Jourdain ; la suivante, où Dorante vient lui emprunter de l’argent ; la dixième, où Lucile et Nicole courent après leurs amants et s’en font suivre à leur tour ; la douzième, où Cléonte demande Lucile, et est refusé parce qu’il n’est pas gentilhomme ; la dix-neuvième, où M. […] La première scène du premier acte est un modèle d’exposition ; la scène quatrième, où Scapin donne des conseils à Octave ; la sixième, où Scapin raconte à Argante l’histoire du mariage de son fils ; dans le deuxième acte, la scène cinquième, où Scapin fait cette confession si plaisante ; la scène septième, où son maître a besoin de lui, et le supplie de lui pardonnes ; la huitième, où Scapin tire de l’argent d’Argante pour rompre le mariage de son fils, et où il lui détaille tout ce qu’il lui en coûtera pour plaider ; la onzième, où Scapin tire de l’argent de Géronte par le comité de la galère, sont à remarquer. […] Tout-à-Bas : au deuxième acte, la scène neuvième, où Angélique, malgré Nérine, pardonne à Valère : au troisième acte, la troisième, où Hector présente son mémoire à Géronte ; la sixième des créanciers (imitée du Festin de Pierre, bien au-dessous de cette dernière ; la neuvième, où le marquis insulte Valère, qu’il croit un poltron : au quatrième acte, la scène douzième, où Hector lit Sénèque à son maître qui a perdu tout son argent : au cinquième acte, la scène quatrième, où madame La Ressource dit que le marquis est son cousin, ressemble beaucoup à celle de Me Jacob dans Turcaret ; j’ignore quelle est l’aînée : voilà les meilleures scènes de cette pièce, qui a mérité sa réputation, et où je ne voudrais ni marquis ni comtesse. […] La scène où Agathe, contrefaisant la folle, donne une lettre à son amant dans un papier de musique, et celle où elle escamote de l’argent à Albert pour gagner son procès, sont les plus jolies de la pièce. […] La sixième scène du second acte, où Arlequin, pour avoir de l’argent, dit le diable de son maître, et est payé de chaque défaut, est charmante.
Pour en argent comptant, Je crois, sans la flatter, qu’elle ne l’est pas tant. […] Et de plus, après lui avoir pris tout son argent, il l’enterra dans le logis même que le défunt habitoit. […] Pourquoi parlez-vous d’argent ? […] Mais toi, réponds-moi : quel usage a-t-on fait de cet argent-là ? […] La conséquence n’est pas juste, Monsieur : l’argent est bien, mais nous ne le tenons pas.
Ils promettent de ne pas le ménager, vont le joindre, le saluent, lui donnent le titre de grand Médecin : il dit qu’il ne le fut jamais : on le frappe, il convient de tout ce qu’on veut, sur-tout lorsqu’on lui promet qu’il gagnera de l’argent. […] Géronte veut lui donner de l’argent, il feint de le refuser, & tend la main par derriere pour le recevoir. […] Pantalon veut lui donner de l’argent ; il dit qu’il n’en veut pas, & tend la main par derriere. […] Il est aisé de voir que Moliere a pris de l’Auteur Italien la feinte maladie de l’héroïne, le déguisement de l’amoureux, les impertinences que Sganarelle dit en parlant à tort & à travers d’Hippocrate & des matieres de la malade, d’une façon moins grossiere pourtant qu’Arlequin & Crispin : il lui doit aussi le lazzi de tendre la main derriere le dos pour recevoir de l’argent, & l’enlevement de la fausse malade ; mais la vengeance de la femme, & l’idée si singuliere de faire un Médecin à grands coups de bâton, sont puisées dans une histoire connue en Russie vingt ans avant que Moliere fît un Médecin malgré lui.
— Moins puissant que Jupiter, répond l’Argent. — Jupiter ! […] C’est l’Argent qui a créé Jupiter. […] À l’Argent ! […] À bas l’Argent ! […] Bulwer, intitulée : L’Argent.
Tant qu’Argyrippe a de l’argent il entre chez la matrone, & jouit de sa maîtresse ; dès que son trésor est épuisé on lui refuse la porte. […] Celui-ci ne peut procurer à son fils vingt mines, parcequ’il est pauvre & que sa femme jouit de tout le bien ; mais il lui conseille de voler l’argent qu’on doit porter à sa mere pour quelques ânes que son esclave Dotal on son économe a vendus. […] Il dit à son maître qu’il y a en Cretrie un attelage de bœufs très beaux à vendre pour le prix de six cents nummes : le vieillard donne dans le panneau, compte l’argent, recommande à son esclave de revenir dans sept jours avec les bœufs. […] Un instant après le Parasite vient réclamer sa fille, fait grand bruit, menace de la Justice le M... qui est trop content d’en être quitte pour son argent.
