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114. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE V. D’Ancourt imitateur, comparé à Moliere, la Fontaine, Saint-Yon, le Sage, Montfleury, &c. » pp. 133-184

LE COCU BATTU ET CONTENT, Nouvelle tirée de Bocace. […] Si j’ai tiré ce rendez-vous de toi, C’est seulement pour éprouver ta foi ; Et ne t’attends de m’induire à luxure. […] Il me tire, morgué, les vars du nez : baillons-nous de garde. . . . . . . . . . Ce que nous venons de lire nous rappelle aisément la scene dans laquelle Eraste, feignant de connoître la famille de Pourceaugnac, l’engage à nommer tous ses parents l’un après l’autre ; mais si la scene de Pourceaugnac est forcée, celle-ci est tout-à-fait contre nature, puisque Julien s’apperçoit que l’Epine veut lui tirer les vers du nez, qu’il projette de ne rien dire, qu’il est bien plus intéressé que Pourceaugnac à se taire, & qu’il n’est pas stupide comme le héros de Limoges.

115. (1882) Molière (Études littéraires, extrait) pp. 384-490

Il a un duel, pour avoir voulu tirer d’un poète l’aveu que ses vers sont mauvais. […] Chez Angélique, le goût du luxe, du plaisir et des douceurs tire plus à conséquence. […] De là le mémorable quiproquo dont Molière a tiré si bon parti. […] Tiré du poème intitulé La Gloire du Val-de-Grâce, 1669. […] Régnier, le sociétaire du Théâtre-Français, concilie cette lettre avec l’assertion tirée du Registre de La Grange.

116. (1725) Vie de l’auteur (Les Œuvres de Monsieur de Molière) [graphies originales] pp. 8-116

Et comme ce même Cyrano étoit très-avide de savoir, & qu’il avoit une memoire fort heureuse, il profitoit de tout, & il se fit un fond de bonnes choses, dont il tira avantage dans la suite. […] Mais ces Bourgeois ayant suffisamment rempli leur plaisir, & s’imaginant être de bons Acteurs, s’aviserent de tirer du profit de leurs representations. […] Quoique le secret de Raisin fût découvert, il ne laissa pas de former le dessein de tirer encore parti de son Epinette à la foire suivante. […] Moliere s’applaudissant du succès de son invention, pour forcer le Public à lui rendre justice, hazarda d’en tirer une glorieuse vengeance, en faisant joüer le Misanthrope seul. […] L’homme en question se trouva si fort honoré de ce compliment, que toutes affaires cessantes, il donna parole pour le lendemain ; & il courut tout Paris pour tirer vanité de la lecture de cette piece.

117. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. De l’Etat, de la Fortune, de l’Age, du Rang, du Nom des Personnages. » pp. 39-75

Adieu, Comtesse : n’en soyons pas moins bons amis ; & du moins ayez la bonté de m’aider à me tirer d’affaire avec Hortense. […] Nombre d’Ecrivains se tirent d’affaire en appellant tout simplement leurs personnages M. le Comte, M. le Duc, Madame la Marquise, Madame la Baronne ; il n’appartient pas à tout le monde, comme je l’ai dit dans cet article, de ne mettre sur la scene que des hommes & des femmes titrées. […] Graces à la malignité de Moliere, nous avons des noms tirés du grec dans l’Amour Médecin.

118. (1862) Corneille, Racine et Molière (Revue chrétienne) pp. 249-266

Il avouait lui-même que la moindre critique, si mauvaise qu’elle fût, lui avait toujours causé plus de chagrin que toutes les louanges ne lui avaient fait de plaisir. » Jusqu’ici le jeune professeur de Lausanne marche d’accord avec Vinet ; mais il se sépare de lui au moment de tirer les conséquences de son récit. […] Si on le pressait sur ce point, peut-être répondrait-il en alléguant des motifs tirés des avantages que cela peut avoir pour les hommes. […] C’est un Ariste, un pédagogue chargé de diriger le parterre et de l’empêcher de tirer de la pièce une leçon contraire aux intentions de l’auteur; mais le parterre est un écolier mutin et très indocile, qui se fait sa leçon à lui-même et n’entend pas qu’on la lui fasse.

119. (1824) Notice sur le Tartuffe pp. 91-146

En fidèle sujet, il va trouver son roi, Et l’instruit d’un secret qui le tire de peine : Mais, parce qu’il commence à nuire sur la scène, Pour l’en faire sortir, cet auteur sans raison Fait commander au roi qu’on le mène en prison ; Et, contre son devoir, quoi qu’Orgon ait pu faire, Et sachant ce secret, quoiqu’il ait su s’en taire, Qu’il ait blessé par là l’auguste majesté, Il triomphe, bien loin d’en être inquiété. […] Bayle avait déjà cité ce dernier ouvrage comme ayant beaucoup servi à Molière ; mais il n’en rapporte aucune preuve, et il ne cite à l’appui de son assertion qu’un discours d’Arlequin tiré d’un livre anonyme. […] Lisée, conduit par l’hypocrite, se tire de tous les pièges qui lui sont tendus et de toutes les querelles qu’on lui suscite. […] Vous vous êtes trompés, mes frères ; faites-moi le but de vos injures et de vos pierres, et tirez sur moi vos épées. » Cette conduite adroite de Montufar produit sur la multitude le même effet que la feinte humilité de Tartuffe sur Orgon ; l’engouement d’un peuple hébété redouble pour l’imposteur, et le trop véridique gentilhomme est obligé de se soustraire par la fuite à la vindicte publique. […] L’un dessine purement un portrait ; la ressemblance est exacte, les traits sont fidèles, les nuances même les plus fugitives sont habilement saisies ; mais ce n’est qu’une figure isolée, sans mouvement et sans vie : l’autre conçoit un vaste sujet ; il groupe autour de son personnage principal d’autres figures qui font ressortir la sienne ; il met en présence le vice et la vertu, l’hypocrisie et la bonne foi ; il presse, il anime, il enflamme son action : du jeu des contrastes les plus opposés il fait sortir la ressemblance ; du choc des passions les plus tristes il fait jaillir la gaieté ; enfin d’un divertissement il tire une haute leçon morale, et du portrait d’un homme il fait le tableau d’une époque.

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