Sganarelle, son pere, se doute bien que l’amour en est la seule cause ; mais il feint de ne pas s’en appercevoir. […] Le Docteur devine, dit-il, la cause de la maladie de Lucinde. […] Je veux bien tirer une propagation de petits individus ; mais j’en veux être cause prochaine, & non pas cause éloignée. . . . . . . . . . . . . . .
Le prince de Condé lui-même, après avoir défendu la cause du pouvoir, se trouva glorieux de soutenir celle de mademoiselle de Montpensier contre le pouvoir. La galanterie n’était pas la seule cause des variations qui avaient lieu ; la cupidité, la vanité, la turbulence, enfin l’inconstance naturelle à certains caractères et à certaines situations, y avaient part aussi.
Fabio, pere de Laura, lui demande le sujet de sa tristesse ; elle se garde bien de lui dire que la jalousie en est cause. […] Laura reproche à Marcella les chagrins que son étourderie lui cause. […] Voilà Lisardo toujours plus persuadé qu’il est la cause des malheurs de son ami.
Dans ce que nous avons vu de la cour, se présentent les premières causes qui durent déterminer madame de Rambouillet à se tenir éloignée de ce foyer de discorde et de scandale, à se confiner chez elle et à s’y former une société habituelle. […] À ces causes s’en joignait une autre encore plus pressante, c’était l’émulation établie entre les sexes par leur mélange dans les sociétés particulières, depuis que Louis XII et Anne de Bretagne avaient relevé les femmes de cette infériorité qui subsiste encore en Angleterre et en Allemagne ; émulation de mérite et de vertu pour les nobles héritières des traditions d’Anne de Bretagne ; émulation de galanterie pour les élèves de l’école de François trop bien soutenue par ses successeurs. […] On lit dans les Mémoires de Sully, qu’après la mort du roi le prince « le Condé écrivit à la reine : Vous savez pourquoi j’ai quitté la France, nous faisions cause commune. » (Ibid.
La tristesse que le poète nous communique provient d’une autre cause. […] Là est le germe de la pensée de Molière et la cause profonde des applaudissements qu’elle obtient. […] Mais ce n’est pas au parterre, quel qu’il soit, que je remets cette cause. […] On n’est pas tous les jours disposé à perdre une cause pour la seule beauté du fait ! […] A cause de cela je ne sais quoi de lugubre plane sur son œuvre tout entière, où circule un souffle de désolation.
Pensent-ils avoir mieux vu les difficultés à cause qu’ils ont succombé, et que les autres qui les ont vues les ont méprisées ? […] » On lui reproche aussi de n’avoir pas suscité quelque acteur « pour défendre la cause de Dieu et défendre sérieusement ses intérêts. […] Mais, dit-on, Molière a mis l’athéisme dans la bouche de l’homme d’esprit, et il a fait défendre la cause de Dieu par un valet impudent et sot. […] Les Ariste sont des personnages fort secondaires dans son théâtre, et il est rare, même lorsqu’ils les introduit sur la scène, qu’ils plaident la cause du bon sens par des arguments théoriques. […] » Que si j’ai exagéré en disant qu’on est « pendable » pour avoir fait un tel sonnet, n’en êtes-vous pas cause en me fatiguant de cette lecture ?
Boileau, surtout, trouva le moyen de rester également uni aux deux poètes, séparés par les deux plus fortes causes de ressentiment qu’il y ait au monde : une rivalité amoureuse et une antipathie de métier. […] Joignons à ces causes la morale épicurienne à laquelle il avait donné la direction de sa vie. […] Une dernière cause, toute physique, vint s’ajouter à ces causes morales : il était malade, d’une maladie particulièrement douloureuse, et qui le faisait souffrir à la fois dans son corps et dans son esprit. […] Parmi ses causes, les maladies de l’estomac viennent en première ligne, puis l’excès de sensibilité, les préoccupations morales, les fatigues d’une existence trop occupée. […] et aussitôt, à cause qu’il parle un peu françois, on a crié : Ah !
« Dans ce salon, on cause plus qu’on n’agit. […] Ce serait donc se méprendre sur les causes qui expliquent une des plus originales créations de Molière, et le développement naturel de son génie. […] Toutefois, ces vacances ne furent pas perdues pour la cause en péril : témoin la Lettre sur la comédie de l’Imposteur datée du 20 août 1667. […] La cause en fut peut-être le départ subit de Grange et La Thorillière. […] Pour se défendre, il invita, dit-on, ses juges à l’entendre prêcher ; et il parait qu’il gagna sa cause, comme Sophocle lisant Œdipe à Colone.
Mais ce qui cause une véritable surprise, c’est d’apercevoir, dans un simple croquis, dans une esquisse légère, jusqu’à sept personnages divers, dont les figures ont entre elles autant de variété, que chacune d’elles, prise à part, a d’originalité et de vie. […] L’indifférence d’un tel homme pour la philosophie et les lettres se changerait certainement en haine, en emportement, s’il avait une femme telle que Philaminte, qui, négligeant son ménage pour cultiver son esprit, fût cause qu’il dînât mal et qu’il fût mal servi. […] Son erreur, si ce n’est qu’une erreur, doit avoir une cause particulière qu’il importe d’éclaircir. […] Voilà, pour dire la vérité et donner enfin l’explication que j’ai promise, ce qui est cause que Thomas a fait de la comédie de Molière un faux exposé, pour en tirer une fausse conséquence. […] Du reste, Elmire ne peut que faire cause commune avec toute la famille contre l’odieux étranger qui en veut la ruine entière.
En face de ce portrait impitoyable, le spectateur se trouve eu cause ; il croit que les regards de tous vont se fixer sur lui, comme si l’auteur le dénonçait. […] Parce que nous n’avons pas fait notre devoir, parce que l’art a été trahi, parce que les hommes qui se sont faits ses apôtres N’ont, pour servir sa cause et venger ses injures, Ni le cœur assez droit, ni les mains assez pures. […] N’ayant pas pénétré dans l’intime de nos souffrances, elle n’aperçoit pas le remède dont le secret est toujours caché dans la cause du mal.