Je me leve avec transport, je retombe à ses pieds, je les embrasse, je prononce votre nom avec des sanglots : je lui demande le sien pour lui faire remettre son argent à mon retour. […] Permets qu’elle ne dégénere pas en simple prêt, en échange d’argent. […] Fatmé, l’esclave de Zaïde, annonce que tout le monde s’empresse pour acheter les captifs nouvellement débarqués : Hassan va chercher de l’argent pour en racheter un. […] Le jeune Génois ajouta quelques pieces d’argent à sa premiere aumône, en lui souhaitant une meilleure fortune. […] De me mêler des affaires d’autrui pour de l’argent ; de faire souvent réussir les plus désespérées, ou du moins de les faire durer dix ans, quinze ans, vingt ans.
Nous aurions grand besoin d’un peu d’argent comptant. […] Il me faut de l’argent cependant. […] Cette raison vaut mieux que de l’argent comptant. […] Consentez à ce mariage, je vous prie ; on vous rendra votre argent. […] Mais... qu’on me rende mon argent : je me sens assez d’humeur à consentir à ce que vous voulez.
Conaxa quitta son commerce, & se retrancha à faire valoir son argent, afin de pouvoir figurer avec ses gendres & se tirer de la foule des personnes de sa condition. […] Où prendrez-vous, lui dit l’un deux, de l’argent ? […] Pour les guérir de la crainte où ils étoient de payer les frais du repas, le vieillard avança de l’argent au Traiteur qui étoit venu prendre ses ordres. […] Mes enfants, leur dit-il, je vais vous découvrir ma manie : je n’ai pu refuser ces mille écus à ce Banquier qui est mon intime ; à cela près je ne fais aucun usage de mon argent de peur qu’il ne se dissipe ; mon dessein est de n’y pas toucher tant que je vivrai, vous le trouverez après ma mort : je le destine à celle de vous deux dont je serai le plus content ; je le partagerai si je m’apperçois que votre tendresse soit égale.
L’héroïne emploie l’argent que le héros lui donne, à faire emplette sous main des terres que vend ce dernier. […] Je ne vois qu’un moyen qui nous force à nous taire : Combien pour cette terre avez vous eu d’argent ? […] est-ce en argent comptant ? […] Plus on aime l’argent & moins on a de vices. […] Un ami qu’on implore, ou refuse, ou chancelle : L’argent est un ami toujours prompt & fidele.
Composons à moitié de profit argent comptant. […] Eh bien, Monsieur, aurai-je de l’argent ? […] Jarvis, qui n’a pas trouvé son maître chez Vilson, se félicite de le rencontrer, lui peint les chagrins de sa femme, lui offre le peu d’argent qu’il a. Stukéli avoit promis de l’argent à Béverley, il vient lui dire qu’il n’en trouve point, qu’il s’est ruiné pour lui, & lui propose de faire ressource avec les diamants de sa femme : Béverley frémit à cette proposition, mais s’y détermine, pour ne pas laisser dans l’infortune un ami qu’il croit avoir entraîné dans son malheur. […] Le traître a déja donné sous main de l’argent pour cela.
Et l’argent ?... […] pour l’argent, je l’ai touché : il faudra bien vous en tenir compte. […] Et l’argent ? […] Par vos mains cet argent a passé ; Rendez-en compte, allons. […] pour cela, l’argent ne lui coûte rien ; il fait bien les choses.
Piombino salue le docteur de la part de la signora Vittoria ; il le prie de prêter à la comédienne un bassin d’argent avec son vase, dont elle a besoin dans une pièce qu’elle va représenter. […] Piombino lui rappelle le bassin et le vase d’argent qu’il a promis. […] Il se met à pleurer, se lamentant parce qu’il a perdu beaucoup d’argent au jeu de cartes. […] Le fourbe gagne l’argent et les habits de Pedrolino et d’Arlequin, et les laisse en chemise ; les valets se désolent.
Guillaume part en effet pour manger l’oie & toucher l’argent du drap. […] Guillaume, croyant manger une oie & toucher de l’argent, se trouve rejetté bien loin de son attente par le faux délire de Patelin ; celle enfin de l’audience. […] J’ai chez moi votre argent tout prêt & bien compté : mais il faut vous donner le temps de faire dresser une quittance pardevant Notaire. […] je n’en puis plus : mais je veux de l’argent. […] Palaprat dit dans un Avertissement, que le Muet ne rapporta pas beaucoup d’argent à ses Auteurs.
Dupuis, déconcerté, est obligé de convenir qu’il ne veut pas marier sa fille : il a cependant une grande amitié pour Desronais : il lui offre sa table : il lui prête de l’argent pour acheter une charge, & pour calmer une fille à laquelle il a fait un enfant ; il le regarde enfin comme son gendre : mais ce n’est qu’à son dernier moment qu’il veut l’unir à sa fille. […] Non, non, marauds ; nous ne vous avons point demandé votre argent : nous n’en voulons qu’à la bête que vous avez tuée. […] Le Meûnier se prosterne aux genoux du Roi pour le remercier ; le Roi lui fait présent de son épée, le nomme Sir, & lui donne un revenu de mille marcs d’argent : le Meûnier reçoit les faveurs du Roi avec plaisir, parcequ’il n’a fait aucune bassesse pour les obtenir. […] Le drôle en prit le jour & les suivants Pour son argent, & même avec usure : A bon payeur on fait bonne mesure. […] Gasparin, qui, à force d’argent, lui a ravi la petite Souris de l’Opéra.
