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13. (1922) La popularité de Molière (La Grande Revue)

D’autres ont fouillé plus avant dans les ondoyants replis du cœur humain ou tout au moins en ont plus minutieusement analysé la complexité infinie. […] Il y a plus : le succès de Molière lient encore à ce qu’entre tous nos écrivains, si clairs, si humains qu’ils aient été, il a le don de clarifier et d’« humaniser » les sujets qu’il traite, les caractères qu’il étudie, les leçons qu’il donne. […] Dimanche et d’une façon plus générale de se placer au-dessus des lois humaines et divines qui régissent la Société ? […] Quelle connaissance du cœur humain, quelle expérience des passions ne faut-il pas avoir pour comprendre et goûter vraiment le caractère d’une Bérénice, d’une Hermione, d’une Agrippine ? […] Il en coûte parfois à la vérité psychologique, car la nature humaine est plus variée, plus ondoyante, plus difficile à saisir que ne le sont ces personnages de construction un peu sommaire.

14. (1867) La morale de Molière « CHAPITRE PREMIER. Part de la Morale dans la Comédie de Molière. » pp. 1-20

Son génie, avec celui de quelques Grecs illustres, est une des plus éclatantes personnifications de l’esprit humain ; et il a pour nous le mérite attrayant d’être un des types les plus purs de l’esprit français 2 . […] Dans une mesure fixée par son goût, il outre les vertus ou les vices humains, afin d’attacher les regards par des traits saillants, et de remuer les âmes par des émotions supérieures. […] On peut dire de l’histoire, bien plus que de la comédie, qu’elle enseigne la morale, que l’historien écrit sous l’empire de certaines idées morales, que ses livres sont de grands tableaux de l’expérience humaine, qui ont par nature une influence morale. […] Dans ses peintures de mœurs, même artistiques et arrangées à sa fantaisie, ce sont les mœurs humaines, c’est l’humanité qu’il peint. […] Pouvait-il se livrer à l’étude approfondie du cœur humain sans être guidé par des principes et sans tirer des conclusions ?

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