M. de Voltaire a faites sur ce grand Homme : mais Corneille lui-même avoue que sa piece n’a pas eu de succès. […] Corneille prétend que le refus d’un illustre suffrage fit tomber son Don Sanche. […] L’Auteur aura peut-être mieux vu le genre, que M. de Voltaire & que tous ceux qui le trouvent mauvais ; il nous le prouvera en le traitant mieux que Corneille : jusqu’à ce temps-là je le croirai détestable.

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