Corneille du temps du cardinal de Richelieu72. […] M. Corneille nous coûtent bien de l’argent, et nous gagnons peu de chose. […] Corneille et celui d’Achille dans l’ Iphigénie de Racine ; Baron lui succéda. […] Corneille ; Agrippine, mere de Néron dans le Britannicus de Racine223. […] Tragi-comédie des cinq auteurs (Colletet, Corneille, Boisrobert, Lestoille et Rotrou), représentée en 1638.
Nous pouvons parler librement de Corneille, et nous pouvons traiter Racine avec une franchise qui va souvent jusqu’à l’impertinence. […] Mais on peut discuter ici si c’est un caractère que d’être menteur, et si Corneille a voulu en tracer un. […] Né eu 1625, et mort en 1709, le cadet des Corneille fut d’une fécondité plus rare encore que son aîné. […] Rappelons-nous Corneille, et comme le vers se moule à sa pensée. […] Corneille, Quinault.
Mais, le Roi ayant déclaré qu’il voulait voir plusieurs représentations de l’ouvrage avant le carême, il se vit trop pressé par le temps pour pouvoir achever lui-même ce qu’il avait commencé ; et il eut recours à Corneille, qui se chargea du reste de la pièce, et n’y employa qu’une quinzaine de jours. […] En 1678, sept ans après la Psyché de Molière et de Corneille, parut, sous le même titre, un opéra dont Lulli avait aussi fait la musique. […] Peut-être se faisait-il un scrupule respectueux d’avoir traité un sujet auquel son oncle, le grand Corneille, avait mis la main, et voulait-il, au moins, que d’autres ne pussent pas lui reprocher cette espèce de témérité. […] Corneille seul se montra digne de lui-même : ce n’est pas assez dire, il fit preuve d’une délicatesse, d’une suavité, d’une mollesse de style que la jeunesse de son talent n’avait pas possédées au même degré, et dont il semblait, d’ailleurs, que le déclin de ses années eût dû le priver entièrement. […] Voilà bien de l’esprit employé pour faire vainement insulte à Racine, sans faire plus d’honneur à Corneille.
Le grand Corneille n’a-t-il pas imité le Cid de Guilain de Castro, & le Menteur de Lopès de Vega, Auteurs Espagnols1 ? […] Un secrétaire de la Reine Marie de Médicis, nommé Chalons, retiré à Rouen dans sa vieillesse, conseilla à Corneille d’apprendre l’espagnol, & lui proposa le sujet du Cid.
Le comique de caractère, cette carrière ouverte par Corneille dans le Menteur, appellait Molière ; mais le comique d’intrigue s’était emparé de la scène, il ne fallait point l’en chasser ; conservons, multiplions les genres, n’excluons rien. […] Corneille avait oublié de punir son Menteur, et par là il avait privé sa fable de moralité ; Molière punit ses Précieuses par un affront sanglant qu’elles s’attirent, et par là il a mérité d’être regardé comme l’inventeur du comique de caractère moral.
Quoique Thomas Corneille l’ait mise en vers, et ait ajouté plusieurs bonnes plaisanteries dans la première scène de Charlotte et de Pierrot au deuxième acte ; malgré la scène de Léonor et de sa tante avec don Juan au troisième, et celle de la même Léonor et de sa nourrice au cinquième, qui prépare le dénouement, ajoutées par Corneille, je préfère encore la pièce en prose, telle que Molière l’a faite ; l’exposition en est charmante. […] La scène deuxième du cinquième acte, où don Juan parle de l’hypocrisie, et la troisième, où il refuse à don Carlos d’épouser sa sœur, par scrupule (scène que Corneille n’aurait pas dû mettre de côte), achèvent de rendre don Juan odieux, et rendent le dénouement moins inconcevable en le faisant souhaiter davantage. […] Cette pièce est du grand Corneille, de Molière, de Quinault et de Lulli. […] La scène troisième du troisième acte est charmante ; le style en est doux et pur : c’est le grand Corneille qui l’a faite.
De là cette foule de tragi-comédies qui parurent sur la scène française, avant que le génie de Corneille eût séparé les deux genres qu’elles confondaient, et les eût, pour ainsi dire, consacrés par deux types, par deux modèles distincts, Le Cid et Le Menteur. […] Corneille, au déclin de sa glorieuse barrière, crut étendre l’art du théâtre, en le reportant au point où il l’avait trouvé, et faire une création nouvelle, en imposant un nouveau nom au genre même sur les ruines duquel il avait fondé notre double scène. Don Sanche d’Aragon n’était rien autre qu’une tragi-comédie, quoique Corneille le donnât pour un poème dont il n’y avait pas d’exemples , et qu’inventant un nom pour la chose qu’il croyait avoir inventée, il appelât ce poème comédie héroïque. […] Voltaire pensait de même au sujet de cette pièce, puisqu’il dit qu’elle est de ce genre purement romanesque qui fut en vogue avant Corneille ; mais il s’est trompé en ajoutant que ce genre s’appelait comédie héroïque , puisque Corneille prétend, et avec raison, qu’avant lui personne n’avait employé cette dénomination. […] Voilà pourtant ce que, chez les Italiens qui nous avaient précédés de plusieurs siècles dans la carrière de tous les arts, était devenu l’art du théâtre à une époque où Corneille avait mis au jour tous ses chefs-d’œuvre et où Molière se préparait à enfanter les siens.