Dès lors, rappelez des fautes commises, imaginez-en si vous voulez de nouvelles ; celui-ci se charge de plus d’affaires qu’il n’en peut étudier ; cet autre exige des honoraires ruineux; en voici un qui plaide indifféremment toutes causes 8. […] Votre avocat, gagné de même, ne se trouvera pas lorsqu’on plaidera votre cause, ou dira des raisons qui ne feront que battre la campagne et n’iront point au fait.
Quoiqu’il n’entre pas dans mon sujet de faire connaître les causes qui opérèrent la révocation de l’édit de Nantes, ni de faire connaître la vie politique de madame de Maintenon, je veux indiquer au moins les autorités et les faits d’où il résulte que madame de Maintenon a été non seulement étrangère, mais aussi opposée qu’elle pouvait l’être à la persécution des protestants, et je crois pouvoir conclure, avec une pleine assurance, de tout ce qui précède, que la fortune de madame de Maintenon fut exclusivement le triomphe de ses charmes. […] Ils accusèrent les jansénistes de faire cause commune avec les protestants, et ceux-ci d’être des républicains, et de dangereux ennemis du pouvoir royal. […] Dès 1677, les remontrances de l’assemblée du clergé, ou les jésuites avaient de puissants amis, les sollicitations de la cour de Rome, provoquées par les intrigues de la société, les conseils du chancelier Le Tellier et du marquis de Louvois son fils, tous deux ennemis de Colbert, qui protégeait les protestants comme des sujets utiles, enfin l’intérêt particulier de Louvois, ministre de la guerre, qui était atterré, dit Saint-Simon, par le poids d’un armistice de vingt années, à peine commencées, et qui voulait rendre ses troupes nécessaires par la persécution des huguenots, (elles furent les causes des dragonnades de 1683 et 1684. […] Telle lui la cause de la révocation de l’édit de Nantes.
Cette longue interruption, qui ne fut point commandée par l’autorité, eut pour cause le départ subit de La Grange et de La Thorillière, acteurs employés dans un trop grand nombre de rôles pour qu’il fût possible de donner aucune représentation utile en leur absence. […] Perrault gagnerait bientôt sa cause. […] Le désir de posséder Alcmène a été la cause du déguisement de Jupiter ; et c’est seulement pour seconder Jupiter dans son amoureuse entreprise, que Mercure a changé de forme. […] La situation des deux maris diffère entièrement : celle des femmes se ressemble par la colère qui leur est commune, quoique ayant des causes différentes. […] Si la vraisemblance dramatique existe pour nous, comme pour les anciens, dans les deux sujets d’Amphitryon et des Ménechmes, il s’en faut qu’il puisse y avoir chez nous la même vérité théâtrale dans la représentation des deux pièces : le défaut de masques en est la cause.
Aristote 1 n’a point parlé de la comédie ; & la plupart de ceux qui, après lui, se sont érigés en législateurs du théâtre, n’étant pas du métier, en parlent sans connoissance de cause. […] Ils savent sous combien de faces différentes ils doivent envisager leur art ; avec quelle variété infinie Ménandre, Aristophane, Plaute, Térence, Calderon, Lopez de Vega, les Comiques Anglois, les Italiens, les Danois & Moliere ont saisi les causes du rire. […] Le tout sera terminé par l’exposition des causes de la décadence du théâtre, & des moyens de le faire refleurir.
Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, Qu’une femme étudie et sache tant de choses. […] Quelle charmante coquetterie dans les querelles sans cause de Mariane et de Lucile avec leurs amants, suivies de raccommodements sans fin. […] Molière connaissait trop bien le monde pour n’avoir pas observé quel rôle important jouent dans les familles ces braves filles que nous appelons aujourd’hui bonnes, à cause sans doute qu’elles ne le sont plus, et qui, placées par leur condition dans une situation très subordonnée, n’en exercent pas moins une très grande influence sur ceux-là mêmes qui s’appellent leurs maîtres, et que, le plus souvent, elles conduisent à leur gré ; cela était vrai surtout du temps de Molière.
Des causes de la décadence du Théâtre, & des moyens de le faire refleurir. […] Disons mieux, tous sont victimes de la décadence du théâtre, tous y contribuent ; mais tous y sont entraînés par une cause premiere. […] Tout cela précipite en effet la décadence & la chûte du théâtre ; mais rien de tout cela n’en est la primitive cause : la voici.
Or, au milieu de tant de perfection intellectuelle et de génie en toutes choses, régnait, au sujet de la femme, je ne sais quel faux goût, qui fut cause que ni le sublime Corneille ni même le tendre Racine ne firent tout à fait ce qu’on pouvait attendre d’eux : c’est seulement dans l’excès de la passion dramatique que Pauline, Hermione et Phèdre trouvèrent ces accents poignants et simples qui sont des cris de génie. […] Il fit voir une vieille fille devenue folle au bruit étourdissant des madrigaux, du beau langage, des tourbillons et de l’amour platonique304 ; une belle et jeune fille pleine d’espérance, rendue sèche, orgueilleuse, incapable d’amour et de famille305 ; une gracieuse et spirituelle enfant près d’être immolée à l’engouement de sa mère pour un pédant aussi sot qu’intéressé306 ; une brave servante, humble providence de la maison, chassée comme une voleuse À cause qu’elle manque à parler Vaugelas307 ; enfin un père réduit dans sa maison au rôle d’ombre, condamné au silence par son amour de la paix, méprisé par ce trio de précieuses savantes, qu’indigne son peu d’esprit, et forcé enfin de protester contre la science et les lettres par cette immortelle boutade qui est dans la mémoire de tous308 : la guenille de Chrysale, rappelant sur la terre ces folles envolées vers les régions imaginaires du bel esprit, est un mot impérissable comme le pauvre homme de Tartuffe et la galère de Scapin 309. […] Chrysale dit, dans sa protestation contre le pédantisme féminin : Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, Qu’une femme étudie, et sache tant de choses313 ; et à la délicatesse de cette réflexion dont le vieillard pousse les conséquences trop loin, Clitandre ajoute le dernier mot de la vérité et du bon sens : Je consens qu’une femme ait des clartés de tout.
