Croyez-vous que la femme qu’ils pensent aimer va satisfaire l’ardeur égarée de leurs immenses désirs ? […] C’est parce qu’il est fidèle à ce qu’il aime qu’il est infidèle à ce qu’il croit aimer. […] Il se résignerait, je crois, à n’être pas aimé, pourvu que personne ne fût plus heureux que lui. […] La racine du mépris que nous inspire la coquette est plus profonde que nous ne le croyons. […] Molière nous autorise à croire qu’il déleste le ridicule plutôt que le vice.
j’ai cru qu’on parloit. […] Je le crois. […] vous croyez... […] vous croyez... […] C’est pour rire, je crois.
Dans ce temps-là le véritable arrive : il se présente à son pere, qui le croit un fourbe. […] je crois que cela foiblement vous soucie. […] Moi, je vous ai cru là faire un plaisir extrême. […] ne m’en nomme plus, je suis prêt à te croire. […] Je le crois.
Silvia introduit Lisardo, en lui faisant croire qu’il est dans l’appartement de celle qu’il aime. […] Laura est troublée, elle lui dit pour s’excuser qu’il a sans doute vu un domestique dans le cabinet ; il commence à le croire. […] Celui-ci veut s’excuser ; Laura ne croit rien de ce qu’il peut lui dire : les deux amants sortent en se souhaitant toute sorte de malheurs, & en s’écriant amen, amen. […] Fabio sort avec ses gens pour courir après le ravisseur de celle qu’il croit sa fille. […] Il a certainement voulu dire que le Public aime, dans une intrigue, à voir naître & agir tous les ressorts avec cette facilité qui laisse croire que le hasard seul les fait mouvoir.
Cette grande et timide foule d’admirateurs, volontaires et forcés tout ensemble, range insensiblement à son parti les plus opiniâtres, qui croiraient passer pour stupides et pour ignorants s’ils n’approuvaient pas ce que les autres approuvent, bien qu’ils ne soient pas de leur sentiment. […] Mais comme ceux qui croient avoir du mérite ne manquent jamais de vanité, il rend tous les repas qu’il reçoit, son esprit le faisant aller de pair avec beaucoup de gens qui sont beaucoup au-dessus de lui. […] Mais je crois qu’il suffit de vous dire que c’était une Pièce sérieuse et qu’il en avait le premier rôle pour vous faire connaître que l’on ne s’y devait pas beaucoup divertir. […] Elles ont beaucoup de rapport ensemble et, dans la première, il garde une femme dont il veut faire son épouse qui, bien qu’il la croie ignorante, en sait plus qu’il ne croit, ainsi que l’Agnès de la dernière, qui joue, aussi bien que lui, le même personnage et dans L’École des maris et dans L’École des femmes ; et toute la différence que l’on y trouve, c’est que l’Agnès de L’École des femmes est un peu plus sotte et plus ignorante que l’Isabelle de L’École des maris. […] Tout ce que vous avez dit de lui m’a paru fort sincère, car vous l’avez dit d’une manière à me faire croire que tout ce que vous avez dit à sa gloire est véritable, et les ombres que vous avez placées en quelques endroits de votre portrait n’ont fait que relever l’éclat de vos couleurs.
Content du suffrage de quelques amis, il la porte aux Comédiens ; il ne leur fait pas l’affront de croire qu’il faille faire bassement la cour & renoncer à la part d’Auteur pour leur plaire. […] Je voudrois savoir, en un mot, si Camille m’est aussi fidelle dans le cœur que je l’ai cru jusqu’ici, & je ne puis m’en assurer qu’en la mettant à la derniere épreuve. […] Croit-on qu’un amant, invoquant les neuf Muses & se grattant le front pour un pareil motif, n’eût pas été bien plaisant sur la scene ? Croit-on que le trait n’offre pas naturellement un comique propre à tous les temps & à toutes les nations ? […] Voici ce que je crois de mieux.
Voilà, je crois, quel est l’aspect sous lequel tout homme raisonnable peut se peindre le Petit Seigneur. […] pour cela, Madame, on peut, on peut, je crois, vous en répondre. […] Ainsi, Monsieur, vous croyez que je pourrois prétendre à quelque chose de mieux ? […] J’ai cru voir & je pense D’abord... qu’il ne croit point à la reconnoissance... […] Le jaloux croit triompher, & se moque de son rival, lorsqu’il apprend son sort.
Je vous croyais plus de mes amis. […] Je venais arrêter votre travail ; car je ne crois pas que vous eussiez passé outre. […] Vous croyez, peut-être, ajouta-t-il, qu’elle a ses agréments ; vous vous trompez. […] Croyez-vous de bonne foi pouvoir être toujours le Plastron de ces gens-là sans succomber ? […] Un Abbé crut bien faire sa Cour à défunt Monsieur le Prince de lui présenter celle qu’il avait faite.
ne présente plus, te dis-je, à ma mémoire Des trahisons qu’un jour on aura peine à croire. […] Dans quel moment devons nous le croire ? […] Si j’avois cru, Monsieur... […] Je le crois. […] Je crois qu’à tous moments il va perdre l’esprit.
Si l’Auteur n’avait pas chargé sur les Comédiens, j’aurais cru qu’il serait tombé dans cette faute pour leur faire plaisir ; mais je vois bien que le pauvre homme l’a fait par ignorance, puisqu’il a assez maltraité ces Messieurs-là. […] L’Auteur nous promet la vérité des faits, et il veut nous faire croire qu’elle lui a coûté cher. […] Je ne lui sais pourtant pas mauvais gré d’avoir essayé de détruire l’opinion commune ; et je croirais pieusement, et avec plaisir, tout ce qu’il nous dit, s’il nous avait donné le reste avec sincérité. […] Franchement ces deux sentiments ne s’accordent pas bien ; je veux croire aussi qu’ils sont échappés à l’Auteur ; et à l’insu de la vérité, qui a oublié de le guider en cet endroit. […] Je crois néanmoins que le tout ensemble a coûté à l’Auteur, il a travaillé son Ouvrage avec autant de soin que si c’était la Vie d’un Héros, à quelques endroits près, qui sont un peu négligés.
« Bossuet, averti d’un changement si imprévu, crut devoir tenter un dernier effort114. […] Je crois que vous m’entendez. » Pendant cette comédie, madame de Maintenon donnait ses soins au duc du Maine à Barèges. […] Je crois que notre duchesse vous en entretiendra ; je voudrais que vous puissiez tomber d’accord de quelque chose de précis. […] Ils se croient ranimés par de nouveaux feux. […] Il cite un manuscrit de Ledieu, qui n’est je crois, pas connu de beaucoup de personnes.
Je n’en ai pas pour un, je crois en avoir mille. […] Vous croyez ça, Monsieur Charlot ? […] Si je le crois ? je ly en veux, morgué, trop pour ne le pas croire. Et vous le croyez itou, vous, je gage.
Je me trouve si bien d’elle que je crois qu’elle s’accommode de moi. […] Est-il possible que M. et madame de La Fayette ne s’en payent pas et qu’ils aient peine à croire que j’aie supplanté mon amie ? […] Vous croyez bien qu’à son retour chez lui il trouve à qui parler. […] Je vous crois encore plus charmé de lui que je ne le suis, parce que vous l’avez vu de plus près ce qu’il a fait cette campagne. […] L’édition de 1778 dit de se croire enfermée.
Je l’ai cru. […] Je l’ai cru. […] Je le crois bien ! […] Je veux pourtant croire que je suis aimable, puisque vous le dites. […] Je crois que non.
les Courtisans croient-ils que leurs protégés ne mangent que des promesses ? […] J’avoue qu’il y a des exceptions particulieres à faire, & je veux croire que vous en êtes la preuve. […] Je crois que les drôles veulent nous corrompre ! […] Je crois donc que vous devez, par justice, épouser celle que vous avez injuriée. […] La belle crut qu’il avoit dit cela Par politique & pour jouer son rôle.
Que croyez-vous, ajouta-t-il, que je doive lui donner ? […] J’aurais cru manquer de justice envers M. […] Ce Montfleury, qui croyait se venger de Molière en se déshonorant, avait l’orgueil de se croire son rival. […] Cependant il était loin de croire à la perfection de ses ouvrages. […] On croit que c’est Boileau de Puimorin.
Agnès a bien plus de penchant à le croire ; elle le croit, et Arnolphe, malgré son expérience, est confondu par la jeune ingénue, qui n’y met pas même de méchanceté. […] C’est un mari, je crois, que l’on veut nous donner : Quelle drôle de chose ! […] Célimène est jeune, elle a vingt ans, ou peut-être un peu plus, car on n’est pas obligé de la croire tout à fait sur parole. […] Ne croyez pas, Mesdames, qu’en dessinant un tel portrait, mon dessein soit de recommencer une critique déguisée de vos défauts. […] On aurait tort de croire que Molière soit un ennemi acharné des femmes et qu’il les maltraite de parti pris.
Il n’en veut rien croire. […] Si j’étais assez sot pour me croire un génie... […] Nous croyons devoir rappeler ici ces principes. […] Il avait satisfait à ce qu’il croyait son devoir. […] Fénelon (qui l’aurait pu croire ?)
Je crois entendre Armande : « Ce legs universel n’est qu’un leurre ! […] On ne le sut exactement que longtemps après, car la justice du temps, copiant les procédés de l’Inquisition, ne se croyait pas obligée de révéler aux gens les motifs de leur incarcération : on dut croire et l’on crut que les imputations d’Aubry paraissaient calomnieuses. […] Livet et moi, nous ne sommes pas aussi éloignés de nous entendre qu’il semble le croire. […] Telle était aussi, s’il faut l’en croire, l’opinion de M. […] Une exposition moliéresque aurait, je crois, un légitime succès.