De la louange, de l’estime, de la bienveillance en paroles, & de l’amitié, tant qu’il vous plaira ; mais de l’argent, point d’affaires. […] Je te défie d’attendrir, du côté de l’argent, l’homme dont il est question : il est Turc là-dessus, mais d’une turquerie à désespérer tout le monde ; & l’on pourroit crever, qu’il n’en branleroit pas. En un mot, il aime l’argent plus que réputation, qu’honneur & que vertu : & la vue d’un demandeur lui donne des convulsions ; c’est le frapper par son endroit mortel ; c’est lui percer le cœur ; c’est lui arracher les entrailles.
D’ailleurs, Monsieur, on portoit autrefois l’or & l’argent dans la bourse ; la mode a changé, on le porte sur les habits. […] Il est au dessous de lui de solliciter un emploi dans les Finances, il ne peut courir après un bénéfice ; les postes dans le militaire ne se donnent qu’à l’ancienneté ou bien au mérite ; il faut avoir réellement de l’argent pour acheter des charges ; il faut se procurer cet argent par quelque moyen : un riche établissement est le meilleur ; c’est le seul commerce où l’on puisse impunément être faux & frippon. […] Elle portera à son époux plus de vingt mille livres de rente en bonnes terres, outre deux cents mille livres d’argent comptant qu’on me garde ici pour sa dot. […] Monsieur, allez querir de l’argent, puisque M. le Comte de Clincan...
Arnolphe prête de l’argent à son rival pour l’aider à triompher de sa maîtresse. […] Vous savez mieux que moi, quels que soient nos efforts, Que l’argent est la clef de tous les grands ressorts, Et que ce doux métal qui frappe tant de têtes, En amour comme en guerre avance les conquêtes. […] (Ils tendent tous deux la main & prennent l’argent.) […] Oui, fort bien ; hors l’argent qu’il ne falloit pas prendre. […] Je vous laisse l’argent.
Celio les remplace ; il est à la poursuite d’un coquin nommé Arlequin, qui, étant à son service, lui a volé un habit & de l’argent ; il va le faire chercher dans la ville. […] Il prie Nicolo de le vendre, & de lui apporter l’argent dans un cabaret qu’il lui indique. […] Arlequin, valet de Lélio, est désespéré que son maître ne seconde pas une méprise d’autant plus favorable qu’ils manquent d’argent : il fait croire à Cassandre qu’une maladie a totalement fait perdre la mémoire à son fils.
Enfin Harpagon nous apprend qu’il a fait venir son Intendant pour l’aider à ordonner un repas ; & Maître Jacques, son cuisinier & son cocher, pour lui ordonner de lui faire bonne chere avec peu d’argent, de nettoyer son carrosse, & de tenir ses chevaux prêts pour aller à la Foire. […] Qui est plus criminel, à votre avis, ou celui qui achete un argent dont il a besoin, ou bien celui qui vole un argent dont il n’a que faire ? […] il me semble que j’entends un chien qui aboie ; n’est-ce point qu’on en voudroit à mon argent ?
l’a-t-il rien de plus révoltant que de faire rire de la ruse d’un fils qui fait argent du faux bruit de la mort paternelle, et qui, tout en larmoyant, emprunte pour ces prétendues funérailles de quoi se payer des maîtresses239 ? […] Que, pour comble, il charge de coups de bâton l’honnête maître dont il a volé l’argent et corrompu le fils262, nous rirons encore et toujours, en dépit de la morale oubliée, et nous ne pourrons nous empêcher d’applaudir au triomphe final de ce Prince des Fourbes, entouré de sa messagère Nérine, de ses lieutenants Carie et Sylvestre, et de la foule des pères, des fils, des amantes qui subissent la toute-puissance de son génie diabolique263. […] Peut-on aimer comme Je Dorante du Bourgeois gentilhomme, et voler en même temps l’or, les bagues même que l’on offre à sa maîtresse ; la laisser entretenir par un vieux fou qu’on flatte, et faire argent de l’honneur de celle qu’on veut s’attacher par un lien sacré 267 ?
Donnez-leur tout l’argent dont ils auront besoin et même l’argent du jeu, comme cela se faisait chez le surintendant Fouquet pour les courtisanes de Louis XIV, mais à une condition : que cet argent que donne le public à ses comédiens ordinaires soit loyalement dépensé. Le public prodigue cet argent-là pour qu’il soit prodigué. […] Elles nous ont pris notre argent, notre jeunesse ! […] Naturellement l’injuste démontre, par des preuves sans réplique, qu’il est bien difficile de s’enrichir, si on ne mêle à son argent un peu de l’argent d’autrui. […] Ce n’est pas lui à qui dona Elvire elle-même oserait offrir son crédit ou son argent.
