/ 341
159. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE X. De la Diction. » pp. 178-203

C’est la premiere fois qu’il m’avoit, que je sache, L’impertinent qu’il est, donné sur la moustache. […] Voilà pourquoi il a mieux aimé se donner un style conforme à la nature, en perfectionnant ceux de Plaute & de Térence, & en les employant à propos, que de s’en former un nouveau. […] Je trouve que toute imposture est indigne d’un honnête homme, & qu’il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître, à se parer aux yeux du monde d’un titre dérobé, à se vouloir donner pour ce qu’on n’est pas. […] A trois longueurs de trait, tayaut ; voilà d’abord Le cerf donné aux chiens. […] Il vient à la forêt : nous lui donnons alors La vieille meute ; & moi, je prends en diligence Mon cheval alezan.

160. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre IX. Beltrame » pp. 145-157

On ne peut dire si le caractère de Beltrame existait avant lui ; mais, en tout cas, il le fixa, le perfectionna et lui donna une importance toute nouvelle. […] Il fit jouer à l’impromptu une pièce dont plus tard il se donna la peine de développer le dialogue ( ho preso questa fatica di spiegarlo ) et qu’il fit imprimer à Turin en 1629 et à Venise en 1630. […] Donnons une analyse sommaire de cette pièce, où nous nous trouverons, du reste, en pays de connaissance. […] Mezzetin, après s’être diverti à ses dépens, restitue à l’étudiant les deux cents ducats qui lui ont été donnés par Scapin, les menaces de Beltrame l’empêchant de conclure le marché. […] Quand le capitaine lui demande s’il aime Celia, Fulvio, sous l’empire de la même crainte, nie son amour ; il hésite à toucher la main de Celia qu’on lui donne et tourne toujours les yeux vers Scapin pour s’assurer qu’il n’a point mal fait.

161. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Troisième partie. — L’école historique » pp. 253-354

la parole n’a-t-elle pas été donnée à l’homme pour expliquer ses sentiments ? […] Le paradoxe est fort, et l’on ne saurait avec plus d’audace donner un démenti aux faits. […] Je le crois, et voici ce qui me donne cette confiance. […] il nous donnerait quelque chose de mieux. […] Date donnée par M. 

162. (1853) Histoire de la littérature dramatique. Tome II « Chapitre V. Comment finissent les comédiennes » pp. 216-393

Il va donner, ô l’instinct ! […] C’est se railler que de vouloir donner au quolibet cette importance ! […] Il ne va pas dîner chez les autres ; mais il donne à dîner chez lui. […] Ils nous la donnent belle avec leurs leçons en comédies ! […] À fortune égale, il donnera la préférence à la petite brune.

163. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXX. Des Surprises. » pp. 490-502

Lui voulez-vous donner à croire que c’est moi ? […] tu voudrois bien ici m’en donner d’une. […] Vous niez hautement la chose, & me donnez parole de n’avoir aucune pensée de m’offenser ; & cependant le même jour vous prenez la hardiesse de venir chez moi me rendre visite, de me dire que vous m’aimez, & de me faire cent sots contes, pour me persuader de répondre à vos extravagances, comme si j’étois femme à violer la foi que j’ai donnée à un mari, & m’éloigner jamais de la vertu que mes parents m’ont enseignée ! […] & Madame de Sotenville ne sont-ils pas aussi surpris en voyant donner les coups de bâton, que George Dandin en les recevant ? […] Voyons avec quel art il les ont ménagées, comme elles donnent du ressort, de l’action à une intrigue, tantôt en la détruisant, tantôt en la renouant ; comme on les rend intéressantes en les faisant naître dans le moment le plus critique ; comme elles ont le mérite si rare de l’à-propos.

164. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXII. Des Caracteres principaux ou simples, des Caracteres accessoires, des Caracteres composés. » pp. 337-349

D’après ce que je viens de dire sur la préférence qu’on doit accorder aux caracteres principaux, bien des personnes se persuaderont peut-être qu’en réunissant sur un seul personnage deux caracteres principaux, mais opposés, le caractere composé qu’elles lui donneront leur fournira plus de richesses comiques, & doublera leur fonds. […] Un homme n’a jamais deux caracteres fortement prononcés : si vous les lui donnez, vous blessez la nature : si les deux caracteres ne sont pas à-peu-près de la même force, ils ne peuvent pas se contrarier, & le spectateur demande à propos de quoi vous avez inséré dans votre piece le second caractere. […] Rendez-moi donc justice, & convenez vous-même Que ma flamme est sensée autant qu’elle est extrême ; Que la prudence seule a décidé mon choix, Et que votre raison doit lui donner sa voix. […] & toujours tremblante de peur que votre curiosité ne me donnât de l’ombrage : j’avoue que cette curiosité vive & timide m’a paru très plaisante. […] permettez que je rie un peu à mon tour de vous voir rire avec tant d’affectation de ma curiosité, pour me cacher l’inquiétude qu’elle vous donne.

