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21. (1901) Molière moraliste pp. 3-32

Soyez simples, dit Molière aux philosophes et aux médecins, soumettez à l’expérience les règles de la science, songez à la perfectionner sans cesse ; ne vous payez pas, et ne nous payez pas de mots, qu’ils soient latins ou grecs ; enfin, commencez moralement et physiquement par nous guérir, et nous ne manquerons pas de vous rendre grâce. […] Quand les pères et les époux seront bien convaincus que toute contrainte, toute tyrannie, ne saurait rien engendrer pour eux que de funeste, ils cesseront de faire peser sur leurs filles et leur femme un joug honteux. […] Et ce respect de Molière (bien supérieur en cela à La Fontaine) pour la femme, qu’il croit naturellement bonne et généreuse, ne répond-il pas aux préoccupations du grand philosophe moderne qui jugeait de la valeur morale d’une société selon la place que la femme y tenait, l’estime et le respect dont elle y était entourée, croyant avec raison que seule la femme sera capable d’élever, de rendre meilleur et plus pur le cœur de l’homme ; que seule la compagne de celui qui lutte et qui pense, saura lui rappeler sans cesse qu’il doit être non seulement courageux et énergique, mais très bon, très généreux et très aimant. […] Derrière les grilles, la personne humaine cesse d’être libre, la femme voit sa beauté se faner sans profit, son âme se dessécher ou s’abêtir. […] Le premier, celui sur lequel il revient sans cesse, est d’être simples : Monsieur Purgon a beau s’affubler d’une longue robe noire et parler latin, il n’en tue pas moins ses malades ; Monsieur Lysidas invoque Aristote et fait d’exécrables pièces ; le philosophe Pancrace est un âne avec toute son érudition ; Marphurius, qui feint de douter si le monde extérieur existe ou non, a besoin de quelques coups de bâton pour se souvenir qu’il existe des juges ; Trissotin, qui mêle en ses vers les calembours aux soupirs, est insupportable. — Molière dit à Arsinoé qu’elfe s’y prend un peu tard pour devenir prude ; à Dorante, ami de Monsieur Jourdain, qu’en dépit de ses belles manières et de son titre, il est un escroc ; à Don Juan, fils insolent, révolté contre toute idée de devoir individuel ou social, égoïste et méchant, au seigneur qui s’abaisse à user de son prestige pour intimider et congédier un créancier, au séducteur de Dona Elvire, repenti tardivement et s’en remettant hypocritement au ciel du soin de réparer ses fautes : « Apprenez que la vertu est le premier titre de noblesse, que je regarde bien moins au nom qu’on signe qu’aux actions qu’on fait, et que je ferais plus d’état du fils d’un crocheteur qui serait honnête homme, que du fils d’un monarque qui vivrait comme vous » ; Clitandre, amant d’Angélique et plein de mépris pour le roturier Georges Dandin : « Vous avez une étrange façon de mentir et de vous parjurer, pour un gentilhomme ! 

22. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE VIII. Le Mariage. » pp. 145-165

  Tout cela est très-comique et très-sérieux : la vérité banale, et pourtant sans cesse attaquée par des utopistes des deux sexes, que le mariage est la base, et la moralité de toute société humaine, n’a pas été proclamée plus haut, dans les ouvrages les plus graves, que dans les scènes les plus risibles de Molière. […] Cette triple leçon est reprise sans cesse, de cent manières diverses, et il n’y a, pour ainsi dire, pas une comédie où elle ne se trouve plus ou moins accentuée. […] « On doit chercher plus que toute autre chose h y mettre cette douce conformité, qui sans cesse y maintient l’honneur, la tranquillité et la joie551. » X.

23. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIV. » pp. 489-499

Je suis de mille amants sans cesse importunée, Et crois qu’à ce tourment le Ciel m’a destinée. […] Cessez de vous défendre De ce que vos regards m’ont souvent fait entendre.

24. (1820) Notices des œuvres de Molière (V) : L’Amour médecin ; Le Misanthrope ; Le Médecin malgré lui ; Mélicerte ; La Pastorale comique pp. 75-436

Enfin, les mules ou les chevaux pacifiques sur lesquels ils parcouraient les rues de Paris ; l’habit de forme et de couleur doctorale dont ils étaient sans cesse affublés ; le grec et le latin dont ils lardaient leurs moindres discours, tout leur donnait cette physionomie pédantesque, qui peut bien imprimer quelque respect à l’ignorante multitude, mais qui ne manque jamais d’exciter la risée des hommes éclairés. […] Loin que Le Misanthrope ait été soutenu par Le Médecin malgré lui, cette dernière pièce, jouée six jours après qu’on eut cessé de jouer la première, le fut onze fois de suite avec d’autres ouvrages ; après quoi, les deux pièces furent données ensemble, et ne le furent que cinq fois. […] En rapprochant les traits dont se compose le caractère comique d’Alceste, je cesse d’être étonné que Rousseau ait fait le procès à Molière. Rousseau, au moins singulier dans le choix de ses maîtresses, et toujours prêt à se brouiller avec ses meilleurs amis ; affectant de contrarier sans cesse l’opinion commune, et quelquefois sa propre opinion ; faisant à tout propos la satire de la société, et menaçant de rompre avec elle en fuyant dans un désert ; s’imaginant que tous les hommes étaient ligués pour lui nuire, et aspirant à des persécutions réelles pour nourrir et justifier sa misanthropie, Rousseau, je suis bien tenté de le croire, se sentit joué personnellement dans le rôle d’Alceste ; et, quand il attaqua Molière, il ne fit, à son insu peut-être, que se défendre et se venger lui-même.