. — Il n’en faut pas davantage, dit Arlequin, j’ai gagné ma cause. » Cette décision, quoique obtenue par subtilité, eut son effet, et depuis, les comédiens italiens jouè- rent presque exclusivement des pièces françaises. […] Ce sont, par exemple, les juges, les avocats, les procureurs de Paris, qui sont en cause et cruellement fustigés. L’avocat Braillardet, dans Le Divorce, de Regnard, plaide la cause de son client Sotinet contre Isabelle, femme de Sotinet : On ne manquera pas de vous dire que celui pour qui je suis est un brutal : j’en tombe d’accord.
Traductrice de L’Iliade (1699) et de L’Odyssée (1708) d’Homère, elle s’opposa aux libres adaptations de Houdar de la Motte et prit vivement position pour les Anciens dans son traité des Causes de la corruption du goût (1714).
La chose est si vraie que l’on passe souvent pour la même cause des larmes au rire et du rire aux larmes. […] C’est dire que les causes du rire varient non seulement suivant l’individu mais aussi suivant le pays. […] Une mauvaise cause connue pour telle, gagnée, augmente le crédit. […] Notre commerce avec les Anglais est, je crois, en partie cause de ce changement. […] Il faut dire sans crime en riant à cause du criminelle du cinquième vers.
À la fin de la première édition (1772) figurent les Causes de la décadence du théâtre, qui demandent la création d’un second Théâtre-Français et seront rééditées jusqu’en 1802, année où il publie aussi des Essais sur Molière.
Les changements qu’il y a faits tiennent à plusieurs causes : quelques-uns étaient commandés par la différence de goût qui existe entre les deux nations ; d’autres sont dus au génie particulier de l’imitateur ; d’autres, enfin, doivent être attribués aux circonstances qui maîtrisaient et précipitaient son travail. […] Les deux scènes n’avaient été que l’occasion de leur soulèvement ; elles n’en étaient pas la véritable cause. […] On y remarque cette phrase où est assignée nettement la véritable cause des fureurs auxquelles Molière était en butte.
Le scandale, l’opprobre, est cause de l’offense. […] Peut-être y a-t-il eu à l’hostilité des trouvères contre le clergé en France, des causes analogues à celles qui ont produit en Angleterre l’hostilité des bardes contre l’Église. […] Il a un procès; son droit est hors de doute, et il s’en remet à la bonté de sa cause : il ne fera pas un pas pour solliciter les juges. […] Hamlet et Alceste ne sont faits ni l’un ni l’autre pour vivre ici-bas : ils sont tous deux frappés d’impuissance, mais non pas par les mêmes causes. […] C’est là certainement une des causes du discrédit dans lequel la poésie française est tombée à l’étranger.
Pour exemple nous citerons la ruse qu’emploie la femme de Georges Dandin, lorsqu’elle fait semblant de se tuer, et qu’elle réussit, par la frayeur qu’elle lui cause, à le mettre dehors et à rentrer chez elle.
Je n’avois qu’à ne pas les surprendre, ils auroient dépéri de jour en jour, & j’en aurois été la cause sans le savoir. […] Nous en trouverons des preuves dans les causes de la décadence de notre théâtre, & dans les moyens de le faire refleurir.
» Plusieurs traits viennent à la suite de ceux-là, qui n’ont pas été dédaignés par Montesquieu, lorsqu’il a composé ses Causes de la grandeur et de la décadence des Romains. […] La politesse passa du sénat aux ordres inférieurs, voire au plus bas étage du menu peuple ; et si en leur cause, on doit croire leur témoignage, ils ont effacé ensuite toutes les grâces et toutes ces vertus de la Grèce, et ont laissé son atticisme bien loin derrière leur urbanité. » Ici Balzac nous apprend que de son temps ce mot d’urbanité n’était pas encore reçu en France : il pense que quand l’usage l’aura mûri, et aura corrigé l’amertume de la nouveauté, nous nous y accoutumerons , comme à d’autres que nous avons empruntés de la même langue.
Son pere croit que la pudeur en est la cause. […] Isabella est au désespoir du trouble qu’elle cause. […] Elle l’oblige à mettre l’épée à la main : il se bat avec elle, quand le Commandeur arrive, veut savoir la cause de ce combat. […] Don Alphonse doit solliciter la grace de Don Juan, quand on apporte une lettre, dans laquelle le Roi de Naples demande qu’on lui renvoie un scélérat nommé Don Juan, qui a séduit Dona Isabella, & qui est cause que sa malheureuse victime court après lui, déguisée en homme.
A cause de l’esclandre, arrivée d’un commissaire et d’archers. […] C’est une erreur dans laquelle on est souvent tombé, avec Molière et avec quelques autres, à cause des habitudes du théâtre et à cause aussi d’un penchant naturel de l’esprit humain. […] Tartuffe a réussi, mais à cause d’Orgon. […] Le patriotisme considère la patrie comme une cause dont on est l’effet ; le civisme considère la patrie comme une cause finale dont on a l’honneur, le mérite et le devoir d’être le moyen. […] Elle est la libido sciendi accompagnée de sa cause qui est la vanité.