Si la dévotion d’un Pascal, d’un Saci, d’un Singlin était une dévotion hypocrite, à cruelle dévotion pouvait-on croire ? […] … Ne croyez pas que l’homme ne soit emporté que par l’intempérance des sens. […] Nous ne croyons pas plus au monstre marin qui a dévoré Hippolyte qu’à la statue du commandeur. […] Léguer à la postérité de grands types de théâtre, telle était, nous le croyons, sa seule pensée et sa vraie ambition. […] Peut-on croire que Molière ait voulu nous le faire admirer ?
S’ils refusent de croire aux vertus des hommes, ils ajouteront foi, je l’espère, aux faits et aux dates. […] Je ne balance donc point à regarder Le Tartuffe comme l’acte et le monument d’une vengeance qu’il crut légitime. […] C’est un moindre inconvénient qu’on ne le croirait d’abord. […] Je crois devoir donner cette pièce, monument curieux d’injustice et de détraction. […] J’ai cru pouvoir me dispenser du soin aussi pénible qu’inutile de les revêtir d’une forme différente.
On croit l’avoir détruit : il n’a fait que changer de forme. […] Son mari, qui était dévoré de la même passion, mais qui la croyait peu compatible avec la destination naturelle d’une femme, avait obtenu de la sienne qu’elle ne se livrât pas, comme auteur, aux jugements du public. […] Il était, de plus, le mari très amoureux d’une femme fort coquette, dont il croyait pouvoir fixer l’inconstance, en multipliant les preuves de sa passion. […] Ces ministres sont accusés de ne pas toujours pratiquer ce qu’elles commandent, et quelques-uns sont soupçonnés de ne pas croire à ce qu’elles enseignent. […] Un homme sain et robuste, qui se croit malade et infirme, appartient essentiellement à la comédie.
Le 26, madame de Sévigné écrit : « On la croit toute rétablie dans sa félicité. » Enfin, le 2 septembre, elle raconte à sa fille que « la vision de madame de Soubise a passé plus vite qu’un éclair… Au jeu, elle a la tête appuyée familièrement sur l’épaule de son ami. On croit que cette affectation était pour dire : Je suis mieux que jamais. » Mais peu après cet heureux jour, nouvelle crise. […] Le 11, madame de Sévigné écrit : « Tout le monde croit que l’étoile de Quanto pâlit. […] On regarde, on observe, on s’imagine, on croit voir des rayons de lumière sur des visages que l’on trouvait indignes, il y a un mois, d’être comparés aux autres. » Ces on là, c’est la cour. […] Madame de Maintenon croyait que madame de Montespan, cessant d’être jalouse d’elle, c’était à son tour de l’être de madame de Montespan.
Riccoboni nous paraissent si sensées que nous avons cru devoir les rapporter. […] Et tu crois qu’il te parlait sans feinte ? […] Baillet le croyait encore vivant en 1684*. […] Molière ait fait contre lui : mais on ne peut croire qu’un homme qui est souvent parmi les premières personnes de la Cour, et que Mademoiselle honore du nom de son ami, puisse être cru l’objet d’une si sanglante satire. […] « Bien des gens ont cru que ce fut plutôt la querelle qu’eut M.
Elle prend la fuite pour aller chercher celui qu’elle croit perfide. […] Arlequin croit lui avoir donné trop peu, & lui met dans la main une piece plus forte. […] Il a peine à croire ce que Tiennette lui dit : il frappe à la porte de sa maison. […] Et, pour tout ce qu’on voit, me croyez-vous meilleur ? […] Vous n’aurez pas grand’peine à le suivre, je crois.
Si son initiative est au moins fort contestable en ce qui concerne la politique, objet assidu de ses préoccupations, doit-on la croire plus réelle à l’égard de la littérature, qui, à en juger par ses Mémoires, semble avoir attiré beaucoup moins son attention qu’on ne le croit généralement ? […] Doit-on croire qu’à cet âge des hommes comme ceux-là ne fussent point en possession de leur génie ? […] Si les femmes romaines n’avaient point provoqué par leurs excès la colère de Juvénal, il est à croire que les Françaises du XVIIe siècle auraient trouvé dans Boileau un peintre plus indulgent. […] Quant à Campanella, il est permis de croire que ses témérités de tout genre auraient effrayé ceux que la prudence de Descartes ne rassurait point. […] Je ne le croyais pas, répondit Louis XIV.
Pour en argent comptant, Je crois, sans la flatter, qu’elle ne l’est pas tant. […] Je crois que c’est le même hôte qui vous a vendu la maison. […] Je ne crois pas qu’on en puisse voir de plus beaux. […] Comment, malgré son silence, sa famille a-t-elle pu le croire mort ? […] Ne doit-il pas croire tout de suite qu’on a mis la même adresse sur une autre malle ?
Vous vous croyez donc un petit garçon bien redoutable ? […] Je lui parlai d’une affaire de famille que j’avois en effet avec la brune, & que je voulois accommoder : je racontat cela avec tant d’ingénuité, qu’on me crut, ou qu’on jugea du moins qu’on ne pouvoit point se dispenser de feindre de me croire. […] Ces Dames m’envelopperent, tout habillé que j’étois, je crois, avec plus de cent aunes de toile coupée comme des langes : elles ne pouvoient pas se lasser de faire avec ce linge des tours autour de moi. […] Je les priai vainement de me dégager seulement un bras, une main, un doigt ; je faisois les plus grands efforts du monde pour me débarrasser de mes liens ; jusques-là que les Dames crurent, peu de temps après, que je les avois rompus. […] On doit donc, je crois, s’attacher à créer les sujets de ses comédies.
Croyez-vous que Philinte en soit heureux. […] Je ne crois pas. […] Si bien, je crois. […] Je ne crois pas. […] Je le crois sur ce que je le crois, sans doute ; mais encore, non pas tout à fait.
Cependant je crois que le poète n’avait pas songé à toutes les allusions que les courtisans prétendaient deviner dans cette comédie. […] Quand il avait distingué une femme dans les salons de Versailles, le mari ne lui causait pas grand souci ; peut-être même croyait-il de bonne foi lui faire beaucoup d’honneur, tant il était pénétré de sa qualité divine. […] Si la création de ces personnages lui appartenait, je le croirais difficilement ; comme il les a pris dans la comédie de Plaute, je refuse de le croire. […] À parler franchement, je ne crois pas que Molière, en écrivant Amphitryon, ait voulu faire un tableau d’histoire, ou présenter, sous des noms païens, une leçon philosophique ; je ne vois dans cette comédie qu’un pur jeu d’esprit. […] Les poètes de notre temps qui se disent amans de la fantaisie se croient volontiers obligés de témoigner pour la raison un dédain absolu.
On pourrait croire d’abord, en effet, qu’il les condamne tous, eux et leur art, au nom d’une mystérieuse nature, bienfaisante et souveraine. […] Il croit aux progrès de la pensée humaine, s’appuyant chaque jour sur l’expérience. […] et, pour ma part, je crois bien que le public fait un contresens. […] Seule avec son mari, elle est cynique et se croit le droit de l’être. […] Il croit toucher au but.
La veuve, étonnée de ce discours, sachant qu’il avoit une femme & un fils, crut que la tête lui tournoit. […] Pendant qu’il en est encore temps, & que cette affaire n’a pas entiérement éclaté, croyez-moi, rendez à Madame de Lon... toute la justice qui lui est due. […] Croyez que je vous plains. […] Croyez-vous qu’un refus puniroit mon audace ? […] J’ai cru de faux soupçons...
Elle arrive ; on fait croire au pere que c’est la maîtresse de son fils, qui veut s’introduire dans sa maison sous le titre de sa fille. […] L’on s’accoutume à croire insensiblement que l’intérêt de l’amour est le seul qui doive regner dans une comédie, & qui puisse attacher vivement le spectateur. […] Lorsque je traiterai des différents genres de la comédie, je parlerai en passant de la comédie larmoyante, & c’est là qu’il sera, je crois, à propos de dévoiler l’art & les ressorts dont Moliere s’est servi pour ramener au comique les situations qui devenoient trop déchirantes. […] Je viens, je crois, de faire voir clairement l’une de ces propositions ; j’avois prouvé la seconde dans deux ou trois articles différents. […] J’ai cru voir qu’on pense ajouter beaucoup à l’intérêt d’une piece en la remplissant de reconnoissances : elles seront le sujet de l’article suivant.
Notre musique est faite pour l’étourdir sur la durée de l’entr’acte : d’ailleurs, il est bon ou mauvais : s’il est mauvais, il dure toujours trop ; s’il est bon, & qu’il pique la curiosité du public, ce même public croira toujours attendre trop long-temps ce qui doit le satisfaire. […] Cet entr’acte seconde, je crois, aussi peu que le premier l’intention de l’Auteur. Des robes, un chapeau à l’Angloise très galant, loin de soutenir l’attention des spectateurs sur les malheurs d’Eugénie, & lui faire partager les pleurs qu’elle est censée répandre derriere le théâtre, peuvent faire croire au contraire que, pour se consoler, elle va faire sa toilette, & courir les assemblées ou les bals. […] Je puis me tromper ; mais je crois que de pareils entr’actes, s’ils sont adoptés, précipiteront la chûte de notre théâtre. […] A-t-on cru continuer à m’intéresser pour Isaac, ou augmenter ma sensibilité par cette seconde peinture ?
Amphitrion croit qu’il est ivre ou qu’il est devenu fou. […] Traître, qui te croira ? […] Le moyen d’en rien croire, à moins qu’être insensé ? […] Je ne l’ai pas cru, moi, sans une peine extrême. […] A mon serment on m’en peut croire.
Sganarelle reprend : « Mais vous croyez bien au paradis ? […] Sganarelle : — « Alors, vous croyez à l’enfer ? […] On a dit, je crois que c’est M. […] Je ne crois pas que tel ait été le rôle de Molière. […] Mais quels édits ai-je publiés pour forcer les Romains à croire que je fusse dieu ?
