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17. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXII. De l’Intérêt. » pp. 385-398

Je prie le lecteur de réfléchir sur le cinquieme acte du Tartufe, de voir s’il y a rien de si attendrissant qu’une honnête famille réduite à la mendicité par un fourbe. Qu’on se peigne le chef de cette même famille menacé d’être arrêté par un ordre supérieur, & sur-tout le moment où paroît l’Exempt qu’on croit chargé d’exécuter l’arrêt ; examine combien il auroit été facile à Moliere qu’on de faire fondre toute l’assemblée en larmes : il n’a eu garde. […] Eraste paroît, feint d’avoir connu M. de Pourceaugnac & toute sa famille à Limoges, l’oblige à prendre un logement chez lui. […] Sbrigani feint d’être surpris ; & après s’être beaucoup fait prier, & avoir consulté fort long-temps une bague que Pourceaugnac lui donne pour l’engager à dire la vérité, il lui avoue que Julie est une coquette achevée ; ce qui dégoûte le prétendu, parcequ’on aime à aller le front levé dans la famille des Pourceaugnac.

18. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XLI. Des Episodes. Maniere de les lier aux Caracteres principaux, & de placer les Caracteres accessoires. Embonpoint d’une Piece. » pp. 475-492

je vous soutiens que, dans tous les états, On ne peut de mon art assez faire de cas ; Qu’un enfant de famille, & qu’on veut bien instruire, Devroit savoir jouer avant que savoir lire. […] Je suis trop touché de voir mon ami ruiné, ainsi que sa famille. […] Je n’en puis douter, si j’étois capable de rentrer dans cette indigne carriere, & de sacrifier à l’avarice & à l’infamie, la tranquillité, la joie & la tendresse de ma famille. […] De là toutes ces scenes dans lesquelles Harpagon, en contradiction avec lui-même, lutte entre sa tendresse pour celle qu’il aime, & son argent qu’il adore : de là ces scenes plus belles encore, où Harpagon prête, au plus gros intérêt, à un enfant de famille qui lui promet que son pere mourra bientôt, & dans lesquelles l’Avare, après avoir reconnu son fils pour l’emprunteur, ne voit aucune honte dans le métier d’usurier, & trouve qu’on se déshonore en faisant des dettes usuraires, quelque nécessité qu’on éprouve.

19. (1865) Les femmes dans la comédie de Molière : deux conférences pp. 5-58

Peut-être serait-il à propos de nous enquérir d’abord d’une belle-mère, car souvent on épouse sa belle-mère en même temps que sa femme ; or, il serait fâcheux de débuter en ménage par une brouille de famille, et c’est un malheur qui arrive quelquefois. […] Il a pris chez une paysanne, chargée de famille, une jeune fille qu’il a remarquée dès l’âge de quatre ans pour son air doux et posé. […] Elle est née dans une famille qui ne promettait guère une telle merveille. […] De tous les livres de Philaminte, il n’estime qu’un gros Plutarque « à mettre ses rabats. » N’était-il pas à craindre que placée entre un père trop bourgeois et une famille pédante, Henriette ne contractât les défauts de l’un ou des autres ? […] Enfin la famille reluira tout entière de ce bonheur que peut y répandre une femme aimante, ferme, spirituelle et sensée.

20. (1884) Molière et les Allemands pp. 3-12

Mistral a bien voulu reconnaître et chaleureusement féliciter en moi « un fils de race, un vrai méridional », et cela à propos de notre langue6, que j’ai la prétention de connaître et de parler un peu, par vieille, très vieille tradition de famille. […] Pour en revenir à Molière, j’aurai, Monsieur, la patriotique, et méridionale immodestie de rapporter deux souvenirs de famille qui vous aideront à comprendre et ma légitime susceptibilité quand vous voulez que j’aille m’instruire de ma langue à une école prussienne, et, tout aussi bien, certaines aptitudes particulières que je pourrais avoir pour l’étude de la vie et de l’œuvre de Molière en Languedoc7 : œuvre et vie qui constituent précisément le plus fameux événement littéraire de notre histoire locale. […] La communauté d’Abeilhan, où de temps immémorial résidait la famille de ma mère9, faisait partie de la vicomté de Pézenas, inféodée à Conti, et avait pour seigneur ce même baron de Florac, déjà nommé.

21. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVIII. Des Pieces intriguées par des noms. » pp. 204-215

Plusieurs braves gens viennent de s’y enrôler : il veut savoir leur nom de guerre & leur nom de famille pour les enregistrer ; il les fait approcher l’un après l’autre. […] Parla le nom de sa famille : M. […] Griffet, commissaire, fait venir la famille de son épouse, son jardinier & sa jardiniere qu’il croit les complices des déréglements de sa femme : il veut prouver à ses filles mêmes les torts de leur mere : enfin le fatal écrit est lu publiquement.

22. (1861) Molière (Corneille, Racine et Molière) pp. 309-514

Molière trouva une seconde consolation dans les rapports qu’il établit entre ses acteurs et lui : sa famille l’avait abandonné, il se fit de sa troupe une seconde famille. […] Il y a de quoi rire dans la famille d’Orgon. […] Nous sommes dans un intérieur de famille et c’est de mariage qu’il s’agit. […] Il est dans la famille, où elle règne sans commander. […] En elle réside le génie de la famille.

23. (1840) Le foyer du Théâtre-Français : Molière, Dancourt, I pp. 3-112

Comme ces fils de famille sont vifs, galants, bien tournés ! […] Mariée à un imbécile, elle est néanmoins fidèle à son mari; elle se défend contre les entreprises galantes comme une mère de famille doit le faire, sans scandale et sans bruit. […] quelle est la famille où les grands orages ne viennent à gronder et ne se dissipent avec une semblable rapidité. […] Il descendait d’une famille noble dont un des membres avait été honoré en Angleterre de l’ordre delà Jarretière. […] La marquise est du genre de ces femmes que les enfants de famille, les jolis hommes du temps, appelaient des Dames de la Providence.