Les Auteurs frémiroient de la négligence qu’ils affectent pour les titres de leurs pieces, si, réfléchissant sur l’Histoire du Théâtre, si, étudiant la cause de la réussite ou de la chûte des pieces, ils daignoient voir que plusieurs bonnes comédies sont tombées, ou n’ont pas eu un grand succès, par la faute seule du titre. […] Le premier jour on condamne la piece ; on raisonne ensuite sur le drame ; on est surpris que certaines scenes, certaines situations aient déplu ; on en cherche la cause, on la trouve ; on revient à cette même piece dans l’idée qu’elle doit être intitulée l’Anglomane : on écarte le premier titre pour ne se souvenir que du second ; la piece, malgré les premiers coups, qui sont toujours mortels, se releve, & a plusieurs représentations.
Lélie pense que Célie est mariée : le chagrin qu’il en ressent lui cause une foiblesse. […] Camille le voit, se désespere, veut se tuer : son frere retient son bras, lui demande la cause de son désespoir, l’apprend avec chagrin ; il lui jure que si Arlequin vivoit encore il ne s’opposeroit plus à leur hymen.
Cette appréhension qui conduit ou plutôt retient sa plume, toutes les fois qu’elle parle d’un bienfait du roi, est une des causes qui ont fait penser à un grand nombre de personnes que c’était une âme sèche et uniquement capable d’ambition. […] Il faut s’éclaircir de leurs vrais sentiments à mon égard en leur proposant quelque chose de présent et de solide… Je veux que madame de Richelieu voie la froideur et l’indifférence de madame de Montespan sur tout ce qui regarde mes affaires essentielles. » Une lettre, datée de Versailles, le 6 août, au même abbé Gobelin, ne laisse aucun doute sur la brouillerie des deux dames, et sur sa cause, et sur la mauvaise humeur qu’en avait prise le roi, fatigué de leurs altercations.
Le choix de la matière dans laquelle elle est exécutée, et qui fait une tache sombré au milieu du frontispice blanc, en est peut-être, en partie, cause. […] Nous tenons la seconde cause pour l’unique dans ce cas.
L’erreur de Rousseau vient de ce que, dans son orgueil et sa sauvagerie, il se prenait lui-même pour un type de vertu ; de sorte qu’en paraissant défendre Alceste, il plaide sa propre cause. […] Si l’on ajoute à cet attrait de la réalité vivante le plaisir que cause le spectacle de l’humanité visible sous ces symboles animés, on aura les deux principes de l’intérêt universel qu’excitent Les Fables de La Fontaine. L’illusion qui le domine et qui l’inspire si heureusement ne tient pas seulement à l’imagination, mais à la sensibilité : car dans sa longue familiarité avec les animaux, il s’est pris pour eux, comme pour la nature, d’un amour véritable ; il les porte dans son cœur, il plaide leur cause avec éloquence, et dans l’occasion il s’arme de leurs vertus contre les vices de l’humanité.
Ensuite il fit Le Dépit amoureux, qui valait beaucoup moins que la première, mais qui réussit toutefois, à cause d’une scène qui plut à tout le monde, et qui fut vue comme un tableau naturellement représenté de certains dépits qui prennent souvent à ceux qui s’aiment le mieux ; et après avoir fait jouer ces deux pièces à la campagne, il voulut les faire voir à Paris, où il emmena sa troupe. […] Il fut trouvé incapable de jouer aucune pièce sérieuse, mais l’estime que l’on commençait à avoir pour lui fut cause qu’on le souffrit. […] Épicarie comparaît au nom du corps des précieuses et plaide sa cause. […] Nous ne parlons de cette troupe de comédiens espagnols que par la seule raison qu’elle joua quelque temps sur le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne ; il y a toute apparence qu’elle ne fut pas goûtée du public, peut-être à cause du peu de personnes qui entendaient la langue espagnole ; quoi qu’il en soit, ces comédiens restèrent en France jusqu’en 1672 avec une pension de la reine, et sans doute à titre de ses comédiens ; un passage d’une lettre en vers de Robinet servira pour appuyer cette conjecture.
Chacun encourage et soutient le champion de sa cause ; mais, bien entendu, ni le critique ni l’apologiste ne réussissent à changer l’opinion de personne. […] Il revint cependant à Paris ; mais on est forcé de dire que la cause de son retour ne fut pas plus honorable que celle de son départ. […] Racine lui avait confié le rôle d’Oreste ; et ce rôle, suivant une tradition populaire, fut la cause de sa mort ; il se rompit, dit-on, une veine, par les efforts prodigieux qu’il fit pour bien rendre la scène des fureurs. Rien n’est moins avéré que cette cause de sa mort, quoiqu’elle ait été généralement reçue. […] Dans une Lettre sur les affaires du théâtre, que La Harpe, dans son Cours de littérature (tome V, page 421, de l’édition originale), attribue à ce même de Visé, l’auteur s’excuse d’avoir intitulé, La Vengeance des marquis, une pièce qu’il eût peut-être dû nommer La Vengeance des comédiens ; et, dans un autre endroit, il dit : « Ce qui fut cause que je fis ma Zélinde, etc. » L’auteur de la Lettre l’est donc également de la comédie de Zélinde et de celle de La Vengeance des marquis.
La situation où se trouvait Molière est cause que plusieurs de ses productions ne sont que des pièces de circonstance commandées d’en haut, et c’est aussi ce dont elles portent l’empreinte. […] L’idée ingénieuse de Plaute a été de faire que ce soient précisément les soins exagérés du vieillard pour la conservation de sa cassette, qui sont cause qu’elle lui est enlevée. […] L’exécution du Légataire universel prouve plus de talent comique ; mais l’absence de sentiment moral dans l’idée même de la pièce est cause que ce talent a été prodigué sans fruit. […] Une autre cause de leur peu de succès, c’est qu’aucun d’entre eux n’a su appuyer sa doctrine de son exemple. […] C’est sans doute à cause des instructions d’utilité journalière (que Diderot donne une prééminence si peu méritée au drame sentimental et à la tragédie bourgeoise, deux genres qui toutefois sont dignes de quelque estime, et que l’on peut même traiter d’une manière vraiment poétique, quoiqu’on ne l’ait guère fait jusqu’ici.