165. (1820) Notices des œuvres de Molière (V) : L’Amour médecin ; Le Misanthrope ; Le Médecin malgré lui ; Mélicerte ; La Pastorale comique pp. 75-436

Ne pouvant juger entre eux, ne devait-il pas leur donner gain de cause à tous ? […] Ces deux scènes renferment tout ce qu’on peut étaler de faiblesse et de ridicule en fait de conseils, soit qu’on en demande, soit qu’on en donne. […] Il avait déjà donné l’exemple d’une conversion encore plus singulière. […] Il est orgueilleux, car il se donne sans façon le titre de sage, et ne voit, dans tout le reste du monde, qu’objets de mépris et de colère. […] En cela, ils donnent, comme un fait, ce qui n’est qu’une conjecture de Guérin fils.

166. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XX. Des Pieces intriguées par le hasard. » pp. 223-240

Fabio lui offre la main pour la conduire ; elle l’accepte, afin de donner le temps à Lisardo de sortir. […] Elle se persuade que c’est cette Nice qui lui a déja donné de la jalousie : elle est furieuse de la voir dans l’appartement de Dom Félix. […] On apporte de la lumiere : Dom Félix & Laura s’accablent de reproches ; Dom Félix se récrie surtout sur le rendez-vous qu’on a donné à Lisardo : Laura avoue, pour s’excuser, qu’elle étoit dans l’appartement de Marcella. […] Un Auteur qui ne donne d’autre fondement à ses événements que le caprice du hasard, a les coudées franches : je suis surpris qu’on n’ait pas fait essuyer au malheureux Arlequin mille & une infortunes, rien n’étoit plus facile. […] Je me suis appesanti sur cet article, pour prévenir la mauvaise interprétation qu’on pourroit donner aux idées de Riccoboni, un peu louches à la vérité dans les premieres phrases.

167. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VII. La Chaussée, imitateur de Regnard, d’un Auteur Espagnol, d’un Auteur Italien, d’un Romancier François, &c. » pp. 262-276

La principale est que je l’ai épousée dans la chapelle d’un château, & que c’est un moine qui nous a donné la bénédiction. […] Avez-vous bien fait réflexion que vous me privez par-là du doux nom de votre fils, que vous m’avez donné jusqu’à présent ? […] On enleve Mélanide, elle accouche, dans sa retraite forcée, d’un fils auquel elle donne le nom de Darviane. […] En revanche est-il naturel que durant l’espace de vingt ans le Marquis & Mélanide n’aient pu se donner de leurs nouvelles ? […] Aucun ne l’a fait avec tant d’adresse ; il étoit nécessaire de convaincre mes Lecteurs de cette vérité : sans cette précaution les ennemis de Moliere n’auroient pas manqué de prodiguer aux Auteurs modernes le titre de créateurs, & de donner à leur maître celui de plagiaire, de traducteur, de copiste.

168. (1922) La popularité de Molière (La Grande Revue)

Il n’a pas, comme Dante, comme Goethe, donné pour la première fois à son peuple une vigoureuse conscience de son génie, de ses aspirations, de son idéal. […] Il y a plus : le succès de Molière lient encore à ce qu’entre tous nos écrivains, si clairs, si humains qu’ils aient été, il a le don de clarifier et d’« humaniser » les sujets qu’il traite, les caractères qu’il étudie, les leçons qu’il donne. […] L’Espagne, dans toute sa littérature dramatique, avait donné une réponse affirmative à cette question. […] Psychologiquement, il fait ce qu’ont fait certains peintres par la ligne et la couleur : quelques tons vigoureux, exagérés, irréels donnent une impression plus forte de la réalité. […] De même, les haines privées de l’auteur de La Critique de l’École des Femmes, de Tartuffe, de Don Juan, ont leur écho dans ces pièces, et leur donnent par la sincérité, par la violence même des accents, une forte impression de vérité et de réalisme.