24. (1682) Préface à l’édition des œuvres de Molière de 1682

Il tâcha dans ses premières années de s’établir à Paris avec plusieurs enfants de famille, qui par son exemple, s’engagèrent comme lui dans le parti de la Comédie sous le titre de l’Illustre Théâtre ; mais ce dessein ayant manqué de succès (ce qui arrive à beaucoup de nouveautés) il fut obligé de courir par les Provinces du Royaume, où il commença de s’acquérir une fort grande réputation. […] Quoi qu’il fût très agréable en conversation lorsque les gens lui plaisaient, il ne parlait guère en compagnie, à moins qu’il ne se trouvât avec des personnes pour qui il eût une estime particulière : cela faisait dire à ceux qui ne le connaissaient pas qu’il était rêveur et mélancolique ; mais s’il parlait peu, il parlait juste, et d’ailleurs il observait les manières et les mœurs de tout le monde ; il trouvait moyen ensuite d’en faire des applications admirables dans ses Comédies, où l’on peut dire qu’il a joué tout le monde, puisqu’il s’y est joué le premier en plusieurs endroits sur des affaires de sa famille, et qui regardaient ce qui se passait dans son domestique. […] Après la mort de Monsieur de Molière, le Roi eut dessein de ne faire qu’une Troupe de celle qui venait de perdre son Illustre chef, et des Acteurs qui occupaient l’Hôtel de Bourgogne ; mais les divers intérêts des familles, des Comédies n’ayant pu s’accommoder, ils supplièrent sa Majesté d’avoir la bonté de laisser les Troupes séparées comme elles étaient, ce qui leur fut accordé ; à la réserve de la Salle du Palais Royal qui fut destinée pour la représentation des Opéras en Musique.

25. (1821) Scène ajoutée au Boulevard Bonne-Nouvelle, pour l’anniversaire de la naissance de Molière pp. -

Ce était rien encore… Je avais un autre oncle très viel, qui avait vingt milles livres sterling de revenu, et qui était attaqué du spleen… du moins… la famille… il l’espérait (Air : Du Partage de la Richesse.) […] mon dieu, quelle famille !

26. (1914) En lisant Molière : l’homme et son temps, l’écrivain et son œuvre pp. 1-315

Molière y entre dans sa grande manière qui consiste, autour du personnage principal, à peindre toute une famille et à montrer cette famille désorganisée par le vice du personnage principal. […] Seulement, ici, le chef de famille c’est la femme et non plus le mari. […] Votre vice aura complètement désorganisé votre famille. […] Elle devait être de bonne famille bourgeoise, mais pauvre. […] Il a une famille de vices dont l’ambition n’est que l’aînée.

27. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXI. De la Catastrophe ou du Dénouement. » pp. 503-516

Quant à l’effet que l’Exempt produit, on n’a rien à desirer, puisqu’il confond le monstre qu’on abhorre, & qu’il comble de joie une honnête famille à laquelle le spectateur prend le plus vif intérêt. […] Ariste porte deux lettres par lesquelles on apprend que la fortune de la famille est renversée. […] Ici, lorsque Trissotin croit Henriette sans bien, & qu’il se retire, Clitandre, aussi généreux que l’autre est lâchement intéressé, offre de réparer le mauvais destin de toute la famille, & ce bon procédé réunit sur lui tous les suffrages.

28. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXIII. Des Reconnoissances. » pp. 399-421

toute la famille ! […] Apprenez, pour vous confondre, qu’il y a seize ans, pour le moins, que l’homme dont vous nous parlez, périt sur mer avec ses enfants & sa femme, en voulant dérober leur vie aux cruelles persécutions qui ont accompagné les désordres de Naples, & qui en firent exiler plusieurs nobles familles. […] Oui, mon cœur s’est ému dès le moment que vous avez ouvert la bouche ; & notre mere que vous allez ravir, m’a mille fois entretenu des disgraces de notre famille. […] Oui, ma fille, oui, mon fils, je suis Dom Thomas d’Alburci, que le ciel garantit des ondes avec tout l’argent qu’il portoit, & qui, vous ayant tous cru morts durant plus de seize ans, se préparoit, après de longs voyages, à chercher dans l’hymen d’une douce & sage personne, la consolation de quelque nouvelle famille.

29. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXIII » pp. 378-393

La famille de l’ami (la famille royale) alla au-devant de lui ; on donna du temps aux bienséances, mais beaucoup plus à la pure et simple amitié qui occupa tout le soir. […] Ce sera dans peu de jours, pourvu qu’il n’y ait point de hourvari… L’ami de Quanto arriva un quart d’heure avant Quanto ; et comme il causait en famille, on le vint avertir de l’arrivée.

30. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE II. La Débauche, l’Avarice et l’Imposture ; le Suicide et le Duel. » pp. 21-41

La fable seule est espagnole, le nombre des conquêtes de don Juan et le châtiment épouvantable de sa vie indigne ; mais l’homme est un fils de famille du dix-septième siècle, riche, égoïste, sans ombre de principes que son plaisir ; un de ces esprits forts du grand monde auxquels La Bruyère n’a pas craint de consacrer un chapitre entier, le plus solide de son œuvre. […] Son père, poussé à bout par un déshonneur qui rejaillit sur la famille, vient essayer de lui faire sentir l’indignité de sa vie, et il s’en débarrasse en l’insultant49. […] C’est le tableau de l’avarice, non pas chez le pauvre qui enfouit furtivement quelques pièces d’or sous son foyer sans feu107, mais chez le riche bourgeois, dans sa grande maison, où il pourrait vivre avec aise et honneur, entouré d’une heureuse et aimante famille, dont il devient la honte et presque la perte108. […] Il ne les déteste pas seulement comme fait le monde, en admettant de temps en temps une trêve à la guerre, et en signant quelque traité furtif avec l’ennemi : il les hait pour elles-mêmes, pour être honteuses et dégradantes, pour leurs suites inévitables, pour conserver à son cœur cette sensibilité de vertu qu’elles émoussent promptement ; il les hait pour sa famille, pour ses enfants et pour ses serviteurs ; il les hait pour l’honneur, et pour n’être pas réduit par elles à revêtir la robe de Tartuffe, et à se perdre absolument par l’hypocrisie, ce dernier et irréparable vice après lequel on ne peut plus se repentir.

31. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre III » pp. 30-37

Le marquis d’Urfé, né à Marseille, était un homme de qualité, d’origine allemande, dont la famille habitait le Forez : il était allié de la maison de Savoie, et vivait à la cour de Turin où il était bien venu. […] Le frère aîné de d’Urfé avait épousé cette belle par arrangement de famille ; et d’Urfé, désespéré, s’était fait chevalier de Malte.

32. (1823) Notices des œuvres de Molière (VII) : L’Avare ; George Dandin ; Monsieur de Pourceaugnac ; Les Amants magnifiques pp. 171-571

La leçon donnée par le poète serait donc incomplète, insuffisante, si l’avare n’avait point d’enfants qu’il pût rendre victimes de ses mauvais traitements, pour devenir victime à son tour de leurs sentiments dénaturés ; et le drame serait invraisemblable, si, l’avare étant père de famille, ses enfants, réduits par lui aux plus dures et aux plus humiliantes privations, n’en étaient pas moins tendres et respectueux. […] L’avarice de l’autre, au contraire, sans cesse aux prises avec le sentiment des convenances sociales, et la crainte des jugements publics, sans cesse en butte aux plaintes, aux ruses et aux sarcasmes d’une famille qui pâtit au sein de la richesse, offrira ce conflit, cette lutte du caractère et de la situation, qui est le véritable ressort de l’intérêt comique. […] C’est dans les provinces seulement qu’on voyait subsister quelques restes de la rudesse, de l’arrogance et de la tyrannie féodale ; c’est là que vivaient, dans des manoirs délabrés, ces gentilshommes d’ancienne famille, dont les aïeux s’étaient obscurément ruinés et fait tuer pour le service de l’état. […] Il y a encore, au fond de quelques provinces, des Sotenville et des bons, des Sotenville en ligne directe : ils ne sont pas vêtus tout à fait comme leurs ancêtres, ils ont un langage et des manières un peu différentes ; mais les qualités héréditaires subsistent en eux, et l’air de famille est profondément empreint sur leur figure. […] Il en est une qui passe justement pour un chef-d’œuvre, c’est celle où Éraste persuade à Pourceaugnac qu’il a demeuré deux ans à Limoges, et qu’il y a fréquenté toute sa famille et lui-même.

33.

Ceux qui ont changé la tradition n’ont pas songé qu’ils détruisaient un tableau pris sur nature, le tableau delà famille au temps de Louis XIV ; qu’ils substituaient à l’ancienne famille, formaliste et respectueuse, l’irrévérence et les libertés de la famille nouvelle. […] L’exposition du Tartuffe mise en charpie, la famille d’Orgon qui n’existe plus, et pourquoi ? […] Si Molière eût vécu jusque-là, il se serait peut-être diverti, en trouvant un marquis dans sa famille. […] Cléante n’est pas de la famille d’Alceste, mais de la famille de Philinte. […] Quelle était cette famille de médecins ?

34. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XIV. Des Pieces intriguées par plusieurs Personnages. » pp. 169-175

Pantalon, suivi de toute sa famille, va dans le moment arriver pour lui demander sa soupe. […] Il découvre enfin que Scapin a ordonné le repas : il se doute que la clef inconnue est celle de la chambre du fourbe ; il va l’essayer, ouvre la porte, entre, trouve une montre d’or, la vend, & invite ensuite Pantalon avec toute sa famille à souper.

35. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXVIII. De l’exposition des Caracteres. » pp. 433-447

Son faste, Sa fierté, ses hauteurs font un parfait contraste Avec les qualités de son humble rival, Qui n’oseroit parler, de peur de parler mal, Qui, par timidité, rougit comme une fille, Et qui, quoique fort riche, & de noble famille, Toujours rampant, craintif, & toujours concerté, Prodigue les excès de sa civilité : Pour les moindres valets rempli de déférences, Et ne parlant jamais que par ses révérences. […] Licandre apprend à Lisette qu’elle est d’une illustre famille, qu’elle peut prétendre à la main de Valere. […] Lisette, après quelques façons, demande le secret à Valere, & lui avoue qu’elle est, à ce que dit Licandre, d’une illustre famille.

36. (1705) La vie de M. de Molière pp. 1-314

Molière avait souffert de l’absence de Baron ; l’éducation de ce jeune homme l’amusait dans ses moments de relâche ; les chagrins de famille augmentaient tous les jours chez lui. […]   Un homme, dont le nom de famille était, Mignot, et Mondorge, celui de Comédien, se trouvant dans une triste situation, prit la résolution d’aller à Hauteuil, où Molière avait une maison, et où il était actuellement, pour tâcher d’en tirer quelques secours, pour les besoins pressants d’une famille qui était dans une misère affreuse. […] Molière, disait-on, n’était pas préposé pour reprendre les personnes qui se couvrent du manteau de la dévotion, pour enfreindre les lois les plus saintes ; et pour troubler la tranquillité domestique des familles. […] D’ailleurs, c’est enfoncer le poignard dans le cœur de vos parents, que de monter sur le Théâtre ; vous en savez les raisons, je me suis toujours reproché d’avoir donné ce déplaisir à ma famille. […] Il avait un valet, dont je n’ai pu savoir ni le nom, ni la famille, ni le pays ; mais je sais que c’était un domestique assez épais, et qu’il avait soin d’habiller Molière.

37. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XX. » pp. 411-419

Il joue autant bien qu’il se peut Ce Marquis de nouvelle fonte, Dont par hasard, à ce qu’on conte, L’original est à Paris : En colere autant que surpris De s’y voir dépeint de la sorte, Il jure, il tempête & s’emporte, Et veut faire ajourner l’Auteur En réparation d’honneur, Tant pour lui que pour sa famille, Laquelle en Pourceaugnacs fourmille. […] Est-il possible que cinq ou six années m’aient ôté de votre mémoire, & que vous ne reconnoissiez pas le meilleur ami de toute la famille des Pourceaugnac ?

38. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XI. Du Dialogue. » pp. 204-222

Dès le lendemain il va trouver la vieille dont je t’ai parlé, il la prie de lui faire voir cette fille : elle le refuse, & lui représente qu’il a des desseins fort injustes ; que cette fille est citoyenne d’Athenes ; qu’elle est bien élevée ; qu’elle est de bonne famille ; que s’il veut l’épouser, les loix lui en faciliteront les moyens, & que s’il a d’autres intentions, elle ne peut plus l’entendre ni le voir. […] On lui dit que la fille, quoique sans bien & sans appui, est de famille honnête ; & qu’à moins que de l’épouser, on ne peut souffrir ses poursuites. […] toujours opposée à toute une famille ?

39. (1884) La Science du cœur humain, ou la Psychologie des sentiments et des passions, d’après les oeuvres de Molière pp. 5-136

Le cœur de l’avare, qui est resté insensible à tous les sentiments généreux, aux affections de famille, à l’honneur, à la reconnaissance pour les services que Dorine lui rend, a été accessible à l’amour. […] On a dû remarquer qu’un grand nombre des personnages qui ont servi de types à Molière comme passionnés, aveuglés, comme esprits de travers, sont des pères de famille. […] Les vices produisent des résultats bien plus sérieux chez un chef de famille que chez un célibataire, car chez le premier les vices rejaillissent forcément sur toute la famille. […] Et puis, autour du célibataire tout se rapetisse, toute démonstration se trouve imparfaite, entravée, tandis qu’elle s’élargit et se développe autour du père de famille. […] Il fallait donc, pour instruire le lecteur et l’intéresser, que ses passionnés fussent haut placés dans la hiérarchie de la famille.

40. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVI. De l’Entr’acte. » pp. 289-308

Je ne saurois comprendre pourquoi tous les Auteurs qui ont mis des joueurs ou des joueuses sur le théâtre, ne les ont pas peints dans le moment où ils ont les yeux fixés sur une carte qui décide de leur sort & de celui d’une famille entiere, leur joie ou leur désespoir peindroit leur passion avec le crayon le plus énergique. […] Les remords de l’Intendant font trembler le Lord ; il donne ordre à son valet Drink d’arrêter toutes les lettres, en cas qu’il écrive à Eugénie ou à sa famille ; il fait sa visite aux Dames. […] Le Lord, alarmé d’entendre par-tout parler de son mariage, qui doit se faire le lendemain, vient ordonner à Drink d’écarter tous ceux qui pourroient en instruire la famille d’Eugénie, sur-tout le Capitaine Cowerly ; c’est précisément lui qui arrive le premier, & qui assure que le fatal mariage se conclut incessamment.

41. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXIX. De l’action dans les Pieces à caractere. » pp. 448-468

Mais tu m’as demandé par mon nom de famille ? […] « La Métromanie, me dira-t-on, fait naître les scenes amoureuses entre Dorante & Lucile, puisque cette derniere a un tic de famille, qu’elle aime les vers avec passion, & que si Dorante lui plaît, c’est par le secours des vers qu’il emprunte de M. […] A Lisette sur-tout persuade-le bien : Pour établir ce fait, c’est le plus sûr moyen ; Car elle a du crédit sur toute la famille.

42. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XIV. La commedia dell’arte au temps de Molière (à partir de 1662) » pp. 265-292

Pantalon, suivi de toute sa famille, va, dans le moment, arriver pour lui demander sa soupe. […] Il découvre enfin que Trivelin a ordonné le repas ; il se doute que la clef inconnue est celle de la chambre du fourbe ; il va l’essayer, ouvre la porte, entre, trouve une montre d’or, la vend et invite ensuite Pantalon avec toute sa famille à souper. […] Scaramouche est chargé de l’éducation d’un fils de famille qui suit une intrigue amoureuse avec une jeune personne du voisinage.

43. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXII » pp. 355-377

Le voyage de madame de Maintenon se faisait à petites journées, et se prolongeait encore par des séjours dans tous les lieux où le jeune prince se plaisait ; et aussi dans le Poitou, pays natal des d’Aubigné, ou elle prenait plaisir à visiter sa famille. […] La femme de son ami solide (la reine) lui fait des visites, et la famille tour à tour ; elle passe nettement devant toutes les duchesses ; et celle qu’elle a placée (madame de Richelieu) témoigne tous les jours sa reconnaissance par les pas qu’elle fait faire112. […] Une de nos folies a été de souhaiter de découvrir tous les dessous de cartes des choses que nous croyions voir et que nous ne voyions point, tout ce qui se passe dans les familles où nous trouverions de la haine, de la jalousie, de la rage, du mépris, au lieu de toutes les belles choses qu’on met au-dessus du panier ; et qui passent pour des vérités115.