Aventure et procès d’un président de Grenoble qui croyait l’avoir pour maîtresse. […] C’était tout ce que les marchands croyaient alors devoir faire pour leurs enfants. […] Vous croyez peut-être, ajouta-t-il, qu’elle a ses agréments : vous vous trompez. […] Racine, la troupe ne crut pas devoir les parts d’auteur audit M. […] Racine, fort dépité, fut du nombre de ceux qui la crurent de lui.
Le jaloux prend là-dessus des mesures qu’il croit infaillibles ; mais la jeune & simple Agnès, instruite par l’amour seul, les rend toutes inutiles. […] Nombreuse en citoyens, superbe en bâtiments, Et j’en crois merveilleux les divertissements. […] Elle saluoit si exactement le gentilhomme de Cordoue toutes les fois qu’il passoit devant les fenêtres de Laure, qu’il crut que ce n’étoit pas sans dessein. […] Elle est fort étonnante & difficile à croire. […] Je crois que non, dit le mari : je crois que si, répond la femme : faisons une expérience.
Je crois qu’il faut l’entendre dans le sens de médecin improvisé. […] On peut croire qu’il n’y a dans Don Juan aucune imitation de l’antiquité. […] Si vous êtes si prête à ne le croire pas ? […] Oui, je crois en être sûr, Molière est aigri parce qu’il est malade. […] Je ne crois pas qu’il y ait à insister autrement.
Il dévoile à ce gredin le mépris qu’il a pour Cidalise, l’adresse qu’ont les Philosophes d’insérer des traits hardis dans les ouvrages qu’ils dictent à la vieille folle, & qu’elle croit composer. […] Le crois-tu de sa main ? […] Le crois-tu de sa main ? […] Mais, au ton que tu prends, je t’en croirois le pere. […] Alors tout le monde éclata, & le sot, ne se doutant pas que c’étoit de lui, crut au contraire avoir fait sentir une beauté.
Madame de Neuillan, sa marraine, catholique zélée, se crut obligée de la tirer de la maison de sa tante hérétique ; elle la trouva imbue des principes des protestants, et voulut la forcer à se convertir. […] Madame de Neuillan l’amena à Paris et la confia aux ursulines de la rue Saint-Jacques, à qui elle croyait plus le talent de convertir qu’à celles de Niort. […] Elle en sollicita vainement du roi la continuation par des placets que rédigeait l’abbé Testu, qui se croyait l’héritier de Voiture. […] On peut, je crois, regarder la première entrevue du roi et de madame Scarron comme l’époque de la naissance d’un vif désir de se plaire réciproquement, désir qui n’a cessé de faire des progrès jusqu’à la certitude du succès, tout en traversant les nombreuses intrigues de galanterie, même d’amours, dont le roi fut occupé dix années. […] Telle était madame Scarron quand elle reçut du jeune roi la réponse galante dont il me semble qu’il serait raisonnable de suspecter le désintéressement plutôt que la sincérité, et dont on peut croire qu’elle fut émue, et peut-être un moment enivrée.
on vous croit donc, & c’est tant pis pour vous. […] prévenu, assez aveuglé pour croire votre genre nouveau ? […] Il l’aime d’autant plus qu’il le croit son fils unique. […] La Muse mercenaire croit avoir égalé ou surpassé celle de Moliere & de Regnard ; elle mesure ses talents sur ses profits. […] Mon fils, je ne puis du tout croire Qu’il ait voulu commettre une action si noire.
Croirait-on que, Grandval n’ayant pas voulu le jouer, il était livré à Drouin ? […] Faut-il en croire l’auteur ? […] Le croira-t-on ? […] On croit ici au fauteuil de Molière, comme, à Montpellier, à la robe de Rabelais. […] J’ai cru voir qu
Molière, qui avait excité leur jalousie, crut devoir caresser leur orgueil. […] Que croyez-vous que je doive lui donner ? […] » et Michot crut l’avoir atterré du coup. « Oh ! […] Le fauteuil en question existe encore àPézenas ; et l’on croit, dans cette ville, aufauteuil de Molière, comme, à Montpellier, on croit à la robe de Rabelais. […] Ce n’est pas tout-à-fait en signe de douleur, comme on pourrait le croire.
Corneille crut devoir en user ainsi pour faire taire les critiques, qui prétendaient que ce que l’on admirait le plus dans les deux poèmes n’était que des larcins faits au poète latin et à l’auteur espagnol. […] Comme le détail de cette fête est peu connu, nous croyons faire plaisir au lecteur de placer ici ce que Loret en a dit. […] Certes, jusque-là mes prunelles N’avaient lorgné choses si belles, Et je croyais en vérité, Être à tous moments enchanté. […] Dans cette comédie le coup de théâtre ou surprise de pensée que je crois la plus belle qu’on puisse trouver, et que je donnerais pour modèle en ce genre, n’était que bonne dans l’original, mais elle est devenue sublime entre les mains de Molière. […] « Tout Paris était occupé de ce petit prodige ; les esprits faibles croyaient que Raisin était sorcier ; les plus clairvoyants ne pouvaient le deviner.
Guillaume va frapper à la porte de Patelin, & croit sentir l’oie : il est fort surpris quand Mad. […] On le croit fou ; on interroge Agnelet, qui répond toujours bée : le Juge lui dit d’aller se faire trépaner, & le met hors de cour. […] Je le crois ; c’est couleur de marron. […] On croit pouvoir tout dire en sa présence impunément. […] Oui, difficile, Frontin, & plus difficile que tu ne crois.
C’est l’astuce italienne qui a créé aux trois quarts cette religion, que nous croyons celle de J. […] Je crois qu’ils ne comprennent pas trop la phrase. […] Prendre celui d’un homme qui expose avec chaleur des raisons qu’il croit évidentes. […] Notre commerce avec les Anglais est, je crois, en partie cause de ce changement. […] Dandin, ou bien il doit croire que son beau-père le mystifie.
La politesse passa du sénat aux ordres inférieurs, voire au plus bas étage du menu peuple ; et si en leur cause, on doit croire leur témoignage, ils ont effacé ensuite toutes les grâces et toutes ces vertus de la Grèce, et ont laissé son atticisme bien loin derrière leur urbanité. » Ici Balzac nous apprend que de son temps ce mot d’urbanité n’était pas encore reçu en France : il pense que quand l’usage l’aura mûri, et aura corrigé l’amertume de la nouveauté, nous nous y accoutumerons , comme à d’autres que nous avons empruntés de la même langue. Il croit que ce mot, chez les Romains, s’entendait principalement de la science de la conversation et du don de plaire en bonne compagnie ; que les Grecs ont abusé de cette connaissance, et que les seuls Romains, même en Italie, en ont connu le vrai et le légitime usage. […] Je crois cet éloge bien mérité : et il est difficile de le croire une plate louange, quand on considère l’homme qui la donne, le fonds de l’ouvrage où il l’a placé, le sentiment qui l’anime en l’écrivant, celui qu’il suppose à la personne pour qui il l’écrit ; et enfin cet éloge vient si naturellement à la place où il se trouve, qu’on ne peut y méconnaître une sorte d’à-propos qui ne serait pas venu à l’auteur pour une femme vulgaire. […] Vous croyez que la vertu se tient lieu de digne et de suffisante récompense, mais qu’elle accepte la gloire sans l’exiger ; que la gloire n’est pas tant une dette dont s’acquitte le public, qu’un aveu de ce qu’il doit, et tout ensemble une protestation qu’il est solvable. » Plusieurs trouveront les conversations rappelées par Balzac d’une gravité qui va jusqu’au ridicule ; les sujets qu’elles traitaient seraient ridicules, sans doute, dans la société d’une bourgeoise de petite fortune qui aurait à soigner elle-même son ménage et ses enfants. […] Je crois, comme les censeurs de l’hôtel Rambouillet, que les entretiens et les correspondances rendaient la plupart du temps sur la valeur d’un mot ; mais elles ne m’en semblent pas plus méprisables.
Mademoiselle rapporte que la reine ne voulut point croire l’imputation faite à madame de Montespan, l’attribua à madame d’Armagnac, et néanmoins crut à la calomnie qui regardait madame de Montausier, celle de seconder les vues du roi, et lui en témoigna son mécontentement. […] Que l’auteur, après avoir dit qu’il n’avait plus besoin d’étudier son art ailleurs que dans la société, et après avoir produit plusieurs chefs-d’œuvre de cet art ainsi étudié, ait néanmoins eu la fantaisie d’imiter une comédie fort immorale de Plaute, je le veux croire. Mais qu’il n’y ait pas trouvé quelque rapport avec ce qui se passait à la cour ; qu’il n’ait pas vu, pas soupçonné que la situation du marquis de Montespan eut quelque rapport avec celle d’Amphitryon, celle de Louis XIV avec celle de Jupiter, qu’il n’ait eu aucune intention en disant dans sa pièce : Un partage avec Jupiter N’a rien du tout qui déshonore, c’est ce qu’il est difficile de croire d’un homme qui était au courant de toutes les aventures galantes de la cour, et ne négligeait, que dis-je ? […] On prétendit que sa tête se troublait souvent, et l’on ne sut si cette femme qui lui avait parlé en était une ou un fantôme. » On conçoit pourquoi mademoiselle de Montpensier a l’air de croire à la simple apparition d’un fantôme de femme qui s’évanouit sans rien dire à madame de Montausier. […] Les visites que la reine lui faisait durant sa maladie prouvent assez combien elle en honorait la cause ; peut-être même qu’elle croyait avoir contribué à la déception de madame de Montausier, par son propre aveuglement sur madame de Montespan.
