Ces dames, nées à la fin du siècle précédent, étaient à peu près du même âge que la marquise, c’est-à-dire de 35 à 40 ans, en 1620. N’oublions pas de nommer mademoiselle de Scudéry, du même âge que Julie d’Angennes, 17 ou 18 ans. […] Le cardinal de Richelieu, du même âge que Vaugelas.
Marton, à seize ans, & doué sans partage Des agréments divins qui parent ce bel âge, Que tout cela sied bien !... […] Nos âges par malheur ne se rapportent point. […] Il est fait à peindre, il est beau comme le jour : il est étourdi (qui ne l’est pas à son âge ?) […] Nous sommes dans l’âge où l’on n’a plus rien à dissimuler ; & ma jeunesse est si loin de moi, que j’en puis parler comme d’un beau songe. […] Je le traitois d’abord comme un enfant ; & cet empire de ma raison sur la sienne ne laissoit pas d’être flatteur à mon âge ; mais c’étoit à qui me l’enleveroit.
J’entends d’ici votre austere langage : Vous allez commencer par m’opposer votre âge. Je vous arrête là : vous avez vingt-six ans ; C’est l’été de vos jours, par conséquent le temps D’inspirer, d’éprouver une flamme constante : Car l’âge de penser d’une façon prudente, De sentir fortement est aussi la saison. […] Notre âge est assorti mieux que vous ne pensez. […] Avec de la naissance, à l’âge où tu te vois, Propre & fait pour remplir les plus brillants emplois, Dis, ne rougis-tu point d’être un grand inutile, Et de grossir l’essaim des oisifs de la ville ?
Pour venger Molière de tous ses détracteurs, Boileau fit les stances suivantes qu’il envoya à son ami : En vain mille jaloux esprits, Molière, osent avec mépris Censurer ton plus bel ouvrage : Sa charmante naïveté, S’en va pour jamais d’âge en âge Divertir la postérité.
Comme les plantes et les animaux en leur printemps, c’est dans la fleur de l’âge et de l’esprit que l’homme et la femme, emportés réciproquement vers un être digne d’eux, s’aimeront avec toute l’ardeur de la jeunesse et du cœur, toute la noblesse des âmes pures et élevées433. […] Ce sentiment, à l’âge où ils sont le mieux faits pour en jouir, ne vient-il pas développer et ennoblir toutes les qualités du cœur et de l’esprit qu’ils possédaient déjà436 ? […] La prude Arsinoé ne peut pas davantage connaître l’amour dans la coquetterie de vertu que son âge lui impose466. […] Il est revenu sans cesse sur cette nécessité que l’amour soit naturel, conforme à l’âge, à la condition, au caractère, aux âmes de ceux qui s’y livrent. […] Il apprend aux hommes mûrs que, s’ils sont dédaignés ou trompés par les femmes, c’est moins pour leur âge que pour leurs travers ; et l’exemple d’Ariste, dans l’École des Maris, montre qu’à tout âge une âme douce et noble est aimable.