44. (1885) Études sur la vie et les œuvres de Molière pp. -461

Sa famille, depuis un certain temps fixée à Paris, n’en était pas originaire. […] Dans plus d’une famille, en fourmillait un pareil. […] Eudore Soulié, avaient pris femmes dans la famille Cressé. […] C’est par le choix dans les parrainages qu’on peut connaître ainsi les relations des familles. […] Molière y est méchamment attaqué dans sa famille, dans ses malheurs domestiques et surtout dans ses souffrances.

45. (1725) Vie de l’auteur (Les Œuvres de Monsieur de Molière) [graphies originales] pp. 8-116

Souvent un jeune homme qui veut épargner à sa famille les chagrins qu’elle auroit de le voir embrasser une profession peu honorable, ne delibere pas beaucoup sur le nom sous lequel il veut se masquer. […] Perrault, est une broderie assez inutile dont on a tâché d’égaier les efforts que la famille fit pour détourner Moliere de son dessein. […] Un homme, dont le nom de famille étoit Mignot, & Mondorge celui de Comedien, se trouvant dans une triste situation, prit la resolution d’aller à Hauteüil, où Moliere avoit une maison, & où il étoit actuellement, pour tâcher d’en tirer quelque secours, pour les besoins pressans d’une famille, qui étoit dans une misere affreuse. […] D’ailleurs, c’est enfoncer le poignard dans le cœur de vos parens, que de monter sur le Theâtre, vous en savez les raisons, je me suis toûjours reproché d’avoir donné ce déplaisir à ma famille. […] Il avoit un valet, dont je n’ai pû savoir ni le nom, ni la famille, ni le pays ; mais je sai que c’étoit un domestique assez épais, & qu’il avoit soin d’habiller Moliere.

46. (1892) Vie de J.-B. P. Molière : Histoire de son théâtre et de sa troupe pp. 2-405

Plusieurs membres de cette famille avaient fourni des juges et des consuls à la ville de Paris. […] Tout cela, d’une assez grande innocence, à ce qu’il semble, se passait en famille. […] Molière se place au cœur de la famille et combat l’esprit d’oppression et de rigueur qui y régnait encore. […] Alors il y aurait eu là peut-être une tradition de famille. […] Bazin, aurait pu révolter la famille du marié.

47. (1910) Rousseau contre Molière

Qui a jamais reproché à une famille d’être ascendante ? Qui a jamais reproché à un homme de vouloir que sa famille fût ascendante et de vouloir, pour commencer, être ascendant lui-même ? […] Pour réparer les lacunes, les brèches, les grands trous que fait dans les hautes régions de la société la décadence inévitable de la plupart des grandes familles, il faut que les familles inférieures s’élèvent à mesure que les familles supérieures s’éteignent ou retombent dans les bas-fonds. […] Comprenez bien : Molière veut attaquer la religion, et l’on conviendra bien qu’à le prendre d’ensemble, comme l’Avare est une famille disloquée par le vice de son chef, à savoir par l’avarice, comme les Femmes savantes sont une famille disloquée par le travers de son vrai chef, à savoir par la manie de l’intellectualisme, de même Tartuffe est une famille ravagée par le vice de son chef, à savoir par la religion. […] On lui a dit dans sa famille qu’il n’y a rien de plus raisonnable que de faire un beau mariage, pourvu du reste qu’il soit honnête.

48. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VI. » pp. 106-124

je tâche à contenter ses vœux ; Et ce sont des plaisirs qu’on peut dans nos familles, Lorsque l’on a du bien, permettre aux jeunes filles. […] Quelle belle famille ! […] En vérité, quand la Déesse Salus elle-même se mettroit en tête de sauver cette famille, elle ne pourroit jamais en venir à bout.

49. (1885) La femme de Molière : Armande Béjart (Revue des deux mondes) pp. 873-908

Sa profession et le préjugé qui pesait sur elle restreignaient son choix ; il ne pouvait guère prendre sa femme qu’au théâtre ou dans une famille qui tint au théâtre. […] Toujours d’après la Fameuse Comédienne, lorsque la troupe, relativement plus stable, eut pris Lyon pour quartier général, en 1653, Armande, alors âgée d’une dizaine d’années, fut retirée de chez la « dame d’un rang distingué », et, depuis, elle ne quitta plus sa famille. […] La présence de Jean Poquelin et de André Boudet aux deux cérémonies prouve d’abord que l’union projetée ne rencontra pas, dans la famille du poète, les résistances dont on a parlé, ou, s’il y eut des difficultés, qu’elles n’empêchèrent pas un accord final. […] Voilà, dit-on, Armande prise par Molière aux Béjart, vers le même âge, et confiée dans le Languedoc aux soins d’une honnête et sûre famille. […] Avide de plaisirs et de vie bruyante, Armande aurait voulu imposer ses goûts à son mari ; revenu de bien des choses, souffrant, écrasé de travail et de soucis, Molière aspirait à la vie de famille, intime et cachée.

50. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXVIII. Du Comique, du Plaisant, des Causes du rire. » pp. 463-473

& Mad. de Sotenville exaltent moins la vertu des héroïnes de leur famille, le trait n’est plus rien ; preuve qu’il doit tout à la situation, & qu’il tient tout-à-fait à la scene. […] C’étoit autrefois la coutume dans toutes les grandes maisons d’Angleterre, d’y voir un fou apprivoisé, & ridiculement vêtu, afin que l’héritier de la famille eût occasion de le railler & de se divertir de ses bévues.

51. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXVIII » pp. 305-318

Un travers de ce genre, qui ne peut exister que dans des conditions élevées, n’est d’aucune importance pour ces pères de famille que la médiocrité de fortune autorise à blâmer toute occupation qui distrait leur femme du soin de leur ménage : ajoutons qu’attaquer simplement les femmes savantes, c’eut été s’exposer à de dangereuses inimitiés. […] Mais Trissotin est un homme à marier, qui veut attraper une honnête famille, et Cottin était ecclésiastique.

52. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXVI » pp. 413-441

C’étaient les restes de cette école de mœurs italiennes fondées par la famille du cardinal Mazarin. C’étaient les restes de cette famille, qui, pendant la Fronde, fut si outrageusement rebutée par mademoiselle de Montpensier, par le prince de Condé, par la duchesse de Longueville, amis déclarés de l’hôtel de Rambouillet. […] Voici nos observations sur la première : En 1677, quand Phèdre a paru, il y avait trente-deux ans que la société de Rambouillet était dissoute par le mariage de Julie : il y en avait douze que la marquise n’existait plus ; huit que la duchesse de Montausier, dernier reste de la famille passait au lit une vie malade et sans espérance ; si, qu’elle était morte.

53. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [9, p. 41] »

1775, Anecdotes dramatiques, tome I, p. 408 Lorsque Molière se préparait à donner son George Dandin, un des ses amis lui fit entendre qu’il y avait dans le monde un Dandin qui pourrait se reconnaître dans la pièce, et qui était en état, par sa famille, non seulement de le décrier, mais encore de le desservir dans le monde.

54. (1877) Molière et Bourdaloue pp. 2-269

Sans faire un cours d’économie sociale à propos de la comédie, on peut entrevoir tout ce que le goût et l’habitude du théâtre jette de perturbations dans la famille, et jusque dans l’État. […] La famille de Bourdaloue touchait à la noblesse. […] La comédie du Misanthrope nous montre trois femmes : aucune ne déroge aux traits caractéristiques de la famille poqueline. […] Il existe entre eux un air de quartier, un air de famille. […] Auteur d’unTraité des devoirs des mères de famille, couronné par l’Académie.

55. (1801) Moliérana « [Anecdotes] — [47, p. 80] »

.–1688) : d’une très noble et illustre famille, dans laquelle il s’est distingué d’une manière particulière par sa bravoure et par son esprit.

56. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXV. Du contraste des Caracteres. » pp. 386-397

« Je ne sais quel jugement on portera du Pere de famille ; mais s’il n’est que mauvais, je l’aurois rendu détestable en mettant le Commandeur en contraste avec le Pere de famille, Germénil avec Cécile, Saint-Albin avec Sophie, & la Femme-de-chambre avec un des Valets.

57. (1717) Molière (Grand Dictionnaire historique, éd. 1717) [graphies originales] « article » p. 530

Le nom de sa Famille était Poquelin.

58. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre III. Le théâtre est l’Église du diable » pp. 113-135

De cette comparaison entre les œuvres de la même famille, un grand intérêt peut surgir, celle-ci éclairant celle-là, en même temps que les unes et les autres obéissent aux mêmes lois du goût, de l’esprit et du bon sens. […] Les poètes grecs, en pareille occasion, et lorsqu’ils voulaient se reconnaître au milieu des divers membres de plusieurs familles, avaient soin de marquer d’un certain signe le genre et l’espèce : ainsi tous les Séleucides étaient marqués d’une ancre, imprimée sur la cuisse gauche. — On rirait bien, de nos jours, de cette précaution dramatique des Séleucides, et comme on se moquerait de cette loi du drame antique qui exigeait que l’on fît grâce au spectateur de certaines actions des honnêtes ou criminelles, également offensantes à la conscience et à l’honnêteté publiques. […] Ainsi l’avare au compte de la comédie, est également indigne et incapable d’être un bon père de famille ; on nous le montre en haine à sa fille, en mépris à son fils. […] Saint-Évremond, un bel esprit de cette famille des beaux esprits, disait souvent que les grands admirateurs étaient de sottes gens, et La Bruyère, qui se plaignait, puisque les grands sujets lui étaient défendus, d’être forcé de faire la satire des ouvrages de l’esprit, indique à merveille les limites de la critique : « Il ne faut pas, dit-il, mettre un ridicule où il n’y en a point, c’est se gâter le goût, c’est corrompre son jugement et celui des autres.

59. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XIII » pp. 109-125

Nous avons vu à quoi se réduisait la famille de la marquise de Rambouillet, depuis l’absence de la duchesse de Montausier : toutefois, j’ai omis, par inadvertance, de parler de la plus jeune sœur de la duchesse, Angélique Claire d’Angennes, mariée en 1658 au comte de Grignan, le même qui, après un second mariage, épousa en troisièmes noces, en 1669, mademoiselle de Sévigné, avec qui sa mère lia cette correspondance si charmante qui est entre les mains de tout le monde. […] Cette maison n’était plus que la réunion très bornée de la famille et ces vieux amis ; ce n’était plus le fameux hôtel de Rambouillet, c’était la demeure peu fréquentée d’une femme qui se survit à elle-même, entre la caducité et la décrépitude ; c’était le séjour de ces souffrances et de ces infirmités dont le ciel, dit La Bruyère, a pourvu la vieillesse pour la consolation de ceux qui partent et de ceux qui restent.

60. (1882) Molière (Études littéraires, extrait) pp. 384-490

Ce fut au sortir de prison que Poquelin résolut de s’appeler Molière, pour soustraire le nom de sa famille au décri qui s’attachait alors à une profession mal vue. […] Il eut donc des précurseurs nombreux, et comme une série d’ancêtres, dont il résume les traits héréditaires par une création définitive où se fixent, à jamais, l’air de famille et le type originel. […] Ne serait-il pas heureux de « donner adroitement quelques petits secours aux modestes nécessités d’une vertueuse famille » ? […] Il s’agit d’une mère de famille qui, atteinte de cette contagion, s’est affolée d’un méchant poète, et veut, à toute force, lui donner sa fille en mariage. […] Pierre Larivey (1546-1611) appartenait à la famille des Giunti (Les Arrivés), célèbres imprimeurs de Venise et de Florence.

