Il lui rappelle sans cesse que son premier devoir est sa maison, cet humble royaume du foyer auquel elle doit songer avant tout.
Partout où nous le rencontrons, il aime ; partout où il aime, il trouve moins des occasions de bonheur tranquille, que des occasions de dépit jaloux, et cependant, il ne cesse jamais d’aimer. […] Le prince, cependant, qu’il ne cesse de styler par ses paroles, et qui, d’ailleurs, se croit prêché d’exemple, se jette dans la dévotion avec la sincérité d’ardeur qu’il croit voir dans celui qui le dirige. […] La continuation de la querelle du jansénisme, à laquelle on ne cessait pas de vouloir mêler l’affaire de la comédie, en était la principale cause. […] Jupiter, alors, n’avait cessé d’être la divinité. […] Redevenons nous-même, cessons d’être Italien, dédaignons d’être Espagnol, soyons Français ».
Par un prodige inouï, en attaquant l’excès de la vertu, en en montrant tous les dangers, il n’a pas cessé de la respecter ; et, par l’opposition continuelle de sa sévérité et de la dépravation de nos mœurs, il a fait naître des situations pleines d’un comique en même temps, noble et naturel.
Ce qu’il faut remarquer , ici, c’est, la moralité absolue d’une œuvre où, d’un bout à l’autre, un scélérat supérieur, couvert des dehors les plus séduisants pour les bonnes âmes, revêtu de modestie, de désintéressement, de charité, de Dieu même empreint sur son visage 79, est sans cesse démasqué, méprisé, condamné, et enfin puni, sans la moindre restriction de la part de l’auteur, ni la moindre hésitation possible chez le spectateur.
À votre porte l’on se presse Comme pour voir un grand ballet, Faites qu’on entre par billet Afin que ce désordre cesse. […] La pièce se termine par cette conclusion inattendue : Ainsi parla Cléandre, et ses maux se passèrent, Son feu s’évanouit, ses déplaisirs cessèrent ; Il vécut sans la dame et vécut sans ennui. […] À peine eut-il cessé de parler, que Mlle Bourguignon déclara, en présence de Dieu et des hommes, qu’elle prenait Beauval pour son légitime époux. […] « Il faut sans cesse renouveler l’affiche.
. — Le bruit de Tartuffe dure encore ; la révolution qu’il a faite, sans cesse achevée et sans cesse renaissante a subi toutes les chances diverses de l’hypocrisie ! […] C’est qu’en effet quelque chose gémit et se plaint au fond de cette gaieté ; c’est qu’une lamentation immense a traversé, sans fin et sans cesse cette raillerie de l’esprit, cet orgueil des sens, cette seigneurie impitoyable et qui va à l’abîme. […] … Ici je cesse de traduire, tout le reste est intraduisible, ou du moins il faudrait, par politesse, le laisser sur le compte de Carion.
Elmire qui cesse de tempérer, à force d’égards, l’humeur de Mlle Pernelle ! Elmire qui cesse de mettre sa douceur, sa discrétion, sa tenue parfaite entre sa belle-mère et tout son monde pour détourner les froissements et prévenir le choc ! Elmire qui cesse de promener ses yeux de l’un à l’autre, de regarder Marianne pour la consoler, Damis pour le contenir, Cléante pour le prier d’être indulgent, Dorine pour l’empêcher d’aller trop loin ! […] Le Tartuffe de Molière va déjà bien loin ; mais il ne va pas plus loin que n’allaient les libertés de son temps, et, encore aujourd’hui, quand le comédien, avec un prétexte tout prêt, avance timidement la main vers le fichu ou les genoux d’Elmire, quand il s’en tient aux équivoques, aux subtilités, aux témérités de sa rhétorique originale, Elmire peut encore lui promettre d’oublier son incartade à la condition qu’il ne prétendra plus à la main de Marianne ; mais après une scène comme celle qui se passe à l’Odéon, après ces yeux ardents, cette violence de gestes et ce baiser, si Elmire souffre que Tartuffe demeure un jour de plus dans sa maison, elle cesse d’être une femme prudente et presque d’être une femme de bien.
Aimer Molière, c’est n’être disposé à aimer ni le faux bel esprit, ni la science pédante ; c’est savoir reconnaître à première vue nos Trissotins et nos Vadius jusque sous leurs airs galants et rajeunis ; c’est ne pas se laisser prendre aujourd’hui plus qu’autrefois à l’éternelle Philaminte, cette précieuse de tous les temps, dont la forme seulement change, et dont le plumage se renouvelle sans cesse ; c’est aimer la santé et le droit sens de l’esprit chez les autres comme pour soi. […] Il ne se passe pas d’année sans qu’une nouvelle édition des œuvres de Molière ne voie le jour ; des savants sont occupés sans cesse à rechercher et à épurer de nouveaux manuscrits ; sa gloire est célébrée dans d’innombrables conférences publiques ; les expressions qu’il met dans la bouche de ses personnages se retrouvent partout, et les types créés par lui, ses principales œuvres, revivent sans cesse. […] Il faut retourner sans cesse à la source pour nous rafraîchir la vue et la mémoire. […] Pour faire cesser l’anarchie intellectuelle dont parlait un jour M.
