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17. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XLII. De l’art d’épuiser un Sujet, un Caractere. » pp. 493-503

Tel personnage qu’on trouve très singulier dans le monde ne paroîtroit que très ordinaire dans l’optique du théâtre, parceque tout doit y être considérablement chargé pour frapper suffisamment mille personnes, qui toutes ont différentes façons de voir. […] Un soir qu’on venoit de jouer le Mercure Galant, on demanda au célebre Préville quel étoit l’Abbé qui lui avoit servi de modele : « Je me suis bien gardé de m’attacher à un seul, dit cet acteur judicieux : j’aurois pu le bien copier, on l’auroit reconnu dans sa ville ; mais une fois éloignée de l’original, la copie n’auroit eu rien de piquant : au lieu qu’en prenant ce qui m’a frappé chez tous les petits collets, j’étois sûr de rendre le portrait ressemblant par-tout où il y auroit des Abbés ».

18. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XII. » pp. 251-273

Fuis-t’en donc, de peur qu’il ne te frappe. […] Fuis-t’en donc, de peur qu’il ne te frappe. […] Goldoni a dans sa Finta Ammalata des choses excellentes, qui ne sont pas dans l’Amour Médecin : par exemple, les différents caracteres des Médecins ; l’embarras de Lélio lorsqu’il interroge les Docteurs l’un après l’autre sur leur consultation ; la scene où les Médecins, l’Apothicaire, Lélio, le Chirurgien, viennent offrir des ordonnances, des vésicatoires, des saignées, un flacon de sel d’Angleterre : celle sur-tout où le Docteur Buona Testa lit avec emphase son Agenda, pour voir s’il pourra donner un quart d’heure à Pantalon, est d’une vérité faite pour frapper sur tous les théâtres de l’Europe.

19. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE V. Des Vers & de la Prose dans les Comédies. » pp. 103-117

En un mot, il aime l’argent plus que réputation, qu’honneur & que vertu : & la vue d’un demandeur lui donne des convulsions ; c’est le frapper par son endroit mortel ; c’est lui percer le cœur ; c’est lui arracher les entrailles. […] qui frappe si rudement ?

20. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXII. De l’Intérêt. » pp. 385-398

Je n’en sais rien ; mais Eraste nous donne grande envie de l’apprendre par ce qu’il dit en finissant la scene : Ma foi, M. de Pourceaugnac, nous vous en donnerons de toutes les façons ; les choses sont préparées, & je n’ai qu’à frapper. […] Eraste frappe : un Apothicaire paroît.

21. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre V. Le théâtre des Gelosi (suite) » pp. 81-102

Le docteur prend la lettre et frappe Arlequin avec sa canne. […]  » Une médaille fut frappée à son effigie avec son nom suivi des deux lettres C. 

22. (1821) Notices des œuvres de Molière (VI) : Le Tartuffe ; Amphitryon pp. 191-366

Molière en avait retranché principalement ces expressions, ces formules consacrées dont l’église se réserve l’usage, et qui, en aucun cas, ne doivent frapper les voûtes profanes d’un théâtre. […] L’éloquent Chrysostome, dans un discours sur l’hypocrisie même, a dit : « Le libertin ne manque jamais de se prévaloir de la fausse piété, pour se persuader à lui-même qu’il n’y en a point de vraie, ou du moins qu’il n’y en a point qui ne soit suspecte, et pour affaiblir par le reproche qu’elle semble lui faire continuellement de son libertinage. » L’ingénieux Augustin a dit : « L’hypocrisie est cette ivraie de l’Évangile, que l’on ne peut arracher sans déraciner aussi le bon grain. » Louis XIV, qui n’était pas un faux dévot, et qui n’avait pas lu les Pères de l’église, Louis XIV, au milieu d’une fête voluptueuse donnée à la première et à la plus chérie de ses maîtresses, fut frappé des mêmes conséquences, lorsque, parlant du Tartuffe, il craignit qu’une trop grande conformité entre ceux qu’une véritable dévotion met sur le chemin du ciel et ceux qu’une vaine ostentation des bonnes œuvres n’empêche pas d’en commettre de mauvaises, ne fît prendre la vertu et le vice l’un pour l’autre par les personnes incapables d’en faire un juste discernement 3. […] Molière en fut frappé, et son personnage, qui n’avait pas encore de nom, reçut de lui aussitôt celui de Tartuffe. […] Ensuite une servante y fait autant de bruit, À son maudit caquet donne libre carrière, Réprimande son maître, et lui rompt en visière, L’étourdit, l’interrompt, parle sans se lasser ; Un bon coup suffirait, pour la faire cesser, Mais on s’aperçoit bien que son maître, par feinte, Attend, pour la frapper, qu’elle soit hors d’atteinte.