61. (1819) Introduction aux œuvres de Molière pp. -

La famille entière la reconduit avec civilité ; mais elle, n’écoutant que son humeur, leur distribue à tous les plus aigres réprimandes. […] Il n’en conteste point l’authenticité ; mais il soutient qu’ils sont le produit légal d’une fraude convenue entre la maison de Modène et la famille Béjart. […] La science des d’Hozier et des Chérin a souvent produit de nombreux volumes pour établir quelque point douteux d’une filiation qui n’intéressait que l’orgueil d’une famille. […] Cette troupe était sa famille ; il en était le père plus encore que le chef. […] Suivant une tradition conservée dans la famille qui, depuis Molière même, a fourni des concierges au théâtre, ce fauteuil est celui où il s’est assis dans le rôle d’Argan.

62. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre XI. Il Convitato di pietra (le Convié de pierre) » pp. 191-208

Voyant que son maître l’écoute avec assez d’attention, il s’enhardit, et poursuit en ces termes : « — Je me souviens d’avoir lu dans Homère, en son Traité pour empêcher que les grenouilles ne s’enrhument, que, dans Athènes, un père de famille ayant fait l’acquisition d’un cochon de lait, gentil, d’une agréable physionomie, de mœurs douces, dans sa taille bien pris, conçut tant d’amitié pour le petit cochon, qu’au lieu de le mettre en broche, il donna les plus grands soins à son éducation, et le nourrit avec des biscuits et du macaroni. […] « Ce père de famille, continue Arlequin, c’est Jupiter ; ce cochon, c’est vous, mon très honoré maître ; ce jardinier, ce chef de cuisine, ces faïences, cristaux, et porcelaines, ce sont les victimes de vos insultes, de vos méfaits.

63. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. Regnard imitateur de Moliere. » pp. 51-80

Je suis un peu parent, je tiens à la famille. […] Ne vous étonnez pas si je m’informe des nouvelles de toute la famille ; car j’y prends beaucoup d’intérêt. […] On n’espere point de le voir cesser, quand Ariste apporte des lettres qui font croire à Trissotin qu’Henriette n’a plus de bien : alors son amour s’envole : celui de Clitandre augmente par l’espoir de contribuer tout seul au bonheur de ce qu’il aime, & de sa famille.

64. (1825) Notices des œuvres de Molière (IX) : La Comtesse d’Escarbagnas ; Les Femmes savantes ; Le Malade imaginaire pp. 53-492

Monsieur Bobinet représente au naturel cette classe d’êtres malheureux, que la misère oblige à vendre du latin aux enfants de famille ; que leurs élèves détestent, tourmentent, s’ils n’en ont fait leurs complaisants et leurs esclaves ; que les parents traitent comme les moins utiles de leurs valets, et qui, pour se maintenir dans cet agréable poste, font bassement la cour à tous les habitants de la maison, sans oublier le petit chien, le singe ou le perroquet. […] Il fallait toutes les ressources du génie le plus fécond, pour rendre comique et même attachant, ce tableau d’un intérieur bourgeois, où la lutte n’est établie qu’entre le bon sens un peu grossier d’un chef de famille, et la folie pédantesque de sa femme, de sa sœur et de sa fille aînée ; où tout le danger qui menace les personnages est le projet d’un mariage ridicule, opposé à celui d’un hymen bien assorti. […] La pédanterie de Philaminte est hautaine, impérieuse, comme il convient à une femme qui règne despotiquement sur son mari et toute sa famille : elle fait des règlements, des statuts, des lois ; elle envahit toutes les sciences pour les faire entrer dans son domaine ; elle proscrit les mots qui lui déplaisent, elle exclut les personnes qui lui font ombrage. […] Celui-ci, tout occupé du salut de son âme, croit attirer sur lui les bénédictions du ciel, en introduisant dans sa famille un misérable qui fait le saint homme ; celui-là, ne songeant qu’à la santé de son corps, espère se procurer des secours contre la maladie, et se trouver à la source des consultations, des ordonnances et des remèdes, en se donnant pour gendre un sot que le bonnet seul a fait docteur ; et chacun d’eux, par là, veut sacrifier sa fille à une passion qui se fonde uniquement sur son intérêt personnel. […] Du reste, Elmire ne peut que faire cause commune avec toute la famille contre l’odieux étranger qui en veut la ruine entière.

65. (1825) Notice sur Molière — Histoire de la troupe de Molière (Œuvres complètes, tome I) pp. 1-

C’était un sacrifice qu’il devait, par ménagement pour sa famille, aux préjugés de l’époque contre les comédiens. […] S’ils sont proscrits aujourd’hui, c’est que les originaux de cette famille de convention ont été épuisés, et Molière lui-même ne les admit jamais dans ses pièces importantes. […] Vingt petits maîtres ont été livrés par lui en proie à la malignité du parterre ; ils ont chacun leur caractère : ce sont des sots de la même famille, à quelques nuances près ; mais ces nuances suffisent pour qu’on ne les confonde pas ensemble. […] Elle passa tout d’un coup de l’emportement à la douleur ; les pistolets lui tombèrent des mains, et elle se jeta aux pieds de Molière, le conjurant, les larmes aux yeux, de lui rendre son acteur, et lui exposant la misère où elle allait être réduite, elle et toute sa famille, s’il le retenait. […] Si l’on s’en rapporte à l’extrait baptistaire produit après sa mort par sa famille, Baron naquit à Paris au mois d’octobre en 1653 : en se tenant à cette date, il n’aurait eu que soixante-seize ans et deux mois quand il mourut ; mais on s’accordait généralement à lui donner six ans de plus.