Scapin, qui a entendu les conventions que l’étudiant vient de faire avec Mezzetin, feint d’être brouillé avec Fulvio son maître qui l’a battu ; il entre au service de Cintio, qui l’envoie demander l’argent à Beltrame, et qui lui confie l’anneau à la vue duquel on lui délivrera Celia. […] Au moment où il a compté l’argent et où il va emmener Celia, un sbire vient mettre le séquestre surtout ce que possède Mezzetin, et par conséquent sur l’esclave.
Dans l’Asinaire, un jeune homme a besoin d’argent pour acheter une fille : son pere lui conseille de voler à sa mere l’argent de quelques ânes qu’elle a fait vendre ; c’est à propos de ces ânes que la piece s’appelle l’Asinaire.
Alors mon homme, aidé du simple sens commun, pourroit lui répondre, je pense : « Puisque la satisfaction du cœur a deux façons de s’exprimer, gardez votre joie pleureuse pour les pieces que je viens voir avec l’intention d’y pleurer ; mais lorsque, sur la foi de votre affiche, je vous donne de l’argent pour rire, régalez-moi, je vous prie, d’un plaisir qui soit gai, & qui ne ressemble pas si fort au chagrin ». […] Oui, ma fille, oui, mon fils, je suis Dom Thomas d’Alburci, que le ciel garantit des ondes avec tout l’argent qu’il portoit, & qui, vous ayant tous cru morts durant plus de seize ans, se préparoit, après de longs voyages, à chercher dans l’hymen d’une douce & sage personne, la consolation de quelque nouvelle famille. […] Après que nous t’avons eu donné l’argent à la place, nous sommes allés tout droit au logis ; dès que nous y avons été, le bon homme m’a envoyé chez votre femme.
Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. . . . . . . . . . . . . . . . . […] mon pauvre argent, mon cher ami, on m’a privé de toi !
Si tu ne veux essayer des cachots de la Vicaria, et si tu n’as point d’argent, choisis de deux choses l’une : ou recevoir sur la paume des mains dix coups de cette férule, ou bien, les braies basses, recevoir cinquante coups d’étrivières ; car de toute façon tu ne sortiras pas de nos mains sans faire pénitence de tes fautes. […] Il n’a point d’argent.
Riccoboni aurait vu que la Belle Plaideuse, mauvaise Comédie de Boisrobert, avait fourni à notre Poète le Canevas de ces Scènes, où un fils emprunte de l’argent d’un Usurier, et cet Usurier se trouve être son père ; où le père veut donner comme argent comptant des effets de nulle valeur. […] On trouve aussi, dans la même Pièce, un monologue d’un Avare à qui l’on a pris son argent, dont Molière a profité dans la dernière Scène du quatrième Acte de son Avare. […] Prends cet argent, je te le donne pour l’amour de l’humanité. » […] Il y avait même plus d’argent qu’il n’en avait laissé, parce que les espèces avaient augmenté depuis ce temps-là. […] Cette dernière plaide pour une riche succession ; mais faute d’argent, elle ne peut finir ce procès.
Le prêteur, pour ne charger sa conscience d’aucun scrupule, prétend ne donner son argent qu’au denier dix-huit. […] J’ai besoin d’argent, & il faut que je consente à tout. […] « Des quinze mille francs qu’on demande, le prêteur ne pourra compter en argent que douze mille livres ; & pour les mille écus restants, il faudra que l’emprunteur prenne les hardes, nippes, bijoux dont s’ensuit le mémoire, & que ledit prêteur a mis, de bonne foi, au plus modique prix qu’il lui a été possible ». […] Je vous vois, Monsieur, ne vous en déplaise, dans le grand chemin justement que tenoit Panurge pour se ruiner, prenant argent d’avance, achetant cher, vendant à bon marché, & mangeant son bled en herbe. […] Jourdain amoureux, en pure perte, d’une Marquise, trompé par le frippon de Comte qui lui vole un diamant & lui emprunte de l’argent, est un exemple merveilleux.