Elle fut ressuscitée par Corneille. […] Que Corneille ait été jaloux de Racine, comme on l’a dit aussi, bien qu’il soit pénible de le penser, il est aisé de le concevoir. […] Quoi qu’il en soit, Corneille et Molière eurent plus d’une occasion de rapprochement et de bons procédés l’un envers l’autre. […] Corneille, blessé de cette ingratitude, fit représenter Attila par la troupe de Molière. […] Nos comédiens citaient avec orgueil le vieux Corneille.
Il y avait déjà discrédité le grand Corneille. […] Sardou voulant réclamer son escalier et me montrer la rampe de bois sur laquelle s’appuya Corneille. […] Sardou, pour se faire pardonner de lui avoir détruit l’escalier de Corneille. […] Corneille dans le portrait de Lubin, le chancelier Le Tellier dans le portrait d’Edelinck, etc., etc. […] Si bien que la tragédie de Corneille ne parut devant le public parisien que vers le 13 février 1661.
Le berceau de cette révolution fut l’hôtel de Rambouillet, cet hôtel regardé, depuis la fin du siècle passé, comme l’origine des affectations de mœurs et de langage, et qui fut dans le grand siècle, et pour tous les grands écrivains qui l’illustrèrent, pour Corneille, pour Boileau, pour La Fontaine, pour Racine, pour Molière même, oui pour Molière, plus que pour aucun autre, l’objet d’une vénération profonde et méritée. […] La vérité est que madame de Sévigné, dont pas une locution n’a vieilli, Descartes, Pélisson, Pascal, Malherbe, Régnier, Corneille, avaient écrit longtemps avant qu’aucun des écrivains du siècle de Louis XIV eut paru dans la littérature, même avant le règne de ce prince.
M. Corneille, de laquelle somme je suis créancière avec ladite Troupe, et dont elle est demeurée d’accord pour l’achat de la Pièce du Festin de Pierre, qui m’appartenait, et que j’ai fait mettre en vers par ledit Sieur Corneille. […] M. Corneille doit venir souper avec nous aujourd’hui ; et vous lui direz qu’il vous les explique. […] Corneille, après les avoir examinés quelques temps, dit : « Je ne les entends pas trop bien non plus ; mais récitez-les toujours ; tel qui ne les entendra pas, les admirera ». […] Corneille, 1670, Tite et Bérénice : comédie-héroïque en 5 actes et en vers. […] Domitian (Corneille, 1670, Tite et Bérénice) : frère de Tite et l’amant de Domitie.
Napoléon disait de Corneille : S’il eût vécu de mon temps, je l’aurais fait prince. Napoléon faisait la cour aux poètes de son temps, en déclarant qu’il l’eût faite à Corneille.
Il n’est pas, comme Racine, comme Corneille même, inaccessible à des mentalités différentes de la nôtre et hors de nos frontières pas plus que chez nous, trois siècles n’ont pu le vieillir. […] La popularité de Corneille tient plus à son « Qu’il mourût » qu’aux cinq actes de Polyeucte, et ce que nous avons retenu du pur et divin chef-d’œuvre, c’est la belle réponse du héros : Où le conduisez-vous ? […] Un Corneille incarne ce qu’il y a dans notre race d’élan et de générosité, la tendance à sacrifier les intérêts pratiques et immédiats à une cause désintéressée et supérieure.
Il ne faut pas oublier Corneille en cette éclatante manifestation de la comédie et du drame. Corneille écrit Le Menteur, et les trois derniers actes du Cid merveilleux, qui tourne, comme on sait, à la comédie, après nous avoir remplis des plus grandes émotions tragiques. […] L’hôtel de Bourgogne appartenait à Corneille, et l’hôtel du Marais à Jodelet. […] Il avait pensé d’abord à mettre à chaque pièce une préface, à l’exemple de Corneille, et dans cette préface, il eût expliqué sa poétique. […] Il voulait danser dans un ballet, il le commandait à Molière, sans trop s’inquiéter des vers de Britannicus qui, dit-on encore aujourd’hui, avaient corrigé le roi de danser en public : Il excelle à conduire un char dans la carrière… Au carnaval suivant, fut commandé Psyché ; mais Molière en ce ballet, où Quinault a laissé sa trace, Molière avait un collaborateur digne de lui, Pierre Corneille à soixante ans ; et Corneille, par des vers charmants, que lui seul il pouvait écrire, prit sa revanche des victoires du jeune et bouillant Racine à propos de Bérénice.