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89. (1877) Molière et Bourdaloue pp. 2-269

Ce scandaleux éclat n’avait d’autre but que d’empêcher les entretiens du roi avec Mlle Lamotte-Houdancourt à travers les fentes d’une cloison. […] La morale le veut ainsi, car elle ne peut se séparer de la vérité ; l’art le veut également, car le beau, ce seul but de l’art, n’est la splendeur du vrai que parce qu’il en est l’évidence. […]  » Ayant ainsi déclaré son but, l’orateur expose le plan qu’il va remplir, et il y déploie cet art admirable où personne ne l’a égalé. […] Ils seront devant Dieu la condamnation du libertin qui affecte de les méconnaître, qui ferme volontairement les yeux à ces lumières, qui tâche à les éteindre, qui veut au moins les obscurcir, et dans quel but ? […] Ainsi Molière, condamnant cette fois la plupart de ses ouvrages et l’essentiel de sa profession, a dédaigné de faire rire des lèvres ; il a poursuivi un but plus noble, il a voulu faire « rire dans l’âme », et ce but, il l’a manqué.

90. (1772) De l’art de la comédie. Livre premier. De ses différentes parties (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XXI. De l’Amour. » pp. 367-384

Un poëte aura beau mettre son esprit à la torture, il fera bien imaginer à ses amoureux différents moyens pour parvenir à leur but ; mais il n’auront jamais, à moins qu’ils ne sortent de la nature, qu’une seule maniere pour se dire qu’ils s’aiment, toujours agréable au spectateur la premiere fois, ennuyeuse la seconde, détestable la troisieme.

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