Une chose presque toute d’opinion, une chose qui avait communément sa source dans de grands services rendus à l’état par des ancêtres, et qui était l’ouvrage du temps seul, des hommes, enrichis dans un obscur négoce, furent assez insensés pour croire qu’ils pouvaient se la procurer à prix d’argent, en aussi peu d’instants qu’il en fallait pour compter la somme. […] La moralité de la pièce est qu’il ne faut pas qu’un bourgeois dédaigne son état et la société de ses égaux, sous peine de trouver quelque seigneur besogneux et peu délicat qui flatte sa manie pour épuiser sa bourse ; elle n’est pas, cette moralité, qu’il faut qu’un grand seigneur sans argent tâche de rencontrer un bourgeois sans esprit, pour le voler et se moquer de lui. […] Ce sont celles que représentait la comédie antique, celles qui ont passé sur nos théâtres nouveaux, à l’époque de leur naissance, avec les imitations de Plaute et de Térence, et qui s’y sont perpétuées dans ces innombrables pièces où, sous les noms de Sbrigani, de Scapin, de Crispin, et autres valets de noms et de costumes divers, figurent des Daves et des Sosies déguisés, qui font métier de tromper les pères et de corrompre les fils, tour à tour servant et trahissant leurs maîtres, dont ils reçoivent alternativement des caresses et des menaces, de l’argent et des coups de bâton. […] Ses dupes manquent d’esprit, sans doute ; mais elles ont une passion qui leur en tient lieu : tirer de l’argent de deux avares est peut-être plus difficile que de tromper dix aigrefins.
Il vous faut de l’argent à tout prix, mon amoureux. Mais qui donc a de l’argent ? […] » L’argent ! […] Mais l’avare n’est jamais sûr de son argent. […] — Fort peu d’argent, trente mines !
Mais on doit prodiguer des éloges à ce même Moliere, qui, dans moins de vingt-quatre heures, nous fait voir son héros refuser le nécessaire à ses enfants, conseiller à son fils, qui se trouve mal, de boire un verre d’eau, parceque l’eau ne coûte rien ; donner sa fille à un vieillard, parcequ’il la prend sans bien ; cacher son argent, prêter à usure, ordonner un repas mesquin, donner ordre qu’on ne frotte pas trop fort les meubles crainte de les user, & qu’on ne presse pas trop les convives de boire ; vouloir se pendre s’il ne trouve pas la cassette qu’on lui a volée, renoncer enfin à son amour, & consentir à donner sa maîtresse à son fils, si on lui rend son argent, & si l’on lui fait présent d’un habit neuf.
Quelques instants après il apprend que Bacchis a toujours pour lui la tendresse la plus vive : il est au désespoir d’avoir rendu l’argent. […] Invente, machine ; tire de ton arsenal telles armes que tu voudras, rassemble toutes tes batteries ; enfin attaque, combats avec tant d’adresse & de bravoure, que tu remportes aujourd’hui une seconde victoire, & que tu escamotes de l’argent au rusé vieillard.
La foule qui s’était attroupée devant la porte du mort le jour qu’on le porta en terre détermina la veuve à faire jeter de l’argent, et cette populace, qui aurait peut-être insulté au corps de Molière, l’accompagna avec respect. […] La violence de sa passion, la disette d’argent où il se trouve, le désespoir où le jette l’usure horrible de son père, et dont il supporte tout le désavantage, et son âge enfin, le font sortir du caractère de soumission et de respect qu’il avait si bien annoncé au commencement de la pièce. […] Le Docteur dévot et grand usurier a pour ami Pantalon, qui, se trouvant obligé de faire un paiement, et n’ayant point d’argent, prie son ami de lui prêter la somme dont il a besoin ; le Docteur la lui refuse, en lui disant qu’il ne l’a pas, mais promet de la chercher, s’il veut lui laisser en gage sa vaisselle d’argent. […] Le Docteur ne lui donne en argent que les deux tiers de la somme dont ils sont convenus, et lui fait voir une liste des choses qu’il lui destine pour l’autre tiers a . […] Pantalon, par un sentiment d’amour et de reconnaissance, ouvre sa bourse et donne à Scapin des poignées d’argent, pour chaque trait de louange qu’il lui rapporte.
Il part pour s’aller battre contre les Hollandais, et laisse tout son argent, ses pierreries, et tout ce qu’il a au monde à cette femme de bien, et recommande cette femme, elle-même, à cet ami fidèle, sur lequel il compte si fort. […] « Le capitaine, ayant fait sauter son vaisseau dans un combat, revient à Londres, sans secours, sans vaisseau et sans argent, avec son page et son ami, ne connaissant ni l’amitié de l’un, ni l’amour de l’autre. […] Une femme qui aime, si son amant est d’une condition égale à la sienne, ne lui donne point une bourse d’argent, et surtout une première fois qu’elle lui fait une galanterie. […] Elle fut à Rouen, mais au lieu de préparer son spectacle, elle mangea ce qu’elle avait d’argent avec un gentilhomme de M. le prince de Monaco, nommé Olivier, qui l’aimait à la fureur, et qui la suivait partout ; de sorte qu’en très peu de temps, la troupe fut réduite dans un état pitoyable ; ainsi destituée de moyens pour jouer la comédie à Rouen, la veuve Raisin prit le parti de revenir à Paris avec ses petits comédiens et son Olivier (au commencement de l’année 1666). […] « Dom Juan, dans une scène avec un pauvre qui lui demandait l’aumône, ayant appris de lui qu’il passait sa vie à prier Dieu, et qu’il n’avait pas souvent de quoi manger, ajoutait : “Tu passes ta vie à prier Dieu, il te laisse mourir de faim, prend cet argent, je te le donne pour l’amour de l’humanité.” » b.
