/ 199
133. (1885) La femme de Molière : Armande Béjart (Revue des deux mondes) pp. 873-908

Je vous avoue que je ne m’accommoderois pas de cela et que la solitude me désespère. […] Armande joue la comédie des larmes ; elle avoue son penchant pour Guiche, mais elle proteste que « tout le crime a été dans l’intention, » ne dit mot de Lauzun, demande un pardon qu’elle obtient sans peine, et profite de la crédulité de son mari pour continuer ses intrigues « avec plus d’éclat que jamais. […] Il ne comprend rien à la douleur de Molière, qui est obligé de lui dire : « Je vois bien que vous n’avez encore rien aimé. » La confession achevée, mal à l’aise, dérangé dans sa quiétude d’esprit, il se dérobe au plus vite : « Je vous avoue à mon tour que vous êtes plus à plaindre que je ne pensois ; mais il faut tout espérer du temps.

134. (1740) Lettres au Mercure sur Molière, sa vie, ses œuvres et les comédiens de son temps [1735-1740] pp. -89

« La galanterie n’est pas la seule science qu’on apprend à l’école de Moliere, on apprend aussi les maximes les plus ordinaires du libertinage contre les véritables sentimens de la religion, quoi qu’en veuillent dire les ennemis de la bigoterie ; et l’on peut assurer que son Tartuffe est une des moins dangereuses pour nous mener à l’irreligion, dont les semences sont répandues d’une manière si fine et si cachée dans la plupart de ses autres pièces, qu’on ose assurer qu’il est infiniment plus difficile de s’en défendre, que de celle où il joue pesle et mesle bigots et dévots le masque levé. » Il faut avouer néanmoins que celles qui jouent certaines professions et certaines passions peuvent être fort utiles. […] « Il faut avouer, continüe M. […] Quoi qu’il en soit, le succès de Moliere anima la jalousie des auteurs médiocres ; on disoit sur quelques-unes de ses pièces, que c’étoient des sujets empruntez, ce qui est vrai dans un sens ; mais il faut avouer que la manière dont il traitoit ses sujets avoit autant de grâce et de nouveauté que les sujets même qui étoient de son invention.

135. (1800) De la comédie dans le siècle de Louis XIV (Lycée, t. II, chap. VI) pp. 204-293

Ou il n’y a plus de logique au monde, ou il faut admettre cette conséquence, dont tous les termes sont contenus dans des prémisses avouées. […] J’avoue que je ne saurais me résoudre à ranger le Bourgeois gentilhomme dans le rang de ces farces dont je viens de parler. […] Son avare est haï et méprisé de tout ce qui l’entoure : il est odieux à ses enfants, à ses domestiques, à ses voisins, et l’on est forcé d’avouer que rien n’est plus juste. […] Ce style-là, il faut l’avouer, est d’une fabrique qu’on n’a point retrouvée depuis Molière : cette foule de tournures naïves confond lorsqu’on y réfléchit.

136. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Troisième partie. — L’école historique » pp. 253-354

Aristote détrôné, j’ai moi-même323 fait, je l’avoue, plusieurs Poétiques ou Esthétiques. […] Le Chevalier m’avoue tout bas que plusieurs plaisanteries d’Aristophane lui paraissent à peine supérieures à celles dont on ne rit plus à la foire, qu’il donnerait en bloc toutes les comédies de Lope de Véga, de Caldéron, de Tirso de Molina et de Cervantes pour le seul Misanthrope. […] Mais Goethe fut indulgent, comme toujours, « Il est vrai, avoua-t-il, qu’à beaucoup d’égards, ce n’est certainement pas là un homme ; mais à cause de son érudition variée et de ses grands mérites, il faut lui pardonner quelque chose. […] Il faut avouer que Phèdre écrit avec une pureté qui n’a rien de cette bassesse. » Voltaire, Écrivains du siècle de Louis XIV.

137. (1852) Molière, élève de Gassendi (Revue du Lyonnais) pp. 370-382

Si le bon sens parle souvent par la bouche de Clitandre. d’Henriette et même de Chrysale, on doit avouer que quelquefois il incline un peu trop du côté de l’empirisme.

/ 199