Moliere, qui eut quelque honte de se sentir si peu de constance pour un malheur si fort à la mode, resista autant qu’il pût ; mais comme il étoit alors dans une de ces plenitudes de cœur si connuës par les gens qui ont aimé, il ceda à l’envie de se soulager, & avoua de bonne foi à son ami, que la maniere dont il étoit forcé d’en user avec sa femme, étoit la cause de l’accablement où il se trouvoit. […] Pour moi, lui dit-il, je vous avouë que si j’estois assez malheureux pour me trouver en pareil état, & que je fusse fortement persuadé que la personne que j’aimerois accordât des faveurs à d’autres, j’aurois tant de mépris pour elle, qu’il me gueriroit infailliblement de ma passion : encore avez vous une satisfaction que vous n’auriez pas si c’étoit une maitresse ; & la vengeance, qui prend ordinairement la place de l’amour dans un cœur outragé, vous peut payer tous les chagrins que vous cause vôtre épouse, puis que vous n’avez qu’à la faire enfermer : ce sera même un moyen assûré de vous mettre l’esprit en repos. […] Ce n’étoit pas à cause des loix de la quantité qu’il se trouvoit dans la disette ; car ceux qui se servoient de la prose en philosophant, se plaignoient tout comme lui de manquer de mots.
Quelque étonnement que cela cause, il faut reconnaître là une intention réfléchie et l’expression d’un sentiment personnel. […] Mais il faut avouer aussi qu’ils ne sont pas tous capables de le faire d’eux-mêmes, et que la plupart n’ont ni le temps, ni la volonté d’y songer ; que, quand même ils le voudraient, ils sont trop livrés aux passions pour le pouvoir seuls avec efficacité : sans chercher la cause originelle de cette incapacité, on doit constater qu’elle existe. […] VI. — Ce n’était pourtant pas l’avis du prince de Conti, qui tonne contre le Festin de Pierre dans son Traité de la Comédie et des Spectacles : « l’a-t-il une école d’athéisme plus ouverte que le Festin de Pierre, où, après avoir fait dire toutes les impiétés les plus horribles à un athée qui a beaucoup d’esprit, l’auteur confie la cause de Dieu à un valet à qui il fait dire pour la soutenir toutes les impertinences du monde ?
Heureusement il se défend par lui-même ; autrement sa cause serait perdue. […] Cependant je ne crois pas inutile de réclamer, car la cause du bon sens est toujours bonne à défendre ; perdue aujourd’hui, qui sait si elle ne triomphera pas demain ? […] Que le directeur ne se laisse pas déconcerter par cette résistance ; qu’il ne déserte pas, pour s’épargner quelques ennuis, la cause de la justice, et il recueillera bientôt les fruits de sa persévérance.
Moliere qui eut quelque honte de se sentir si peu de constance pour un malheur si fort à la mode, resista autant qu’il pût ; mais comme il étoit alors dans une de ces plenitudes de cœur si connuës par les gens qui ont aimé, il ceda à l’envie de se soulager, & avoüa de bonne foi à son ami, que la maniere dont il étoit forcé d’en user avec sa femme, étoit la cause de l’accablement où il se trouvoit. […] Pour moi, lui dit-il, je vous avouë que si j’estois assez malheureux pour me trouver en pareil état, & que je fusse fortement persuadé que la personne que j’aimerois accordât des faveurs à d’autres, j’aurois tant de mepris pour elle, qu’il me gueriroit infailliblement de ma passion : encore avez vous une satisfaction que vous n’auriez pas si c’étoit une maitresse, & la vengeance qui prend ordinairement la place de l’amour dans un cœur outragé, vous peut payer tous les chagrins que vous cause vôtre épouse, puis que vous n’avez qu’à la faire enfermer ; ce sera même un moyen assûré de vous mettre l’esprit en repos.
J’écoute le reproche, & n’en suis point la cause. […] Vous haïssez la cause, épargnez-vous l’effet.
Dans la lettre, Flavio raconte comment la jalousie qu’il a conçue contre Oratio et les preuves qu’il a cru avoir de l’infidélité de Flaminia ont été cause de son départ et de sa mort. […] C’est, par exemple, la désolation burlesque d’Arlecchino, de Pedrolino et de Burattino mangeant un plat de macaroni en pleurant tous trois à chaudes larmes à cause d’un accident qui est survenu à la femme de Pedrolino. — Ou bien, c’est Burattino dupé par deux larrons : « Burattino, ayant été chercher des provisions pour l’hôtellerie, revient avec un panier plein de victuailles.
Si malgré tes efforts, tes succès, tes lauriers, Des vices dont gémit notre humaine faiblesse Tu ne corrigeas pas l’incorrigible espèce, Laissant sur nos défauts tomber tes traits railleurs, Dans l’emploi périlleux de nous rendre meilleurs Prêtant ton éloquence à la plus noble cause, J’aime que ton courage à le tenter s’expose : Mais de la vérité les dangereux accents Ont armé contre toi la horde des méchants. […] Malin observateur de nos vices bourgeois, Bon et joyeux Picard, peut-être, quelquefois, Dans tes tableaux, brillants de vérité, de grâce, À nos petits travers tu donnas trop de place ; Mais que l’on applaudit le flexible talent Dont la variété nous charma si souvent, Et que de fois Picard, en voulant nous distraire, Dans la cause du rire a trouvé l’art de plaire !