Je demande la permission de citer un exemple plus fort, & je dis : Voit-on aujourd’hui des jeunes gens de famille déshonorer leur rang en excroquant de riches dupes, en leur faisant bassement la cour, pour emprunter de l’argent qu’ils ne rendront jamais ? […] qu’on nous représente, comme Moliere dans son Bourgeois Gentilhomme, un Monsieur le Comte faisant agir tous les ressorts de son esprit intrigant pour excroquer de l’argent à M.
Il s’est ménagé encore le plaisant qui naît de la bassesse de ce Courtisan intéressé qui ne rougit pas de passer dans l’esprit de Jourdain pour son Mercure, pourvu que le Bourgeois lui prête de l’argent & régale sa maîtresse.
On ne vous consulte pas sur cela, répondit Molière à Chapelle*. « Représentez-vous, ajouta-t-il, en s’adressant au jeune homme, la peine que nous avons ; incommodés ou non, il faut être prêts à marcher au premier ordre, et à donner du plaisir quand nous sommes souvent accablés de chagrin ; à souffrir les grossièretés de la plupart des gens avec qui nous avons à vivre, et à captiver les bonnes grâces d’un public qui est en droit de nous gourmander261 pour son argent.
Comme j’avais l’argent des menus plaisirs de ce prince, il me donna ce soin. […] Ce mauvais procédé me touchant de dépit, je résolus de la faire monter sur le théâtre de Pézenas, et de leur donner deux mille écus de mon argent, plutôt que de leur manquer de parole. […] Dans la première partie, il figure le poète qui, avec le peintre et l’alchimiste, sont mis en opposition, en incompatibilité avec l’Argent. […] Il y fut dépouillé de tout son argent, de sa bague et de son manteau, et demeura à peine mieux vêtu que notre premier père Adam lorsqu’il sortit du paradis terrestre. […] Cette dispense de deux bans s’accordait, en ce temps-là, aussi facilement qu’aujourd’hui ; c’était une simple question d’argent.
Un Organiste de Troie, nommé Raisin, fortement occupé du désir de gagner de l’argent, fit faire une épinette à trois claviers, longue à peu près de trois pieds, et large de deux et demi, avec un corps, dont la capacité était le double plus grande que celle des épinettes ordinaires. […] Il fallut bien que la Raisin en passât par là ; mais ces huit jours lui donnèrent beaucoup d’argent, avec lequel elle voulut faire un établissement près de l’Hôtel de Bourgogne ; mais dont le détail, et le succès ne regardent point mon sujet. […] Molière demanda à Baron s’il avait de l’argent. Il lui répondit qu’il n’en avait que ce qui était resté de répandu dans sa poche ; parce qu’il avait oublié sa bourse sous le chevet de son lit à la dernière couchée ; qu’il s’en était aperçu à quelques postes, mais que l’empressement qu’il avait de le revoir ne lui avait pas permis de retourner sur ses pas pour chercher son argent. […] Les Comédiens firent aussitôt éteindre les lumières ; et rendre l’argent à tout le monde.
Il fallut bien que la Raisin en passât par là ; mais ces huit jours lui donnerent beaucoup d’argent, avec lequel elle voulut faire un établissement près de l’Hôtel de Bourgogne ; mais dont le détail, & le succès ne regardent point mon sujet. […] Moliere demanda à Baron s’il avoit de l’argent. […] Les Comediens firent aussi-tôt éteindre les lumieres, & rendre l’argent à tout le monde. […] Sans cela, leur dit-il, je ne puis m’y trouver, & vous pourrez rendre l’argent. […] Il faloit menager un peuple qui apportoit l’argent necessaire pour l’entretien de tant de personnes, & qui fournissoit abondamment aux grands frais des representations.
Nous n’oserons pas mettre sur la scene ce Conseiller garde-note, prenant sur son compte l’argent qu’il feint de placer, le prêtant au plus fort intérêt, faisant enfin banqueroute : non, sans doute. […] Cet argent répandu sur tant & tant de gens, Loin de les enrichir, feroit mille indigents : Et que toutes ces parts soient réduites en une, D’un seul homme à l’instant elle fait la fortune, Même sans se donner le moindre mouvement.
Le valet n’imagine rien de mieux, pour exécuter l’ordre de son maître que de faire passer Flavia pour cette Emilia, et d’arracher au père qui n’a jamais vu sa fille l’argent nécessaire à la rançon de l’esclave. […] C’est celle-ci qu’il a promis de racheter, et pour laquelle il lui faut immédiatement de l’argent qu’il charge Chrisoforo de lui trouver.
