Scribe, nous opposerons à son langage les paroles échappées à ce vieillard plein de bon sens qui, assistant à la première représentation des Précieuses ridicules, s’écria du fond du parterre : « Bravo ! […] Esprit libre et sage à la fois, Molière, avec la supériorité de son jugement, ne considère les règles des anciens «que comme des observations aisées que le bon sens a faites sur ce qui peut ôter le plaisir que l’on prend à ces sortes de poëmes ; et le même bon sens, ajoute-t-il, qui a fait autrefois ces observations, les fait fort aisément tous les jours sans le secours d’Horace et d’Aristote. […] Molière dit encore : «Dans la comédie, il ne suffit pas de dire des choses qui soient de bon sens et bien écrites, il y faut plaisanter, et c’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens. » Oui, sans doute, et la plus difficile peut-être, puisque tant d’esprits supérieurs l’ont tentée sans succès. […] Molière eut donc considéré, tout porte à le croire, la doctrine nouvelle qui confond les genres, qui veut que l’on tire d’un sujet tout le plaisant, tout le pathétique, toute la terreur, enfin toutes les émotions extrêmes dont il est susceptible, sinon comme subversive du bon sens, du moins comme présentant des exigences incompatibles avec la réalisation de ses vues sages.
& ne m’avouera-t-on pas qu’il se trouve dans cette piece en dépit du bon sens ?