25. (1809) Cours de littérature dramatique, douzième leçon pp. 75-126

De ce nombre sont la dispute avec Oronte sur le sonnet, et la façon dont elle se termine ; le jugement du procès dont on parle sans cesse ; enfin, la manière dont Célimène est démasquée par la vanité des deux marquis et par la jalousie d’Arsinoé. […] La langue française a bien fait de s’interdire le ton burlesque : d’autres langues peuvent le supporter, mais en français, pour peu que l’on cesse de parler et d’écrire avec choix et avec noblesse, on tombe dans la vulgarité la plus rebutante. […] Mais alors cesse le comique franc et jovial de la classe bourgeoise ; on lui en substitue un autre, auquel la société seule a donné naissance, et qui porte toujours le caractère de vide que doit nécessairement avoir une existence dépourvue de but et d’utilité. […] D’autres pièces de lui, comme L’Ingrat, L’Homme singulier, se fondent sur des idées mal conçues, et l’on voit clairement, par cet exemple, comment un poète, tel que Destouches, qui a sans cesse devant les yeux le Tartuffe ou Le Misanthrope comme l’idéal de la perfection, n’a qu’un pas de plus à faire pour sortir en entier du domaine de la comédie. […] Cette bonhomie dont je parle se rencontre sans cesse dans les classes inférieures de la société, où elle n’a pas encore été étouffée par le raffinement des mœurs.

26. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Première partie. — L’école dogmatique — Chapitre III. — Du drame comique. Méditation d’un philosophe hégélien ou Voyage pittoresque à travers l’Esthétique de Hegel » pp. 111-177

Le conflit des idées morales cessa d’être la substance de l’intérêt tragique, et le chœur rendu par là utile ne fut plus qu’un sentencieux hors-d’œuvre. […] Mais il ne faut pas exagérer ce prix de la personne humaine, au point de supposer que l’homme put dès lors cesser de participer à la vie générale de la Société, pour s’enfermer, d’une façon exclusive et jalouse, dans l’indépendance absolue de son être individuel. […] Le grand intérêt du drame romantique fut, il est vrai, dans les individus, dans le développement varié et profond de leur riche personnalité ; mais les individus ne cessèrent point de se mouvoir dans un cercle d’idées générales et de sentiments généraux. […] Rompre sans cesse le développement rationnel d’un roman tragi-comique, commencer arbitrairement, continuer et finir de même, jeter au hasard, pêle-mêle, sans suite, une foule d’images, de sentiments et de saillies : voilà le programme qu’il suit et qu’il nous propose. […] Je sais bien que la tragédie, sous sa forme romantique, a cessé d’être le contraire de la comédie, puisqu’elle a pour principe, non plus la guerre des Dieux et sa fatale issue, mais, de même que la comédie, le libre développement de la personnalité de l’homme.

27. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [7, p. 38] »

Depuis ce temps-là il n’a cessé de verser le ridicule sur la médecine.

28. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [85, p. 129-130] »

Tout ce qu’il vous débite, en grimaces abonde, À force de façons, il assomme le monde ; Sans cesse, il a tout bas, pour rompre l’entretien, Un secret à vous dire, et ce secret n’est rien, De la moindre vétille280 il fait une merveille, Et jusques au bon jour, il dit tout à l’oreille.

29. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXI. Du Genre mixte. » pp. 241-252

Cessez, ô Trufaldin, de vous inquiéter ; C’est par mon ordre seul qu’il vient vous visiter ; Et je vous l’envoyois, ce serviteur fidele, Vous offrir mon service & vous parler pour elle. […] Ce n’est pas tout ; l’intrigant cesse d’être intéressant par la même raison qu’il attaque le caractere avec des armes contre lesquelles il ne peut riposter.

30. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XII. » pp. 251-273

Les Rois, pour être Rois, ne cessent pas d’être hommes : pensez-vous que... […] Buona Testa soutient qu’elle est très malade ; Onesti, qu’elle se porte bien : Merlino est alternativement de l’avis de ses deux confreres : Tarquino crie sans cesse qu’il faut du sang. […] Dans trois scenes consécutives Pantalon paie Buona Testa parcequ’il a parlé latin, Merlino parcequil a suivi tous les avis, Tarquino parcequ’il a crié sans cesse, du sang, du sang.

31. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXX. Des Surprises. » pp. 490-502

Pour qu’une surprise soit bonne, il faut que rien ne l’annonce, & qu’elle produise un effet bien prompt, sans quoi elle cesse d’être une surprise. […] Je ne veux point avoir sans cesse devant moi un espion de mes affaires, un traître, dont les yeux maudits assiegent toutes mes actions, dévorent ce que je possede, & furetent de tous côtés pour voir s’il n’y a rien à voler.

32. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXII » pp. 222-236

Ce fut néanmoins dans cette année qu’elle cessa d’être l’unique objet de ses désirs. […] Cette complication fit que le public sut fort inexactement l’époque où cessa l’intime liaison du roi avec madame de La Vallière, et où de vint exclusive celle qu’il eut avec madame de Montespan.

33. (1862) Corneille, Racine et Molière (Revue chrétienne) pp. 249-266

Il la nommait l’infatigable messagère qui sans cesse va de l’humanité aux groupes divers dont l’humanité se compose, élevant les faits à l’idéal, agrandissant les aspects de la vie, ajoutant aux richesses de la civilisation. […] Les formes religieuses y ont sans cesse prévalu sur le sentiment religieux. […] La nature, la vraie nature, droite, saine et forte, l’emporte sans cesse chez lui sur tes habitudes acquises et proteste avec une sublime énergie contre toutes les. déviations et tous les compromis. S’il n’est pas le disciple du Christ, il est bien le disciple de ce précurseur qui tonnait dans Le désert contre la foule perverse et ne cessait de crier : Race de vipères !