Le sujet appartient à l’Espagne, et tout porte à croire qu’il fut originairement traité par quelque poète de cette nation ; mais ce poète est inconnu. […] Ce n’est point un titre de gloire que j’ai voulu revendiquer pour lui, c’est un point d’histoire littéraire que j’ai cru devoir établir. […] C’est ce que n’ont pas senti ceux qui ont cru voir dans Les Fâcheux un modèle à imiter. […] Plusieurs personnes m’ont témoigné de la répugnance à croire cette anecdote, peu honorable pour la mémoire de Chapelle et même pour celle de Molière. […] Je désire, pour l’honneur des lettres, que ces personnes aient raison, et même je penche à le croire ; mais je n’ai pas cru pouvoir me dispenser de rapporter un fait qui est cité dans vingt ouvrages, n’est démenti dans aucun, et, après tout, n’a rien d’absolument invraisemblable.
Lui, Madame, il se croit adorable. […] Il croit rendre rêveur un objet qu’il ennuie. […] On l’en croiroit. […] — J’y crois fort ; j’y compte si bien, que je te défie de la vaincre. […] jé lé crois bien.
Ne croirait-on pas entendre un prélude de Remi Belleau? […] Il faut croire que cet étage de la Terre était divisé en de nombreuses sections, ou que les spectateurs montraient de la bonne volonté. […] En vérité, dame, nenny, répond l’épicier, croyez que je n’y gagne guère, et je vous parle en conscience, » ajoute-t-il. […] Mais Patelin et Guillemette lui font voir tant de couleurs, qu’il finit par ne savoir plus que croire et s’en va en grommelant. […] La comédie française ne compte pas, je crois, une seconde scène comme celle-là.
Elle dédia sa commedia bellissima à la reine Anne d’Autriche, qui lui fit cadeau, en retour, de pendants d’oreilles en diamants valant bien trois cents pistoles, si nous en croyons Loret. […] Et, au dénouement de la Fronde, la veille du jour (21 octobre 1652) où le jeune roi va rentrer dans sa capitale, la duchesse d’Orléans, si l’on en croit Retz, a recours aux mêmes souvenirs du théâtre italien pour caractériser la ridicule attitude du duc d’Orléans. […] Madame reprit la parole : “Il ne vous l’a que trop dit, mais vous ne l’avez pas cru.” […] « Il croyait que je lui allais disputer cette thèse. […] — Je le crois, Monsieur, lui dis-je. — L’armée d’Espagne ne s’avancera-t-elle pas, si je le veux ?
Je vous estime trop, lui répondit Boileau, pour croire que vous n’y ayez pas ri vous-même, du moins intérieurement. […] Il croit que tout le monde en veut à son or, et lui-même il craindrait d’y toucher. […] Je rappellerai aussi qu’on a cru s’apercevoir le germe de l’idée morale développée par Molière, dans un passage de l’Aululaire de Plaute. […] Il croit réunir tous les avantages naturels et acquis ; il a toutes les disgrâces que la nature et l’art peuvent rassembler sur une personne. […] S’il en fallait croire un autre narrateur de ce petit fait, Molière n’aurait pas voulu que les vers fussent crus l’ouvrage de Benserade ; mais il y aurait outré à dessein les vices de son style, afin que la cour se divertît à ses dépens.
Je crois devoir adopter la même distribution. […] Je me permets seulement, à l’exemple des autres, d’en retrancher les arguments de la comédie, qui n’ont aucune utilité, et qui, d’ailleurs, sont trop mal rédigés pour qu’on puisse croire que Molière y ait eu la moindre part. […] Le roi ayant applaudi l’ouvrage, la cour crut l’avoir admiré. […] Molière en était justement irrité ; et l’on peut croire que, lorsqu’il consentit à faire Le Festin de Pierre, le désir de tirer quelque vengeance de ses ennemis, rendit plus facile sa condescendance pour le vœu de ses camarades. […] Tartuffe ne croit pas en Dieu, cela est incontestable ; c’est parce que dom Juan n’y croit pas davantage, qu’il se revêt du même manteau que Tartuffe.
Je crois donc avoir alors commencé une galerie sérieuse. […] Crois-tu pas un homme avisé ? […] Qui le croirait aujourd’hui ? […] Mais, qui le croirait ? […] On croit qu’elle avait couru la province avec Molière.
Je ne crois pas qu’on puisse rien voir de plus agréable que cette scène. […] Je ne crois pas que les beautés de cette scène soient connues de tous ceux qui l’ont vue représenter. […] « La scène du valet, au quatrième acte, devait faire croire que l’on entendrait bientôt parler du procès. […] Il y trouvera aussi les paroles lyriques des intermèdes de George Dandin, que nous avons cru pareillement devoir supprimer de cet article. […] Bayle écrivait ceci en 1696), je crois que M.
Le comique qu’Euripide a mêlé à son espece de Conte d’Ogre, ne fera pas, je crois, un grand nombre d’admirateurs, & me servira à prouver avec l’exemple précédent que le plaisant qui résulte des noms est digne tout au plus de la farce. […] Griffet, commissaire, fait venir la famille de son épouse, son jardinier & sa jardiniere qu’il croit les complices des déréglements de sa femme : il veut prouver à ses filles mêmes les torts de leur mere : enfin le fatal écrit est lu publiquement. […] Je crois qu’il est bien loin. […] Enfin la gourgandine est un riche corset, Entr’ouvert pardevant à l’aide d’un lacet : Et comme il rend la taille & moins belle & moins fine, On a cru lui devoir le nom de gourgandine. […] A ce compte, mon mal n’étoit donc qu’une peur ; Et mon front avoit tort de croire son cas sale.
Ils ont découvert une profonde injustice, et ils ont cru qu’il leur appartenait de la réparer. […] Nous planterons autour de la maison isolée quelques arbres, comme il en croit à la place Royale, de ces petits, de ces merveilleux arbres, qui raconteraient aux vieillards de la rue du Pas-de-la-Mule les amours de Bussy-Rabutin, si les vieillards de la rue du Pas-de-la-Mule parlaient. […] Je crois encore, car, si j’ai la critique rare, je l’ai causeuse, que toutes les comédies sont à peu près bonnes pour leur époque. […] Nous fera-t-on croire que la France n’a produit qu’un seul homme capable d’écrire de bonnes comédies? […] Ce qu’on ne me fera pas croire, car je le sais déjà, c’est que nous sommes un peuple jaloux, envieux, routinier; nous nous cabrons contre toute supériorité ; jusqu’au jour où la supériorité nous ayant mis la griffe au cou et sur la tête, nous acceptions la supériorité victorieuse et nous nous en fassions une arme.
Tu tiens, je crois, quelque langage ? […] Je crois même qu’en transportant l’action & les spectateurs dans le péristile, on ne sera plus surpris de voir Amphitrion arriver à pied de l’armée. […] « A ces mots, du bout de la rue, Clitandre crut que son ami vouloit le plaisanter ; il lui demanda d’un air surpris d’où il savoit l’aventure. […] Il se croit si sûr de son fait, qu’il ose défier ses rivaux de soutenir ce qu’ils avancent en présence de la fidelle Sophie. […] C’est une petite coquetterie qui peut faire croire au spectateur que l’Auteur a voyagé.
Rosalie compte pour rien la fortune si la santé de son pere n’est pas altérée : elle est outrée contre d’Orval, elle croit en être trompée. […] Clairville n’a pas l’injustice de le croire. […] On le croiroit en lisant ce que dit M. […] « Je crus que l’on pouvoit faire quelque chose de supportable de l’autre portion, & je m’en emparai comme d’un bien qui m’eût appartenu. […] Je ne le crois pas.
Je ne partage pas cet excès de délicatesse, et je crois que souvent il serait vrai de dire de cette pruderie affectée, ce que Célimène dit d’Arsinoé. […] Croit-on que je me flatte, et qu’enfin dans ma tête, Je ne juge pas bien que je sois une bête ? […] Je crois qu’il est bon de n’en pas abuser, de ne pas y revenir trop souvent. […] Et plus tard encore, lorsque son mari, refusant de croire à l’indignité de Tartuffe, lui dit : Vous étiez trop tranquille, enfin, pour être crue, Et vous auriez paru d’autre manière émue. […] Je crois que de madame il est ma foi jaloux.
Non je n’en suis point, et je ne crois pas que jamais je mérite d’en être. […] Mais mon Critique n’y pense pas : croit-il de bonne foi que j’aurais hasardé des faits de cette nature, sans en être bien informé ? […] Ce Censeur croit-il que j’aie travaillé sans dessein, et que j’aie attendu à m’en former un après le jugement du Public ? […] Je ne crois pas que mon Censeur veuille rabattre du sentiment d’un Prince qui jugeait si sûrement de toutes choses. […] Ils ne sont pas assez rudes pour avoir recours à l’insulte ; et je ne suis pas de caractère à m’en servir, quand je me croirais bien battu.
Corneille, entraîné par l’exemple de ceux qui avaient pris sa place, crut devoir s’y conformer, et tempérer le sujet plein d’horreur et d’effroi qu’il avait choisi par la passion de l’amour, qui en général est toujours du goût des spectateurs. […] Nous ne dirons rien de la comédie du sieur Donneau, qui est très faible, mais nous croyons devoir rapporter la préface, qui contient plusieurs faits tant sur les représentations du Cocu imaginaire que sur la comédie des Précieuses ridicules. […] C’est ce qui m’a fait faire cette pièce, qui servira de regard au Cocu imaginaire : puisque dans l’une on verra les plaintes d’un homme qui croit que sa femme lui manque de foi, et dans l’autre celle d’une femme qui croit avoir un mari infidèle. […] Mais croyez-moi, pour me servir de ce que saint Remy dit à Clovis : Il nous faudra brûler ce que nous avons adoré, et adorer ce que nous avons brûlé. […] Mais nous avons cru devoir suivre les précédentes éditions, et plus encore l’usage établi à la comédie, où elle a toujours été représentée en un acte.