23. (1843) Le monument de Molière précédé de l’Histoire du monument élevé à Molière par M. Aimé Martin pp. 5-33

Frappé de cet oubli, Bernardin de Saint-pierre songe à le réparer. […] Frappé de ce tableau, pour lui si véridique, Louis quatorze absout le profond Satyrique ; Bientôt même à Molière il fournit des portraits. […] Ceux qui devant le roi, forcés de l’applaudir, N’osent pas à la cour montrer leur rage hostile, Esclaves révoltés, l’insultent à la ville ; Les poètes sifflés et les mauvais acteurs, Unis aux courtisans, se font ses détracteurs ; Non contents d’outrager et de nier sa gloire, Ils forgent sur ses mœurs une impudique histoire14 ; Au cœur il est frappé par ceux qu’il persiflait Avec cette arme occulte et lâche, le pamphlet… Mais, le couvrant toujours de son pouvoir suprême, Louis est le vengeur du poète qu’il aime. […] » Mille hypocrites voix grossissent ce murmure ; Le peuple qu’il aimait et dont il est sorti, Insensé, contre lui le peuple prend parti ; Il vient, du fanatisme aveugle auxiliaire, Frapper de ses clameurs la maison mortuaire.

24. (1747) Notices des pièces de Molière (1670-1673) [Histoire du théâtre français, tome XI] pp. -284

Paris fut frappé de la vérité du tableau qu’on lui présentaita ; la foule imposa silence aux critiquesb. […] Il en a rendu raison à divers physiciens, et a sauvé par cette invention, et la dépense d’avoir des poutres assez grandes, ou assez fortes pour de tels bâtiments, et le péril de les voir s’affaisser, et même rompre après fort peu de durée. » Cette description de la salle des machines du palais des Tuileries est curieuse pour les personnes qui savent l’architecture, mais elle ne satisferait peut-être pas un lecteur qui souhaite qu’on lui représente ce qui peut frapper la vue du premier abord. […] Je vous nommerais, si cela était nécessaire, deux ou trois personnes de poids, qui, à leur retour de Paris, après les premières représentations de la comédie des Femmes savantes, racontèrent en province qu’il fut consterné de ce coup, qu’il se regarda, et qu’on le considéra comme frappé de la foudre, qu’il n’osait plus se montrer, que ses amis l’abandonnèrent, qu’ils se firent une honte de convenir qu’ils eussent eu avec lui quelques liaisons, et qu’à l’exemple des courtisans qui tournent le dos à un favori disgracié, ils firent semblant de ne pas connaître cet ancien ministre d’Apollon et des neuf Sœurs, proclamé indigne de sa charge, et livré au bras séculier des satiriques. […] Il devait du moins frapper ceux qui jugent avec équité, par les connaissances les plus communes. […] « [*]Cotin se tint dans l’inaction, dès que Molière l’eut frappé : soit qu’il se crût assommé de ce dernier coup, qui véritablement est des plus rudes : soit qu’en 1672, qui est l’année qu’on joua pour la première fois Les Femmes savantes, l’âge l’eût déjà mis hors de combat ; car il baissa extrêmement sur la fin de ses jours ; et même ses parents, à ce que dit M. 

25. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « De l’Imitation en général. » pp. 1-4

Boileau est redevable de sa gloire à Horace, & n’en est pas moins estimé, quoique Regnard ait dit : Ci gît Maître Boileau, qui vécut de médire, Et qui mourut aussi par un trait de satyre : Le coup dont il frappa lui fut enfin rendu.

26. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [56, p. 89-93] »

L’action comique intéresse tout au plus par sa singularité ; le tragique intéresse outre cela par son importance, son atrocité : c’est le corps même du spectacle, la machine qui frappe ; au lieu que l’action comique n’est qu’un canevas, une toile pour recevoir des objets dessinés et des couleurs ».

27. (1881) La philosophie de Molière (Revue des deux mondes) pp. 323-362

L’orgueil de l’hérésie est un vice que l’on peut blâmer mais lorsqu’on parle d’hypocrisie, ce n’est pas de cela qu’il s’agit, et pour vouloir frapper deux adversaires à la fois, s’exposent à n’en toucher aucun. […] Il a voulu flageller sinon l’athéisme, du moins l’impiété, l’audace sacrilège qui voit dans le ciel un ennemi, qui le frappe, qui l’insulte, qui veut se jouer de lui. […] Dans les pièces mises sur le théâtre avant celles de Molière, et qui sont imitées d’Italie, don Juan est appelé le fils criminel ; et en effet, il frappe son père et lui donne le coup de la mort. […] Au moment où don Juan était englouti, frappé par la foudre, Sganarelle s’écriait : « Mes gages ! […] Molière, en observateur profond, a été frappé de ce fait que la vraie vertu, la vertu rigoureuse et étroite, mise en conflit avec le monde, devient ridicule ou du moins prête à rire.

28. (1886) Molière, l’homme et le comédien (Revue des deux mondes) pp. 796-834

De très bonne heure, ce qui frappait le plus en lui, c’était son attitude d’observateur. […] Ce mutisme, cette attention continuelle, ce profond regard obstinément fixé, frappent tout le monde et Boileau appelle son ami d’un nom qui doit lui rester, le Contemplateur. […] « Molière, dit Boileau, lui lisoit quelquefois ses comédies, et assuroit que, lorsque des endroits de plaisanterie ne l’avoient point frappée, il les corrigeoit, parce qu’il avoit plusieurs fois éprouvé, sur son théâtre, que ces endroits n’y réussissoient point ; » et Brossette ajoute qu’elle avait assez de sens littéraire pour ne pas confondre du Brécourt avec du Molière. […] Il s’appelait Mauvilain ; frappé par la faculté pour ses hérésies de doctrine, c’était un novateur, partisan des remèdes hardis, habile du reste, et beau parleur. […] Bien qu’elle soit du ressort des aliénistes, l’hypocondrie, disent-ils eux-mêmes, se concilie très bien avec l’intégrité des facultés intellectuelles ; il n’y a avec elle ni lésion cérébrale ni dissociation des idées ; elle consiste simplement dans un état d’anxiété douloureuse, provoquée par une maladie réelle ou imaginaire, et qui tourmente cruellement ses victimes, sans les frapper au siège même de l’intelligence.