34. (1840) Le foyer du Théâtre-Français : Molière, Dancourt, I pp. 3-112

Ces braves gens délient avec peine les cordons de leur bourse, et menacent sans cesse leurs fils de les déshériter; mais leur cœur de père, facile à toucher, se rend bientôt au vœu des jeunes gens. […] Don Garcie de Navarre est un amant qui ne cesse de retomber en des accès de jalousie, malgré les serments qu’il fait de se corriger de cette frénésie, et en dépit des preuves que sa maîtresse lui donne de sa fidélité. […] Molière, en effet, ne cessait de railler les acteurs de l’Hôtel de Bourgogne ; il faisait rire le public à leurs dépens. […] Pour moi, je n’ai cessé de vous être soumise, et je ressens toujours un nouveau plaisir à rendre service aux gens de bien, à leur être utile. […] Certaines personnes timorées ont pensé que les railleries jetées sans cesse par la comédie à la tête des maris trompés, dégradait l’institution du mariage.

35. (1824) Notice sur le Tartuffe pp. 91-146

Il est plus naturel de penser qu’il s’y rendit sans peine, et qu’il n’eut l’air de s’en défendre que pour ne pas compromettre la délicatesse de son goût ; et, si dans le fait il avait peu de penchant pour un genre indigne de ses hautes conceptions comiques et de la pureté de son école, il n’était pas fâché de traduire sur la scène le libertin effronté qui se joue de toutes les lois divines et humaines, avant d’y exposer le libertin hypocrite qui invoque sans cesse le ciel pour satisfaire les plus honteuses passions. […] Cette triste rhapsodie, si pauvre de style et de raison, n’en fit pas moins pâmer de joie la tourbe des hypocrites ; elle était colportée dans tous les salons comme un petit chef-d’œuvre ; on s’extasiait sur chaque vers, on y découvrait sans cesse de nouvelles beautés. […] Elle fut jouée au mois de juin, et ne cessa d’attirer la ville et la cour ; les camarades de Molière voulurent qu’il eût double part par chaque représentation, et cette décision honorable fut fidèlement exécutée durant toute la vie de l’auteur. […] Tartuffe n’a pas d’ailleurs, comme le pâle hypocrite de La Bruyère, la force de maîtriser ses passions ; elles sont ardentes, impérieuses ; sa lubricité, son avarice, sont sans cesse excitées à l’aspect d’une maison riche et d’une femme séduisante. […] À une seule époque le Tartuffe cessa d’être vrai.

36. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Première partie. — L’école dogmatique — Chapitre premier. — Une leçon sur la comédie. Essai d’un élève de William Schlegel » pp. 25-96

Pour ouvrir la porte au comique, il faudrait que je cessasse de prendre au sérieux mon sujet, et que mon imagination se jouât librement des critiques et des théories de mon auteur… Cela serait fort mal, et je déclare que je ne voudrais égayer personne à ce prix. […] Dès son entrée sur les planches, il ne cesse de répéter sur tous les tons : je suis un misanthrope, conformément au précepte de Boileau, qui, pour plus de clarté, aime qu’un acteur « décline son nom », et dise : Je suis Oreste ou bien Agamemnon. […] Dès que l’auteur cesse de donner des motifs personnels aux actions et aux discours qu’il produit sur la scène, il sort du ton de la comédie104. […] Cet empire envié par le reste du monde, Ce pouvoir qui s’étend une lieue à la ronde, N’est que de ces beautés dont l’éclat éblouit Et qu’on cesse d’aimer sitôt qu’on en jouit. […] Folie aimable et pleine de sens, où étincelle cet esprit fantastique si rare en France, et où règne une plaisanterie vive et douce, qui, bien qu’elle aille quelque fois jusqu’à une sorte de délire, ne cesse jamais d’être légère et inoffensive.

37. (1900) Quarante ans de théâtre. [II]. Molière et la comédie classique pp. 3-392

Mais nous ne cesserons de le répéter, puisque M.  […] Ce mot revient sans cesse dans la pièce. […] On parle sans cesse dans le drame de ses abominables scélératesses. […] La même situation s’y présente sans cesse sous de nouvelles formes. […] Point du tout ; elle se répète sans cesse dans le monde.

38. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE VII. De l’Amour. » pp. 121-144

Dans F Etourdi, le Dépit amoureux, l’Amour médecin, les deux Écoles, le Médecin malgré lui, l’Avare, les Fourberies de Scapin, M. de Pourceaugnac, on voit sans cesse les amants tomber des sentiments les plus beaux dans les ruses les moins dignes, et employer des chemins honteux pour atteindre un but honorable qu’ils n’ont pas la constance de chercher par la seule route de l’honneur. […] Il est revenu sans cesse sur cette nécessité que l’amour soit naturel, conforme à l’âge, à la condition, au caractère, aux âmes de ceux qui s’y livrent. […]   Quand on repense à la fausseté et à l’indécence des amours applaudis sur tant de théâtres, à la corruption insinuée chaque jour au peuple par tant de romans pleins de passions hors nature, à la gloire acquise par tant d’auteurs au moyen des théories d’amour les plus brutales et des peintures d’amour les plus lubriques, on reconnaît que Molière a rendu service à la morale en présentant sans cesse le spectacle, conforme à la nature et à la raison, d’amours jeunes, joyeux et honnêtes.

39. (1802) Études sur Molière pp. -355

Le spectateur, tout en riant des embarras qu’on oppose à leur impatience amoureuse, désire cependant de les voir cesser. […] La prose. — Simple68 ; quoique animée sans cesse par des images poétiques. […] Je tairai toujours le nom de l’acteur, par égard pour ses talents ; mais je dois faire remarquer aux jeunes gens qu’un grand comédien, dès qu’il cesse de bien sentir l’auteur, peut transmettre la tradition la plus vicieuse. […] Baron, reconnaît ses torts, il ne cesse de répéter qu’il ne cherche pas à se rapprocher de Molière, parce qu’il se croit indigne de ses bontés. […] Il avait en même temps la dignité, le sérieux et l’air d’ironie nécessaires pour représenter un grand personnage, pour en imposer à un sot, et pour rappeler sans cesse au public qu’il était témoin d’une mystification.

40. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XII. M. COLLÉ. » pp. 354-380

Desronais, seul, se reproche son aventure avec la Comtesse, & jure qu’il n’a pas cessé d’adorer Mariane. […] Tu ne cesseras jamais de gausser ? […] Voilà déja plusieurs années que je me tiens auprès de mon protecteur, vivant sans cesse dans l’attente de ce qu’il me faisoit espérer.

41. (1769) Éloge de Molière pp. 1-35

Dans cette crise, les mœurs et les manières anciennes contrastaient avec les lumières nouvelles ; et le caractère national, formé par des siècles de barbarie, cessait de s’assortir, avec l’esprit nouveau qui se répandait de jour en jour. […] Lui seul réveillait sans cesse l’admiration publique. […] Ici le sublime est sans cesse à côté du plaisant.

42. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXVII et dernier » pp. 442-475

Le 2 août, madame de Maintenon écrivait à son amie : « Les jalousies ont cessé, la paix est faite… ; madame de Montespan est plus brillante et plus adorée que jamais. […] La reine et madame la dauphine ayant cessé d’être en bonne intelligence, la reine accusa madame de Maintenon de ce refroidissement. […] Elle devait être féconde en jouissances nouvelles cette amitié vive qui, par une conversation animée, sans chicane et sans contrainte, multipliait sans cesse et variait à l’infini ses épanchements vers l’objet aimé, les lui offrait toujours avec intérêt et toujours à propos, provoquait les siens, lui communiquait une vie nouvelle, une existence inconnue, créait en lui un autre homme, avec des facultés jusque-là ignorées de lui-même, l’introduisait dans ce pays nouveau dont parle madame de Sévigné, où avec d’autres yeux il voyait d’autres choses et d’autres hommes, l’introduisait dans son propre cœur où il n’était jamais descendu, l’apprenait à s’étudier et à se connaître, lui donnait une conscience pénétrée du besoin de sa propre estime, une conscience qui lui rendit bon témoignage de lui et de son amie.

43. (1818) Épître à Molière pp. 6-18

À venger le bon goût tu travaillas sans cesse ; Ta muse à tous les tons se plie avec souplesse ; Dans chacun de tes vers nous donne une leçon, Et, toujours en riant, fait parler la raison. […] Dans leurs sermons rimés nos modernes auteurs Prêchent, prêchent sans cesse, et ces réformateurs, Retirant sa marotte à l’aimable folie, De ses joyeux grelots ont dépouillé Thalie.

44. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [29, p. 54-59] »

J’avais pourtant un enragé précepteur qui me rebattait toujours de ces fadaises-là, et qui me faisait retomber sans cesse sur son Épicure ; encore passe pour ce philosophe-là, c’était lui qui avait le plus de raison.

45. (1788) Molière (Dictionnaire encyclopédique) « article » pp. 588-589

L’Étourdi est une machine composée de ces deux ressorts ; Mascarille renoue sans cesse une intrigue toujours rompue ou par l’étourderie de Lélie ou par des contre-temps que le hazard amène.

46. (1900) Molière pp. -283

Je ne conseille, à vrai dire, à personne de les écrire, ces pièces, mais à tout le monde d’en profiter, et de se les appliquer sans cesse, à tout le monde absolument. […] Ainsi, la comédie, sans cesse renouvelée, s’est maintenue jusqu’à nous, jeune et souriante. […] Ceux-ci parlent modérément et ne maîtrisent pas toujours leur langue ; celles-là, qui parlent sans cesse, et de tout, ne disent rien que ce qu’il leur faut dire. […] ——— Une femme qui aime cesse d’être curieuse. […] ——— Songer prudemment à utiliser sa jeunesse, c’est déjà peut-être cesser d’être jeune.

47. (1861) Molière (Corneille, Racine et Molière) pp. 309-514

Les droits des formes religieuses y ont sans cesse prévalu sur ceux du sentiment religieux. […] Il y est revenu sans cesse ; il l’a reproduit sous mille formes. […] Aussi voit-on sans cesse les femmes tomber dans les plus charmantes inconséquences. […] La malédiction qui pèse sur le vice c’est qu’il enfante le vice : voilà ce que nous apprend le spectacle de la vie et ce que Molière ne cesse pas de nous dire. […] S’il n’est pas disciple du Christ, il est bien le disciple de ce précurseur qui tonnait dans le désert contre la foule perverse et ne cessait de crier : Race de vipères !

48. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XI. Du Dialogue. » pp. 204-222

La réponse de Valere, qui prend le parti d’Harpagon, & qui dit à Maître Jacques qu’on n’invite pas les gens pour les assassiner à force de mangeaille ; que rien n’est plus préjudiciable à l’homme que de manger avec excès ; que pour se bien montrer ami des gens que l’on invite, il faut les traiter avec frugalité ; & que, suivant le dire d’un Ancien, il faut manger pour vivre, & non pas vivre pour manger : tout cela cesse d’être comique, si Maître Jacques y a donné lieu, & si l’on ne voit pas que c’est la flatterie, & non le bon sens, qui le fait dire à Valere 28. […] Albert, qui tremble à l’approche de tout homme, & qui craint sans cesse qu’on lui enleve sa maîtresse, répond brusquement : Albert.

49. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXI. De l’Amour. » pp. 367-384

Le public est-il une fois instruit de la pureté, de la vivacité de leur tendresse, qu’ils cessent de disserter sur leur passion, qu’ils en prouvent la violence en agissant ou en faisant agir tout ce qui les entoure pour parvenir à l’hymen qui doit combler leurs vœux. […] cesse devant moi, Traître, de ce discours l’insolence cruelle !

50. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE III. Dufresny imitateur comparé à Moliere, à Champmeslé, son Mariage fait & rompu comparé à l’histoire véritable du faux Martin-Guerre, & à la nature. » pp. 81-99

Le Président, mari de cette prude, qui se laisse mener par sa femme, en affectant toujours un air d’autorité & en ordonnant sans cesse, est aussi fort plaisant. […] Nous les aurions sans cesse confondus, si nous eussions suivi la date de leurs pieces.

51. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE X. M. DIDEROT. » pp. 317-332

D’Orval cesse d’écrire, saute sur son épée, vole au secours de son ami. […] « Sans la supposition que l’aventure du Fils naturel étoit réelle, que devenoit l’illusion de ce Roman & toutes les observations répandues dans les entretiens sur la différence qu’il y a entre un fait vrai & un fait imaginé, des personnages réels & des personnages fictifs, des discours tenus & des discours supposés ; en un mot toute la poétique, où la vérité est mise sans cesse en parallele avec la fiction ?

52. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE III. » pp. 53-56

Sa maison est sans cesse remplie de femmes aussi ridicules qu’elle, & de faux savants.

53. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXI. » pp. 420-425

Querellez-vous sans cesse Pour vous raccommoder.

54. (1825) Notices des œuvres de Molière (IX) : La Comtesse d’Escarbagnas ; Les Femmes savantes ; Le Malade imaginaire pp. 53-492

« Il mit, dit-il, la folie à la place de la raison, et l’on peut dire qu’il trouva l’effet théâtral plus que la vérité… Armande et Philaminte sont des êtres très ridicules, j’en conviens, et qui méritent qu’on en fasse justice ; mais le bonhomme Chrysale, qui, dans sa grossièreté franche et bourgeoise, renvoie sans cesse les femmes à leur dé, leur fil et leurs aiguilles, et ne veut pas qu’une femme lise et sache rien, hors veiller sur son pot, n’est plus du siècle de Louis XIV. […] Mais il cesse d’être raisonnable, lorsque, dans son juste dépit contre le faux savoir et le faux esprit, il attaque l’esprit et le savoir véritables ; quand, révolté de voir des femmes qui abandonnent les travaux de leur sexe pour manier le télescope et l’astrolabe, il voudrait qu’elles ne touchassent même pas un livre ; quand, enfin, il regrette le temps où toute leur science se bornait à connaître un pourpoint d’avec un haut de chausses . […] Elle avait renoncé à se faire imprimer, mais non pas à écrire ; elle écrivait sans cesse, et de beaux esprits, dont elle était toujours entourée, étaient les confidents indiscrets de ces mêmes productions qu’elle regrettait de ne pas étaler à un plus grand jour. […] On le transporta chez lui ; et, peu d’heures après, il avait cessé de vivre. […] Sa malade sans maladie est une femme visionnaire, qui se croit privée d’appétit, parce qu’après un bon repas, elle cesse de manger, et travaillée d’insomnie, parce qu’après une bonne nuit, elle discontinue de dormir.

55. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVI. De l’Entr’acte. » pp. 289-308

Si au contraire elle doit servir à défigurer Thalie, & redoubler ses pas vers la barbarie, on ne peut trop sévérement sévir contre elle, sans cesser de savoir gré à l’Auteur de sa tentative. […] Au milieu de ce travail, Drink & Robert entrent en se disputant : c’est là l’instant où l’orchestre doit cesser de jouer, & où l’acte commence ».

56. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XIV. La commedia dell’arte au temps de Molière (à partir de 1662) » pp. 265-292

Dans le canevas de La Figlia disubediente (la Fille désobéissante)49, Arlequin ne faisait que passer sur le théâtre, en soldat qui revient de l’armée, et répéter sans cesse : « Donnez par charité quelque chose à un soldat de Porto-Longone !  […] Je joue déjà assez bien le rôle de l’Ermite ; et d’ailleurs ce serait un vrai moyen de me délivrer de l’importunité de mes créanciers, qui ne cessent de me persécuter. » Les quelques lignes de la fameuse préface que nous venons de rappeler suffisent à nous avertir que les chefs-d’œuvre de la comédie française, L’École des femmes, Le Misanthrope, Le Tartuffe, L’Avare, se succédaient sur le même théâtre où Scaramouche et Dominique faisaient à qui mieux mieux leurs culbutes « et autres singeries agréables, comme dit Gherardi, qui sont du jeu italien ».

57. (1882) Molière (Études littéraires, extrait) pp. 384-490

Les dix volumes du Grand Cyrus furent une sorte de galerie psychologique dont les allusions ne commencèrent à ennuyer les lecteurs qu’au jour où ils cessèrent d’en être les héros. […] Est-il besoin d’ajouter que la victoire de Molière fut légitime comme une conquête de la raison, et que l’art cesserait d’exister s’il ne récusait pas l’ombrageuse autorité du sacerdoce ? […] Non, sa monomanie soudaine n’a pas de racines : l’effet peut cesser avec la cause. […] N’a-t-il pas dépêché Don Juan, parce que les comédiens de l’hôtel de Bourgogne, et ceux de Mademoiselle, avaient déjà le leur, et que la statue qui marche ne cessait de faire merveille ? […] Sans cesse des soupirs sifflent à mes oreilles, Mille vœux élancés m’entourent comme abeilles.

58. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XI. » pp. 218-250

Don Juan lui avoue qu’il la fuira sans cesse, pour ne plus s’opposer à sa premiere vocation pour le cloître : Elvire, indignée, lui prédit une punition céleste. […] Don Juan tourne en ridicule les vieillards qui pleurent, qui grondent sans cesse, & se prépare à jouir bientôt de Dona Anna. […] Patricio le croit, & cesse d’y prétendre.

59. (1865) Les femmes dans Molière pp. 3-20

Je le croirais volontiers à la manière généreuse avec laquelle il la traite, la parant de toutes les grâces et ménageant si délicatement le côté odieux de son caractère, comme aussi à ces paroles si touchantes qu’il lui adresse par la bouche d’Alceste : Défendez-vous au moins d’un crime qui m’accable, Et cessez d’affecter d’être envers moi coupable. […] Et combien cette étrange situation est rendue plus piquante encore par le contraste, des scènes si comiques entre Cléanthis et Mercure sous la forme de Sosie, puis Sosie lui-même, cette prude et grondeuse Cléanthis à qui Mercure dit : La douceur d’une femme est tout ce qui me charme, Et ta vertu fait un vacarme Qui ne cesse de m’assommer.

60. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIII. Des Reconnoissances. » pp. 399-421

Enrique reconnoît sa fille dans Agnès, & s’écrie : Je n’en ai pas douté d’abord que je l’ai vue, Et mon ame depuis n’a cessé d’être émue. […] Sous ce nom étranger cessez de vous cacher.

61. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IX. Du Genre larmoyant. » pp. 103-122

Cessez sur-tout de donner à votre genre le titre fastueux de genre philosophique, parceque je vous prouverai, lorsque vous le voudrez, qu’il y a plus de philosophie dans la moindre des farces de Moliere (ces productions si méprisées par vous), que dans toutes les pieces qui ont paru depuis la mort de ce grand Homme. […] Jeunes comiques, je vous le répete, & je ne cesserai de vous le répéter ; quand on vous dira qu’on ne veut plus rire au spectacle, n’en croyez rien.

62. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VI. » pp. 106-124

J’étois si outrée d’une telle impudence, que j’avois laissé le présent à la femme qui me l’avoit apporté, en la priant de le rendre à qui l’envoyoit ; mais songeant que la femme pourroit bien le retenir & faire croire que je l’avois reçu, je vous l’apporte, & je vous prie de le rendre vous-même, & de lui dire de la bonne sorte, que, s’il ne veut pas cesser de me persécuter, j’en avertirai mon époux & mes freres, quelque chose qu’il en puisse arriver ». […] Ensuite elle prie son amant suranné de faire cesser l’inquiétude que lui causent les messages fréquents de son fils.

63. (1870) La philosophie dans le théâtre de Molière (Revue chrétienne) pp. 326-347

Tout dévoré de ce feu sacré; il ne cessait de parler, de plaider, d’écrire en faveur de ses amis, Galien, Hippocrate et les autres. […] Tout le monde connaît la fameuse fleur nommée héliotrope, qui se tourne sans cesse vers l’astre du jour, ni plus ni moins que le cœur de M. […] Que notre grand comique n’ait pas su découvrir la marche future des sciences, sans doute c’est une erreur bien pardonnable, et toutefois le dirai-je, ce serait presque avec un douloureux regret que je verrais le génie de notre grand homme engagé seul dans une voie qui nous paraît aujourd’hui plus ou moins ridicule, condamné seul à voir les progrès des sciences accuser tous les jours la faiblesse de son regard, et creuser sans cesse l’abîme qui le séparerait tous les jours davantage de nous et de la vérité.

64. (1874) Leçon d’ouverture du cours de littérature française. Introduction au théâtre de Molière pp. 3-35

Metz était alors, ville impériale libre ; mais déjà son cœur était français, et il n’a pas cessé de l’être. […] Tout cela fait autant de scènes, sans compter les démons qui sans cesse vont et viennent pour examiner ce qui se passe, et qui, voyant que l’affaire devient sérieuse, commencent à s’inquiéter. […] Après Philippe-Auguste et son petit-fils St-Louis, premiers restaurateurs de la monarchie, la royauté, pendant tout le cours du XIIIe et du XIVe siècle, n’avait cessé de grandir, chaque province venant à son tour se rallier au faisceau de l’unité nationale, le comtat Venaissin (1273), la Navarre (1285), la Guyenne (1299) au XIII0 siècle, Lyon (1312), Montpellier (1349), le Dauphiné (1349) au XIVe, qui est aussi l’époque des premières réunions d’États généraux.

65. (1819) Notices des œuvres de Molière (IV) : La Princesse d’Élide ; Le Festin de Pierre pp. 7-322

Molière fit une seule fois ce que Benserade faisait sans cesse. […] Insolent et cruel avec politesse envers les femmes qu’il a cessé d’aimer, il n’est que trop séduisant auprès de celles qu’il désire, et nulle n’a le pouvoir de lui résister.

66. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IX. » pp. 180-200

Les trois Princes & Polilla entrent sur la scene : le Comte de Béarn & Gaston proposent à Don Carlos un expédient pour réduire la fierté de la Princesse, qui est de cesser tous en même temps de lui rendre des soins, & de n’avoir des égards que pour les Dames de sa Cour. […] Il falloit qu’elle cessât bientôt sans doute, & je m’étonne seulement qu’elle ait pu durer la moitié du jour ; car enfin je mourois, je brûlois dans l’ame quand je vous déguisois mes sentiments, & jamais cœur n’a souffert une contrainte égale à la mienne.

67. (1885) Revue dramatique. Le répertoire à la Comédie-Française et à l’Odéon (Revue des deux mondes) pp. 933-944

Nisard : « Le jour où le grand Corneille cesserait d’être populaire sur notre théâtre, ce jour-là, nous aurions cessé d’être une grande nation ! 

68. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXVI » pp. 413-441

Après avoir entendu que Néron excellait dans la danse, Excellait à conduire un char dans la carrière, À se donner lui-même en spectacle aux Romains, il cessa de danser dans les ballets de sa cour, et fit Racine gentilhomme de sa chambre. […] Si jamais il n’est plus jeune, et qu’il cesse d’être amoureux, il ne sera plus la même chose. » C’était donc la sollicitude maternelle qui disposait mal madame de Sévigné pour les premiers ouvrages de Racine ; Andromaque fut la première de ses pièces qu’elle vit avec faveur, tant que son fils fut amoureux de l’actrice.

69. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IX. Du point où doit commencer l’action d’une fable comique. » pp. 172-177

Constance n’a pas cessé d’adorer son époux ; Durval, plus inconstant, lui a fait des infidélités : mais l’Amour venge l’Hymen, & ramene le perfide vers sa femme, plus épris qu’il ne le fut jamais.

70. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre III » pp. 30-37

Soit inconstance naturelle et besoin de nouveauté, soit réaction du présent, toujours en révolte contre un passé dominateur, les contraires se succèdent sans cesse dans les sentiments et dans les opinions de la partie désœuvrée de la nation française.

71. (1877) Molière et Bourdaloue pp. 2-269

On répète sans cesse que son existence nomade l’avait en même temps conduit à tous les postes d’observation et trempé pour toutes les luttes ; et on l’excuse ainsi d’en avoir supporté le dégoût. […] Ceux qui ont mis le pied dans une salle de spectacle peuvent dire si la scène a cessé d’être un marché d’esclaves. […] Dimanche cessera-t-il seulement de faire crédit à Don Juan ? […] Il appelle quelque part le siècle de Louis le Grand un siècle d’hypocrisie ; il y revient sans cesse avec des foudres plus indignées. […] Alceste cesse à la fois d’être fou et d’être généreux ; il prouve par ce dernier trait que ce qu’il aime par-dessus toute chose, ce n’est pas la justice ni Célimène, mais lui-même.

72. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VIII. De l’Action, du Nœud, des Incidents. » pp. 165-171

parceque le spectateur est continuellement balloté par des événements qui se contrarient sans cesse, qui l’éloignent de la conclusion quand il croit y toucher, ou qui l’en rapprochent tout-à-coup quand il pense en être bien loin.

73. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE PREMIER. Des différents Genres en général. » pp. 1-8

Ceux qui voudroient admettre sur la scene la pluralité des genres, ceux qui y sont intéressés, ne cessent de citer cette sentence.

74. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE III. Des Pieces à spectacle. » pp. 30-36

D’ailleurs, si l’on donne carriere à son imagination, les acteurs, grands ennemis de la dépense, ne veulent pas se charger de la piece : si l’Auteur, gêné par leurs mesquineries, resserre ses idées, il ne pourra pas soutenir l’admiration du spectateur ; & lorsqu’on cesse, dans ces pieces, de le surprendre, tout est perdu.

75. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IV. Des Comédies-Ballets. » pp. 37-44

Le Roi cessa de danser dans les ballets de la Cour dès qu’il eut vu jouer Britannicus ; il fut frappé des vers que Narcisse débite à Néron, acte IV, scene IV.

76. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIV. Des Pieces intriguées par plusieurs Personnages. » pp. 169-175

Si la piece étoit plus longue, le plaisant qui résulte d’abord de l’association de deux maîtres fourbes, auroit bientôt cessé de l’être en amenant la monotonie.

77. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIV. M. BARTHE. » pp. 413-419

« Cessez d’être ingénieux à vous tourmenter, & conservez-vous pour la tendre Lucile. » Oh !

78. (1739) Vie de Moliere (Réflexions sur les ouvrages de litérature) [graphies originales] « Chapitre » pp. 252-262

Cependant il cache sous cette fausse vertu tout ce que l’insolence a de plus effronté ; & c’est sur le Théatre une Satire, qui, quoique sous des images grotesques, ne laisse pas de blesser tous ceux qu’il a voulu accuser : il fait de plus le Critique, il s’érige en Juge, & condamne à la berne les Singes, sans voir qu’il prononce un Arrêt contre lui, en le prononçant contr’eux ; puisqu’il est certain qu’il est Singe en tout ce qu’il fait, & que non-seulement il a copié les Précieuses de M. l’Abbé de Pure, jouées par les Italiens ; mais encore qu’il a imité par une singerie, dont il est seul capable, le Médecin volant, & plusieurs autres Pieces des mêmes Italiens qu’il n’imite pas seulement en ce qu’ils ont joué sur leur Théatre ; mais encore en faisant leurs postures, contrefaisant sans cesse sur le sien, & Trivelin & Scaramouche.

79. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XII » pp. 100-108

Les bâtards de Henri IV, qui n’ont cessé de troubler la France, tant qu’ils ont vécu, ne faisaient que suivre la vocation naturelle des bâtards avoués qui, ne pouvant marcher les égaux des princes légitimes, ne veulent cependant point se soumettre à la condition de simples sujets.

80. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE III. L’Honnête Homme. » pp. 42-64

Enfin, surtout, il a tort, et ses travers, jusqu’ici excusables, nobles, héroïques même143, deviennent une faute véritable quand, pour tous les ridicules, tous les vices qu’il voit autour de lui, il conçoit contre l’humanité cette haine violente qu’il ne cesse d’exprimer depuis la première scène jusqu’à la dernière : Tous les hommes me sont à tel point odieux Que je serois fâché d’être sage à leurs yeux. […] Il n’y a pas une de ses pièces où ce défaut ne soit mis en scène : « C’est l’amour propre qui a engendré les précieuses affectant un jargon inintelligible, et les savantes engouées de sciences qu’elles ne comprennent pas ; les pédants si orgueilleux de leur érudition indigeste, et les beaux esprits si vains de leurs fadaises rimées ; le manant qui épouse la fille d’un gentilhomme, et le bourgeois qui aspire à passer pour gentilhomme lui-même ; les prudes qui affichent une sévérité outrée, et les coquettes qui étalent les conquêtes faites par leurs charmes ; les marquis qui se vantent des dons de la nature, des bontés du roi et des faveurs des dames ; et ce misanthrope lui-même dont il faut estimer la vertu, mais dont l’orgueil bourru fronde la vanité de tous les autres154. » Si l’amour propre est le défaut le plus universel, il n’est pas le seul qui règne dans la bonne société : Molière a frappé avec non moins d’autorité sur l’habitude qu’ont les gens riches ou inoccupés, de médire sans cesse du prochain, et de trouver à blâmer partout155.

81. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE XII. Réflexions Générales. » pp. 241-265

Enfin, mettre sans cesse devant eux le tableau du choix qu’ils peuvent faire entre le vice et l’honnêteté et en appeler à leur conscience pour décider ce choix, c’est leur dire, si par hasard ils l’oublient, que ce qu’ils ont en eux de plus précieux et de plus périlleux, c’est la liberté ? […] Si elle n’avait pas des prescriptions semblables, elle cesserait d’être une rigoureuse et toute pratique institution des devoirs ; elle deviendrait simplement une théorie morale, plus ou moins sévère que les théories philosophiques de même sorte, sans avoir ni plus d’influence ni plus d’autorité.

82. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVIII. » pp. 357-396

Valere, aimé d’Elise, s’introduit chez Harpagon, pere de sa maîtresse, à titre d’intendant : il prêche sans cesse l’économie, pour flatter l’humeur avare d’Harpagon, qui lui accorde toute son amitié ; mais, en revanche, Maître Jacques, cocher & cuisinier de la même maison, a pour lui la plus grande haine. […] Il suffit, pour en faire convenir le Lecteur, de lui dire que dans la Piece Italienne Angelica suit sans cesse les conseils d’Arlequin & de Scapin, qui sont deux insignes coquins, & qu’elle feint d’être une courtisanne. […] Monsieur, puisque vous le voulez, je vous dirai franchement qu’on se moque par-tout de vous, qu’on nous jette de tous côtés cent brocards à votre sujet, & que l’on n’est point plus ravi que de vous tenir au cul & aux chausses & de faire sans cesse des contes de votre lésine.

83. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. Regnard imitateur de Moliere. » pp. 51-80

Non, mais il faut sans cesse Garder le décorum de la Divinité. […] On n’espere point de le voir cesser, quand Ariste apporte des lettres qui font croire à Trissotin qu’Henriette n’a plus de bien : alors son amour s’envole : celui de Clitandre augmente par l’espoir de contribuer tout seul au bonheur de ce qu’il aime, & de sa famille.

84. (1855) Pourquoi Molière n’a pas joué les avocats pp. 5-15

Ils l’ont saisi d’abord et avant qu’il ait eu le loisir de les trouver mauvais; il les a loués modestement en ma présence, et il ne les a pas loués depuis devant personne : je l’excuse et je n’en demande pas davantage à un auteur; je le plains même d’avoir écouté de belles choses qu’il n’a point faites ‌ 7 . » Et, de vrai, cela se comprend dans une carrière où l’imagination est continuellement surexcitée, où il faut créer sans cesse et avec le plus d’esprit possible, où il est nécessaire de plaire à un public.

85. (1730) Poquelin (Dictionnaire historique, 4e éd.) [graphies originales] pp. 787-790

La vérité est qu’il ne cessa point de le louer quand il le vit dans le tombeau : il lui reprocha seulement d’avoir eu trop de complaisance pour le parterre, censure raisonnable à certains égards, injuste à tout prendre (G). […] Cela est vrai principalement en France, & ainsi l’on ne peut pas espérer que notre Langue cesse jamais d’être disetteuse.

86. (1873) Le théâtre-femme : causerie à propos de L’École des femmes (Théâtre de la Gaîté, 26 janvier 1873) pp. 1-38

Alors, elle cessera d’être pour nous ce fantôme qui glisse hors du réel, dans un rayon incertain; elle sera ce qu’était la fille d’Eschyle aux jours de sa jeunesse; elle aura notre sang plein ses veines, elle vivra la vie même de la patrie ! […] Vous savez que Don Quichotte est éternel: A Paris les Don Quichotte sont rares, mais il nous en tombe sans cesse de la province et de l’étranger.

87. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XIII. Retour de Molière à Paris » pp. 225-264

Il ne cessa de s’y livrer, alors même qu’il fut dans toute sa renommée. […] Molière cesse désormais d’être Mascarille et devient Sganarelle ; il adopte un type moins déterminé, plus mobile ; Mascarille est toujours valet, Sganarelle est placé tour à tour en différentes conditions, tantôt valet ou paysan, tantôt mari, père ou tuteur ; il ressemble, sous ce rapport, aux derniers venus de la comédie de l’art, à Beltrame, à Trufaldin.

88. (1862) Molière et ses contemporains dans Le Misanthrope (Revue trimestrielle) pp. 292-316

« Ne fallait-il pas, en effet, une bien grande puissance d’observation, un talent profondément humain, pour que les réalités vinssent de la sorte se placer sans cesse à côté des fictions, pour que le public qui écoute et le critique qui annote, en suivant le développement des caractères, aient pris ces caractères pour de véritables signalements et traduit les noms de théâtre par des noms connus de tout le monde1 ?  […] Patiemment, ingénieusement, ils collationnent les observations, et, en face d’un ou de plusieurs modèles, ils reportent sans cesse sur leurs toiles un détail à côté d’un autre.

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