Les femmes de rang se crurent attaquées et jetèrent les hauts cris. […] L’histoire de l’esprit humain ne consiste pas uniquement dans celle des livres et dans celle des doctrines, comme le croient le vulgaire des faiseurs de livres et échafaudeurs de doctrines. […] Il avait pu croire aussi l’autorité de l’exemple si puissante que personne n’y ait échappé, et qu’ainsi toute apparence contraire était hypocrisie, et que le poète comique qui démasquerait cette hypocrisie, servirait les mœurs et la justice. […] Est-ce dans une femme de cet âge qu’on peut voir le principe et l’autorité d’une mode régnante, et qu’on peut se croire obligé, qu’on peut même avoir le courage d’attaquer un ridicule dominant dans le public ? […] Taschereau dit aussi que « Molière, pour détourner de lui la colère de personnages puissants, crut devoir déclarer qu’il n’avait point en en vue les véritables précieuses, mais celles qui les imitaient mal.
Scapin, qui croit entendre dix à douze personnes, meurt de peur, & prend la fuite. […] Et tu crois qu’il te parloit sans feinte ? […] on ne sauroit croire de combien je passe mon maître en sagesse. […] Je le crois. […] Je ne sais qu’en croire.
Un flatteur crut faire plaisir au dernier, après la première représentation, en lui disant : la pièce est tombée ; rien n’est si froid : vous pouvez m’en croire. Vous y étiez, reprit Racine, et moi je n’y étais pas ; cependant je n’en croirai rien, parce qu’il est impossible que Molière ait fait une mauvaise pièce ; retournez-y : et examinez-la mieux.
j’ai cru quelquefois sentir dans cette pièce la joie expansive d’un homme qui va se marier... […] Molière, qui l’avait élevée dans la liberté, avait cru que l’honneur suffirait pour la retenir. […] Le pauvre enfant croyait rêver, lui qui avait été toujours si durement traité par les gens au milieu desquels il avait vécu jusqu’alors. […] Que croyez-vous que je lui doive donner ? […] On peut ajouter à cette somme, continua-t-il, cet habit de théâtre dont je crois que je n’aurai plus besoin.
Et vous croyiez, ô bonnes gens ! […] Cela peut être, et, sans l’assurer, je le crois. […] En effet, je crois que, s’il eût eu une maîtresse pâle, il n’eût jamais pu dire qu’elle eût été blanche. […] Il a donc cru que ce silence n’avait rien à dire et ne parlait pas ? […] Ils se trompent, croyons-nous, sur l’intention de l’auteur de cette composition. »M.
Grimarest croit qu’il donna aussi en Languedoc les Precieuses ridicules. […] Ce Bourgeois crut devoir en être offensé ; il en marqua son ressentiment à un de ses amis. […] Que croyez vous, ajoûta-t’il, que je lui doive donner ? […] Je venois arrêter vôtre travail ; car je ne crois pas que vous eussiez passé outre. […] Vous croyez peut-être, ajoûta-t-il, qu’elle a ses agremens ; vous vous trompez.
Nul ne se croira moins favorisé que ses concurrents. […] Sa chimère est de se croire adorée d’un chacun. […] Voilà bien l’homme qui croit commander quand il obéit, et agir en se croisant les bras. […] On crut y voir une parodie sacrilège, et depuis il fut docilement sacrifié. […] S’il faut en croire Brossette, Boileau le jugeait trop tragique pour une comédie.
Avec toutes les hésitations des gens qui ne croient pas eux-mêmes à ce qu’ils veulent faire croire. […] C’est insensé de le croire. […] De quel prix crois-tu qu’ils soient ? […] On put les croire perdues. […] C’est le contraire qu’il fallait croire.
Le croirait-on ? […] S’il faut en croire un de nos plus spirituels écrivains, M. […] Lorsqu’on part de cette idée, que nous croyons vraie, le caractère d’Alceste est le plus beau qu’ait conçu Molière. […] Baron, l’homme à bonnes fortunes par excellence, si l’on en croit la chronique, n’épargna pas son bienfaiteur. […] Cette dernière scène que le Théâtre-Français croit devoir supprimer, et qui complète la pièce, est de toute nécessité.
— Je le crois sur ce que je le crois, répond maître Jacques. […] Je le crois sur ce que je le crois. […] le croiriez-vous ? […] parbleu, je le crois bien ! […] Je crois que M.
Sur la nature de cette liaison je ne dirais rien, si les moliéristes n’avaient été jusqu’à la croire toute platonique. […] La cathédrale de Limoges est mise précisément sous l’invocation de saint Etienne ; une rue de la ville porte encore, je crois, le nom de faubourg des Arènes. […] Croit-on qu’il soit bien utile encore de forcer le secret du ménage de Molière, et de relever le nom des amants d’Armande Béjart ? […] Il croit qu’en suivant nos instincts, nous obéissons au vœu de la nature ; il croit qu’on ne saurait dire s’il y a plus d’insolence et plus d’orgueil ou plus de sottise et de folie, à vouloir vivre non seulement en dehors d’elle, mais contre elle. […] Ils ne croyaient pas précisément que la nature fût bonne, au sens où l’entendra plus tard l’auteur de la Nouvelle Héloïse et de l’Emile, mais ils ne croyaient pas non plus qu’elle fût mauvaise.
Dès 1674, il sentit qu’il lui convenait de se rapprocher des personnes dont on avait pu le croire éloigné. […] On ne peut pas dire non plus qu’elle ait plaint Pradon ; elle a cru au contraire à son triomphe, et sa présomption lui a persuadé qu’elle ajouterait par son sonnet à l’humiliation de Racine. […] Si l’on en croit La Harpe, qui se fonde sur l’autorité de Voltaire, madame de Sévigné a dit que Racine passerait comme le café. […] Voltaire dit seulement : Elle croyait que Racine passerait comme le café 131. […] Mais c’est une politesse que madame de Sévigné a cru devoir à son cousin, en reconnaissance de l’intérêt qu’il témoignait pour La Fontaine, par pure courtoisie pour elle.
Ce que l’on sait de sa culture d’esprit et de ses talens donne à croire qu’elle reçut une autre éducation que celle d’une petite bohémienne. […] Je ne crois pas qu’il y ait, dans l’histoire littéraire, de question qui montre davantage les dangers de l’à-peu-près et du parti-pris en matière d’érudition. […] Comme elle étoit jeune quand je l’épousai, je ne m’aperçus pas de ses méchantes inclinations, et je me crus un peu moins malheureux que la plupart de ceux qui prennent de pareils engagemens. […] Heureux, il se crut guéri, et, ne voulant pas imposer à sa femme la triste société d’un valétudinaire, il se remit à la viande, rouvrit sa maison, reprit son existence d’autrefois. […] Il est à croire qu’ils obéissaient ce soir-là à des sentimens assez mêlés : leur curiosité très vive pour tout ce qui touche au théâtre, la sympathie, enfin, et surtout leur éternel esprit badaud.
Sganarelle croit qu’une sévérité excessive est ce qui peut, le mieux contenir la jeunesse dans le devoir : Arnolphe pense qu’une profonde ignorance est ce qui doit l’empêcher le plus sûrement de s’en écarter. […] Ce renseignement étant à peu près le seul qui reste sur cet acteur, on est fondé à croire qu’il n’avait pas de talent. […] Elle a été tellement inconnue, que les frères Parfaict, dans leur Histoire du théâtre français, ont paru croire que c’était une débutante qui ne fut pas reçue. […] On croit qu’il joua d’original le rôle d’Alcippe dans Le Menteur. […] Ce portrait est mal peint, peut-être un peu chargé ; mais on est fondé à croire qu’il ne manque pas de ressemblance.
4 A en croire ces factums, la Basse Normandie était depuis quelques mois fort scandalisée. […] Contre cette hostilité, Molière put croire, quelques années après, avoir trouvé un défenseur. […] Et d’abord, faut-il croire que si la Compagnie du Saint-Sacrement combattit si violemment les Jansénistes, c’est que les Jésuites trouvèrent le moyen d’y dominer ? […] Lui aussi, il affirmait que l’action était « autant maligne que la science et la volupté. » Nul ne croyait plus que lui « à la malignité du monde » et « à la nécessité de s’en écarter ; » c’est encore M. […] Et pourtant, M. de Saint-Cyran croyait qu’il lui manquait encore encore quelque chose, et en mourant il lui a laissé par testament son cœur, à condition qu’il se retirerait du monde.
Une vieille femme se croit encore jeune, a l’ambition de plaire à tout le monde, & s’en flatte aisément. […] Je crois que vous devez avoir l’ame contente ; Du moins, pour vous marquer une tendre amitié, Je fais assez pour vous. […] Il voudra le cacher ; Je le connois, en vain vous croirez l’arracher. […] Si nous ne connoissions pas déja Angélique, loin de la croire la niece de la vieille, ne la prendrions-nous pas pour sa servante ? […] Ma tante, pour le moins, m’en parle fort souvent : Je le croirois, selon que j’aime peu le monde.
Je l’ai cru cependant, & j’ai fait la folie. […] Dorine feint de ne le pas croire assez fou pour marier Marianne avec un homme qui n’a rien. […] Je crois que la fripponne A voulu se moquer un peu de ma personne, En me donnant tantôt un rendez-vous ici. […] Sa politique Est d’être toujours grave avec un domestique : S’il lui disoit un mot il croiroit s’abaisser. […] Elle croira s’être endormie pour faire un beau songe.
