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4. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXI. De la Catastrophe ou du Dénouement. » pp. 503-516

Il dit au bon-homme que la maladie de sa fille n’a d’autre principe que le desir d’être mariée : il ajoute que, pour donner plus surement à ses remedes le moyen d’opérer, il a persuadé à Lucinde qu’il n’étoit pas un Médecin, mais un jeune homme amoureux d’elle ; qu’il venoit la demander en mariage ; qu’il faut la confirmer dans cette idée, & lui faire croire que l’homme qui écrit ses ordonnances est un Notaire. […] Pour moi, je veux premiérement être persuadé que les Dieux ne sont immortels que parcequ’ils ont des plaisirs qui n’ont point de fin ; & je suis sûr aussi que je ne saurois manquer d’être immortel comme eux, si aucun chagrin ne succede à cette joie. […] Il n’y a personne dont la rencontre me soit plus agréable ; car je suis persuadé que qui que ce soit ne ressentira ma joie plus vivement que lui. […] Chrémès est désormais tout à vous ; je suis persuadé qu’il fera ce que vous voudrez.

5. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XX. » pp. 411-419

Eraste prétend le reconnoître, l’engage à venir chez lui ; & feignant de parler à son maître-d’hôtel, afin qu’on traite bien son hôte, il le recommande aux Médecins, auxquels il persuade qu’il leur donne un fou à guérir. […] D’un autre côté, Sbrigani se déguise en marchand Flamand, pour persuader au beau-pere, que Pourceaugnac doit beaucoup. […] La fausse reconnoissance est beaucoup mieux filée dans la comédie que dans le roman ; mais si Mendoce mourant de faim se laisse trop facilement persuader par l’offre qu’Ordogno lui fait de le régaler, il est encore moins naturel que Pourceaugnac accepte un logement chez Eraste.

6. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XII. Des Pieces intriguées par une Soubrette. » pp. 135-150

Laurette lui persuade, pour éviter, dit-elle, le malheur qu’elle redoute, de retenir le Marquis chez elle, tandis qu’on ira avertir les parents des deux champions. […] Le fourbe lui persuade que Julie est Constance, cette fille chérie qu’il n’a point vue depuis sa plus tendre enfance. […] Le fils, maître d’une grosse somme, se prépare à payer la rançon de celle qu’il aime, lorsqu’on lui persuade qu’elle est infidelle. […] Il m’a dit que si tu voulois lui persuader que le soleil est le soleil, il croiroit aussi-tôt que c’est la lune ; & que si tu lui disois qu’il est jour, il assureroit qu’il est nuit.

7. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIX. De la Gradation. » pp. 342-351

Lucinde est éprise de Moncade ; on cherche à lui persuader que son amant est un perfide : pour le lui prouver, on dit à Moncade qu’une belle dame est charmée de son mérite, qu’il aura une conversation secrete avec elle, s’il veut se laisser conduire dans son appartement avec les yeux bandés ; il y consent, & assigne le lieu où on le trouvera. […] Si j’ai le malheur de ne pas persuader mes lecteurs ; qu’ils assistent à une représentation de cette piece, & surement ils seront de mon avis en sortant. […] Je suis très fort persuadé avec eux que la gradation des scenes & des actes est très nécessaire, que sans elle une piece ne peut être bonne ; mais puisque les scenes ne sont formées que par des moyens & des situations plus ou moins fortes, les actes par des scenes plus ou moins remplies de situations ou de moyens, il me semble qu’en graduant les moyens & les situations, on a l’art de tout graduer.

8. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIV. » pp. 489-499

Nous ne parlerons pas du fond du sujet, puisque nous ne saurions le comparer avec un autre ; nous dirons seulement que Desmarets a dans sa comédie des Visionnaires une extravagante, nommée Hespérie, qui se persuade être adorée de tous ceux qui la voient. […] Donc il s’adresse à vous, n’osant pas m’aborder, Pour vous donner le soin de me persuader ? […] Il en a fait la base comique de plusieurs scenes, & met sa folle dans des situations bien plus piquantes, en substituant à la sœur de l’héroïne l’homme même qu’elle croit épris de ses charmes, qui lui répete qu’il ne l’aime point, qu’il est amoureux d’une autre, qui le lui jure, & qui ne peut le lui persuader.

9. (1686) MDXX. M. de Molière (Jugements des savants) « M. DXX. M. DE MOLIÈRE » pp. 110-125

C’est en quoi consiste l’avantage qu’on lui donne sur tous les comiques modernes, sur ceux de l’ancienne Rome, et sur ceux même de la Grèce : de sorte que s’il se fût contenté de suivre les intentions de M. le cardinal de Richelieu, qui avait dessein de purifier la comédie, et de ne faire faire sur le théâtre que des leçons de vertus morales, comme on veut nous le persuader, nous n’aurions peut-être pas tant de précautions à prendre pour la lecture de ses ouvrages. […] Despréaux persuadé de cette espèce de mérite de Molière, du moins autant que le P.  […] Il faut avoir une envie étrange de se munir du nom des auteurs graves, et de se donner des garants d’importance, pour vouloir nous persuader par l’autorité de quelques critiques de réputation qui ont eu de l’indulgence pour Molière, que ces vices qu’il a corrigés fussent autre chose que des manières extérieures d’agir et de converser dans le Monde.

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