66. (1775) Anecdotes dramatiques [extraits sur Molière]

Sa famille, qui le destinait à la charge de son père, en obtint pour lui la survivance ; mais il conçut un dessein fort opposé aux vues de ses parents : il demanda instamment, et on lui accorda avec peine, la permission d’aller faire ses études au Collège de Clermont. […] Sa famille, qui le destinait à la charge de son père, en obtint pour lui la survivance ; mais il conçut un dessein fort opposé aux vues de ses parents : il demanda instamment, et on lui accorda avec peine, la permission d’aller faire ses études au Collège de Clermont. […] Chappuzeau, Samuel (Paris, 1625 – Paris, 1701) : sa famille était protestante, originaire du Poitou et appartenant à la noblesse de robe. [...]. […] Chargé d’une nombreuse famille, avec peu de ressources, il eut une existence difficile. […] Honnête homme, bon époux et père de famille, c’est un modèle d’acteur bon citoyen et respecté.

67. (1919) Molière (Histoire de la littérature française classique (1515-1830), t. II, chap. IV) pp. 382-454

Mais sa famille, son éducation, l’histoire de ses pérégrinations à travers la province ont fait l’objet de tant de travaux qu’il faut bien en connaître au moins les plus considérables, et les résultats de ces recherches. […] Plus tard, en 1821, le laborieux mais naïf Beffara s’avise d’employer à l’éclaircissement de la biographie de Molière les mêmes moyens dont on se sert pour établir les droits des familles, et compulse les registres des paroisses, refait un état civil à Molière, aux compagnons de ses épreuves et de ses travaux. […] Sur la famille, la naissance, les premières œuvres et l’éducation de Molière, la lumière est à peu près faite, et c’est à peine si quelques détails, de mince importance au fond, nous échappent. […] Il est cependant vrai qu’il a ses tendances, ses procédés, son but, son idéal, qui se retrouvent dans toutes ses pièces et leur donnent un air de famille. […] Biographie : famille, éducation, voyage, apprentissage, Molière étant le seul de nos grands écrivains qui ait « vu du pays ».

68. (1898) Molière jugé par Stendhal pp. -134

Prosper Mérimée me demanda, il y a quelque tems, des renseignemens sur ces manuscrits et je lui répondis d’avoir à s’adresser au légataire ou à sa famille s’il était décédé. […] Ce mot très bien dit par Mlle de Vienne peint seul la manière dont Orgon est regardé dans sa famille. […] Iº Être ruiné par la famille noble et pauvre à laquelle on s’allie. […] Être ruiné par la famille noble. […] Il la prendrait par famine, ainsi que sa fière famille.

69. (1886) Molière et L’École des femmes pp. 1-47

Si cette jeune fille, pour employer le langage un peu brutal d’aujourd’hui, est bien équilibrée ; si l’éducation lui est distribuée avec soin, dans une famille aisée et exemplaire, on peut aller très loin ; ce n’est pas une garantie, ce n’est pas non plus un danger. […] Molière eût dit peut-être, si on lui eût demandé de résumer sa devise : la liberté, dans la famille ! Car, pour les femmes trop savantes, la famille n’existe plus.

70. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VII. De l’Exposition. » pp. 139-164

Je suis confus des louanges dont vous m’honorez ; & je pourrois vous en donner avec plus de justice sur les merveilles de votre vie, & principalement sur la gloire que vous acquîtes, lorsqu’avec tant d’honnêteté vous pipâtes au jeu, pour douze mille écus, ce jeune Seigneur étranger que l’on mena chez vous ; lorsque vous fîtes galamment ce faux contrat qui ruina toute une famille ; lorsqu’avec tant de grandeur d’ame, vous fûtes nier le dépôt qu’on vous avoit confié ; & que, si généreusement, on vous vît prêter votre témoignage à faire pendre ces deux personnes qui ne l’avoient pas mérité. […] Si j’ai plutôt qu’aucun un tel moyen trouvé Pour les ressusciter sur ce qu’il a rêvé, C’est qu’en fait d’aventure, il est très ordinaire De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire, Puis être à leur famille à point nommé rendus, Après quinze ou vingt ans qu’on les a cru perdus. […] Jean François Regnard, né à Paris, d’une bonne famille, en 1647.

71. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XII. M. COLLÉ. » pp. 354-380

Le Roi est à table avec toute la famille du Meûnier, on boit à la santé du Roi : la Meûniere fait des façons que le Meûnier désapprouve : le Roi est de son avis, & dit : Je pense comme vous. […] Les Courtisans le reconnoissent à leur tour : le Meûnier & toute sa famille restent dans l’étonnement. […] Agathe vient raconter chez Michaud la violence que lui a faite le Marquis de Concini : il arrive précisément dans ce temps-là avec Sully & Bellegarde : ils nomment le Roi, aux pieds duquel le Meûnier tombe avec toute sa famille.

72. (1873) Le théâtre-femme : causerie à propos de L’École des femmes (Théâtre de la Gaîté, 26 janvier 1873) pp. 1-38

Nous avons, il est vrai, pour nous consoler, le drame des instructions criminelles, la comédie médicale, le vaudeville à coq-à-l’âne, recommandé pour les digestions laborieuses, et le genre Abélard, destiné aux familles. […] Aussi, nous avons d’autres ruines que celles de nos murailles, — mais du moins, il y a une chose qui est restée debout : c’est la famille. […] c’est peut-être même par excès de tendresse pour la famille qu’ils lui tâtent le pouls quelquefois si brusquement, et qu’à la moindre alerte, pour une migraine ou un rhume de cerveau, ils lui conseillent du premier coup cette tisane d’acier : l’amputation, le divorce !

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