Baron, ou plutôt, à ce que l’on croit, le père La Rue sous son nom, transporta sur la scène française la meilleure pièce de Térence, l’Andrienne. […] Il faut croire qu’ils le parurent moins à l’impression : les voici. […] Rien ne s’opposait plus à leur union; et ils croyaient, après tant de traverses, toucher au moment le plus heureux de leur vie, lorsque Deprade, que l’on croyait mort, reparut tout à coup avec deux religieux mathurins qui l’avaient racheté. […] Moi qui me crus jadis à Regnier préféré ; Que diront nos neveux? […] Je crois qu’il se trompa quand il crut que Démocrite amoureux pouvait être un personnage comique : il y en a peu au théâtre d’aussi froids d’un bout à l’autre.
Peut-être n’est-il pas aussi éloigné de penser à son salut que sa cour le croit. […] Je lui parle de Dieu, et elle me croit d’intelligence avec le roi. […] Elle s’est retirée à Clagny ; toute la cour croit qu’ils sont brouillés sans retour. […] Si Dieu nous le conserve, il n’y aura plus qu’une religion dans son royaume ; c’est le sentiment de M. de Louvois, et je le crois là-dessus plus volontiers que M. […] Quelques-uns croient que je « eux la ramener à Dieu.
Mais les contemporains ne lui donnent pas de prénom, et l’on peut croire que le poète et l’acteur ne sont qu’un. […] C’est ici, croyons-nous, qu’il apparaît pour la première fois. […] Nous croyons que la preuve n’en est pas encore bien faite, et qu’on peut conserver quelques doutes. […] Qui l’eût cru ? […] Le résultat a été moins décisif toutefois qu’on ne devait le croire.
Je crois le contraire, & je vais tâcher d’entraîner le sentiment de quelques-uns de mes Lecteurs, en leur donnant l’extrait d’une piece espagnole très ancienne. […] Il y réussit, il est écouté favorablement : il fait une seconde tentative ; mais au lieu de Léonor, c’est sa gouvernante Maria qui se trouve au tour, écoute les propos amoureux du galant, croit qu’ils s’adressent réellement à elle, & y répond avec la plus grande bonté. […] Tandis que les deux rivaux sont sur le pré, le valet sert son maître auprès de Léonor, malgré Dona Maria, qui le croit là pour lui porter des nouvelles de Don Juan. […] Graces à une lumiere qui s’éteint, la gouvernante fait la conversation avec le valet qu’elle prend pour le maître : le Jaloux fait sentinelle à leur porte, & croit être bien sûr de son fait, parcequ’il entend la voix d’un homme qu’il prend toujours pour Don Juan ; mais celui-ci profite de ce temps-là pour enlever sa maîtresse.
Ici, lorsque Trissotin croit Henriette sans bien, & qu’il se retire, Clitandre, aussi généreux que l’autre est lâchement intéressé, offre de réparer le mauvais destin de toute la famille, & ce bon procédé réunit sur lui tous les suffrages. […] Nous croyons, d’après ce vers, que la toile va tomber : point du tout ; l’Auteur en emploie encore vingt-huit pour décider si Marinette épousera Gros René ou Mascarille. […] Allons, je vous prie, Criton, venez-y avec moi, car je crois qu’elle ne me connoîtra pas. […] L’on s’imaginera peut-être que je ne crois pas ce que je vais dire ; mais on s’imaginera tout ce qu’on voudra. […] Ne rêve-t-il point, & en dormant ne croit-il point avoir ce qu’il desire quand il est éveillé ?
Je trouve qu’en effet il te sied assez bien : Mais je crois qu’à Sophie... […] Mais je crois qu’à Sophie... […] Je croirois cependant avoir touché son ame, Si ses yeux ne m’ont pas flatté. […] Ma foi, si je n’étois au fait, Je croirois voir en vous un amant véritable. […] Depuis qu’il a prouvé qu’ici-bas tout est bien, Je verrois tout aller au diable, Que je croirois qu’il n’en est rien.
Comme il ne voit pas la Princesse, il la croit dans la panse velue du lion. […] Les efforts qu’il vient de faire lui causent une soif si ardente qu’il croit toucher à son heure derniere. […] Arlequin les greffe sur sa tête, & croit avoir une force extraordinaire. […] Mais tout l’éclat de ces richesses Dont j’ai cru jouir cette nuit ? […] J’ai vu la place vuide, & cru la bien remplir.
La scène dixième du deuxième acte, où Cécile se plaint de son propre malheur, tandis que Sganarelle croit que c’est au sien qu’elle s’intéresse, est plaisante. […] Cette jolie petite pièce est sûrement de Dufresny, du moins je crois l’y reconnaître. […] Il faudrait, je crois, le réduire. […] La scène première du quatrième acte, où Lucile -demande au chevalier des vers pour répondre à son amant, tandis que le chevalier croit que c’est pour répondre à lui-même, est la seule jolie de la pièce. […] Il y a de l’ambiguïté dans cette phrase, ou plutôt on pourrait croire que c’est la pièce de Dufresny que Florian préfère à celle de Regnard, si l’on n’avait vu à l’article de cette dernière qu’il la regarde comme la meilleure de son auteur ; il faut donc pardonner cette négligence de style à un écrivain qui était assez modeste pour être persuadé que ses notes ne seraient jamais imprimées, et lire la dernière phrase comme s’il y avait : Excepté que je trouve celle de Regnard meilleure.
Mais je vous avoue que je ne m’y crois nullement propre. […] » Ces paroles signifient : « Il y a trois ans, quand madame de Montespan vivait bien avec son mari, j’aurais consenti volontiers à élever ses enfants : ainsi qu’on ne croie pas que c’est l’orgueil ou l’ambition qui me font demander un ordre du roi ; qu’on croie encore moins que c’est le désir d’attirer sur moi les regards du prince. » Ici la précaution me semble d’autant plus marquée, que madame Scarron pouvait à bon droit trouver au-dessous d’elle l’éducation des enfants légitimes du marquis de Montespan, bien qu’ils fussent au-dessus des bâtards de la marquise. […] À quoi aurait servi d’opposer son honneur aux désirs d’un prince, source de tous les honneurs, et habitué à croire qu’il élève les femmes par les fautes mêmes où il les abaisse ? […] Tous les biographes81 s’accordent, avec raison, à dire, d’après la correspondance de madame de Maintenon, que, « parvenue aux grandeurs, elle se trouva si importunée des respects que son nouvel état inspirait au directeur, qu’elle crut devoir donner sa confiance à un autre ». […] Il faudrait supposer madame de Maintenon une femme sans jugement et tout à fait vulgaire pour croire qu’elle ait pu être dupe d’un aussi petit esprit et d’un caractère aussi ignoble que Gobelin : et pour faire une telle supposition, il faudrait ne pas lire sa correspondance avec le directeur dont elle dirigeait les directions.
Je le crois. […] Je l’ai, je crois, sur moi. […] Je crois même qu’il seroit nécessaire que vous y vinssiez.... » Lisette. […] Lucile croit que Valere a pris cette liberté, & paroît contente d’avoir reçu ce témoignage de tendresse. Un moment après, Valere veut partir, si Lucile ne s’explique clairement ; il s’éloigne en effet, quand Lisette le retient par son habit ; il croit être arrêté par la veuve, & reste.
Hespérie l’entend, & croit qu’il parle d’elle. […] Mais, ma sœur, croyez-moi, n’en prenez point la peine. […] Je suis de mille amants sans cesse importunée, Et crois qu’à ce tourment le Ciel m’a destinée. […] Il en a fait la base comique de plusieurs scenes, & met sa folle dans des situations bien plus piquantes, en substituant à la sœur de l’héroïne l’homme même qu’elle croit épris de ses charmes, qui lui répete qu’il ne l’aime point, qu’il est amoureux d’une autre, qui le lui jure, & qui ne peut le lui persuader. […] Vous ignorez l’histoire, Et l’affaire n’est pas ce que vous pouvez croire.
Je le crois grand poète, parce que j’apprends qu’on récitait ses vers après sa mort, et qu’on l’avait laissé mourir de faim pendant sa vie. Mais je crois aussi qu’en fait de vérités il y a peu à gagner avec lui. […] Molière, tu riais bien, je crois, au fond de ton ame d’être obligé de faire une bonne farce pour faire passer un chef-d’œuvre. […] quand il ne croit pas un mot de toutes les protestations d’amour que lui fait Célimène, et que pourtant il est enchanté qu’elle les lui fasse; relisez toute cette admirable scène où deux amants viennent de se raccommoder, et où l’un des deux, après la paix faite et scellée, dit pour première parole, Ah ! […] Qu’est-ce qui a un aussi grand nombre de ces vers pleins, de ces vers nés, qui n’ont pas pu être autrement qu’ils ne sont, qu’on retient dès qu’on les entend, et que le lecteur croit avoir faits?
L’Étoile nous l’apprend, sous la date du 19 mai 161019 : sa mère, au début de sa régence, avait cru signaler merveilleusement son pouvoir en lui faisant, donner le fouet pour n’avoir pas voulu prier Dieu. […] Les historiens ont-ils pu croire un tel fait sans conséquence, un tel outrage sans ressentiment ? […] On l’en contrerait, je crois, plus juste, en l’attribuant à l’esprit du moment, au dégoût généralement répandu pour l’incontinence, l’horreur des scandales, à la profonde appréhension (les conséquences que la vie et la mort de Henri IV avaient répandues dans les âmes délicates. […] Il y a lieu de croire cependant qu’on y reçut Madeleine de Scudéry, âgée de treize ans seulement, en 1620, mais qui était du même âge que Julie de Rambouillet, et avait assez d’esprit pour être sa compagne. […] Il ne faut pas en croire Les Visionnaires de Desmarets.