Ce poète encore bien jeune se présenta devant l’auteur du Misanthrope, une tragédie à la main ; l’ouvrage n’était pas susceptible d’être joué ; mais Molière pressentit toute la portée de ce génie naissant : il donna au jeune écrivain une forte somme d’argent, et en même temps il lui fit cadeau du sujet de La Thébaïde, dont il distribua lui-même les actes et divisa les scènes. […] La populace, fidèle à ses préjugés contre les comédiens, aurait mis obstacle à la cérémonie, si madame Molière ne l’eût apaisée en lui jetant de l’argent. […] Je me flatte qu’il ne trouvera point mauvais que je dise comment il excita Molière à lui vouloir du bien ; c’est un des plus beaux endroits de la vie d’un homme dont la mémoire doit lui être chère. » Un organiste de Troyes, nommé Raisin, fortement occupé du désir de gagner de l’argent, fit faire une épinette à trois claviers, longue à peu près de trois pieds, et large de deux et demi, avec un corps dont la capacité était le double plus grande que celle des épinettes ordinaires. […] Elle crut que la campagne ne lui serait pas moins favorable ; mais à Rouen, au lieu de préparer le lieu de son spectacle, elle mangea ce qu’elle avait d’argent avec un gentilhomme de M. le prince de Monaco, nommé Olivier, qui l’aimait à la fureur, et qui la suivait partout ; de sorte qu’en très peu de temps sa troupe fut réduite dans un état pitoyable. […] Il fallait bien que la Raisin en passât par là ; mais ces huit jours lui donnèrent beaucoup d’argent, avec lequel elle voulut faire un établissement près de l’Hôtel de Bourgogne.
Oui, au début, comme dit le bonhomme Anselme, qui est positifs et qui, en vrai négociant, trouve qu’il n’y a pas de mariage raisonnable sans argent : Quand on ne prend en dot que la seule beauté, Le remords est bien près de la solennité ; Et la plus belle femme a très-peu de défense • Contre cette tiédeur qui suit la jouissance. […] Si le mariage n’a d’autre mobile que la volupté, il devient semblable aux mariages de don Juan, où « lorsqu’on est maître une fois, il n’y a plus rien à souhaiter, et tout le beau de la passion est fini525. » Si on y est poussé par l’orgueil d’une noble alliance, il tourne comme le mariage de George Dandin, « qui est une leçon bien parlante526. » Si l’on épouse par intérêt d’argent, les maris sont des Trissotins et des Diafoirus 527, les femmes des Dorimènes et des Angéliques 528.
Le roi était, comme on l’a vu, à l’armée de Flandre, madame de Montespan dans sa maison de Clagny, où Le Nôtre dépensait l’argent consolateur de l’amant magnifique ; madame de Maintenon était à Barèges avec le duc du Maine. […] Il lui prodigue l’argent, elle rend son habitation digne de le recevoir ; les amants sont réconciliés avant de se revoir.
Il faisait plus que rire… Il parlait toujours de Thomas Diafoirus ; et quand je lui demandais de l’argent, il me disait : Clisterium donare, ensuita purgare … Il y a de quoi se pendre
Cet argent répandu sur tant & tant de gens, Loin de les enrichir, feroit mille indigents : Et que toutes ces parts soient réduites en une, D’un seul homme à l’instant elle fait la fortune, Même sans se donner le moindre mouvement. […] Ce sont de vieilles femmes de condition & des gens de lettres qui jouent ; ils n’ont pas beaucoup d’argent à perdre. […] Idem, qui largitiones effusè dispergit : bourreau d’argent, panier percé.
Car enfin je m’imagine que ce qu’on appelle vertu dans les femmes, est comme ces pieces fausses qui ont tout l’éclat de l’or ou de l’argent, mais que la coupelle dissipe en fumée. […] Timon apprend de son Intendant qu’il est ruiné, appelle ses gens, leur ordonne d’aller chercher de l’argent chez ses amis qu’il a si souvent obligés, & d’emprunter de sa part cinq cents talents au Sénat. […] Les domestiques de Timon demandent de l’argent à plusieurs personnes, qui toutes refusent.
Boileau, qui n’avait pas encore fait la fortune que ses talents lui valurent depuis, s’étant trouvé aux eaux de Bourbon, malade et sans argent, Boursault, qui se rencontra par hasard dans le même endroit, le sut, et: courut lui offrir sa bourse de si bonne grâce, qu’il le força de l’accepter. […] Peu d’argent, lui dit-il. […] Les variations de son amour, selon qu’il est plus ou moins heureux au jeu ; l’éloge passionné qu’il fait du jeu quand il a gagné ; ses fureurs mêlées de souvenirs amoureux quand il a perdu; ses alternatives de joie et de désespoir; le respect qu’il a pour l’argent gagné au jeu, au point de ne pas vouloir s’en servir, même pour retirer le portrait d’Angélique; cet axiome de joueur qu’on a tant répété, et qui souvent même est celui des gens qui ne jouent pas, Rien ne porte malheur comme payer ses dettes ; tout cela est de la plus grande vérité.
Quant à l’argent, pas un rouge liard. […] L’argent, je le répète, voilà son grand point. […] Les honneurs sont venus, mais l’argent est resté en route. […] Il commence par le nom, ce sera bientôt le tour de l’argent. […] Là-dessus, il a donné l’argent.