Tous sont d’accord en somme pour le grandir sans mesure, en faire un personnage héroïque et fabuleux, l’honneur même, rendant ses oracles ; on se ferait une mauvaise affaire à prendre contre lui le parti d’Oronte, de Philinte ; à plus forte raison de Célimène ; ceux même qui, dans la vie réelle, n’y seraient jamais pour lui et se feraient un plaisir de l’éviter chez les autres se croient obligés d’épouser d’autant plus sa cause au théâtre et de l’admirer bruyamment. […] C’est l’amour qui parle, à coup sûr ; mais c’est aussi, je pense, la suprême impartialité de l’observateur planant au-dessus de ses propres misères, allant aux causes et absolvant Armande au nom de la faiblesse humaine qu’il sent en son propre cœur et de l’éternelle faillibilité féminine. […] bien explicable qu’Alceste ait perdu sa cause ; il ne pouvait pas la gagner ; eût-il fait même les démarches que lui conseille Philinte et qui étaient d’usage, visites, sollicitations, présents, quartauts de vin muscat, comme dans les Plaideurs, tout cela n’eût fait que blanchir, il fût resté sur le carreau. […] Encore, dis-je, qu’il verse là dans ses exagérations accoutumées et rende même l’indignation comique, — n’importe, la cause est juste, l’indignation est de bon aloi, non contre la nature humaine, mais contre Tartuffe, Grippeminaud et Brid’Oison, — trop heureux, comme je le disais tout à l’heure, que nous n’ayons plus aujourd’hui affaire à ces Messieurs et soulagé de penser que si Alceste revenait au monde, il gagnerait infailliblement son procès. […] C’est qu’ils sont ceux de son âge, c’est-à-dire de la vingtième année, et que ce n’est pas le temps d’être prude à vingt ans ; et ceux de son milieu, c’est-à-dire de son salon, de ce salon où l’on cause si bien, et où l’on s’ennuierait tant sans sa jolie façon de dire et de médire.
Monsieur le Président est ce Lamoignon que nous vénérons au collège, dans les épîtres de Boileau, et dont le Lutrin chante les louanges… Vertu sincère, universellement respectée ; ce qui rend impossible autant que bien d’autres causes, la prétendue annonce de Molière à l’occasion de Tartuffe : « Monsieur le Président ne veut pas qu’on le joue. […] Un ami inconnu a plaidé sa cause dans la Lettre sur l’Imposteur, qui est un panégyrique de l’œuvre et une théorie de la comédie, très digne et très philosophique8. […] Le livre du prince 16, paru après sa mort (1666) courait manuscrit auparavant ; s’il ne s’attaque pas à Tartuffe, pas encore joué, il prend à partie l’Ecole des femmes et surtout le Festin de Pierre, école d’athéisme, « où après avoir fait dire au maître, qui a beaucoup d’esprit, toutes les impiétés les plus horribles, l’auteur confie la cause de Dieu à un valet, à qui il fait dire, pour la soutenir, toutes les impertinences du monde ». […] Pour l’heure, encore que vieillissant, il vient de se remarier à une jeune fille de qualité, ce qui a amené dans la maison, fort sévère du temps de la première femme, un grand train de vie et un fracas de visites, dont la rue est bruyante et cause. […] Il voile le sein de Dorine ; il n’est point bon, quand on cause, d’avoir de pareils objets à portée de la main.
L’hiver est la saison des tragédies, à cause des belles recettes qu’elles font ; cela changera peut-être… Molière cependant risque aujourd’hui sa comédie nouvelle. […] je le connoi, dit Arnolphe ; et il ne se peut rien voir de plus plaisant que le changement de son visage, le rapprochement de ses sourcils et la grimace dont il avale cette pilule… Mais Horace ne voit point cela, ou n’en soupçonne point la cause ; et il s’éloigne, bien aise d’avoir parlé de celle qu’il aime, et recommandant le secret, — sans doute pour se laisser le plaisir de le conter lui-même à tout le monde, et Arnolphe, un moment abattu, finit l’acte en courant après lui afin d’en tirer davantage… Un gros bourdonnement s’élève, le parterre applaudit, les loges font les renchéries ; les marquis sur le théâtre se lèvent avec un bruit proportionné à leur importance et vont derrière la scène agacer les comédiennes ou draper Molière chez Molière. […] Lui seul en est la cause Et je n’y songeais pas lorsque se fit la chose… D’ailleurs, …… Quel mal cela peut-il vous faire ? […] La pièce, sournoisement hostile à Molière, n’offre de remarquable qu’une théorie d’un de ses personnages, qui bat en brèche l’École des Femmes, en soutenant que c’est une pièce tragique, à cause du désespoir d’Arnolphe et du ouf par lequel il tâche d’exhaler la douleur qui l’étouffe. — Dans une autre pièce encore, la Guerre, comique, on donne une autre raison du caractère tragique de l’École des Femmes, c’est la mort du petit chat, qui ensanglante la scène. […] Il se fierait, pour que cela ne passât pas les bornes, à ce bon sens de race que je rappelais à l’occasion d’Henriette, à ce sens exquis de la mesure et du goût, qui est inné chez nos Françaises, et, aussi, à cette galanterie respectueuse, la galanterie du galant homme, qui ne se perd chez nous qu’à cause justement de la séparation des sexes, cette séparation contraignant l’homme à se gâcher l’esprit et le cœur dans la société des filles de plaisir. — J’ai pu, pour ma part, m’assurer plus d’une fois que cette forte éducation, cette liberté des jeunes filles anglo-saxonnes, savent en faire des créatures admirablement loyales, point du tout pédantes, nullement dénuées de charme féminin ; et je me suis pris à penser que nos jeunes filles françaises y puiseraient très probablement des qualités inattendues, propres à ranimer ces choses qui vont disparaissant : la conversation dans le salon, le conseil au foyer.
L’Auteur voudra sans doute nous montrer les Procureurs se chargeant sans distinction de la cause des honnêtes gens & des frippons ; mais le fera-t-il avec plus de succès qu’Arlequin Grapignant ? […] Pantalon compte sur la probité du Docteur, lui remet sa cause : le Docteur la plaide & la gagne.
Plus je vous considere avec attention, Plus je vois que je cause ici d’émotion.
Quelle a donc pu être la cause ou le prétexte de cet arrêt d’expropriation rendu contre un grand génie au profit d’un talent de second ou de troisième ordre ? On a souvent répété, d’après La Serre2, que le Don Juan de Molière n’avait obtenu à sa naissance qu’un assez faible succès, à cause surtout du préjugé qui régnait alors contre les comédies en prose.