29. (1788) Molière (Dictionnaire encyclopédique) « article » pp. 588-589

On sait que Molière fut frappé à mort sur le théâtre, en contrefaisant le mort dans le Malade imaginaire, circonstance qui a fourni des épigrammes, tandis que l’événement devait arracher des larmes ; on sait qu’il mourut dans les bras de la piété, et qu’il s’en était rendu digne par sa charité ; il donnait l’hospitalité à deux de ces pauvres religieuses qui viennent quêter à Paris pendant le carême ; elles lui prodiguèrent par devoir et par reconnaissance, les consolations et les soins dans ses derniers moments ; on sait jusqu’à quel point la rigueur de nos usages (qu’il ne s’agit pas ici de juger) fut adoucie en sa faveur à la prière de Louis XIV.

30. (1845) Œuvres de Molière, avec les notes de tous les commentateurs pp. -129

Voilà ce qui a frappé Boileau ; voilà ce qui a dû exciter sa mauvaise humeur : quelques pages du livre lui ont fait condamner le livre tout entier. […] et se frappait la tête comme un possédé. […] J’y restai étendu comme un homme frappé de la foudre, et y demeurai quatre jours sans remuer ni sans prendre aucuns aliments… A moins d’un coup du ciel, c’était fait de ma vie. […] Nous avons essayé de découvrir le nom des comédiens qui durent frapper les premiers regards de Molière. […] Elle dut le frapper, car il est à remarquer que dans aucune de ses pièces il n’a introduit de rôle de magistrat.

31. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE III. Choix du lieu de la Scene. » pp. 76-93

brave & généreux moi,  Modere-toi, je t’en supplie :  Sosie, épargne un peu Sosie, Et ne te plais point tant à frapper dessus toi. […]  Certain mot de fils de putain  A pourtant frappé mon oreille,  Il n’est rien de plus certain.

32. (1858) Molière et l’idéal moderne (Revue française) pp. 230-

Au dix-neuvième siècle, chaque bruit qui se fait dans un petit coin de nous-même a, dans notre âme entière, des retentissements terribles ; et comme l’amour va toujours plus loin que son objet, le coup qui le frappe nous ébranle jusque dans les fondements. […] Eh bien, il ne nous parle que de ce qui est à côté de lui ; son regard ne s’élève jamais au-dessus de l’objet qui le frappe directement ; sa haine, je me trompe, sa mauvaise humeur, ne l’emporte pas plus que son amour vers les régions supérieures qui lui sont interdites.

33. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre III. La commedia dell’arte en France » pp. 31-58

Je pris de la main gauche le trésorier et m’en servis comme d’un bouclier ; et, tirant Durandal du fourreau, je la dirigeai vers le roi qui s’avançait pour me frapper ; d’un coup, je fendis le pavé, j’ouvris la terre jusqu’aux abîmes où Neptune fut frappé de stupeur.

34. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXV » pp. 259-278

La première fois que madame Scarron vit le roi, elle fut frappée de sa beauté, de son air de grandeur. […] Il me paraît présumable qu’elle ne les avait pas entendues sans émotion ; déjà la vue du roi l’avait frappée et peut-être disposée à un sentiment profond.

35. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVI. » pp. 294-322

Il a peine à croire ce que Tiennette lui dit : il frappe à la porte de sa maison. […] Célio s’éveille, frappe : Arlequin & Tiennette paroissent à la fenêtre, lui demandent ce qu’il veut : il dit qu’il veut entrer, qu’il est le maître de la maison, en vertu d’une promesse qu’il a dans sa poche : il la cherche & ne la trouve point. […] Je vais rapporter ce qui m’a frappé.

36. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXV. » pp. 500-533

Nous savons, par tradition, que Moliere, frappé de la vérité de ces deux vers, avoit dessein de faire une piece dans laquelle tous les personnages auroient chacun un ridicule, & se moqueroient mutuellement les uns des autres. […] L’art enfin n’a le droit de charmer qu’autant qu’il imite la nature jusqu’au point de frapper également le connoisseur & l’ignorant. […] N’importe, si l’ouvrage est réellement frappé au coin de l’immortalité, s’il approche de la perfection, il séduit également tout le monde à la premiere vue.

37. (1853) Des influences royales en littérature (Revue des deux mondes) pp. 1229-1246

Les physionomies si marquées qui nous frappent dans les portraits du temps de Richelieu ont disparu pour faire place à une sorte d’uniformité décente et polie. […] Ce qui le frappe surtout chez Molière, c’est la facilité avec laquelle l’auteur du Misanthrope trouve la rime. […] On comprend que Boileau, vieux et chagrin, voyant cette décadence, s’écriât : « En vérité, les Pradons, dont nous nous sommes tant moqués, étaient des aigles auprès de ces gens-là. » Il faut être juste cependant : à cette époque où, sous Mmede Maintenon, la cour voyait succéder la dévotion et la tristesse aux fantaisies brillantes d’autrefois, où Louis XIV, frappé dans ses affections les plus chères, après avoir vu mourir autour de lui ses fils et ses petits-fils, restait presque seul de sa famille dans son palais morne et silencieux, il y a encore un coin de la littérature où toute la vie intellectuelle du temps semble s’être réfugiée : c’est la comédie.

38. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE III. » pp. 53-56

Je sais qu’à la représentation des Précieuses, un vieillard, frappé par la vérité des portraits qu’on lui présentoit, s’écria : Courage, Moliere, voilà la bonne Comédie : je sais que Ménage, en sortant de la premiere représentation, dit à Chapelain : « Nous approuvions, vous & moi, toutes les sottises qui viennent d’être critiquées si finement & avec tant de bon sens ; croyez-moi, il nous faudra brûler ce que nous avons adoré, & adorer ce que nous avons brûlé » : je sais enfin que Moliere a si fort ridiculisé ses originaux, qu’ils ont disparu, & que cependant nous voyons la piece avec plaisir10.

39. (1716) Projet d’un traité sur la comédie pp. 110-119

Il a voulu par cette liberté plaire au Parterre, frapper les spectateurs les moins délicats, et rendre le ridicule plus sensible.

40. (1861) Molière (Corneille, Racine et Molière) pp. 309-514

En Allemagne la critique peut s’attaquer aux dogmes et à la tradition sans que la religion en soit frappée au cœur. […] Le Tartuffe survint dans un moment où la lutte était vive, et l’alarme qu’il répandit fit voir que Molière avait frappé juste. […] D’autres contrastes encore nous frappent dans Le Misanthrope. […] que de traits qui frappent avec justesse! […] Il respecte et il aime la piété; mais, ce qui frappe surtout chez lui, c’est moins la ferveur de son âme que la rectitude de sa raison.

41. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVI. M. DE BEAUMARCHAIS. » pp. 442-462

Dans l’instant même le Commissaire frappe à sa porte, lui apprend qu’Arnest vient d’être tué, & que le meurtrier est dans sa maison : le Comte apprend à Don Pedre qu’il a donné la mort à son frere, qu’il n’a pas voulu le livrer à la justice, mais qu’ils doivent se battre pour venger le sang d’Arnest. […] Le Lord Thatley est dans cet âge que l’on peut appeller l’orage des passions : il se promene dans son parc après avoir fait un dîner agréable avec ses amis, entre chez un de ses fermiers nommé Adams, est frappé d’une figure céleste.

42. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre premier. Ce que devient l’esprit mal dépensé » pp. 1-92

Est-ce mourir si, même après dix ans, un seul homme se rappelle ce grand cri qui l’a frappé ? […] « D’ailleurs, il a outré souvent les caractères ; il a voulu par cette liberté plaire au parterre, frapper les spectateurs les a moins délicats, et rendre le ridicule plus sensible. […] Jamais théatin plus naïf n’a été plus rudement secoué : c’est que dans la robe du bon père Caffaro Bossuet voyait Molière, et voilà pourquoi il frappait si fort. […] Il avait promis de jouer, et déjà frappé du mal qui allait le tuer en plein théâtre, il voulut tenir sa parole. […] Il va frapper à la porte de son futur beau-père.

43. (1884) La Science du cœur humain, ou la Psychologie des sentiments et des passions, d’après les oeuvres de Molière pp. 5-136

» Préoccupé par ses pensées jalouses, il va frapper à la porte de Valère. Au bruit du marteau, sa parole habituelle sort automatiquement de sa bouche: « Ne perdons point de temps ; c’est ici (Il frappe). […] La tendresse visible de leurs mutuelles ardeurs me donna de l’émotion ; j’en fus frappé au cœur, et mon amour commença par la jalousie. […] Sosie est tellement impressionné par les menaces terribles de son maître et par la vue de son bâton levé sur sa tête, qu’il lui semble avoir été battu, si bien qu’un instant après, s’adressant aux témoins de cette scène, il leur dit : « M’a-t-il frappé ?» […] On reste frappé d’admiration devant la grâce naïve et l’ingénuité d’Agnès, devant les séduisants caractères de ses jeunes amoureuses, dont pas une ne ressemble aux autres, et qui toutes, par différents côtés, représentent si bien les qualités aimables de la femme.

44. (1802) Études sur Molière pp. -355

Sganarelle, ayant besoin d’un commissaire, ne manque pas d’aller frapper sur le seuil de sa porte, et les spectateurs n’entendent jamais à quel point il est sonore, le seuil de cette porte, puisqu’il ne s’écrie pas bravo l’acteur ; voilà ce qui s’appelle ne point perdre la tête, et se ressouvenir à propos qu’on est sur les planches. […] Le dénouement. — Bien propre à frapper un peuple superstitieux, aussi la scène se passe-t-elle en Sicile. […] oui ; elle s’est donné tant de peine pour tousser, elle a tant frappé à coups redoublés sur la table qui cache Orgon ! […] Je demande si un fichu de dentelle n’est pas nécessaire pour faire dire à Tartuffe, avec cette vraisemblance, l’âme de la scène, surtout lorsqu’elle doit frapper les regards, Mon Dieu ! […] « Madame de Villarceaux, frappée de la ressemblance de ce nom avec celui de Ninon, ne put se contenir ; voilà, dit-elle, de belles instructions à donner à mon fils, que de l’entretenir des folies de son père ! 

45. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE V. L’Éducation des Femmes. » pp. 83-102

comme chaque mot frappe le langage affecté et les sentiments recherchés qui régnaient alors dans les salons ! […] C’est alors que Molière frappa tous ces ridicules réunis dans une comédie qui est le développement parfait de toutes les autres sur le même sujet.

46. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIII. » pp. 436-488

On lui dit que l’époux est allé passer la nuit chez sa sœur ; mais tout-à-coup on l’entend qui frappe à la porte. […] Léandre, le voulant frapper. […] Léandre, voulant frapper. […] frappe-t-il d’abord ?

47. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVI. Pieces intriguées par un événement ignoré de la plupart des Acteurs. » pp. 192-198

Dans le temps que Belfort recherchoit Emilie, Je la vis ; mais à peine un regard me frappa, Qu’elle embrasa mon cœur, & qu’il l’idolâtra.

48. (1819) Notices des œuvres de Molière (IV) : La Princesse d’Élide ; Le Festin de Pierre pp. 7-322

Paris avait couru en foule à cette pièce où une statue parlait et marchait, et dont le dénouement était un homme à la fois frappé de la foudre et englouti dans un abîme de feux. […] Des cartons, dont la sagacité d’un bibliographe a depuis peu découvert et prouvé l’existence, remplacèrent tous les feuillets frappés de réprobation ; et il est vraisemblable que la pièce fut alors rétablie dans l’état on Molière l’avait réduite lui-même après la première représentation.

49. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IX. » pp. 180-200

En feignant de peindre Cintia, il peint avec enthousiasme tous les charmes de la Princesse, dit qu’il en est si fort frappé, qu’il croit les voir, & sort pour féliciter le Prince de Béarn de son bonheur. […] Lélio ne comprend rien à cette demande ; mais Scapin l’en instruit, & Lélio lui dit, après l’avoir frappé en présence de Violette : « Je t’apprendrai, maraud, à introduire chez moi une suivante de Flaminia, pour apporter une lettre de sa part ».

50. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIX. Des Pieces intriguées par un déguisement. » pp. 216-222

Il frappe à la porte de la prison.

51. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre V. Comment finissent les comédiennes » pp. 216-393

Singulier accident, quand il frappe ces gens heureux qui vivent de l’esprit des autres, et qui n’ont pas d’autres soucis que d’y mêler un peu de leur esprit ! […] Célimène a frappé à la porte d’Isabelle ; puis Célimène s’est appelée Arsinoé, puis enfin Arsinoé est devenue madame Pernelle. […] « Le plus beau tableau qui n’est pas dans son jour, ne frappe point. […] sa main nue est habituée à frapper dans toutes les mains ; pourquoi s’en fâcher ? […] Alors l’idée vient au vieillard d’aller frapper à la porte d’une école voisine, afin qu’on lui enseigne quelque bon argument qui dispense un citoyen d’Athènes de payer ses dettes. — Il frappe, — la porte s’ouvre. — Au même instant vous apparaissent les disciples de Socrate, jeunes gens aux yeux caves, au visage amaigri, et des plus mal vêtus.

52. (1843) Épître à Molière, qui a obtenu, au jugement de l’Académie française, une médaille d’or, dans le concours de la poésie de 1843 pp. 4-15

Si des défauts puissants que je frappais au cœur, Votre art désespérait de se rendre vainqueur, Pour voir par la raison l’imposture abattue, Relisez mon Tartufe au pied de ma statue.

53. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE IV. Des Comédies-Ballets. » pp. 37-44

Le Roi cessa de danser dans les ballets de la Cour dès qu’il eut vu jouer Britannicus ; il fut frappé des vers que Narcisse débite à Néron, acte IV, scene IV.

54. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XII » pp. 100-108

Quelle imagination n’a été frappée du récit de ces fêtes somptueuses et magiques où le jeune roi n’était pas simple spectateur et qu’il embellissait par son grand air, sa bonne grâce, et sa galanterie !

55. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE X. De la Diction. » pp. 178-203

Une fontaine au centre a son jet élancé Par le cornet retors d’un Triton renversé : Cette eau frappe le ciel, puis retombe & se joue Sur le nez du Triton, & lui lave la joue. […] Sa demande reçue, & ses vertus prisées, Nous avons tous été frapper à nos brisées.

56. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XII. Des Scenes. » pp. 223-249

De graces & d’attraits je vois qu’elle est pourvue ; Mais les défauts qu’elle a ne frappent point ma vue. […] Ils frappent tous la mienne ; &, loin de m’en cacher, Elle sait que j’ai soin de les lui reprocher.

57. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE III. L’Honnête Homme. » pp. 42-64

[fin citation] Vous avez bien fait, Molière, de frapper sur cette vertu insociable et orgueilleuse qui ignore les plus grandes de toutes les vertus, la modestie et la charité ; qui ne sait pas aimer et plaindre les vicieux avec autant de douceur qu’elle doit avoir de haine pour le vice ; qui ne veut pas connaître cette forme délicate de la charité parmi les gens de bonne compagnie, la politesse ; et qui, pour un procès perdu et pour une maîtresse infidèle, se sauve en un désert et fuit l’approche des humains 146, oubliant que le devoir de l’homme de bien est de rester parmi les faibles et les méchants, pour les relever, les instruire, se faire estimer d’eux par l’exemple, aimer par la charité. […] Il n’y a pas une de ses pièces où ce défaut ne soit mis en scène : « C’est l’amour propre qui a engendré les précieuses affectant un jargon inintelligible, et les savantes engouées de sciences qu’elles ne comprennent pas ; les pédants si orgueilleux de leur érudition indigeste, et les beaux esprits si vains de leurs fadaises rimées ; le manant qui épouse la fille d’un gentilhomme, et le bourgeois qui aspire à passer pour gentilhomme lui-même ; les prudes qui affichent une sévérité outrée, et les coquettes qui étalent les conquêtes faites par leurs charmes ; les marquis qui se vantent des dons de la nature, des bontés du roi et des faveurs des dames ; et ce misanthrope lui-même dont il faut estimer la vertu, mais dont l’orgueil bourru fronde la vanité de tous les autres154. » Si l’amour propre est le défaut le plus universel, il n’est pas le seul qui règne dans la bonne société : Molière a frappé avec non moins d’autorité sur l’habitude qu’ont les gens riches ou inoccupés, de médire sans cesse du prochain, et de trouver à blâmer partout155.

58. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE XII. Réflexions Générales. » pp. 241-265

Le public ne fut, pour ainsi dire, frappé que d’une chose : c’est qu’un bouffon, au moment où il jouait la mort, avait été joué par elle802. […] Dans son enthousiasme chrétien, il a énergiquement proscrit de la société chrétienne, de la Jérusalem terrestre, la comédie en masse ; et ses foudres ont frappé plus fort sur le plus grand, de même que Platon autrefois, dans sa surhumaine utopie, chassa Homère de sa république.

59. (1852) Molière — La Fontaine (Histoire de la littérature française, livre V, chap. I) pp. 333-352

Ni Madame de La Fayette, ni Madame de Sévigné, si discrètement et si convenablement instruites, ne sont atteintes par les traits qui frappent Philaminte, Armande et Bélise. Les Femmes savantes, n’en déplaise aux Vadius et aux Trissotins, frappés de compagnie, sont une des meilleures leçons qu’ait pu donner la haute comédie.

60. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE IX. De l’Adultère et des Amours faciles. » pp. 166-192

Oui, l’auteur du Tartuffe a fait Amphitryon 586 ; celui qui a soulevé contre le suborneur hypocrite une indignation telle, que le public n’eût pas été content si le roi même n’était venu frapper ce monstre par sa justice exceptionnelle et terrible587 ; celui qui, craignant qu’on ne lui attribuât une seule des paroles prononcées par son odieux personnage, mettait en note : « C’est un scélérat qui parle588 ; » ce même homme, pendant trois actes qui sont trois chefs-d’œuvre de comédie, de poésie et d’esprit, a fait rire du noble Amphitryon et de la touchante Alcmène, trompés dans leurs honnêtes amours par le don Juan de l’Olympe. […] Ce chapitre explique en partie les condamnations qui l’ont frappé : aux yeux d’un évêque, qu’importait le beau, le bon, le sublime, quand la part du mal était si grande653 ?

61. (1825) Notices des œuvres de Molière (IX) : La Comtesse d’Escarbagnas ; Les Femmes savantes ; Le Malade imaginaire pp. 53-492

À mesure que l’on s’éloignait de Paris et de Saint-Germain, on était de plus en plus frappé de la rusticité des mœurs, du ton et du langage. […] La Comtesse d’Escarbagnas, vraie du temps de Molière, l’est donc beaucoup moins aujourd’hui ; et voilà pourquoi les comédiens, qui la représentent, en outrent tous les caractères : à la place de cette ressemblance exacte, dont on ne peut plus être frappé en l’absence des originaux, ils mettent cette charge bouffonne, qui peut toujours plaire à l’imagination. […] Notice historique et littéraire sur Les Femmes savantes Il y avait treize ans que Molière avait frappé les précieuses d’un coup dont il semblait qu’elles ne dussent pas se relever. […] S’apercevant qu’on s’éloignait de lui, comme si le ridicule dont il était frappé était quelque chose de contagieux, il se retira d’un monde où il ne pouvait plus paraître sans exciter la moquerie ou la pitié.

62. (1885) La femme de Molière : Armande Béjart (Revue des deux mondes) pp. 873-908

Frappé d’une mort presque subite, il n’avait pu faire la renonciation dont l’église s’assurait toujours avant d’accorder aux comédiens la sépulture religieuse. […] Malgré le coup terrible qui la frappait, la troupe ne fit relâche que six jours ; il n’y avait pas de temps à perdre si elle voulait prouver son intention de survivre. […] Une information judiciaire suivit naturellement, et un arrêt du parlement de Paris, en date du 17 octobre 1675, condamna le président à faire amende honorable devant témoins à Mlle Molière, et les femmes Ledoux et La Tourelle à être « fustigées, nues, de verges, au-devant de la principale porte du Châtelet et devant la maison de Mlle Molière ; ce fait, bannies pour trois ans de Paris. » On est frappé de l’étrange ressemblance que présente cette affaire avec celle du Collier, qui, en 1785, compromit le nom de Marie-Antoinette. […] On remarquera la sévérité avec laquelle la justice frappait à deux reprises deux accusateurs d’Armande.

