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64. (1873) Molière, sa vie et ses œuvres pp. 1-196

., se réunit et ouvrir une souscription dans le même but. […] Cela me navre d’entendre un robuste gaillard, chargé d’une perruque, déchiqueter une passion, la déchirer, la mettre en haillons pour fendre les oreilles du parterre, qui n’aime d’ordinaire qu’une absurde pantomime ou quelque chose de très bruyant. » Ainsi, pour ces deux hommes, l’Anglais du xvie  siècle et le Français du xviie  siècle, le but est le même, le but du théâtre est de présenter, comme dit Shakespeare, un miroir à la nature . […] Encore un coup, ce n’était pas le goût des discours et le prurit de la langue qui poussaient Molière à parler en public, mais l’âpre besoin d’expliquer ses idées et son but. […] Mais là n’est pas le but de sa pièce ; ce but est de salir Molière. […] Mais si le véritable génie consiste dans la pondération absolue, dans le bon sens uni à la puissance, dans le rien de trop, qui est en somme le but suprême de l’art, Molière, comme Cervantes, est l’égal de Shakespeare.

65. (1772) De l’art de la comédie. Livre quatrième. Des imitateurs modernes (1re éd.) [graphies originales] « CHAPITRE XVIII. M. GOLDONI. » pp. 468-479

Par conséquent ne perdons jamais de vue le double but de la comédie, qui est d’instruire en divertissant, & tâchons, en imitant Moliere, le meilleur des imitateurs, l’imitateur de la nature, tâchons, dis-je, de nous former un empire sur la scene entre lui & Regnard.

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