Les mêmes causes n’ont pas toujours produit les mêmes effets. […] Bien qu’ils viennent d’une cause interne, comme ils ne sont ordinairement que des accidents extérieurs et superficiels, la comédie, en les attaquant, peut espérer de les détruire, sauf à les voir remplacés par d’autres. […] Dans la comédie d’intrigue, il naît de quelque accident imprévu qui cause une agréable surprise. […] Les adversaires de M. de Fortia ont à faire et font, en effet, moins d’efforts pour soutenir leur cause. […] Molière, dit-on, pendant le temps qu’il joua la comédie à Pézenas, allaittous les samedis, dans l’après-dînée, chez un barbier dont la boutique était ce jour-là, à cause du marché, le rendez-vous d’une foule d’hommes de la ville et de la campagne.
La sœur cadette paroît, surprend son aînée un portrait à la main, & comme elle aime aussi Celio en secret, elle lui reproche son attachement pour l’original dont elle tient la copie : Aurora lui jure le contraire, &, pour le lui prouver, lui abandonne cette miniature qui cause sa jalousie : la sœur cadette l’accepte avec transport, l’ouvre bien vîte, & voit avec étonnement la figure d’Arlequin.
Cette sorte d’indifférence peut s’expliquer par deux causes. […] Ce mouvement d’ascension, que l’on croirait particulier au nôtre, et en vertu duquel tous les parents, dans les classes inférieures, donnent à leurs enfants une éducation supérieure à celle qu’ils ont reçue, pour les rendre capables d’une profession plus élevée que celle qu’ils exercent, ce mouvement existait déjà sans doute, quoique beaucoup moins fort ; et l’on dirait que Molière en a voulu marquer les progrès naissants, lorsqu’il a donné à tous les enfants, sur tous les pères, cette espèce de prééminence intellectuelle, dont il serait difficile d’assigner autrement la cause. […] S’il s’agissait d’un sophiste vulgaire, la fausseté palpable de ces arguments dispenserait d’y répondre, surtout une troisième fois ; mais on doit à un homme tel que Rousseau, on doit principalement à ceux qu’il pourrait abuser par le prestige de son talent et de sa renommée, de plaider contre lui la cause de la vérité, toutes les fois qu’il lui plaît de prendre en main celle de l’erreur.
Mais où chercher la cause de ce rajeunissement de son génie ? […] Après avoir exposé ce que ces idées ont de sain et de bienfaisant, et après avoir justifié le poète comique d’avoir plaidé la cause de l’ignorance chez les femmes : « Je ne voudrais pas toutefois, ajoute-t-il, me charger de le justifier complètement. […] Mais ici se pose une question : celle de savoir si, en entrant dans la lice, Molière faisait œuvre de religion ou de frivolité ; s’il venait au secours de Pascal, ou s’il ne prenait en main que la cause des plaisirs de la cour, menacés par une feinte sévérité.
Cette cause de la sotie contre la comédie était en effet une cause nationale. […] Les adversaires de l’Hôtel de Bourgogne avaient de si bonnes raisons à donner, la cause qu’ils défendaient était si fort la cause populaire, que les juges donnèrent gain de cause à l’Hôtel de Bourgogne. […] À ces causes, la justice fut touchée de ses plaintes. […] Molière à ces causes fut plus respecté qu’il ne fut aimé. […] Un jour, (il était un avocat sans cause), comme il revenait de plaider sa première cause, et de la plaider avec succès, notre jeune homme fait la rencontre d’une belle fille, alerte et pimpante, accorte et bien tournée !
Il est assez remarquable que ces critiques sans ménagement pour l’Hôtel de Rambouillet, et qui s’accordent à lui imputer Je mauvais goût et les mœurs hypocrites d’une partie du siècle de Louis XIV, font cependant concourir, par une contradiction bizarre, plusieurs causes étrangères au règne de ces deux calamités.
Il s’en déguise un peu la cause en disant que le refus d’un illustre suffrage la fit reléguer dans les provinces. […] J’ignore si l’épigramme a été lâchée avec connoissance de cause, ou avant la lecture.
La grande négligence que vous avez pour vos affaires a été cause que le clerc de votre Rapporteur ne m’a point averti, & vous avez perdu absolument votre procès que vous deviez gagner.... » Chrisale. […] L’Auteur n’a plus qu’un pas à faire, & la gaieté est totalement bannie de la scene, quand elle y est ramenée par la personne même qui cause le malheur dont nous sommes affectés.
Mais on doit, en critique comme au barreau, éviter de défendre une bonne cause par de mauvais arguments. […] Une autre fille était née pendant le voyage, mais on l’avait laissée en Languedoc, et, pour cause, on n’en parlait pas. […] Et, comme il lui en demandait la cause : — Eh ! […] Alors, en désespoir de cause, en désespoir de médisance, ils se jetèrent dans la calomnie et s’armèrent de tous ses venins. […] Chalussay n’avoua pas la cause pour laquelle il le frappait.
Marton, femme de chambre de Julie & de Mariane, étonnée de les voir se cacher dans leur appartement pour pleurer, pour gémir, & de trouver Moncade en colere, en demande la cause ; Moncade avoue ses torts & rentre dans l’appartement pour demander pardon à son amante & à sa mere. […] L’état dans lequel il le trouve, l’effraie ; il en demande la cause à Julie. […] N’as-tu pas remarqué quelque trouble en son ame A cause de l’amour qu’il a pour cette femme ?
« Par son médiateur il est des mieux servis, « Et vous plaidez sa cause en orateur habile.