63. (1825) Notice sur Molière — Histoire de la troupe de Molière (Œuvres complètes, tome I) pp. 1-

Le prince de Conti fut frappé des beautés de l’ouvrage, et offrit à l’auteur la place de secrétaire de ses commandements. […] Lorsque certains exemples frappent nos regards, et qu’on relit Molière, on est convaincu que rien n’est plus héréditaire que la sottise. […] J’y restai étendu comme un homme frappé de la foudre, et y demeurai quatre jours sans remuer ni sans prendre aucun aliments… À moins d’un coup du ciel, c’était fait de ma vie. […] Le rôle d’Axiane, que mademoiselle Duparc joua dans la tragédie d’Alexandre de Racine, lui fit beaucoup d’honneur, et cet illustre poète fut si frappé de ses talents, qu’il forma le dessein de la faire passer à l’Hôtel de Bourgogne, où il avait résolu de donner ses ouvrages ; il en fit faire la proposition à mademoiselle Duparc, qui l’accepta.

64. (1877) Molière et Bourdaloue pp. 2-269

Bourdaloue attendit, et résolut de frapper plus fort. […] « Le Bourdaloue frappe comme un sourd, parlant à tort et-à travers contre l’adultère. […] Bossuet mourut le 12 avril 1704 ; la même année, le 11 mai, Bourdaloue tomba malade et se sentit frappé à mort. […] Mmede Navailles et son mari furent, en effet, disgraciés, et l’injure de Molière s’adressait à des gens de bien qui étaient frappés pour avoir fait leur devoir. […] Et l’anathème, obstinément muet devant les plus criantes impiétés, jaillissant enfin de ces lèvres douces, va frapper les chrétiens qui se sont révoltés contre les blasphémateurs.

65. (1848) De l’influence des mœurs sur la comédie pp. 1-221

Cette époque de réaction, si féconde en revirements, en apostasies de toute espèce, où les contrastes les plus singuliers frappent incessamment les yeux, demanderait, pour en bien faire apprécier la physionomie, une peinture développée et précise dans ses moindres détails ; le plan que nous avons dû adopter nous l’interdit, et ne nous permet que d’en esquisser les traits principaux. […] Mais qu’il espère atteindre ce but, et faire croire à la disparition de Raton, en l’enfermant dans son caveau, au moment où il va chercher du vin, quand il suffirait à celui-ci d’élever la voix et de frapper derrière la porte pour être entendu de tous les siens, voilà ce que l’on a plus de peine à concevoir, en dépit même du soin que prend M. […] Ils l’entendent; ils le voient marcher et agir : il a, suivant les passions qui l’animent, le regard doux ou fier, le geste brusque ou mesuré, la parole onctueuse ou véhémente; mais, comme l’imagination est frappée en raison de l’idée qu’on s’est faite de ce personnage, il importe de ne rien négliger de ce qui peut nous la rendre le plus juste possible. […] Ce qui dans Alceste nous frappe d’abord, c’est on extrême passion en toutes choses ; c’est sa nature véhémente, irritable, emportée. […] Les traits distinctifs de sa physionomie les frapperont tous; tous ils comprendront parfaitement que cette figure sinistre qui traverse la pièce est mue par deux grandes passions, la concupiscence et l’amour des richesses ; que dès lors il faut se montrer très ardent avec Elmire et très hypocrite avec Orgon.

66. (1855) Pourquoi Molière n’a pas joué les avocats pp. 5-15

Ces sortes de satires tombent directement sur les mœurs, et ne frappent les personnes que par réflexion.

67. (1873) Le théâtre-femme : causerie à propos de L’École des femmes (Théâtre de la Gaîté, 26 janvier 1873) pp. 1-38

Elle est encore la seule chose littéraire qui nous occupe et qui nous frappe, la seule qu’on écoute, la seule qu’on discute au milieu de nos bourdonnements politiques. […] vous n’avez pas le droit de frapper à faux, vous qui tenez en main la lance d’or. » Dans l’ordre moral, depuis que j’existe, j’ai toujours vu abattre, jamais je n’ai vu rebâtir.

68. (1865) Les femmes dans la comédie de Molière : deux conférences pp. 5-58

Il n’a ni compassion ni charité ; il frappe de la pointe et il laisse le fer dans la plaie. […] Au dix-septième siècle, c’est une révélation soudaine, un coup de foudre qui frappe l’homme ou la femme en présence de l’objet qu’ils doivent aimer. […] Ce trait, qui paraît n’accuser que l’ignorance d’Henriette, ne frappe-t-il pas aussi Philaminte, Armande et Bélise ?

69. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIII. De la liaison des Scenes. » pp. 250-260

Laisser le théâtre vuide est une grande maladresse de la part d’un Auteur ; & s’il est plus mal de blesser l’esprit que les yeux, du moins la faute est-elle beaucoup moins dangereuse : elle ne peut être critiquée que par la réflexion, ou par un petit nombre de connoisseurs ; l’autre frappe sur-le-champ l’habile homme & l’ignorant, la femme instruite ou celle qui ne sait faire que des nœuds, l’orchestre même, qui, accoutumé à partir lorsqu’il ne voit plus d’acteur sur la scene, a souvent partagé un acte par une ariette, & fait en musique la critique la plus sanglante.

70. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIV. » pp. 279-289

Ils promettent de ne pas le ménager, vont le joindre, le saluent, lui donnent le titre de grand Médecin : il dit qu’il ne le fut jamais : on le frappe, il convient de tout ce qu’on veut, sur-tout lorsqu’on lui promet qu’il gagnera de l’argent.

71. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VIII. M. DE SAINT-FOIX. » pp. 288-296

Il y a quelque temps que l’Amour frappa la nuit à ma porte.

72. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre IV » pp. 38-47

Le roi, se voyant pris : Je vois bien, dit-il, qu’il faut que j’en passe par là, puisque la reine le veut, mais regardez bien au moins de ne me frapper pas fort.

73. (1819) Introduction aux œuvres de Molière pp. -

Gassendi, frappé de l’intelligence vive et pénétrante du jeune Poquelin, l’admit aux leçons particulières qu’il donnait à ses deux élèves. […] Nous lui demandâmes pourquoi le même ridicule qui nous échappe souvent dans l’original, nous frappe à coup sûr dans la copie. […] Tous les contemporains de Molière en furent frappés, et je n’aurais que l’embarras du choix parmi les témoignages de leur enthousiasme. […] Picard, mon ami et mon confrère à l’Académie Françoise, frappé de cette omission, y voit une raison de s’en tenir à la tradition qui fait naître Molière en 1620. […] Segrais raconte qu’on jour le prince, dans un accès de colère causé par ce souvenir, eut la brutalité de frapper Sarrasin à la tempe avec des pincettes.

74. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Troisième partie. — L’école historique » pp. 253-354

Le fer heurte le fer ; Dans la main du guerrier l’arme tue ou se brise ; Ferme au poste, et taisant sa douleur qu’il maîtrise, Le blessé ne fuit pas, il lutte ; et quand la mort, À son rang, par devant le frappe, il lutte encor. […] Vaincu, l’ennemi se débande… Mon maître Amphitryon l’a vu fuir : il commande Les cavaliers, il vole, il frappe, et ses grands coups Achèvent de prouver que le droit est pour nous378. […] Dans un siècle où le souverain disait : L’État, c’est moi ; où, sans la crainte du diable que Dieu lui laissa jusque dans ses plus grands désordres, ce roi qui pouvait tout se serait fait adorer423 ; où quelqu’un424 l’adora et mit un luminaire dans la niche de sa statue transformée en chapelle, il est clair tout d’abord qu’une arme aussi terrible que celle que Molière maniait n’aurait jamais pu frapper un seul coup, si elle n’avait été mise au service de ce demi-dieu 425. […] Don Juan, que Molière composa pendant que le Tartuffe restait frappé d’interdiction, en est la contrepartie. […] « Molière est tellement grand qu’on est toujours frappé d’étonnement lorsqu’on le relit.

75. (1886) Molière : nouvelles controverses sur sa vie et sa famille pp. -131

On remarquera la sévérité avec laquelle la justice frappait à deux reprises deux accusateurs d’Armande9. » L’autre accusateur était un président au parlement de Grenoble, sur lequel je reviendrai. […] Acquitter Guichard, c’était déclarer celle qui avait déposé contre lui convaincue d’accusation calomnieuse, acte d’autant plus répréhensible que cette accusation frappait un ancien ami. […] Avoir fourni prétexte à un pareil écrit, c’est déjà une assez mauvaise note : de tels coups ne frappent que ceux qui s’y exposent. […] Je l’ai dit ailleurs, et je me plais à le répéter ici : « Dans le milieu et a l’époque où elle vivait, et bien que les mœurs théâtrales ne fussent point alors aussi débordées qu’elles le devinrent au siècle suivant, Armande restée pure, dans une ligne de conduite décente, eût été une comédienne anormale, un véritable phénomène dont l’étrangeté aurait frappé les contemporains ; de nombreux écrivains nous eussent transmis le souvenir de ce prodige. […] Je n’ai point a rechercher les motifs qui le déterminèrent, ni à examiner si ce fut l’auteur du Festin de Pierre et du Tartuffe, plus encore que le comédien, qu’il frappa de ses rigueurs ; il est certain qu’il se renferma dans l’étroite observance des réglés que lut traçait le rituel de son diocèse, et que plusieurs de ses confrères interprétaient avec un esprit plus large.

76. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XV » pp. 175-187

Il en fut de la langue comme il en serait de la monnaie, si tout le monde avait la liberté d’en frapper : d’abord on en mettrait beaucoup de mauvaise en circulation, avec une certaine quantité de bonne : mais bientôt celle-ci aurait la préférence.

77. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. » pp. 20-52

Ils frappent à la porte du Docteur, qui, n’ayant point vu son fils depuis la plus tendre enfance, croit le reconnoître dans Arlequin. […] Eclairés d’une moindre lumiere, Enveloppent sa force au sein de la matiere, Et nomment un instinct ce premier mouvement Qui nous frappe d’abord avec aveuglement, Et qui prenant du temps des forces suffisantes, En forme dans les sens des images pressantes, Qui n’en font le rapport à notre entendement Qu’après s’être engagés sans son consentement.

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