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141. (1848) De l’influence des mœurs sur la comédie pp. 1-221

« Je suis sûre, dit Suzanne, que le jour du départ sera la veille des larmes. » Figaro répond à sa fiancée, qui lui promet de l’aimer beaucoup: « Ce n’est guère; en fait d’amour, vois-tu, trop n’est pas même assez. »Ceci est du pur Marivaux. […] Quoi que je puisse dire, il doit m’être permis, Et c’est pour vous convaincre, ainsi que j’ai promis. […] On s’en défend d’abord ; mais de l’air qu’on s’y prend On fait connaître assez que notre cœur se rend; Qu’à nos vœux, par honneur, notre bouche s’oppose, Et que de tels refus promettent toute chose.

142. (1800) De la comédie dans le siècle de Louis XIV (Lycée, t. II, chap. VI) pp. 204-293

Quand elle veut s’en aller avec Horace, qui lui a promis de l’épouser, son jaloux lui fait une querelle épouvantable. […] On a toléré ce qu’il y a d’un peu licencieux dans ce sujet, parce qu’il était donné par la Fable et reçu sur les théâtres anciens; et on a pardonné ce que les métamorphoses de Jupiter et de Mercure ont d’invraisemblable, parce qu’il n’y a point de pièce où l’auteur ait eu plus de droit de dire au spectateur : Passez-moi un fait que vous ne pouvez pas croire, et je vous promets de vous divertir.

143. (1900) Quarante ans de théâtre. [II]. Molière et la comédie classique pp. 3-392

Molière et le langage précieux J’avais, il y a bien longtemps, promis à mes lecteurs d’intervenir dans un débat qui s’est ému en ces derniers temps et se poursuit encore aujourd’hui entre M.  […] Don Juan rencontre, dans une campagne écartée, deux jolies paysannes, Mathurine et Charlotte, et, selon son habitude, les prenant à part, l’une après l’autre, il leur promet le mariage. […] Je suis femme ; et les femmes, si raisonnables qu’elles soient, ont toujours un petit faible pour les âmes ardentes et ces caractères d’une excentricité vigoureuse qui promettent un bonheur moins uni, mais des joies plus exquises. […] Rappelez-vous la scène où Elmire promet de confondre Tartuffe en lui faisant poser le masque : — Faites-le-moi descendre, dit-elle à Dorine. […] J’avais promis de donner la lettre que m’a écrite à ce sujet M. 

144. (1861) Molière (Corneille, Racine et Molière) pp. 309-514

Voyez dans L’Amour médecin ce père qui adore sa fille, qui mourrait si elle mourait, qui pleure comme un enfant en la voyant malade, qui, pour la soigner, fait accourir tous les médecins de Paris, qui lui promet tout, lui offre tout, lui donne tout, mais qui, lorsqu’elle fait signe que sa peine est une peine d’amour, n’entend pas et la quitte brusquement : « Va, fille ingrate, je ne veux plus te parler et je te laisse dans ton obstination. » Cette affection d’un père égoïste, qui aime sa fille pour lui, affection d’autant plus tendre en paroles et abondante en protestations et caresses, d’autant plus prompte à s’alarmer qu’elle est plus égoïste, n’est-ce pas la nature humaine prise sur le fait ? […] Elle lui demande de la croire innocente sur parole, et dans ce cas elle lui promet sa main; s’il exige des preuves, elle les fournira; mais elle ne reverra plus don Garcie. […] Si, malgré cet objet qui vous a pu surprendre, Prince, vous me rendez ce que vous devez rendre, Et ne demandez point d’autre preuve que moi, Pour condamner l’erreur du trouble où je vous voi; Si de vos sentiments la prompte déférence Veut sur ma seule foi croire mon innocence, Et de tous vos soupçons démentir le crédit, Pour croire aveuglément ce que mon cœur vous dit, Cette soumission, cette marque d’estime, Du passé dans ce cœur efface tout le crime; Je rétracte, à l’instant, ce qu’un juste courroux M’a fait, dans la chaleur, prononcer contre vous; Et si je puis un jour choisir ma destinée, Sans choquer les devoirs du rang où je suis née, Mon honneur, satisfait par ce respect soudain, Promet à votre amour et mes vœux et ma main. […] La première n’a pas peur de ce beau mot d’épouse ; l’autre fait Un détour pour l’éviter : elle promet ses vœux et sa main.

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