169. (1818) Épître à Molière pp. 6-18

À venger le bon goût tu travaillas sans cesse ; Ta muse à tous les tons se plie avec souplesse ; Dans chacun de tes vers nous donne une leçon, Et, toujours en riant, fait parler la raison. […] Donnez ! donnez aussi des palmes au génie ! […] Le Tartuffe à la main Molière nous contemple : Le premier du courage il nous donna l’exemple. […] Ils ont beau se refuser à l’évidence ; nier nos progrès dans les sciences et dans les arts ; exhumer les crimes de la Révolution, en repoussant ses bienfaits, et dater de Fontenoi la dernière époque de notre gloire militaire, la sagesse et la prévoyance qui ne font qu’un nous ont donné la Charte ; c’est sur elle que s’appuie le dix-neuvième siècle ; c’est elle qui l’empêchera de reculer.

170. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXIV » pp. 394-401

Il l’embellit ; il donne ses ordres pour le jardin ; il en donne pour l’ameublement de la maison. […] Une lettre de madame de Sévigné, du 6 novembre, raconte avec sa grâce ordinaire comment le roi, sous le nom d’un certain Langlée, espèce d’aventurier qui tenait un jeu à la cour, lui donna la plus belle robe dont on eut jamais eu l’idée : « M. de Langlée a donné à madame de Montespan une robe d’or sur or, rebrodé d’or, rebordé d’or, et par-dessus un or frisé, rebroché d’un or mêlé avec un certain or qui fait la plus divine étoffe qui ait jamais été imaginée : ce sont les fées qui ont fait cet ouvrage en secret. Âme vivante n’en avait connaissance ; on la voulut donner aussi mystérieusement qu’elle avait été fait briquée, Le tailleur de madame de Montespan lui apporta l’habit qu’elle lui avait ordonné ; il en avait fait le corps sur des mesures ridicules.

171. (1772) De l’art de la comédie. Livre troisième. De l’imitation (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VII. » pp. 125-143

Il engagea Moliere à composer cette comédie pour une fête magnifique qu’il donna au Roi & à la Reine Mere. […] Comme Regnier a, long-temps avant Moliere, imité cette même Satyre, voyons auquel des deux imitateurs nous donnerons la pomme. […] Moliere n’a pas fait comme ces Architectes ignorants & sans goût qui mêlent à un bâtiment moderne les débris d’Herculanum, sans se donner la peine de les réparer ou de les rajeunir. […] Ce fut le Roi lui-même qui donna à Moliere le sujet de son chasseur, & voici comme. […] Henri IV lui donna une pension de deux mille livres sur l’Abbaye de Vaux dont son oncle étoit revêtu.

172. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XI. M. SAURIN. » pp. 333-353

On donne Julie à Dorante, & le Marquis part en disant d’un ton de grandeur à Géronte : Monsieur, je vous baise bien les mains. […] Madame Abraham, vous me donnez là de mauvais effets. […] morbleu, donnez. […] Donnez ; j’ai tout entendu : j’arrête votre mémoire. […] Le traître a déja donné sous main de l’argent pour cela.

173. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE PREMIER. Regnard imitateur comparé avec la Bruyere, Plaute, & la nature. » pp. 5-50

C’est ce que j’ai à vous dire ; donnez-vous la peine d’écouter. […] Il seroit injuste, puisque nous n’avons pu trouver le canevas italien, de lui donner toutes les bonnes plaisanteries & tous les défauts qui sont chez l’Auteur François. […] Commençons par le premier, celui qui donne naissance à tous les autres. […] Un Gascon, à qui le Chevalier doit cent louis, vient les demander à Menechme l’épée à la main ; celui-ci les donne bonnement. […] Est-il naturel que Démophon prétende cajoler sa sœur, & l’engager à donner son bien à sa fille, en lui disant sans cesse qu’elle est vieille ?

174. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXXVI » pp. 413-441

Je vais ici donner des notions précises de cette période d’incertitude, d’hésitation et de stérilité presque absolue. […] Il lui donna une charge de trésorier de France, après Mithridate. […] Il leur avait donné au commencement de la même année, à chacun 3 000 fr. de pension. […] Nevers dit hautement, et même en vers, dans un troisième sonnet qu’il leur ferait donner des coups de bâton. […] Est-ce un âge auquel convienne l’épithète de belle, que lui donne Boileau ?

175. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE II. Regnard imitateur de Moliere. » pp. 51-80

(Il lui donne des coups de bâton. […] J’avois donné ordre qu’on ne me fît parler à personne ; mais cet ordre n’est pas pour vous ; & vous êtes en droit de ne trouver jamais de porte fermée chez moi. […] Notre femme est, Monsieur, sur le point d’accoucher : Donnez-moi cent écus sur & tant moins des dettes. […] Philaminte veut marier sa fille Henriette avec Trissotin ; Chrisale veut la donner à Clitandre. […] Madame Grognac change tout de suite d’avis, & donne sa fille au Chevalier.

176. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXXI. De la Catastrophe ou du Dénouement. » pp. 503-516

Ignorent-ils que le public, une fois assemblé, ne considere les choses qu’au moment qu’elles paroissent, & ne leur donne pas plus d’étendue que le poëte ? […] L’exemple le plus frappant que nous puissions en donner, est dans l’Ecole des Maris de Moliere. […] Je renonce à jamais à ce sexe trompeur, Et je le donne tout au diable, de bon cœur. […] J’y donne les mains. […] Je vais tout présentement donner cet ordre-là à Davus.

177. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE VI. Des Pieces à scenes détachées, dans lesquelles une Divinité préside. » pp. 61-74

Le Héros enchaîné par le decorum de la divinité est sur la scene pour donner des conseils, recevoir des plaintes, débiter des moralités ou des épigrammes, & point du tout pour être de moitié dans aucune espece de rivalité avec de simples mortels. […] Un Gentilhomme de province qui passoit sa vie à tourmenter ses vassaux, un ambitieux, une capricieuse, un fastueux, un faux politique viennent tour à tour parler à la Vérité, qui leur donne des conseils excellents : nous nous contenterons de rapporter les fables qu’elle débite à l’ambitieux qui veut quitter ses terres pour aller à la Cour, & à la capricieuse qui ne cesse de tourmenter son amant, & qui craint cependant de le perdre. […] un chat du complot,  Un beau matin en fit pâture ; A quoi le vieux matois donna telle tournure,  Que le maître n’en sonna mot. […] J’ai souvent entendu donner le titre de comédie allégorique à celles dans lesquelles une Divinité préside. […] Essayons de donner une juste idée de la comédie vraiment allégorique.

178. (1881) La philosophie de Molière (Revue des deux mondes) pp. 323-362

Or quelle invraisemblance y a-t-il qu’Orgon, dans son absolu et aveugle abandon, ait confié ses secrets et donné une partie de sa fortune à son dangereux séducteur ? […] En peignant don Juan, Molière a-t-il voulu nous le faire admirer et nous le donner comme modèle ? […] Ce détail, attesté par l’auteur des Observations sur Don Juan, qui avait assisté à la première représentation, se retrouve seulement dans les éditions de Hollande et donne seul son sens à la scène et au mot célèbre : « Va, je te le donne pour l’amour de l’humanité. » Cette scène n’avait évidemment dans la pensée de Molière aucune intention irréligieuse. […] Il y a donc du comique dans la pièce, mais ce comique n’est pas attaché ni proportionné à ce qui est vraiment vicieux ; c’est l’égoïsme et la frivolité qui rient ; c’est l’honneur qui donne à rire. […] Mais il est certain aussi que celui qui se donnera ce rôle de défendre partout la justice et la vérité se rendra ridicule et bientôt odieux.

179. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Première partie. — L’école dogmatique — Chapitre premier. — Une leçon sur la comédie. Essai d’un élève de William Schlegel » pp. 25-96

Mais depuis quand ces considérations prosaïques sont-elles ce qui donne la mesure de l’art véritable et de la poésie ? […] Harpagon entre dans une colère comique contre Cléante qui lui prend son diamant pour le donner à Marianne. […] C’est Scapin, lorsqu’il se borne à donner à Géronte des coups de bâton. […] La seconde, c’est que William-Auguste n’a rien cité du Roi de Cocagne, et n’en a pas même donné l’analyse. […] Elles veulent donner une idée et non représenter un individu.

180. (1732) Moliere (Grand Dictionnaire historique, éd. 1732) [graphies originales] « article » pp. 45-46

Il donna avant & depuis ce tems-là, plusieurs pieces dans le veritable goût de la comedie, que nos auteurs avoient negligé, corrompus par l’exemple des Espagnols & des Italiens, qui donnent beaucoup plus aux intrigues surprenantes, & aux plaisanteries forcées, qu’à la peinture des mœurs & de la vie civile. […] Dans le Bourgeois gentilhomme, le Pourceaugnac, les Fourberies de Scapin, & les autres de cette nature, il a trop donné au goût du peuple, pour les situations & les pointes bouffonnes. […] Mais l’ordonnance de ses comedies est toujours defectueuse en quelque chose, & ses denouemens ne sont point heureux. » Sa vie a été donnée au public par M.