Molière n’a pas cessé un instant de maintenir Alceste dans les limites de cette formule : le sincère poli, le bourru qui a du monde. […] Une injustice cesse-t-elle de l’être parce qu’elle me frappe ? […] Il comprend que si Molière vivait de son temps, il se moquerait de lui. » Rousseau sent très bien que le Misanthrope est une satire de Jean-Jacques Rousseau, et que l’on peut sans cesse tourner contre lui, citer contre lui. […] Et c’est toujours la même histoire, et je ne cesse de la répéter parce que toutes les sottises y mènent. […] Par quelles lois, par quels édits, par quels rescrits leura-t-on défendu d’ouvrir les yeux et de lire… Ne se sont-elles pas au contraire établies elles-mêmes dans cet usage de ne rien savoir… » De même Rousseau écrit : « Les femmes ne cessent de croire que nous les élevons pour être vaines et coquettes, que nous les amusons sans cesse à des puérilités pour rester plus facilement les maîtres.
Lorsque cette guerre d’intrigues, de chansons, de pamphlets, de perfidies réciproques a cessé, tous les acteurs après avoir changé de rôle plusieurs fois, n’ayant rien à s’envier ni à se reprocher en fait de versatilité et de ridicule, prennent bravement leur parti : les princes deviennent la décoration du trône et ses fidèles appuis ; le parlement, abandonnant toute ambition politique, se résigne à enregistrer docilement les édits de toute nature ; le clergé se retranche dans son domaine spirituel et fait retentir dans les temples la parole de Dieu, mêlant à ses leçons religieuses ses hommages au monarque, pendant que la nation sous l’aile de la royauté se fortifie par l’industrie et par la science, et prend peu à peu le sentiment de ses devoirs et de ses droits pour remplir les uns et faire valoir les autres quand son heure sera venue.
Que sans cesse L’on se presse De goûter les plaisirs ici-bas !
C’est alors que la comédie nouvelle cessa d’être une satyre, & prit la forme honnête & décente qu’elle a conservée depuis. […] Ce n’est pas que le même homme ne puisse rire de sa propre image, lors même qu’il s’y reconnoît : cela vient d’une duplicité de caractere qui s’observe encore plus sensiblement dans le combat des passions, où l’homme est sans cesse en opposition avec lui-même.
J’avois pourtant un enragé Precepteur, qui me rebattoit toûjours ces fadaises-là, & qui me faisoit sans cesse retomber sur son Épicure. […] Baron, comme le plus ingambe, arriva le premier, & fit cesser les coups, mais il fallut Moliere pour terminer le different. […] Cette Piece avoit été imprimée, le public qui avoit eu le temps de la lire & d’en goûter les beautez, cessa de se revolter contre l’Auteur & passa du mépris à l’admiration. […] Voilà comme vous faites toûjours, Moliere, dit Chapelle, vous me commettez sans cesse avec des ânes qui ne peuvent savoir si j’ai raison.
Célimène Il faut suer sans cesse à chercher que lui dire ; Terme devenu bas, la sensibilité du public souffre, comme quand on passe la main sur une blessure. […] Les applaudissements de vanité qui disent : Je comprends parfaitement toute la finesse de ce Discours, cessent avec le premier acte. […] L’âme du spectateur est sans cesse suspendue à deux pouces au dessus du fleuve de l’odieux. […] Je n’ai pas besoin de rappeler que Shakespeare fut l’objet d’études spéciales de la part de Stendhal et que le nom de l’illustre poète se retrouve sans cesse sous la plume de notre auteur qui faisait toutefois des erreurs : ainsi p. 107 de notre volume il parle de Lothario (une faute d’impression en fait Lotharic dans le Merchant of Venice qui ne s’y trouve pas, mais bien Antonio.
Notre honneur est, monsieur, bien sujet à faiblesse, S’il faut qu’on ait besoin qu’on le garde sans cesse.
Un tel caractere n’a malheureusement que trop d’originaux ; mais plus malheureusement encore l’Auteur, qui ne pourroit pas toujours montrer au spectateur le masque de son héros, qui seroit obligé de lui en peindre l’intérieur & la fatuité, trouveroit la matiere épuisée par ses prédécesseurs qui n’ont cessé de mettre la fatuité sur la scene.