Dans le fait, le 4 de mars, dans le moment que l’Europe le croyait le plus occupé des plaisirs du carnaval, il se trouve à la tête des armées de Flandre, commandées par les maréchaux d’Humières et de Luxembourg. […] Vous croirez bien, vous qui me connaissez, que l’on ne s’en défait pas aussi aisément. Quand nous aurons vu le roi, je vous écrirai le jour que M. du Maine et moi partirons, etc. » La même lettre, dans l’édition de Nancy, renferme ces mots : « Ne vous croyez point mal à la cour, nous nous y soutiendrons. » Ce que madame de Maintenon attendait du roi était un accueil bienveillant, pas autre chose. […] Comment le croire aussi éclairé et aussi élevé qu’il était piquant, lorsqu’on la voit confondre les empressements du roi voluptueux, au moment d’un retour après une longue absence, avec un de ces retours de tendresse et d’affection qui attestent les douces et vives sympathies des âmes délicates et des intelligences élevées ? […] « Les avis d’une amie aimable, lui disait-elle, persuadent plus que ceux d’une sœur sévère. » Elle ajoutait : « Croyez-moi, ma belle demoiselle, car vous ne cesserez jamais de l’être, les intrigues de la cour sont bien moins agréables que le commerce de l’esprit.
Beffara croit devoir en relever une de laquelle je m’occuperai ici, et qui exige la connaissance détaillée de tout ce qui concerne le comte de Modène. […] Le duc de Guise crut devoir faire arrêter Modène, et publia un manifeste à ce sujet, le 17 février 164817. […] La famille Bejard crut devoir se prêter à une précaution nécessaire pour l’exercice des droits que M. de Modène avait l’intention de laisser à ses héritiers légitimes. […] Auger n’a pas cru devoir les examiner dans l’article Molière qu’il a composé pour ce même ouvrage ; mais il n’a sans doute qu’ajourné la question ; il pourra s’en occuper dans son édition des Œuvres de cet auteur, qui s’est rendu si intéressant dans les moindres détails de sa vie privée, et pour la postérité la plus reculée. Je crois ne pouvoir mieux faire que de m’en rapporter au jugement d’un éditeur aussi éclairé, et j’adopte d’avance sa décision.
Don Juan s’éloigne avec la jeune fille ; Arlequin ajoute, en les voyant partir : “Pauvre malheureuse, que je le plains de croire aux promesses de mon maître ! […] Don Juan n’en croit rien ; il va la répéter lui-même, et demeure interdit lorsque le commandeur ajoute un oui à son inclination de tête. […] Arlequin donne un soufflet à un autre serviteur qu’il croit coupable du tour qu’on vient de lui jouer. […] — Arrête et ne jure plus ; j’aime mieux te croire sur parole. » Arlequin fait encore une infinité de facéties. […] En introduisant la statue dans la salle du banquet, Don Juan lui dit : “Si j’avais pu croire que tu fusses venu souper, ô convié !
Patricio le croit, & cesse d’y prétendre. […] il est si libertin, que s’il va aux enfers, comme il faut le croire, il tentera, je crois, de séduire Proserpine. […] Ne seroit-elle pas aussi bonne que je le crois ? […] Son pere croit que la pudeur en est la cause. […] L’idiot s’attendrit, lui donne du secours, se croit le plus heureux des amants.
Pour devancer les autres comme il a fait, il s’est cru obligé de prendre une autre route qu’eux. […] Voila peut-être tout ce qu’on peut raisonnablement exiger d’un critique judicieux qui n’a pu refuser la justice que l’on doit à tout le monde, et qui n’a point cru devoir blâmer des qualités qui sont véritablement estimables, non seulement parce qu’elles viennent de la Nature, mais encore parce qu’elles ont été cultivées et polies par le travail et l’industrie particuliere du poète. […] Car pour la galanterie criminelle, l’envie, la fourberie, l’avarice, la vanité, et les autres crimes semblables ; il ne faut pas croire, selon l’observation du même auteur, qu’elles leur aient fait beaucoup de mal. […] Les comédiens et les bouffons publics sont des personnes décriées de tout temps, et que l’Église même par voie de droit considère comme retranchées de son corps, parce qu’elle ne les croit jamais dans l’innocence. Mais quand Molière aurait été innocent jusqu’alors, n’aurait-il pas cessé de l’être dès qu’il eut la présomption de croire que Dieu voulait bien se servir de lui pour corriger un vice répandu par toute l’Église, et dont la réformation n’est peut-être pas même réservée à des conciles entiers ?
C’est ainsi que les adversaires de l’école dogmatique justifient ou croient justifier leur aversion pour les dogmes littéraires. […] Si nous voulons donner un nom à cette deuxième et petite famille de critiques moins occupés de ce qu’ils croient que de ce qu’ils ne croient pas, nous l’appellerons sans difficulté l’école critique proprement dite. […] Alexandre Vinet croit ressaisir dans les idées de la morale et même de la religion les principes absolu ? […] Ce sont moins des écoles que trois différents esprits de la critique, et, pour ainsi dire, trois moments par lesquels doit passer successivement la pensée de tout homme qui, dans ce siècle où chaque chose est mise en question, examine la question de la critique littéraire : 1º le moment dogmatique (l’esprit humain affirme d’abord) ; 2º le moment critique (c’est vraiment la crise de l’intelligence ; nous ne croyons plus : resterons-nous sceptiques ?)
Non content de confier à Moliere la conduite des fêtes qu’il donnoit, on croit qu’il lui offrit6 une place de secrétaire auprès de sa personne : le sort de la scéne françoise en décida autrement. […] Il crut devoir rappeller les spectateurs par quelque ouvrage moins bon, mais plus amusant, dans l’espérance que le public se laisseroit insensiblement éclairer sur le bon ; & parviendroit, peut-être, à en connoître tout le prix. […] Il supprima la derniére piéce, quand il crut que le mérite de la premiére avoit été reconnu ; sans cette adresse, le misantrope devenoit la victime de l’injustice ou de l’ignorance. […] L’auteur, qui, par de solides réfléxions, & par sa propre expérience, avoit appris à distinguer ce qui convenoit aux différens théatres pour lesquels il travailloit, ne crut pas devoir hazarder cette comédie sur le théatre de Paris. […] tragédie-ballet en vers libres, Moliere crut devoir sacrifier la régularité de la conduite, à des ornemens accessoires.
— Cela ne se peut dire qu’à l’oreille… — Y croyez-vous ?.. […] … — Je crois Molière honnête homme, et il a des ennemis. […] — Vous croyez ? […] Tout ce qu’elle ne tient pas d’Arnolphe, elle l’aurait laissé prendre, et n’eût pas cru qu’il en dût être mécontent. […] Voilà, je crois, ce qu’a voulu prouver Molière.
Je vois ce qu’il faut être pour en être bien reçu, & si vous m’en croyez, nous leur jouerons tout deux une piece qui leur fera voir leur sottise, & pourra leur apprendre à connoître un peu mieux leur monde. […] Entre nous, j’entrevois Que ma maîtresse l’aime ; & cependant je crois Qu’il ne doit pas long-temps compter sur sa tendresse ; Car avec de l’esprit, du sens, de la sagesse, Des graces, des attraits, elle n’a pas le don D’aimer avec constance. […] Qui ne croiroit que cette Nérine si bien annoncée pour une illustre, & qui par ses exploits connus ne le cede pas à Sbrigani ; qui ne croiroit, dis-je, qu’elle va faire la moitié des frais de l’intrigue, & partager les lauriers de son concurrent ? […] Son acharnement à parler des financiers me fait croire que j’en verrai dans la piece, & il n’en paroît point. […] le croiroit-on, sur-tout quand on sait que tout l’embarras consiste à trouver une somme pour acheter un esclave, & qu’on voit Phédria conjurer Géta de la lui procurer ?
Si le fils est blâmable, comme il l’est en effet, croit-on que son emportement, aussi bien que la conduite plus condamnable encore de la femme de George Dandin, soit d’un exemple bien pernicieux ? […] Qu’ils contemplent dans Le Malade imaginaire la douleur touchante d’Angélique aux pieds de son père qu’elle croit mort, et les transports de sa joie quand il ressuscite pour l’embrasser. […] Il envoie le Misanthrope dans un désert, le Tartuffe au cachot : ses Jaloux n’imaginent qu’un moyen de ne plus l’être, c’est de renoncer aux femmes : le superstitieux Orgon trompé par un hypocrite, ne croira plus aux honnêtes gens : il croit abjurer son caractère, et l’Auteur le lui conserve par un trait de génie. […] Qui ne croirait, à nous entendre, que tous les vices ont disparu de la société ? Ceux mêmes contre lesquels Molière s’est élevé, croit-on qu’ils soient anéantis ?
Une tradition: plus sérieuse, et qui mérite un examen attentif, nous apprend que les contemporains de Molière; crurent reconnaître dans Alceste le duc de Montausier. […] » Les commentateurs n’ont pas manqué de s’autoriser de ce mot, dont l’authenticité semble au moins contestable, pour croire que de Saint-Aignan avait réellement pu servir d’original au rôle d’Oronte. […] D’autres ont cru reconnaître dans Célimène cette haineuse Mlle de Longueville qui, pour une misérable querelle avec Mme de Monbazon, suscita entre son amant et celui de cette dame un duel fameux, qui eut lieu sur la place Royale et auquel elle assista cachée derrière une jalousie. […] On a cru reconnaître dans Clitandre et Acaste, à qui Molière a prêté un genre de fatuité différent, de-Guiche, le plus léger, le plus fin, le plus ironique des-marquis, et de Lauzun, avec sa silencieuse hardiesse, son impertinent éclat et sa fatuité résolue13. […] Toutefois, si nous consultons les Mémoires du duc de Saint-Simon, nous trouvons çà et là quelques traits qui, détachés du cadre, peuvent faire croire à une certaine ressemblance.