Que sa conduite soulève l’indignation, et que les pleurs de son amante trompée attendrissent jusqu’à son valet38 ; que sa lâcheté hypocrite39 cause même assez d’horreur pour qu’on voie avec soulagement la foudre tomber enfin sur ce monstre40, cela n’est point discutable, et fait à première vue affirmer que ce spectacle est moral41. […] Je ne parle pas des filles mises à mal, c’est d’une vérité trop évidente ; mais ce valet, qui croit en Dieu au fond, qui voudrait avertir et retenir son maître, et à qui sa faible raison ne permet de défendre que ridiculement la cause de la vérité61 ; qui est forcé à mentir62, à insulter63, à cacher comme une honte les moindres bons sentiments64, à partager enfin toute la vie et tous les crimes de don Juan, « parce qu’un grand seigneur méchant homme est une terrible chose : il faut qu’on lui soit fidèle, en dépit qu’on en ait, et la crainte réduit d’applaudir bien souvent ce que l’âme déteste65 ; » ce valet, nous le voyons se gâter, s’endurcir, imiter l’escroquerie du maître66, engager le Pauvre à jurer un peu 67 ; et enfin, après le châtiment de don Juan, n’avoir d’autre sentiment en face de cette mort effrayante, que le regret des gages qu’il perd68 : ah !
Il n’excepta des faveurs poétiques prodiguées aux maîtresses du roi, que la plus intéressante de toutes, madame de La Vallière ; mais il faut lui tenir compte de cette exception, parce qu’elle avait pour cause le malheur de Fouquet qu’il attribuait à cette ancienne favorite. […] Les vers cités de Boileau ne pourraient être appliqués avec quelque apparence de raison qu’à madame Deshoulières, à cause du sonnet qui était son ouvrage.
Enfin, on voulait une image complète de la vie dans une comédie sans incidents, sans coups de théâtre, sans complications invraisemblables, où tout fût une cause naturelle ou un effet inévitable, et qui provoquât non ce gros rire, si bon qu’il soit, qu’excitent les bouffonneries de Scapin, mais le sourire de la raison émue et réjouie par le spectacle d’événements sérieux présentés sous une forme plaisante. […] Dans ce salon, on cause plus qu’on n’agit : que peuvent faire des oisifs autour d’une coquette ? […] Quoiqu’ils ne disent rien qui ne soit dans leur situation, et qu’ils ne se piquent pas d’impartialité en plaidant leur cause, ils ne peuvent parler pour eux, en gens d’esprit qu’ils sont, sans répandre çà et là des lumières et des vérités d’expérience qui nous apprennent à les juger, et à lire en nous et chez les autres. […] J’ai indiqué, pour Molière en particulier, les causes de cette éternelle jeunesse de la comédie.
Les divers déguisements qu’ils ont introduits dans leurs pieces pour y servir de base à l’édifice entier, ont tous la même cause, le même but, & le public sait trop bien que tous ne servent qu’à éprouver l’humeur, le caractere, la fidélité d’une personne qu’on veut épouser, ou à parvenir à lui parler ou à lui remettre une lettre.
Pendant leur entretien, quelques gens viennent visiter sa maîtresse, il voudrait l’obliger à ne les pas voir, et comme elle lui répond que l’un d’eux la sert dans un procès, il lui dit qu’elle devrait perdre sa cause, plutôt que de les voir ; il faut demeurer d’accord que cette pensée ne se peut payer, et qu’il n’y a qu’un misanthrope qui puisse dire des choses semblables. […] « La coquette paraît un peu mortifiée dans cette scène ; ce n’est pas qu’elle démente son caractère : mais la surprise qu’elle a de se voir abandonnée, et le chagrin d’apprendre que son jeu est découvert, lui cause un secret dépit, qui paraît jusque sur son visage. […] En lui faisant faire une pareille démarche, Molière a prétendu donner une preuve incontestable des bons sentiments de ce fils, et montrer que s’il a manqué de soumission et de respect, on ne doit l’imputer qu’à la honte que lui cause l’avarice de son père, et à l’injustice qu’il lui fait du côté de l’amour et de l’argent qu’il lui fait acheter si cher. […] Suivant leur louable coutume, ils ont couvert leurs intérêts de la cause de Dieu ; et Le Tartuffe, dans leur bouche, est une pièce qui offense la piété. […] Perrault gagnerait bientôt sa cause.
J’ai cherché pendant long-temps la cause de cette supériorité que Moliere a sur ses prédécesseurs & sur ses successeurs dans l’art de faire briller plusieurs caracteres par le secours l’un de l’autre ; & j’ai trouvé qu’il la doit à l’adresse avec laquelle il met ses caracteres en opposition.
imprimée depuis quelques jours, chez Prault fils, débute par cette judicieuse réflexion : « Le goût de bien des Lecteurs pour les choses frivoles, & l’envie de faire un Volume de ce qui ne devroit remplir que peu de pages, sont cause que l’Histoire des Hommes célebres est presque toujours gâtée par des détails inutiles, & des contes populaires aussi faux qu’insipides : on y ajoute souvent des critiques injustes de leurs Ouvrages ».
De la façon pourtant qu’il s’en est acquitté, Je le tiens en cela très expérimenté : Je crois que de sa vie il n’a fait autre chose ; Et nonobstant les maux que telle action cause, Tout pauvre que je suis, je lui donnerois bien, Pour souffleter ainsi, la moitié de mon bien. […] Leur bienfaiteur, surpris de n’éprouver pas la même sensation, leur en demanda la cause : Sire, lui répondirent-ils, il faudroit, pour bien sentir toutes les finesses de cette piece, que Votre Majesté connût Paris comme nous.
Enfin, quand un personnage se trouve tout à-coup dans un embarras imprévu, & qu’il ne peut se tirer d’affaires qu’en fuyant, il n’est nullement nécessaire qu’il nous apprenne la cause de sa fuite. […] J’ai vu des comédiens qui, en jouant les rôles de la Fleche & de Maître Simon, ne croyoient pas apparemment la cause de leur fuite assez bien marquée par l’Auteur, & qui répétoient en fuyant, pendard !