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134. (1845) Œuvres de Molière, avec les notes de tous les commentateurs pp. -129

qui faisait entendre aux philosophes qu’il était connaisseur dans cette matière ; mais il eut la prudence de ne se point mêler dans une conversation si échauffée, surtout avec des gens qui ne paraissaient pas ménager leur adversaire. […] Le jour que l’on devait donner la troisième représentation du Malade imaginaire, Molière se trouva tourmenté de sa fluxion beaucoup plus qu’à l’ordinaire, ce qui l’engagea de faire appeler sa femme, à qui il dit, en présence de Baron : « Tant que ma vie a été mêlée également de douleur et de plaisir, je me suis cru heureux ; mais aujourd’hui que je suis accablé de peines sans pouvoir compter sur aucun moment de satisfaction et de douceur, je vois bien qu’il me faut quitter la partie ; je ne puis plus tenir contre les douleurs et les déplaisirs qui ne me donnent pas un instant de relâche. […] D’ailleurs quelques comédiens, Deux Français, quatre Italiens, Sur un sujet qu’ils concertèrent, Tous six ensemble se mêlèrent, Pour faire Mirabilia. […] Ce choix était déterminé par son caractère altier et dominant ; il lui fallait non-seulement un mari d’une complaisance à toute épreuve, pour essuyer ses caprices, mais encore qui joignit à cette qualité la docilité de ne se mêler de rien dans les affaires domestiques.

135. (1775) Anecdotes dramatiques [extraits sur Molière]

Les Marquis, les Précieuses, les Médecins ont souffert doucement qu’on les représentât ; et ils ont feint de se divertir avec tout le monde, des peintures qu’on faisait au Théâtre ; mais les hypocrites n’ont point entendu raillerie ; ils se sont effarouchés d’abord, et ont trouvé étrange que Molière eût la hardiesse de jouer leurs grimaces, et de vouloir décrire un métier, dont tant d’honnêtes gens se mêlent. […] À vingt ans, il donne au Théâtre-Italiens sa première pièce, Les Originaux, farce en prose mêlée de vers, qui échoue.

136. (1705) La vie de M. de Molière pp. 1-314

qui faisait entendre aux Philosophes qu’il était connaisseur dans cette matière ; mais il eut la prudence de ne se point mêler dans une conversation si échauffée, surtout avec des gens qui ne paraissaient pas ménager leur adversaire. ―  Oh ! […] Le jour que l’on devait donner la troisième représentation du Malade Imaginaire, Molière se trouva tourmenté de sa fluxion beaucoup plus qu’à l’ordinaire : ce qui l’engagea de faire appeler sa femme, à qui il dit, en présence de Baron. —  Tant que ma vie a été mêlée également de douleur et de plaisir, je me suis cru heureux ; mais aujourd’hui que je suis accablé de peines sans pouvoir compter sur aucuns moments de satisfaction et de douceur, je vois bien qu’il me faut quitter la partie ; je ne puis plus tenir contre les douleurs et les déplaisirs, qui ne me donnent pas un instant de relâche.

137. (1809) Cours de littérature dramatique, douzième leçon pp. 75-126

Nous avons déjà montré ailleurs à quel point il est important que l’auteur comique, sous les formes de l’indifférence, ait au fond un grand respect pour les idées de moralité, puisqu’une impression gaie est nécessairement troublée, dès l’instant qu’il s’y mêle de l’indignation ou de la pitié.

138. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Deuxième partie. — L’école critique » pp. 187-250

Le goût est nécessairement mêlé, subordonné aux idées, et le seuil acte d’autonomie qu’il puisse faire, c’est d’accepter franchement la société et la suprématie de l’intelligence. — Uranie a aimé Shakespeare, elle a goûté Le Misanthrope, non en devenant plus sauvage, mais en perfectionnant sa culture ; et, dès lors, loin d’être jalouse pour son goût d’une indépendance qui n’existe pas et qui n’est qu’une servitude sans conscience, elle l’a maintenu fermement sous la discipline de la science et de la raison.

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