Dans les Fâcheux se rencontre la seule saillie, je crois, qui soit sortie de sa plume. […] On croit généralement que, s’ils ne sont point troublés et poursuivis par le remords, c’est volontairement en cherchant à s’étourdir. […] Mais, loin de là, Célimène croit avoir raison d’agir comme elle l’a fait, et elle continuera de même. […] Jeannel a cru trouver dans cette circonstance une matière à critiquer. […] On confond tellement, en général, l’éducation avec l’instruction, que l’on croit donner la première alors qu’on ne donne que la seconde.
Maître Jacques veut lui en donner autant, il en reçoit de nouveau ; il jure de se venger à la premiere occasion ; il croit l’avoir trouvée, quand Harpagon se plaint qu’on l’a volé. […] parceque le spectateur est continuellement balloté par des événements qui se contrarient sans cesse, qui l’éloignent de la conclusion quand il croit y toucher, ou qui l’en rapprochent tout-à-coup quand il pense en être bien loin. […] Il en est cependant dans Moliere, même dans les pieces que l’ignorance & le sot bel esprit croient avilir en les nommant des farces. […] On ne croit pas que le théâtre publié sous le nom de Baron, soit de lui ; mais il étoit excellent comédien.
Je crois donc qu’il ne faut confier les principaux fils d’un intrigue qu’à un seul intrigant. […] Rien n’est moins naturel, comme je crois l’avoir dit dans l’article de la vraisemblance. […] Arlequin croit qu’on lui parle de celui que son ami lui a donné, il en fait l’éloge. […] Argentine croit que son mari l’a obligée d’aller chez sa mere pour être plus libre & régaler des femmes.
Arlequin va nous faire une théorie de la faillite qu’on serait tenté de croire plus moderne. […] Il a fait bien plus, il m’a tellement persuadé, que je crois qu’un bon père de famille est obligé en conscience de faire banqueroute au moins une fois en sa vie, pour l’avantage de ses enfants. […] Du commencement, je croyais cet homme-là un fripon ; mais, ma foi, il faut lui remettre l’honneur sur la tête, et demeurer d’accord qu’il a de grandes lumières… Ah ! […] Apparemment, messieurs, vous me croyez plus mal dans mes affaires que je ne suis. […] Croiriez-vous que dans mes États il n’y a point de bourreaux ?
Pourtant je les crois fausses. […] Cette fable n’est pas heureusement imaginée ; on croit avec beaucoup plus de raison que c’est à un vieux mot français que Molière doit le nom de son hypocrite. […] Lisée avait un frère jumeau qu’il croit perdu, et qui lui ressemblait parfaitement. […] Les imposteurs finissent eux-mêmes par croire aux mensonges qu’ils débitent, et sont presque de bonne foi dans la fraude. […] Si l’on en croit même une insinuation de J.
Elle est aussi peu prévue que l’autre, surprend un plus grand nombre de personnages fortement intéressés à l’action, fait sur eux différentes impressions, & bouleverse tout, puisqu’Arnolphe, qui pense triompher de son rival, est obligé de lui céder sa maîtresse ; & qu’Agnès & Horace, qui se croient perdus, voient tout d’un coup combler leurs vœux. […] La voilà qui croit toucher au moment d’être heureuse. […] Lui voulez-vous donner à croire que c’est moi ? […] Tartufe croit avoir séduit Elmire : il vient à elle les bras ouverts ; il embrasse le mari au lieu de la femme. […] parcequ’on voit éclore une situation qui promet d’être piquante, & à laquelle on ne s’attendoit pas : voilà pourquoi je crois qu’on doit appeller cette espece de surprise, une surprise de situation, & non d’action.
Je crois qu’oui, Monsieur. […] Crois-tu que je l’aie fait exprès ? […] tenez, la voilà ; je crois en effet qu’elle vous siera. […] Elle les surprend dans le temps qu’ils se peignent tous les chagrins d’un amour traversé ; elle jette feu & flamme contre eux ; elle est furieuse, elle les accable de reproches ; ils se croient perdus. […] Le champ est vaste ; mais je l’ai déja dit, je crois, & je le répete, qu’on ne s’attende pas à détrôner Moliere.
Je ne saurais le croire, et le duc de Montausier fit preuve d’une vanité bien étrange quand il crut se reconnaître, dans Alceste. — Alceste est supérieur à tout son siècle. […] Chapelle qui le croyait au-dessus de ces sortes de choses, le railla de ce qu’un homme comme lui, qui savait si bien peindre le faible des autres hommes, tombait dans celui qu’il blâmait tous les jours. […] Vous me direz sans doute qu’il faut être poète pour aimer de cette manière; mais, pour moi, je crois qu’il n’y a qu’une sorte d’amour, et que les gens qui n’ont point senti de semblables délicatesses n’ont jamais aimé véritablement. […] Rousseau pense que dans la scène du Sonnet, le comique naît de l’embarras du misantrope et de ses : je ne dis pas cela, répétés ; je suis tenté de croire tout le contraire : ce n’est point le biais que prend Alceste, c’est sa franchise même qui est ridicule ; dire la vérité quand il est de bon ton de mentir, c’est manquer à toutes les convenances.
S’il étoit juste qu’un chétif esclave eût plus d’esprit que deux hommes consommés, tels que vous êtes, Messieurs, j’indiquerois un bon moyen, & qui, à ce que je crois, loin de vous déplaire, auroit l’approbation de l’un & de l’autre. . . . . . . . . […] Voilà le Seigneur Apœcide qui est votre homme ; d’ailleurs il possede la haute science du droit & des loix : croyez-moi, sera bien fin qui pourra l’attraper. […] Antiphon, qui écoute sans être vu, croit que Géta parle tout de bon. […] Licipe qui le croit s’apprête à partir, quand Cléandre paroît, reconnoît le cabaretier, rit de son déguisement, & avertit son rival qu’on le trompe. […] Celui-ci dans l’obscurité rencontre la mere, croit parler à sa maîtresse, & lui fait part de toutes les bontés que sa fille a pour lui.
Des imbécilles assez simples pour croire tout ce qu’on leur dit, ou assez dupes pour donner toute leur confiance à de vils coquins, préférablement aux honnêtes gens qui les entourent. […] Ils font de fort doctes préfaces, pour prouver que leur maniere est la meilleure ; & les personnes qui croient tout sont de leur avis sur leur parole. […] Il dit poliment à M. son pere : Je crois que vous rêvez... […] Des bégueules, fieres d’avoir vu ou cru voir le beau monde de Paris, se donnent gauchement un air d’importance dans leur petite ville & dans leur cercle. […] De cet exemple-ci ressouvenez-vous bien ; Et, quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien.
Tartuffe croit le tenir et se joue de lui comme Scapin. […] J’aime à croire que non. […] (eût-on pu croire cette nouvelle ?) […] Molière n’a cru et n’a voulu attaquer que l’hypocrisie. […] Il ne croyait pas lui-même dire si vrai.
En ce temps-là on croyait déjà que toutes les impiétés étaient possibles, excepté celle-là. […] il est le dieu d’un siècle qui ne croit plus qu’à l’épée et à l’habit du gentilhomme ! […] Pendant que Molière croit à Don Juan, à son impiété, à ses crimes, à son châtiment dans les flammes éternelles, Thomas Corneille joue avec le feu éternel ; il croyait en Molière, et toute sa croyance s’arrêtait là. […] L’Anglais, prudent : — Les uns, répondit-il, disent qu’il va bien, et je ne le crois pas ; les autres, qu’il va mal, et je ne le crois pas ! […] Et tu crois que nous te croyons ?
La Princesse qui survient, croit que son pere approuve la tendresse du Prince pour Aglante ; elle se jette à ses pieds, & le prie de ne pas unir sa cousine avec un mortel qu’elle hait. […] Don Carlos déclare son amour, & le fait si vivement, que la Princesse croit l’avoir vaincu : elle est satisfaite, retire sa main que le Prince tenoit, & le traite avec la plus grande fierté. […] La Princesse croit que Don Carlos ne l’a pas vue, ne l’a pas entendue. […] En feignant de peindre Cintia, il peint avec enthousiasme tous les charmes de la Princesse, dit qu’il en est si fort frappé, qu’il croit les voir, & sort pour féliciter le Prince de Béarn de son bonheur. […] En croirez-vous toujours un farouche scrupule ?
Telles sont les réflexions que l’on ne peut s’empêcher de faire ; et, mis en éveil par cet incident, on se demande si le temple des classiques est desservi aussi exactement qu’on le croyait. […] Les gens de ma génération pourraient le croire : pour eux, aussi bien que Pompée, Rodogune est abolie. […] Quant à Bajazet et Bérénice, des vieillards assurent que ces ouvrages ont été représentés à la Comédie-Française : nous voulons les croire ; quelle preuve de respect ! […] Voilà, si l’on me pardonne cette comparaison, qui rend ma pensée avec outrance, l’image de la Comédie-Française : naïfs contribuables, nous croyons que c’est tout bœuf, et quel bœuf ! […] Ils prennent du plaisir et croient trouver du profit à Louis XI et au Voyage à Dieppe ; pourquoi ne pas user de leur facilité pour leur donner des chefs-d’œuvre ?
Au demeurant, Grimarest nous montre le poète fort impatient, fort exigeant, et cela avec une précision si détaillée, qu’il est bien difficile de ne pas le croire. […] Mais je crois qu’ici, comme ailleurs, il faut tenir compte des époques différentes de sa vie. […] Je ne puis croire à tant de malice et je me décide à donner leur théorie pour ce qu’elle vaut. […] On peut donc croire qu’en traçant les règles d’une nouvelle diction tragique, Molière, comme il arrive d’habitude aux comédiens, faisait la théorie de son talent et proposait comme modèle les qualités qu’il avait ou croyait avoir. […] Lorsqu’il s’adresse à eux, dans l’Impromptu de Versailles, écoutez de quel style il leur parle : « Je crois que je deviendrai fou avec tous ces gens-là !