Sans doute ces messieurs se permettent vis-à-vis de leurs pères certaines supercheries condamnables, pour tirer d’eux quelque argent; on dirait qu’ils regardent ces escroqueries comme un avancement d’hoirie, et le public est presque tenté de partager leur manière de voir. […] Quand une somme d’argent sera nécessaire à l’action, son personnage aura toujours sur lui la somme voulue. […] Leur faire du bien, c’est comme si on jetait son argent dans un puits. […] Dans cette pièce, on voit deux femmes qui, ne pouvant plus arracher d’argent à leurs époux, choisissent chacune pour caissier le mari l’une de l’autre, et le paient d’espérances trompeuses. […] —Je vais dépenser de l’argent puisque j’en ai, répond Angélique tout naturellement.
Le Malade imaginaire, le Bourgeois Gentilhomme, ne sont certainement pas les meilleures productions de leur Auteur ; cependant, lorsque les comédiens ont repris ces deux pieces, après les avoir oubliées quelque temps, ne leur ont-elles pas rapporté beaucoup d’argent ? […] Vous n’y avez vu ni mouvements lascifs, ni amour impudique, ni supposition de jeune homme, ni argent frauduleusement détourné, ni fils de famille, qui, à l’insu de son pere, affranchit la jeune esclave qu’il aime.
Soixante mille spectateurs y purent trouver place et même s’asseoir, abrités, comme ceux de Bourges, contre les intempéries ou contre l’ardeur du soleil, par des charpentes et des toiles, « tant bien et excellemment peintes d’or, d’argent, d’azur et autres riches couleurs, qu’impossible est de le savoir réciter. » Vous vous rappelez peut-être, Messieurs, ce qui, dans ce théâtre d’autrefois, correspondait à ce que nous appelons aujourd’hui la scène. […] Cependant la misère est au logis, sa femme et lui n’ont plus que loques pour se vêtir ; comment, sans argent, renouveler la garde-robe ? […] Rentré chez lui, Patelin fait la leçon à sa femme Guillemette et, quand le drapier, tout alléché d’une prétendue oie en train de rôtir et d’un prétendu vin d’ami dont son client lui a fait fête, vient pour toucher son argent, et faire en même temps un bon repas, il ne trouve que Guillemette en larmes, et le mari agonisant en sa couche.
Le Docteur Onesti lui dit que c’est jetter son argent par la fenêtre. […] Il veut donner de l’argent au Docteur Onesti, qui le refuse, en disant qu’il n’est pas un charlatan, que Rosaura n’a besoin que d’un mari pour unique Médecin.
Il fallait bien que la Raisin en passât par là ; mais ces huit jours lui donnèrent beaucoup d’argent, avec lequel elle voulut faire un établissement près de l’hôtel de Bourgogne, mais dont le détail et le succès ne regardent, plus mon sujet. […] Molière demanda à Baron s’il avait de l’argent. […] Les comédiens firent aussitôt éteindre les lumières, et rendre l’argent à tout le monde. […] Après avoir gagné votre argent, ils vous dépouilleront comme au coin d’un bois, et vous gagneront votre habit : c’est pourquoi je vous conseille d’acheter au moins une paire de caleçons… J’étais trop amoureux de mon faible pour écouter un conseil si contraire à ma passion dominante, et jour pour jour je me trouvai, au bout du mois, au même état que mon marchand de linge m’avait prédit… Un grand Juif, qui avait le nez long et le visage pâle, me gagna mon argent ; Moïse me gagna ma bague, et Simon le lépreux mou manteau. […] Je laissai donc tout à ce peuple circoncis, jusqu’à ma fièvre quarte, que je perdis avec mon argent.
Et vous, Messieurs, qui êtes accoutumés à critiquer les pauvres femmes, qui allez murmurant dans les boutiques, vous avez plus de langue que d’argent.
La Comtesse d’Escarbagnas joint au ridicule de titrer avec emphase Messieurs ses fils, celui de parler avec affectation de ses chandeliers d’argent, de sa bougie qui n’est que de suif, de son garde-meuble qui est son grenier.
Comme il perdait toujours au jeu le peu d’argent qu’il avait, la maison de Molière et des Béjart devint la sienne. […] Il se fait présenter Mondorge, l’accueille affectueusement, et joint au don de l’argent celui d’un magnifique habit de théâtre, dont il prétend n’avoir plus besoin. […] Il faisait accepter d’assez fortes sommes d’argent aux jeunes auteurs que la nature avait mieux traités que la fortune : Racine en est un exemple. […] Sa veuve, effrayée, jeta de l’argent par les fenêtres ; et cette multitude, qui était peut-être venue pour insulter son cadavre, se retira paisiblement en faisant des prières pour son âme119. […] Le marc d’argent, qui valait alors moins de trente francs, en vaut maintenant cinquante-quatre.