La politesse & la générosité françoises disent à tout le monde en général qu’on doit respecter toute espece de puissance, à plus forte raison celle dont on triomphe & qu’on opprime.
Voilà Eraste enchanté ; il ne se possede pas de joie ; il vole pour voir ce précieux cheval, & voudroit emmener tout le monde avec lui.
Dans cette comédie unique, si je ne me trompe, sur le théâtre français, Molière met en scène sa propre personne, et se joue hardiment de tout le monde comme de lui-même : ce qui est, vous le savez, Monsieur, un des éléments du vrai comique.
Au sens de ces hommes sérieux, les critiques de profession blessent le poète, ils impatientent le lecteur ; leur goût consiste absolument à n’avoir pas le goût de tout le monde ; ils imposent leur volonté à la foule obéissante, à regret obéissante ; ils brisent ce que le public adore, ils relèvent ce qu’il a brisé ; quand ils devraient donner la force et le courage aux artisans de la belle gloire, ils s’appliquent, au contraire, à leur montrer l’obstacle, à leur faire sonder l’abîme, à leur prouver qu’ils tentent l’impossible. […] elle n’en sait rien ; en attendant elle plaisante, elle jette ses regards çà et là, en riant de tout le monde, et en médisant de toutes choses. […] Tout le monde lui pardonne, et même ceux qu’il a trompés. […] Ce bon Sganarelle resté seul, se fait à lui-même cette réflexion comique : Mon mariage doit être heureux, car il donne de la joie à tout le monde, et je fais rire tous ceux à qui j’en parle. […] Il se décide donc à aller chercher un autre flatteur, à aller trouver ce grand magicien dont tout le monde parle tant et qui, par un art admirable, fait voir tout ce que l’on souhaite, quand le hasard amène sous ses pas Dorimène et Lycaste son amant.
Le complaisant Micio est chéri de tout le monde ; son frère Demea, brutal, sévère, se fait détester de tout ce qui l’entoure ; Demea élève le plus jeune de ses fils avec la plus grande dureté, et l’aîné, adopté par le complaisant Micio, est absolument maître de ses actions. […] Elle va se confesser à ce moine, et le prie d’engager son ami à ne plus la fatiguer de ses soins amoureux ; elle le charge aussi de rendre au téméraire une ceinture sur laquelle sont écrits ces mots : Je vous aime et n’ose vous le dire… Tout le monde sait par cœur La Confidente sans le savoir de La Fontaine, il substitua au confesseur une parente de l’amant, et au présent d’une ceinture celui d’un portrait. […] Ce vers et tous ceux de la tirade, faisaient partie d’une imitation libre de Lucrèce, que Molière avait commencée et qu’il jeta au feu, lorsque, dans une épître qui lui est adressée, Boileau eut dit : Et toujours mécontent de ce qu’il vient de faire, Il plait à tout le monde et ne saurait se plaire. […] Tout le monde sait que Molière, après avoir pris son lait en présence de ses amis, était allé se coucher, et que, réveillé à temps pour les arrêter, il y parvint, d’abord en leur reprochant avec amitié d’avoir formé le plus sage des projets sans le mettre de la partie, ensuite en leur conseillant d’attendre le grand jour, afin de ne pas étouffer dans les ténèbres l’éclat de cette belle action ; mais tout le monde ne sait pas que Molière fut réveillé par Baron, et que son mentor l’en récompensa en lui faisant sentir à quel point la débauche et la passion du vin sont indignes d’un homme. […] Tout le monde connaît assez le roman de Dom Quichotte, pour s’apercevoir que madame Jourdain doit à Thérèse Pança son droit bon sens, ses brusqueries, son obstination à refuser un gendre au-dessus d’elle, son caractère enfin.