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39. (1866) Petite comédie de la critique littéraire, ou Molière selon trois écoles philosophiques « Deuxième partie. — L’école critique » pp. 187-250

Hegel aura Eschyle et Sophocle ; j’aurai Corneille et Racine286. […] Car, ce qui l’aveuglait sur ce grand poète, c’était, au contraire, l’idée beaucoup trop nette de la tragédie telle quelle la voyait exposée par les théoriciens français, et elle n’a commencé à saluer en lui l’égal de Corneille et de Racine, que du jour où son intelligence s’est affranchie de toutes ces fausses notions. […] Mais rien n’égale la naïveté de la foi de notre grand Corneille. […] Corneille appelle la Poétique un divin traité (Préface du Cid) et il en dit tant qu’on est tenté de prendre cette expression à la lettre. […] Non, Dorante ; pas même Racine ; Corneille seul.

40. (1882) L’Arnolphe de Molière pp. 1-98

Descartes est à l’index ; voilà quatre mois que Pascal est mort ; Corneille subsiste, mais non plus entier, et ce n’est pas Cinna qu’on répète à l’Hôtel de Bourgogne, c’est Sophonisbe. […] Il y a bien une dizaine d’abbés à l’Académie, et quelques évêques ; cela, d’ailleurs, ne semble pas suffire… aux abbés ; et l’un deux, le d’Aubignac, si fort ennemi de Corneille, vient d’en fonder une autre, l’académie des Allégoristes ; elle se réunit chez l’abbé de Villeserain ; les dames y sont admises. — Il y a une troisième académie, celle de Danse ; elle a été fondée par le roi même, pour remédier aux abus introduits dans l’art par les désordres et la confusion des dernières guerres ; abus capables de porter ledit art à une ruine irréparable. […] Ils jouent, comme la troupe de Monsieur, les mardis, vendredis et dimanches ; parfois le jeudi, si la pièce est la Gamma de Corneille le jeune, ou Persée et Démétrius. […] Ils se rattrapèrent sur le Portrait du Peintre, dont ils firent grand bruit, laissant à entendre que Corneille même, le vrai Corneille, y avait travaillé ; ce qui est faux d’ailleurs, bien qu’à ce moment Corneille ressentît en effet quelque chagrin de voir sa muse altière éclipsée par la muse gaillarde du génie nouveau venu. […] Il n’avait chez lui, en fait de tableaux, que deux portraits, l’un de Molière, l’autre de Corneille. — Mais, cher maître Samson, me hasardai-je à lui demander un jour, expliquez-moi donc pourquoi l’on ne voit dans votre cabinet que ces deux portraits, qui sont deux croûtes ?

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