181. (1835) Mémoire pour servir à l’histoire de la société polie en France « Chapitre XXX » pp. 330-337

Ce ne fut pas seulement la mort de Molière qui marqua un terme à la protection que les lettres donnaient à la société licencieuse contre la société d’élite ; l’esprit satirique de Boileau, la courtoisie de Racine, la licence de La Fontaine, s’arrêtèrent en même temps devant les progrès de cette société : comme ces progrès atteignaient la cour elle-même, nos poètes virent que le temps était venu de prendre un autre ton, une autre direction, et ils furent plusieurs années à contempler en silence le changement qui s’opérait. […] Elle leur donne le peu de temps qu’elle a, avec un plaisir qui fait regretter qu’elle n’en ait pas davantage. […] Je consume les plus beaux jours de ma vie au service d’autrui… Je vis dans une action continuelle ; pas un moment à donner à mes amis ; les bontés du roi ne sauraient me dédommager de toutes ces pertes. » On pourrait trouver une nuance d’ingratitude dans ces paroles, si l’on n’y voyait la sage précaution d’une femme intacte contre des soupçons offensants. […] Elle lui donnait une existence considérable : et ce progrès de la fortune de la gouvernante n’était sans doute pas ce qui plaisait le plus à madame de Montespan, dans l’élévation de ses enfants. […] Elle ne pouvait se dissimuler que l’éducation donnée à ses enfants, par madame Scarron, avait contribué, dans l’esprit du roi, à la faveur qu’il leur accordait ; elle devait donc de la reconnaissance à la gouvernante qui plaisait trop au roi.

182. (1772) De l’art de la comédie. Livre second. De ses différents genres (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVIII. Des Pieces intriguées par des noms. » pp. 204-215

C’est après toutes ces horreurs que commence une scene plaisante, amenée par le faux nom qu’Ulysse s’est donné : en voici une partie. […] Donner à ses enfants des leçons là-dessus ! […] Ce qui dans cet écrit vous paroît des injures, Sont des noms que l’on donne aux nouvelles parures. Une robe-de-chambre étalée amplement, Qui n’a point de ceinture, & va nonchalamment, Par certain air d’enfant qu’elle donne au visage, Est nommée innocente, & c’est du bel usage. […] Donnez, puisqu’il vous plaît d’avoir ces ornements, De plus honnêtes noms à vos ajustements.

183. (1911) L’Étourdi de Molière et Le Parasite de Tristan L’Hermite (De Jodelle à Molière) pp. 292-302

Au début de l’acte II, six scènes sont consacrées à un stratagème macabre de Mascarille, dont l’Inavvertito ne donnait aucune idée : Molière l’a pris à Noël du Fail. […] Que Lisandre se donne pour le jeune Sillare, enfin revenu de captivité et dont le père sera mort en Turquie : il sera bien accueilli par Manille et pourra autant qu’il le voudra embrasser sa prétendue sœur Lucinde. […] N’est-ce pas là un des contes qu’a vus Mascarille et qui lui ont donné l’idée du stratagème qu’il met en œuvre au quatrième acte de l’Étourdi ? […] Or, il n’y a ni momon ni masques dans l’Inavvertito, mais des serruriers ; ne sont-ce pas les deux passages du Parasite qui ont donné à Molière l’idée de cette substitution ? […] En 1644, le célèbre auteur de la Mariane, Tristan l’Hermite, n’avait pas dédaigné de donner à l’Illustre Théâtre, alors établi au jeu de paume des Métayers, ses tragédies de la Mort de Sénèque et de la Mort de Crispe 3.

184. (1863) Molière et la comédie italienne « Chapitre V. Le théâtre des Gelosi (suite) » pp. 81-102

Un cavalier de la ville l’ayant été voir, elle lui enleva du cou un joyau qui renfermait le portrait d’une très belle dame, donné par celle-ci à ce cavalier nommé Oratio. […] Le mari, qui se nommait Pantalon, demeura surpris, faisant de grandes instances à la comédienne pour savoir le nom de celui qui lui avait donné ce portrait. […] Flaminia lui donne quelques paoli et se retire. […] Arlequin répond qu’un nommé Flavio la lui a donnée pour remettre à une dame. […] Puis, Oratio répétant ce qu’il vient de dire à Pedrolino, elle l’appelle traître et lui dit qu’elle n’ignore pas qu’il aime la comédienne et qu’il lui a donné son portrait à elle.

/ 341